I - REVUE DE PRESSE 1. Thèmes généraux

Disparition Mustafa ‘Abdallah Shîha Le 25 novembre 2001 s’est éteint le Dr Mustafa ‘Abdallah SHÎHA, professeur d’archéologie islamique et vice-doyen de la faculté d’Archéologie à l’Université du Caire. Il a entamé une longue carrière au sein de l’Organisme des Antiquités égyptiennes (actuel Conseil Suprême des Antiquités), oò il a siégé au Comité permanent des Antiquités islamiques. Il a fouillé à Fustât durant de nombreuses années. Ensuite, il a embrassé la carrière universitaire. Il était chef du Département des Antiquités islamiques et coptes à l’Université du Caire, oò il a dirigé de nombreuses recherches de magistère et de doctorat. Il a également travaillé et enseigné au Soudan, au Yémen puis en Arabie Saoudite. Il est, surtout, l’auteur de nombreux ouvrages sur les Antiquités islamiques et coptes. (‘Abdallah Kâmil MÔSA, «Disparition de l’archéologue musulman, pionnier des études coptes», al-Qâhira du 11 décembre).
- - - Nominations Samîr ANÎS est nommé directeur général des Antiquités de Minyâ, en remplacement de Mahmôd HAMZA, parti à la retraite.
- - - Distinctions Zâhî Hawwâs L’Académie russe des Sciences remettra, lors d’une cérémonie en novembre prochain, à l’archéologue Zâhî HAWWÂS la médaille en argent du savant russe Bavel TIRTAGAKOV [sic]. L’ex-secrétaire général des Nations Unies, Dr Butrus GHÂLÎ est l’unique personnalité égyptienne ayant déjà reçu cette distinction dispensée par l’Académie russe. L’élection de Zâhî HAWWÂS au rang de membre honorifique de l’Académie russe des Sciences vient, en effet, en hommage à ses contributions dans le domaine de l’archéologie, à sa grande renommée internationale et à sa capacité à donner des conférences. («Zâhî HAWWÂS reçoit la médaille TIRTAGAKOV russe», al-Ahrâr du 11 octobre).
- - - ‘Abd al-‘Azîz Sâlih Lors de son IVe rassemblement scientifique tenu du 27 au 29 octobre 2001 à l’Université du Caire, l’Association des Archéologues arabes a honoré la mémoire du défunt égyptologue, Dr. ‘Abd al-‘Azîz SÂLIH, ancien doyen de la Faculté d’Archéologie, ainsi que le Dr. ‘Abd al-Rahmân al-Tayyib AL-ANSÂRÎ, ancien doyen de la Faculté de Lettres à l’Université du roi SA’ÔD et pionnier de l’archéologie dans la péninsule arabe. Les armoiries de l’Association ont été remises à la veuve du Dr. ‘Abd al-‘Azîz SÂLIH. (Ihâb AL-KHUDARÎ, «Les archéologues arabes examinent le changement du terme les dialectes sémites», Akhbâr al-Adab du 4 novembre 2001).
Par ailleurs, conformément aux vœux du Dr. ‘Abd al-‘Azîz SÂLIH, sa veuve a décidé d’offrir la grande bibliothèque archéologique ayant appartenu au Dr. SÂLIH à la faculté d’Archéologie de l’Université du Caire. (Lu’ay Mahmôd SA’ÎD, «Musées et Antiquités», al-Qâhira du 16 octobre).
- - - Le Comité de la culture et de l’information à l’Assemblée du peuple et à l’Organisme central de comptabilité a adressé un message de remerciement et d’appréciation au Conseil Supérieur des Antiquités pour ce qui a été réalisé par ledit Conseil, durant ces trois dernières années, concernant la restriction des dépenses et la conformité aux règles et aux lois régissant sa gestion de ces dépenses. Tout en prenant les mesures légales nécessaires pour éviter les remarques qui lui ont été faites par l’Organisme central, pendant des périodes précédentes sur le gaspillage de fonds en les dépensant sur des voyages et des cérémonies. (Hassan SAADALLAH, «Enregistrement de mosquées sur la liste des Antiquités», Le Progrès Égyptien du 12 aoôt 2001).
- - - Coopérations Canada En collaboration avec des experts du Centre canadien de restauration des manuscrits, l’Administration de restauration du Conseil Suprême des Antiquités a entrepris une restauration minutieuse d’une grande collection de papyrus remontants aux époques ptolémaïque et romaine et conservée actuellement au Musée gréco-romain d’Alexandrie. Le directeur du Musée gréco-romain, l’archéologue Ahmad ‘ABD AL-FATTÂH, a déclaré qu’il s’agit de documents administratifs retrouvés dans de nombreux sites archéologiques et conservés dans le musée depuis plus de trente ans. À l’issue des quatre mois prévus pour cette opération de restauration, les papyrus retrouveront à nouveau le chemin des vitrines d’exposition. («Les Canadiens restaurent les manuscrits d’Alexandrie», al-Ahrâr du 20 novembre 2001).
- - - Finlande Le ministre de la Culture, M. Farouk HOSNI, a approuvé la construction d’un Centre national pour la documentation du patrimoine civilisationnel et naturel, et ce, en vue de recenser et de gérer les sites historiques, ce qui permettra de réaliser un recensement scientifique, géographique et qualitatif de ces Antiquités. C’est ce qu’a déclaré le Secrétaire général du Conseil Supérieur des Antiquités, le Dr Gaballah Ali GABALLAH, avant d’ajouter que la construction d’un tel Centre reviendra en faveur du Conseil et des divers organismes travaillant avec lui, ainsi que les Antiquités. Il a indiqué qu’une coordination a été établie avec le ministère des Communications et des Informations en vue de la construction d’un Centre national pour la documentation du patrimoine civilisationnel et naturel dont la tâche prioritaire sera d’élaborer un système géographique (GIS) pour les sites historiques, et ce en employant les techniques les plus modernes disponibles dans ce domaine. Le Dr GABALLAH a affirmé qu’un accord a été conclu avec le gouvernement finlandais pour la fourniture au Centre des équipements nécessaires afin de tracer les cartes numériques utilisées dans la délimitation des frontières et des usages des divers sites historiques. (Hassan SAADALLAH, «Un centre de documentation du patrimoine civilisationnel en Égypte», Le Progrès Égyptien du 23 septembre 2001. Voir également Sâbit Amîn ‘AWWÂD, «Une réserve électronique pour le patrimoine civilisationnel», al-Ahrâm du 6 aoôt).
- - - Italie With Italian assistance, an accurate map of Saqqara archaeological potential is to be charted with the aim of protecting monuments from natural and human hazards. The envisaged map covers the whole of the archaeological area of Saqqara which stretches to an area of 12 square kilometres… Yet 90 per cent of its monuments suffer the effects of environmental pollution since Saqqara is only a few kilometres from Giza.
In the first stage of the project all information and photos published about Saqqara will be collected to determine sites of the tombs on the map. The second stage is an extension of the first one while the third involves details and paintings in 13 tombs. The team of experts engaged on the project have resorted to the Remote Sensing Authority to obtain a satellite picture of the area to make an analogy with the existing map of the area.
Under the same project equipment for measuring temperature, humidity and pollution rates will be installed within three monuments: the pyramid of Onas and the tombs of Ti and Bitah Hoteb within a general plan that considers decreasing the number of visitors in tombs in order to preserve inscriptions and coloured murals. (Sammar A. EZZAT, «Archaeological map of Saqqara necropolis with Italian help», The Egyptian Gazette du 27 décembre 2001, Mushîra MÔSA, «Un projet scientifique en collaboration avec l’Italie pour protéger les Antiquités de Saqqâra contre les dangers naturels», al-Ahrâm du 24 décembre).
- - - Kazakhstan Le Comité permanent des Antiquités islamiques et coptes a rejeté, lors de sa dernière réunion, la demande présentée par l’Ambassade du Kazakhstan au Caire pour la création d’un fonds international au nom du sultan al-Zâhir BAYBARS. Ce fonds vise à recueillir les dons nécessaires pour la restauration de la mosquée al-Zâhir BAYBARS au Caire. (Lu’ay Mahmôd SA’ÎD, «Musées et Antiquités», al-Qâhira du 30 octobre).
- - - Pays arabes Un stage pour la formation à l’emploi de la technologie informatique moderne dans la préservation des Antiquités sera tenu au Conseil Supérieur des Antiquités du 24 septembre au 3 octobre prochain. Ledit stage qui se tient sous les auspices du Secrétaire général du CSA avec la participation de 25 pays arabes, parmi lesquels figurent l’Égypte, le Koweït, la Syrie, l’Arabie Saoudite et la Palestine, comprend des conférences et des visites des sites historiques et des musées. C’est ce qu’a déclaré la directrice générale de la formation au CSA, Mme Amal TEWFIQ. (Hassan SAADALLAH, «Un centre de documentation du patrimoine civilisationnel en Égypte», Le Progrès Égyptien du 23 septembre 2001).
- - - Russie Le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Mufîd SHIHÂB, a annoncé l’inauguration en mars prochain du Centre d’Études égyptiennes dépendant de l’Académie russe des Sciences. Le ministre a précisé que ce Centre sera spécialisé dans les études sur l’Égypte ancienne, la restauration et la fouille archéologique et les recherches anthropologiques comparées. Une base de données sur les Antiquités égyptiennes sera créée, ainsi qu’une banque de données pour l’analyse archéologique, en plus de la publication scientifique en arabe et en russe. Au cours d’un entretien, le ministre a examiné avec Galina BELOVA, le directeur du Centre, les modalités de création du Centre dans le cadre du Protocole culturel et scientifique qui unit l’Égypte et la Russie. Les activités de ce Centre regroupent les fouilles archéologiques dans la région de Mît Rahîna, la collaboration dans les opérations de restauration, la publication de six ouvrages sur l’Égypte et la promulgation d’accords de coopération avec des musées égyptiens. («Coopération égypto-russe dans les fouilles archéologiques», al-Wafd du 18 novembre 2001. Voir également «Un Centre russe pour les études égyptiennes», al-Ahrâr du 26 novembre).
Mais trois semaines plus tard, la presse annonce :
Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Gâballah ‘Alî GÂBALLAH, déclare qu’il ne voit aucun inconvénient à la création d’un Centre russe pour la restauration et les fouilles archéologiques en Égypte, sous réserve d’obtenir l’approbation du Comité permanent des Antiquités. Mais contrairement à ce qui a été publié dans la presse, nous n’avons reçu jusqu’à présent aucune proposition de l’Académie russe des Sciences pour la création d’un tel Centre. L’expérience russe dans ce domaine est la bienvenue, étant donné que des experts russes travaillent effectivement sur certains chantiers archéologiques dans les différents gouvernorats. (Tâha ‘ABD AL-RAHMÂN, «Un Centre russe pour la restauration des Antiquités égyptiennes», al-Ahrâr du 6 décembre).
- - - Unesco L’Égypte poursuit ses efforts en vue de mobiliser la communauté internationale et l’ensemble du monde arabo-musulman pour la sauvegarde du patrimoine archéologique et architectural palestinien en général, et la ville de Jérusalem en particulier, contre les agressions israéliennes. Celles-ci prennent plusieurs formes : substitution des toponymes arabes par d’autres juifs ; interdiction de restauration des monuments islamiques, destruction de certains d’entre eux, et annexion pure et simple ; effacement de l’identité arabe et palestinienne, etc.
Le ministre de la Culture, M. Farouk HOSNI, a lancé un appel pour la convocation d’une réunion urgente de la Commission du Patrimoine international de l’Unesco, afin de prendre une décision unique sur les moyens de faire face aux violations d’Israël des patrimoines civilisationnel et islamique du peuple palestinien. Cette mesure a été prise par M. HOSNI à la suite de la décision d’un groupuscule d’intégristes juifs de poser la première pierre symbolique du présumé troisième temple de Salomon, près de la mosquée Al-Aqsa, a déclaré le Secrétaire général du Conseil Supérieur des Antiquités, le Dr Gaballa Ali GABALLA.
Une invitation similaire sera adressée à la Ligue arabe afin de convoquer une réunion au niveau des pays arabes concernés, à savoir : le Maroc, la Jordanie et l’Autorité palestinienne, et ce conformément aux recommandations de la dernière réunion des chefs des Organismes arabes d’Antiquités, qui était consacrée à l’examen de la possibilité de présenter un mémorandum au nom des pays arabes membres de la Ligue, destiné à prendre une position sérieuse contre les violations et exactions israéliennes des lieux saints dans les territoires palestiniens occupés.
À ce propos, le ministre de la Culture a formé une commission urgente de suivi, sous la présidence du Secrétaire général du CSA, et avec la participation du directeur général des Antiquités dans le Delta, le Dr Mohamed ABDEL MAKSOUD et le président du secteur des Antiquités islamiques, M. Abdallah EL-ATTAR. Pour sa part, M. ABDEL MAKSOUD a déclaré que les pratiques d’Israël étaient considérées comme une désacralisation des lieux saints et une atteinte flagrante aux sentiments des musulmans et aux résolutions de la Commission de la protection du patrimoine international.
Selon lui, l’Unesco avait déjà rejeté la demande d’Israël d’annexer, en juin dernier lors d’une réunion de l’Unesco à Paris, des Antiquités appartenant à la région d’Al-Qods à ses propriétés culturelles. «Ceci représente une reconnaissance par la Commission internationale concernée du patrimoine culturel du peuple palestinien, notamment les Lieux saints». (Hassan SAADALLAH, «Réunion sur les patrimoines du peuple palestinien», Le Progrès Égyptien du 5 aoôt 2001. Voir également Omayma ABDEL-LATIF, «Not impartial, not scientific», Al-Ahram Weekly du 2 aoôt ; Tâha ‘ABDALLAH, «Des efforts égyptien-marocains pour la protection des Antiquités de Jérusalem», al-Ahrâr du 8 décembre ; Ibtihâl GHAYS, «Les archéologues appellent l’Unesco à sauver les monuments de Jérusalem», Uktubar du 16 décembre).
- - - Polémiques Opéra Aïda aux Pyramides L’organisation d’une nouvelle édition de l’opéra Aïda sur le Plateau de Gîza a été, une fois de plus, le théâtre d’un conflit ouvert entre partisans et adversaires de l’exploitation des sites archéologiques à des fins touristiques ou artistiques :
When Giuseppe VERDI’s Aida was staged in 1998 and 1999 at the foot of the Giza pyramids, the production met with great acclaim. Apart from 1987, 1994 and 1997 when the performances were held in Luxor, and last year when the production was canceled, the Giza plateau for more than a decade has been the site of annual productions that usually draw thousands of people from all parts of the world. This year’s production was timed to coincide with the centenary of the Italian composer’s death on 12 October. To create an unforgettable spectacle, the production design calls for a lake to be constructed around the stage and a miniature 15-metre-high step pyramid, made of wood-coated steel. These innovations by renowned Italian open-air opera director Pier Luigi PIZZI were received with enthusiastic praise from Opera House officials and Culture Minister Farouk HOSNI, but they were met with by objections from some Egyptologists. Some described them as a threat to the safety and «sanctity» of the pyramids area. But others believe that they might improve the presentation of the opera and provide an additional attraction to draw people from around the world. «Our goal is to innovate and create a glamorous atmosphere against the divine pyramid backdrop. We are always keen on the safety of archaeological sites because they are our heritage,» HOSNI told Al-Ahram Weekly. He added that «to be on the safe side,» a committee comprising Egyptologists, engineers, technicians and artists will meet within days to decide whether to go ahead with the construction of the lake and the replica of the step pyramid. Antiquities officials are confident that the methods they have proposed to safeguard the monuments would be effective. Gaballa Ali GABALLA, secretary-general of the Supreme Council of Antiquities (SCA), affirmed that the lake would not have a negative impact on the archaeological site. He explained that the proposed "lake" would actually be a shallow water-filled trench, 100 metres-long, 10 metres-wide and five to 10 centimetres deep. It is to be lined with stainless steel-coated iron sheets to prevent water from seeping into the surrounding area. «The amount of water in the lake will be much less than the rains that strike the plateau every winter,» said GABALLA. Voicing a different opinion, Ahmed EL-SAWI, an Egyptian antiquities professor, pointed out that constructing a lake inside the archaeological area contravenes the antiquities law no 117 for 1983, which stipulates imprisonment as the penalty for anyone who changes, adds to, or disfigures any archaeological site. He said that if the plan is implemented, the Ministry of Culture and the SCA would be culpable for destroying a priceless archaeological site. ABDEL-HALIM NOUREDDIN, dean of the Faculty of Antiquities, Fayyoum University, believes that it is acceptable to utilise the area surrounding any ancient site, whether it contains a pyramid or a temple, for cultural activities, on condition that the use of the area does not result in its being damaged. However, he objected to the plan for the lake. «It is a very dangerous plan that does not contain sufficient protections against water seepage,» NOUREDDIN added. The executive producer of this year’s production of Aida, Hassan KAMI, believes that a lake is dramatically relevant to the production and would greatly enhance two scenes. The first is the celebration of the Egyptian victory and the second is a scene in the Third Act where Aida sings for the Nile to help her in her misery. As for the replica of the pyramid, Aida and her lover will be buried inside it at the end of the opera. «This time, the opera will be much more dazzling,» KAMI said. «What is all this fuss about,» wonders Samir FARAG, head of the Opera House. «Why are Egyptologists afraid of constructing this lake? It is a small water channel that will be constructed by the armed forces who guarantee full control of the water and the prevention of any leakage.» Zahi HAWASS, director-general of the Giza Plateau and Bahariya oasis, sent his official objection to GABALLA last week. In his letter HAWASS described the proposed lake as a threat to the sanctity and appearance of the plateau. If water were to seep from the trench, the northern cemetery of Khufu’s officials would be destroyed, he said. HAWASS supported his argument by noting that all rest-houses on the plateau were removed in order to safeguard against the possibility of any seepage from their water supplies. (Nevine EL-AREF, «'Lake' Aida?», Al-Ahram Weekly du 6 septembre 2001. Voir également ‘Alâ’ ‘ABD AL-HÂDÎ, «Un différend entre l’Opéra et le CSA à propos du creusement d’un lac artificial sur le Plateau des Pyramides», al-Akhbâr du 29 aoôt; Nivîn YÂSÎN, «Le lac d’Aïda», al-Wafd du 15 septembre).
Il est à noter que le conflit entre l’Opéra du Caire et le CSA a été dévoilé par la presse fin aoôt, après que les Forces armées égyptiennes avaient déjà réalisé 60 % des travaux d’aménagement du spectacle contesté ! Le ministre de la Culture renvoie l’affaire devant le Comité permanent des Antiquités égyptiennes : «Nous devons laisser les experts trancher ces questions-là. Nous ne sommes pas metteur en scène. Par conséquent, il convient de se taire et d’attendre avant de juger l’expérience, surtout que le réalisateur italien PIZZI est mondialement connu. Je n’ai aucun parti pris, si ce n’est celui des idées nouvelles. Car il est trop facile de prendre des décisions qui plaisent à tout le monde. Je refuse, toutefois, ce style» (Fârôq HUSNÎ transmet le problème d’Aïda au Comité permanent des Antiquités égyptiennes», Akhbâr al-Yawm du 8 septembre. Voir également Tâha ‘ABD AL-RAHMÂN, «Le Comité permanent tranche le différend autour du lac artificiel de l’opéra Aïda», al-Ahrâr du 14 septembre).
Mais les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et l’invasion de l’Afghanistan ont eu le dernier mot. L’opéra de VERDI a été annulé, malgré les quelques millions de Livres égyptiennes dépensées en décor et en campagnes publicitaires internationales… - - - Musée Égyptien Dans le cadre des travaux de réaménagement du Musée Égyptien du Caire, le Ministère de la Culture décide de recouvrir tous les socles du Musée avec du marbre. Vives controverses :
Recouvrir tous les socles du Musée Égyptien avec du marbre, c’est le projet qui suscite actuellement une grande polémique au ministère de la Culture. L’opposition vient de ceux qui sont les plus concernés: les égyptologues et même le directeur du Musée, Mamdouh AL-DAMATI. Entamé dans le plus grand secret il y a quelques mois, le projet a suscité l’émotion, au vu surtout de son étape expérimentale qui vient de se terminer et portant sur les frises des murs d’une des salles. «Je refuse catégoriquement ce projet», s’insurge le directeur actuel du Musée, Mamdouh AL-DAMATI. Pour lui, ce projet est à rejeter non seulement du point de vue esthétique, mais aussi pour les risques qu’il ferait courir à l’édifice même. Puisque le marbre constituera une surcharge supplémentaire sur les fondations… Au risque de perdre son poste, le directeur a envoyé à cet égard plusieurs lettres de protestations aux responsables pour suspendre ce projet. Mais les ordres viennent de plus haut, du cabinet du ministre Farouk HOSNI. Ce projet a en effet été signé lors de la période intérimaire entre deux directions du musée oò des ouvriers ont débarqué au mois de mars.
« Le sol n’est pas très solide dans plusieurs endroits du Musée. Il s’est presque effondré à certains endroits provoquant des craquelures dans les socles en bois de certaines statues, dont la statue colossale d’Amenhotep III et son épouse la reine Tiyi», affirme de son côté une égyptologue étrangère qui préfère garder l’anonymat. Raison de plus pour ne pas admettre le marbre. «Des socles en marbre, c’est une idée qu’on refuse à cent pour cent. C’est contre tous les critères muséologiques, en plus, ça donne l’impression que nous sommes dans des toilettes ou dans une cafétéria un peu kitsch», ajoute-t-elle.
Les socles utilisés actuellement sont là depuis 1802, date de la construction du musée, ils sont conformes aux normes muséologiques. «Si les socles en bois sont enrobés de marbre, cela entravera le déplacement des pièces. Un musée n’est pas un espace statique. Il faut que les pièces changent d’emplacement de temps à autre, soit pour organiser des expositions thématiques, soit pour des raisons d’actualité», ajoute-t-elle. Le budget prévu pour cette opération est de 5 à 7 millions de LE. «Du gaspillage», selon les opposants. «Une telle somme aurait suffi à la restauration de beaucoup de pièces qui sont dans un état lamentable», lance encore l’égyptologue.
Pour sa part, le secrétaire général du Haut Conseil des Antiquités (HCA), Gaballah Ali GABALLAH, n’est pas au courant de l’affaire. «Je vais me rendre au musée pour vérifier exactement de quoi il s’agit». Le ministre de la Culture, Farouk HOSNI, qui a donné le feu vert aux travaux, reconnaît que l’aménagement en cours «n’est pas un projet idéal mais au moins le musée deviendra plus propre et plus beau». En ce qui concerne le poids du marbre et les risques qu’il présente, le ministre argumente que «le projet est entre les mains de spécialistes, c’est à eux de trancher une telle question», ajoute-t-il.
De son côté, Aymane ABDEL-MONEIM, conseiller auprès du ministère de la Culture, explique qu’il y a «deux opérations en cours». La première est la restauration des fissures qui se trouvent dans les dépôts du musée et qui va coôter 2,5 millions de L.E. et la deuxième consiste à recouvrir les socles et le parterre du second étage de marbre avec un coôt de 43 millions de L.E. Le sol du musée au deuxième étage est en mosaïque recouvert d’une couche synthétique. «S’il avère que le marbre est plus lourd que la mosaïque, on va arrêter les travaux. On ne peut pas prendre une telle responsabilité, alors que pour les socles, c’est une décision définitive», assure le conseiller du ministère.
Certes, le côté esthétique au Musée Égyptien est loin d’être à la hauteur, que ce soit au niveau de l’éclairage, du nettoyage, de la conservation ou de l’exposition même, or, on voit mal ce que le marbre apportera comme solution ou amélioration. Voire, il constitue d’un accord quasi commun une touche de laideur apportée à ce musée qui, comme le revendiquent les spécialistes, a besoin d’un plan d’aménagement bien conçu et mieux pensé. (Hala FARES, «Sous le signe de la controverse», Al-Ahram Hebdo du 11 juillet 2001).
- - - Téléphérique d’Aswân Si l’idée d’installer un téléphérique à Aswân était dans l’air depuis un certain temps déjà, ce n’est qu’en juillet 2001 que la presse commence à en parler d’une façon plus précise :
Le gouvernorat d’Aswân étudie actuellement une proposition présentée par un groupe d’investisseurs arabes visant l’implantation de téléphériques dans les villes d’Aswân et d’Abou Simbel. Il s’agit d’un des nouveaux projets touristiques dans la région du temple de Kalâbsha et du jardin botanique à Aswân. En plus d’un autre téléphérique, qui devrait relier l’aéroport d’Abou Simbel aux temples de Ramsès II et de Néfertari. (Sa’îd GAMÂL AL-DÎN, «Téléphérique entre les temples archéologiques à Abou Simbel et à Aswân», al-Ahrâr du 4 juillet 2001).
Notons que ce même investisseur Koweïtien avait auparavant proposé sans succès l’installation d’un téléphérique sur l’île de Philae. Mais les bateliers s’y étaient farouchement opposés. Alléché par la promesse de création de nouveaux emplois, le gouvernorat d’Aswân accueille favorablement cette nouvelle proposition. En revanche, le Conseil Suprême des Antiquités s’en démarque. En effet, lors de sa réunion du 5 décembre 2001, le Comité permanent des Antiquités égyptiennes a rejeté à l’unanimité ce projet de téléphérique entre les deux rives d’Aswân :
Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Dr Gâballah ‘Alî G&Aci
 
i - revue de presse 1. themes generaux

disparition mustafa 'abdallah shiha le 25 novembre 2001 s'est eteint le dr mustafa 'abdallah shiha, professeur d'archeologie islamique et vice-doyen de la faculte d'archeologie a l'universite du caire. il a entame une longue carriere au sein de l'organisme des antiquites egyptiennes (actuel conseil supreme des antiquites), ou il a siege au comite permanent des antiquites islamiques. il a fouille a fustat durant de nombreuses annees. ensuite, il a embrasse la carriere universitaire. il etait chef du departement des antiquites islamiques et coptes a l'universite du caire, ou il a dirige de nombreuses recherches de magistere et de doctorat. il a egalement travaille et enseigne au soudan, au yemen puis en arabie saoudite. il est, surtout, l'auteur de nombreux ouvrages sur les antiquites islamiques et coptes. ('abdallah kamil musa, "disparition de l'archeologue musulman, pionnier des etudes coptes", al-qahira du 11 decembre).
- - - nominations samir anis est nomme directeur general des antiquites de minya, en remplacement de mahmud hamza, parti a la retraite.
- - - distinctions zahi hawwas l'academie russe des sciences remettra, lors d'une ceremonie en novembre prochain, a l'archeologue zahi hawwas la medaille en argent du savant russe bavel tirtagakov [sic]. l'ex-secretaire general des nations unies, dr butrus ghali est l'unique personnalite egyptienne ayant deja recu cette distinction dispensee par l'academie russe. l'election de zahi hawwas au rang de membre honorifique de l'academie russe des sciences vient, en effet, en hommage a ses contributions dans le domaine de l'archeologie, a sa grande renommee internationale et a sa capacite a donner des conferences. ("zahi hawwas recoit la medaille tirtagakov russe", al-ahrar du 11 octobre).
- - - 'abd al-'aziz salih lors de son ive rassemblement scientifique tenu du 27 au 29 octobre 2001 a l'universite du caire, l'association des archeologues arabes a honore la memoire du defunt egyptologue, dr. 'abd al-'aziz salih, ancien doyen de la faculte d'archeologie, ainsi que le dr. 'abd al-rahman al-tayyib al-ansari, ancien doyen de la faculte de lettres a l'universite du roi sa'ud et pionnier de l'archeologie dans la peninsule arabe. les armoiries de l'association ont ete remises a la veuve du dr. 'abd al-'aziz salih. (ihab al-khudari, "les archeologues arabes examinent le changement du terme les dialectes semites", akhbar al-adab du 4 novembre 2001).
par ailleurs, conformement aux voeux du dr. 'abd al-'aziz salih, sa veuve a decide d'offrir la grande bibliotheque archeologique ayant appartenu au dr. salih a la faculte d'archeologie de l'universite du caire. (lu'ay mahmud sa'id, "musees et antiquites", al-qahira du 16 octobre).
- - - le comite de la culture et de l'information a l'assemblee du peuple et a l'organisme central de comptabilite a adresse un message de remerciement et d'appreciation au conseil superieur des antiquites pour ce qui a ete realise par ledit conseil, durant ces trois dernieres annees, concernant la restriction des depenses et la conformite aux regles et aux lois regissant sa gestion de ces depenses. tout en prenant les mesures legales necessaires pour eviter les remarques qui lui ont ete faites par l'organisme central, pendant des periodes precedentes sur le gaspillage de fonds en les depensant sur des voyages et des ceremonies. (hassan saadallah, "enregistrement de mosquees sur la liste des antiquites", le progres egyptien du 12 aout 2001).
- - - cooperations canada en collaboration avec des experts du centre canadien de restauration des manuscrits, l'administration de restauration du conseil supreme des antiquites a entrepris une restauration minutieuse d'une grande collection de papyrus remontants aux epoques ptolemaique et romaine et conservee actuellement au musee greco-romain d'alexandrie. le directeur du musee greco-romain, l'archeologue ahmad 'abd al-fattah, a declare qu'il s'agit de documents administratifs retrouves dans de nombreux sites archeologiques et conserves dans le musee depuis plus de trente ans. a l'issue des quatre mois prevus pour cette operation de restauration, les papyrus retrouveront a nouveau le chemin des vitrines d'exposition. ("les canadiens restaurent les manuscrits d'alexandrie", al-ahrar du 20 novembre 2001).
- - - finlande le ministre de la culture, m. farouk hosni, a approuve la construction d'un centre national pour la documentation du patrimoine civilisationnel et naturel, et ce, en vue de recenser et de gerer les sites historiques, ce qui permettra de realiser un recensement scientifique, geographique et qualitatif de ces antiquites. c'est ce qu'a declare le secretaire general du conseil superieur des antiquites, le dr gaballah ali gaballah, avant d'ajouter que la construction d'un tel centre reviendra en faveur du conseil et des divers organismes travaillant avec lui, ainsi que les antiquites. il a indique qu'une coordination a ete etablie avec le ministere des communications et des informations en vue de la construction d'un centre national pour la documentation du patrimoine civilisationnel et naturel dont la tache prioritaire sera d'elaborer un systeme geographique (gis) pour les sites historiques, et ce en employant les techniques les plus modernes disponibles dans ce domaine. le dr gaballah a affirme qu'un accord a ete conclu avec le gouvernement finlandais pour la fourniture au centre des equipements necessaires afin de tracer les cartes numeriques utilisees dans la delimitation des frontieres et des usages des divers sites historiques. (hassan saadallah, "un centre de documentation du patrimoine civilisationnel en egypte", le progres egyptien du 23 septembre 2001. voir egalement sabit amin 'awwad, "une reserve electronique pour le patrimoine civilisationnel", al-ahram du 6 aout).
- - - italie with italian assistance, an accurate map of saqqara archaeological potential is to be charted with the aim of protecting monuments from natural and human hazards. the envisaged map covers the whole of the archaeological area of saqqara which stretches to an area of 12 square kilometres… yet 90 per cent of its monuments suffer the effects of environmental pollution since saqqara is only a few kilometres from giza.
in the first stage of the project all information and photos published about saqqara will be collected to determine sites of the tombs on the map. the second stage is an extension of the first one while the third involves details and paintings in 13 tombs. the team of experts engaged on the project have resorted to the remote sensing authority to obtain a satellite picture of the area to make an analogy with the existing map of the area.
under the same project equipment for measuring temperature, humidity and pollution rates will be installed within three monuments: the pyramid of onas and the tombs of ti and bitah hoteb within a general plan that considers decreasing the number of visitors in tombs in order to preserve inscriptions and coloured murals. (sammar a. ezzat, "archaeological map of saqqara necropolis with italian help", the egyptian gazette du 27 decembre 2001, mushira musa, "un projet scientifique en collaboration avec l'italie pour proteger les antiquites de saqqara contre les dangers naturels", al-ahram du 24 decembre).
- - - kazakhstan le comite permanent des antiquites islamiques et coptes a rejete, lors de sa derniere reunion, la demande presentee par l'ambassade du kazakhstan au caire pour la creation d'un fonds international au nom du sultan al-zahir baybars. ce fonds vise a recueillir les dons necessaires pour la restauration de la mosquee al-zahir baybars au caire. (lu'ay mahmud sa'id, "musees et antiquites", al-qahira du 30 octobre).
- - - pays arabes un stage pour la formation a l'emploi de la technologie informatique moderne dans la preservation des antiquites sera tenu au conseil superieur des antiquites du 24 septembre au 3 octobre prochain. ledit stage qui se tient sous les auspices du secretaire general du csa avec la participation de 25 pays arabes, parmi lesquels figurent l'egypte, le koweit, la syrie, l'arabie saoudite et la palestine, comprend des conferences et des visites des sites historiques et des musees. c'est ce qu'a declare la directrice generale de la formation au csa, mme amal tewfiq. (hassan saadallah, "un centre de documentation du patrimoine civilisationnel en egypte", le progres egyptien du 23 septembre 2001).
- - - russie le ministre de l'enseignement superieur, dr mufid shihab, a annonce l'inauguration en mars prochain du centre d'etudes egyptiennes dependant de l'academie russe des sciences. le ministre a precise que ce centre sera specialise dans les etudes sur l'egypte ancienne, la restauration et la fouille archeologique et les recherches anthropologiques comparees. une base de donnees sur les antiquites egyptiennes sera creee, ainsi qu'une banque de donnees pour l'analyse archeologique, en plus de la publication scientifique en arabe et en russe. au cours d'un entretien, le ministre a examine avec galina belova, le directeur du centre, les modalites de creation du centre dans le cadre du protocole culturel et scientifique qui unit l'egypte et la russie. les activites de ce centre regroupent les fouilles archeologiques dans la region de mit rahina, la collaboration dans les operations de restauration, la publication de six ouvrages sur l'egypte et la promulgation d'accords de cooperation avec des musees egyptiens. ("cooperation egypto-russe dans les fouilles archeologiques", al-wafd du 18 novembre 2001. voir egalement "un centre russe pour les etudes egyptiennes", al-ahrar du 26 novembre).
mais trois semaines plus tard, la presse annonce:
le secretaire general du conseil supreme des antiquites, gaballah 'ali gaballah, declare qu'il ne voit aucun inconvenient a la creation d'un centre russe pour la restauration et les fouilles archeologiques en egypte, sous reserve d'obtenir l'approbation du comite permanent des antiquites. mais contrairement a ce qui a ete publie dans la presse, nous n'avons recu jusqu'a present aucune proposition de l'academie russe des sciences pour la creation d'un tel centre. l'experience russe dans ce domaine est la bienvenue, etant donne que des experts russes travaillent effectivement sur certains chantiers archeologiques dans les differents gouvernorats. (taha 'abd al-rahman, "un centre russe pour la restauration des antiquites egyptiennes", al-ahrar du 6 decembre).
- - - unesco l'egypte poursuit ses efforts en vue de mobiliser la communaute internationale et l'ensemble du monde arabo-musulman pour la sauvegarde du patrimoine archeologique et architectural palestinien en general, et la ville de jerusalem en particulier, contre les agressions israeliennes. celles-ci prennent plusieurs formes: substitution des toponymes arabes par d'autres juifs; interdiction de restauration des monuments islamiques, destruction de certains d'entre eux, et annexion pure et simple; effacement de l'identite arabe et palestinienne, etc.
le ministre de la culture, m. farouk hosni, a lance un appel pour la convocation d'une reunion urgente de la commission du patrimoine international de l'unesco, afin de prendre une decision unique sur les moyens de faire face aux violations d'israel des patrimoines civilisationnel et islamique du peuple palestinien. cette mesure a ete prise par m. hosni a la suite de la decision d'un groupuscule d'integristes juifs de poser la premiere pierre symbolique du presume troisieme temple de salomon, pres de la mosquee al-aqsa, a declare le secretaire general du conseil superieur des antiquites, le dr gaballa ali gaballa.
une invitation similaire sera adressee a la ligue arabe afin de convoquer une reunion au niveau des pays arabes concernes, a savoir: le maroc, la jordanie et l'autorite palestinienne, et ce conformement aux recommandations de la derniere reunion des chefs des organismes arabes d'antiquites, qui etait consacree a l'examen de la possibilite de presenter un memorandum au nom des pays arabes membres de la ligue, destine a prendre une position serieuse contre les violations et exactions israeliennes des lieux saints dans les territoires palestiniens occupes.
a ce propos, le ministre de la culture a forme une commission urgente de suivi, sous la presidence du secretaire general du csa, et avec la participation du directeur general des antiquites dans le delta, le dr mohamed abdel maksoud et le president du secteur des antiquites islamiques, m. abdallah el-attar. pour sa part, m. abdel maksoud a declare que les pratiques d'israel etaient considerees comme une desacralisation des lieux saints et une atteinte flagrante aux sentiments des musulmans et aux resolutions de la commission de la protection du patrimoine international.
selon lui, l'unesco avait deja rejete la demande d'israel d'annexer, en juin dernier lors d'une reunion de l'unesco a paris, des antiquites appartenant a la region d'al-qods a ses proprietes culturelles. "ceci represente une reconnaissance par la commission internationale concernee du patrimoine culturel du peuple palestinien, notamment les lieux saints". (hassan saadallah, "reunion sur les patrimoines du peuple palestinien", le progres egyptien du 5 aout 2001. voir egalement omayma abdel-latif, "not impartial, not scientific", al-ahram weekly du 2 aout; taha 'abdallah, "des efforts egyptien-marocains pour la protection des antiquites de jerusalem", al-ahrar du 8 decembre; ibtihal ghays, "les archeologues appellent l'unesco a sauver les monuments de jerusalem", uktubar du 16 decembre).
- - - polemiques opera aida aux pyramides l'organisation d'une nouvelle edition de l'opera aida sur le plateau de giza a ete, une fois de plus, le theatre d'un conflit ouvert entre partisans et adversaires de l'exploitation des sites archeologiques a des fins touristiques ou artistiques:
when giuseppe verdi's aida was staged in 1998 and 1999 at the foot of the giza pyramids, the production met with great acclaim. apart from 1987, 1994 and 1997 when the performances were held in luxor, and last year when the production was canceled, the giza plateau for more than a decade has been the site of annual productions that usually draw thousands of people from all parts of the world. this year's production was timed to coincide with the centenary of the italian composer's death on 12 october. to create an unforgettable spectacle, the production design calls for a lake to be constructed around the stage and a miniature 15-metre-high step pyramid, made of wood-coated steel. these innovations by renowned italian open-air opera director pier luigi pizzi were received with enthusiastic praise from opera house officials and culture minister farouk hosni, but they were met with by objections from some egyptologists. some described them as a threat to the safety and "sanctity" of the pyramids area. but others believe that they might improve the presentation of the opera and provide an additional attraction to draw people from around the world. "our goal is to innovate and create a glamorous atmosphere against the divine pyramid backdrop. we are always keen on the safety of archaeological sites because they are our heritage," hosni told al-ahram weekly. he added that "to be on the safe side," a committee comprising egyptologists, engineers, technicians and artists will meet within days to decide whether to go ahead with the construction of the lake and the replica of the step pyramid. antiquities officials are confident that the methods they have proposed to safeguard the monuments would be effective. gaballa ali gaballa, secretary-general of the supreme council of antiquities (sca), affirmed that the lake would not have a negative impact on the archaeological site. he explained that the proposed "lake" would actually be a shallow water-filled trench, 100 metres-long, 10 metres-wide and five to 10 centimetres deep. it is to be lined with stainless steel-coated iron sheets to prevent water from seeping into the surrounding area. "the amount of water in the lake will be much less than the rains that strike the plateau every winter," said gaballa. voicing a different opinion, ahmed el-sawi, an egyptian antiquities professor, pointed out that constructing a lake inside the archaeological area contravenes the antiquities law no 117 for 1983, which stipulates imprisonment as the penalty for anyone who changes, adds to, or disfigures any archaeological site. he said that if the plan is implemented, the ministry of culture and the sca would be culpable for destroying a priceless archaeological site. abdel-halim noureddin, dean of the faculty of antiquities, fayyoum university, believes that it is acceptable to utilise the area surrounding any ancient site, whether it contains a pyramid or a temple, for cultural activities, on condition that the use of the area does not result in its being damaged. however, he objected to the plan for the lake. "it is a very dangerous plan that does not contain sufficient protections against water seepage," noureddin added. the executive producer of this year's production of aida, hassan kami, believes that a lake is dramatically relevant to the production and would greatly enhance two scenes. the first is the celebration of the egyptian victory and the second is a scene in the third act where aida sings for the nile to help her in her misery. as for the replica of the pyramid, aida and her lover will be buried inside it at the end of the opera. "this time, the opera will be much more dazzling," kami said. "what is all this fuss about," wonders samir farag, head of the opera house. "why are egyptologists afraid of constructing this lake? it is a small water channel that will be constructed by the armed forces who guarantee full control of the water and the prevention of any leakage." zahi hawass, director-general of the giza plateau and bahariya oasis, sent his official objection to gaballa last week. in his letter hawass described the proposed lake as a threat to the sanctity and appearance of the plateau. if water were to seep from the trench, the northern cemetery of khufu's officials would be destroyed, he said. hawass supported his argument by noting that all rest-houses on the plateau were removed in order to safeguard against the possibility of any seepage from their water supplies. (nevine el-aref, "'lake' aida?", al-ahram weekly du 6 septembre 2001. voir egalement 'ala' 'abd al-hadi, "un differend entre l'opera et le csa a propos du creusement d'un lac artificial sur le plateau des pyramides", al-akhbar du 29 aout; nivin yasin, "le lac d'aida", al-wafd du 15 septembre).
il est a noter que le conflit entre l'opera du caire et le csa a ete devoile par la presse fin aout, apres que les forces armees egyptiennes avaient deja realise 60 % des travaux d'amenagement du spectacle conteste! le ministre de la culture renvoie l'affaire devant le comite permanent des antiquites egyptiennes: "nous devons laisser les experts trancher ces questions-la. nous ne sommes pas metteur en scene. par consequent, il convient de se taire et d'attendre avant de juger l'experience, surtout que le realisateur italien pizzi est mondialement connu. je n'ai aucun parti pris, si ce n'est celui des idees nouvelles. car il est trop facile de prendre des decisions qui plaisent a tout le monde. je refuse, toutefois, ce style" (faruq husni transmet le probleme d'aida au comite permanent des antiquites egyptiennes", akhbar al-yawm du 8 septembre. voir egalement taha 'abd al-rahman, "le comite permanent tranche le differend autour du lac artificiel de l'opera aida", al-ahrar du 14 septembre).
mais les attentats du 11 septembre 2001 aux etats-unis et l'invasion de l'afghanistan ont eu le dernier mot. l'opera de verdi a ete annule, malgre les quelques millions de livres egyptiennes depensees en decor et en campagnes publicitaires internationales… - - - musee egyptien dans le cadre des travaux de reamenagement du musee egyptien du caire, le ministere de la culture decide de recouvrir tous les socles du musee avec du marbre. vives controverses:
recouvrir tous les socles du musee egyptien avec du marbre, c'est le projet qui suscite actuellement une grande polemique au ministere de la culture. l'opposition vient de ceux qui sont les plus concernes: les egyptologues et meme le directeur du musee, mamdouh al-damati. entame dans le plus grand secret il y a quelques mois, le projet a suscite l'emotion, au vu surtout de son etape experimentale qui vient de se terminer et portant sur les frises des murs d'une des salles. "je refuse categoriquement ce projet", s'insurge le directeur actuel du musee, mamdouh al-damati. pour lui, ce projet est a rejeter non seulement du point de vue esthetique, mais aussi pour les risques qu'il ferait courir a l'edifice meme. puisque le marbre constituera une surcharge supplementaire sur les fondations… au risque de perdre son poste, le directeur a envoye a cet egard plusieurs lettres de protestations aux responsables pour suspendre ce projet. mais les ordres viennent de plus haut, du cabinet du ministre farouk hosni. ce projet a en effet ete signe lors de la periode interimaire entre deux directions du musee ou des ouvriers ont debarque au mois de mars.
" le sol n'est pas tres solide dans plusieurs endroits du musee. il s'est presque effondre a certains endroits provoquant des craquelures dans les socles en bois de certaines statues, dont la statue colossale d'amenhotep iii et son epouse la reine tiyi", affirme de son cote une egyptologue etrangere qui prefere garder l'anonymat. raison de plus pour ne pas admettre le marbre. "des socles en marbre, c'est une idee qu'on refuse a cent pour cent. c'est contre tous les criteres museologiques, en plus, ca donne l'impression que nous sommes dans des toilettes ou dans une cafeteria un peu kitsch", ajoute-t-elle.
les socles utilises actuellement sont la depuis 1802, date de la construction du musee, ils sont conformes aux normes museologiques. "si les socles en bois sont enrobes de marbre, cela entravera le deplacement des pieces. un musee n'est pas un espace statique. il faut que les pieces changent d'emplacement de temps a autre, soit pour organiser des expositions thematiques, soit pour des raisons d'actualite", ajoute-t-elle. le budget prevu pour cette operation est de 5 a 7 millions de le. "du gaspillage", selon les opposants. "une telle somme aurait suffi a la restauration de beaucoup de pieces qui sont dans un etat lamentable", lance encore l'egyptologue.
pour sa part, le secretaire general du haut conseil des antiquites (hca), gaballah ali gaballah, n'est pas au courant de l'affaire. "je vais me rendre au musee pour verifier exactement de quoi il s'agit". le ministre de la culture, farouk hosni, qui a donne le feu vert aux travaux, reconnait que l'amenagement en cours "n'est pas un projet ideal mais au moins le musee deviendra plus propre et plus beau". en ce qui concerne le poids du marbre et les risques qu'il presente, le ministre argumente que "le projet est entre les mains de specialistes, c'est a eux de trancher une telle question", ajoute-t-il.
de son cote, aymane abdel-moneim, conseiller aupres du ministere de la culture, explique qu'il y a "deux operations en cours". la premiere est la restauration des fissures qui se trouvent dans les depots du musee et qui va couter 2,5 millions de l.e. et la deuxieme consiste a recouvrir les socles et le parterre du second etage de marbre avec un cout de 43 millions de l.e. le sol du musee au deuxieme etage est en mosaique recouvert d'une couche synthetique. "s'il avere que le marbre est plus lourd que la mosaique, on va arreter les travaux. on ne peut pas prendre une telle responsabilite, alors que pour les socles, c'est une decision definitive", assure le conseiller du ministere.
certes, le cote esthetique au musee egyptien est loin d'etre a la hauteur, que ce soit au niveau de l'eclairage, du nettoyage, de la conservation ou de l'exposition meme, or, on voit mal ce que le marbre apportera comme solution ou amelioration. voire, il constitue d'un accord quasi commun une touche de laideur apportee a ce musee qui, comme le revendiquent les specialistes, a besoin d'un plan d'amenagement bien concu et mieux pense. (hala fares, "sous le signe de la controverse", al-ahram hebdo du 11 juillet 2001).
- - - telepherique d'aswan si l'idee d'installer un telepherique a aswan etait dans l'air depuis un certain temps deja, ce n'est qu'en juillet 2001 que la presse commence a en parler d'une facon plus precise:
le gouvernorat d'aswan etudie actuellement une proposition presentee par un groupe d'investisseurs arabes visant l'implantation de telepheriques dans les villes d'aswan et d'abou simbel. il s'agit d'un des nouveaux projets touristiques dans la region du temple de kalabsha et du jardin botanique a aswan. en plus d'un autre telepherique, qui devrait relier l'aeroport d'abou simbel aux temples de ramses ii et de nefertari. (sa'id gamal al-din, "telepherique entre les temples archeologiques a abou simbel et a aswan", al-ahrar du 4 juillet 2001).
notons que ce meme investisseur koweitien avait auparavant propose sans succes l'installation d'un telepherique sur l'ile de philae. mais les bateliers s'y etaient farouchement opposes. alleche par la promesse de creation de nouveaux emplois, le gouvernorat d'aswan accueille favorablement cette nouvelle proposition. en revanche, le conseil supreme des antiquites s'en demarque. en effet, lors de sa reunion du 5 decembre 2001, le comite permanent des antiquites egyptiennes a rejete a l'unanimite ce projet de telepherique entre les deux rives d'aswan:
le secretaire general du conseil supreme des antiquites, dr gaballah 'ali gaballah, a affirme lors de la reunion de la commission superieure avoir ordonne de traduire le directeur des antiquites d'aswan, 'ali al-akhfan, devant une commission d'enquete. celui-ci avait outrepasse ses prerogatives en accordant un accord de principe sur le projet du telepherique d'aswan presente par un investisseur koweitien et rejete par le csa. l'aval du directeur des antiquites d'aswan a, en effet, embarrasse et le ministere de la culture et le csa. (ruz al-yusuf du 29 decembre. voir egalement mushira musa, "la ville d'aswan deviendra-t-elle un parc d'attractions ou un pole archeologique international?", al-ahram du 18 novembre; "le comite permanent refuse a l'unanimite le projet de telepherique", akhbar al-yawm du 8 decembre).
en effet, nombreux seront les detracteurs de ce projet touristique:
(…) mais le haut conseil des antiquites a refuse l'idee arguant qu'assouan devait preserver son patrimoine, son environnement naturel et ne pas edifier des etablissements en beton. une position soutenue par le ministere de l'environnement. "nous ne sommes pas contre les projets d'investissement en egypte, surtout s'ils menent a la croissance des ressources et ouvrent de nouvelles portes pour la main-d'oeuvre. cependant, ceux-ci ne devraient jamais etres realises aux depens des antiquites et du patrimoine egyptiens". cette phrase de bon sens sort de la bouche de dr gaballah ali, secretaire general du haut conseil des antiquites. la loi sur la protection des antiquites interdit d'ailleurs les constructions sur les sites antiques et il existe des regles strictes en cas d'installation a proximite.
le doyen de la faculte d'antiquites de l'universite du caire se montre affirmatif. “chaque projet touristique doit avoir un seul but, declare-t-il: proteger les antiquites pour lesquelles les touristes viennent en egypte. il doit epargner non seulement le monument mais aussi le milieu qui l'entoure. les gens viennent chez nous pour jouir du monument au sein de son environnement naturel… tout changement d'aspect represente une violation des droits du touriste et une defiguration de l'histoire”.
de son cote, le directeur general des antiquites de guizeh, le dr zahi hawass, s'est oppose categoriquement au projet du telepherique. "j'ai deja refuse l'annee derniere l'execution du projet dans la region des pyramides de guizeh, car nous ne voulions pas davantage de cette pollution, multipliee par le nuage noir, qui menace nos antiquites". selon lui, il existe une “limite de securite” pour chaque monument. “il est interdit de creer des activites a l'interieur de cette limite meme si c'est une activite touristique telle qu'un restaurant. je determine “la limite de securite” a une surface entre 1 et 5 kilometres autour du monument”.
un autre responsable des antiquites estime que la region d'assouan doit etre rapidement transformee en reserve naturelle pour contrer tous ceux qui essayent de la defigurer. “un telepherique defigurerait la region antique d'assouan meme s'il ne touche pas les gravures des pierres”, souligne-t-il. le passage d'un telepherique dans cette zone influerait negativement sur le panorama et sur la region antique surtout qu'il se trouverait a 250 metres au nord du tombeau de l'agha khan et a 400 metres a l'ouest des cimetieres. il influerait aussi sur la beaute des sites antiques d'autant que sa derniere station est prevue tout pres des sepultures des nobles.
le vice-doyen de la faculte de tourisme, le dr ali omar, trouve de toute facon que cela n'est pas forcement viable au niveau economique. "nous n'avons pas besoin d'investir dans de tels projets. en prenant en consideration le prix du billet de la visite plus celui du billet du telepherique, je me demande si les gens le prendront". "et meme si les rendements s'annoncaient importants, la protection de la nature et de la region necessite le sacrifice de ce projet", continue-t-il. "ca suffit, nous avons deja les hauts batiments qui entourent les monuments du caire. les touristes trouvent du plaisir a se promener a assouan par bateau. ils utilisent sans doute des