| BIA 35 XXXV Nicolas Grimal Collège de FranceInstitut français Chaire « Civilisation de l’Égypte pharaonique : d’archéologie orientale archéologie, philologie, histoire » Bulletin d’Information Archéologique BIA www.egyptologues.net XXXV Janvier -Juin 2007 Le Caire Paris 2007 Système de translittération des mots arabes SOMMAIRE SYSTÈME DE TRANSLITTÉRATION .3 ÉDITORIAL .5 SOMMAIRE .7 I-Thèmes généraux IN MEMORIAM .10 Alessandra Nibbi .10 Isaac Fânûs 12 NOMINATIONS, RÉVOCATION .12 DISTINCTIONS .13 ‘Abd al-Halîm Nûr al-Dîn .13 The First Day of Archaeologists 13 Rushdî Sa‘îd 15 Ahmad al-Farghânî 15 COOPÉRATIONS 16 Bosnie-Herzégovine 16 France 16 Ouzbékistan 19 Palestine 20 Yémen .23 FORMATIONS 23 Gîza Field School 23 DONATIONS 26 VERBATIM 26 POLÉMIQUES .27 Évacuation du village d’al-Qurna 27 New 7 Wonders of the World 35 Réaménagement de la ville de Louqsor .39 Marina sur la rive Ouest . 43 TOURISME & ANTIQUITÉS .45 Son & lumière 47 Vallée des Rois .48 Exploitation des sites historiques à des fins lucratives 50 Wikâlat Qâytbây . 50 Mosquée-sabîl Sulaymân Aghâ al- Silihdâr 51 Palaisde Muhammad ‘Alî àManyal 53 PATRIMOINE ENDOMMAGÉ 53 Alexandrie 54 Le Caire 54 Musée Copte . 54 Louqsor .55 Mosquée Abû al-Haggâg 55 PATRIMOINE CLASSÉ .56 Le Caire 56 Palaisdu baron Empain 56 Fayyûm .56 Mont Qatrânî . 56 ENTREPÔTS ARCHÉOLOGIQUES .57 PUBLICATIONS 58 Agnieszka Dobrowolska : The Building Crafts of Cairo : A Living Tradition .58 Zâhî Hawwâs : Mountains of the Pharaohs : The untold story of the Pyramid Builders .59 Nicholas J. Saunders : Alexander’s Tomb 61 INTERNET, TÉLÉVISION & CD-ROM63 Les contributions de la civilisation arabe et islamique en sciences médicales 64 Hopkins in Egypt Today .65 La reine soleil 66 Mémoire du Monde 67 MOMIES 69 Vases canopes présumées de Ramsès II 69 Momie présumée de Néfertiti 70 Momie présumée d’Hatchepsout 72 II -Musées MUSEUM WITH NO FRONTIERS .79 Discover Islamic Art in the Mediterranean 79 Musée du Louvre .80 Papyrus médical égyptien . 80 EN BREF 81 ALEXANDRIE 83 Musée d’archéologie sous-marine 83 Musée gréco-romain .85 LE CAIRE .85 Musée Égyptien 85 Laboratoire d’analyses ADN 85 Grand Musée égyptien .87 Musée Copte 89 Musée d’Art islamique .89 Musée de l’histoire du Caire 90 Musée des Textiles islamiques .90 Musée Suzanne Mubârak pour l’enfant 91 GÎZA 92 Musée de la Barque de Chéops 92 DÉSERT OCCIDENTAL 95 Oasis de Bahariyya 95 Musée des momies dorées 95 SINAÏ 95 Musée archéologique d’al-‘Arîsh .95 III -Restaurations, préservations EN BREF 99 ALEXANDRIE .103 Palais Antoniadis .103 DELTA .104 Ismâ‘îliyya 104 Mosquée ‘Abbâs Hilmî II 104 LE CAIRE 105 Rue al-Mu‘izz .105 Église de la Vierge à Hârit Zuwayla .107 Statues des places publiques .108 Palais ‘Umar Tûsûn 109 Dâr al-Kutub wa-l-wathâ’iq al•qawmiyya 110 Patrimoine architectural des XIXe et XXe siècles 112 Rue Muhammad ‘Alî .113 GÎZA .114 Plateau des pyramides 114 Pyramide de Chéops 115 SAQQÂRA .115 Pyramide de Djoser 115 SUHÂG 116 Shûnat al-Zabîb .116 QIN .117 Temple de Dandara 117 LOUQSOR 117 Temple de Louqsor 117 Mubârak Historical Centre 118 Mubârak Public Library 119 Vallée des Rois 120 DÉSERT OCCIDENTAL .120 Oasis de Khârga 120 Temple d’Hibis .120 IV -Expositions archéologiques EXPOSITIONS EN ÉGYPTE .122 Alexandrie 122 Bibliotheca Alexandrina : Rhythm and Verses -Masterpieces of Persian Calligraphy.122 Le Caire .123 Musée Égyptien : Anubis, Oupouaout et autres divinités 123 Musée Égyptien : Bandelettes de Toutankhamon .124 CFCC & palais de l’émir Tâz : Saqqâra sous le sable, ou le murmure des morts 125 EXPOSITIONS HORS D’ÉGYPTE .126 Allemagne .126 Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland : Ägyptens versunkene Schätze 126 Bahreïn 127 Musée national de Bahreïn : Pharaons 127 Belgique .128 Espace culturel ING : Sphinx. Les gardiens de l’Égypte 128 États-Unis .129 The Franklin Institute Science Museum : Tutankhamun and the Golden Age of the Pharaohs 129 The Metropolitan Museum of Art : Gifts for the Gods : Images from Egyptian Temples. 129 France .130 Musée des Beaux-Arts de Valenciennes : Pharaon, homme, roi, dieu 130 Parc des Expositions La Beaujoire : D’Akhenaton à Ramsès II . 130 Galerie Bansard : Icônes coptes d’Égypte 130 Institut du Monde Arabe : l’Expédition d’Égypte 131 Japon 131 Mexique 132 Musée national de Monterrey : Isis et la vipère à plumes 132 Royaume-Uni 132 The O2 -Millennium Dome : Tutankhamun Exhibition 132 V-Vols & restitution d’antiquités VOLS & TRAFIC D’ANTIQUITÉS 134 Espagne 134 Museo Egipcio de Barcelona : statuette de Nefret . 134 Antiquités égyptiennes 134 Antiquités islamiques et coptes 138 RESTITUTIONS 141 Allemagne .141 Das Alte Museum : Buste de Néfertiti 141 États-Unis .143 Christie’s & Wyss : deux coffrets d’albâtre en formede canard 144 France .145 Mèches de cheveux de la momie de Ramsès II 145 Musée du Louvre : Naos des Décades 147 Jordanie .147 Port d’Aqaba 147 Mexique 147 Aéroport de Mexico City : stèle en calcairedu Nouvel Empire 147 VI -Recherches & découvertes EN BREF .150 CÔTE NORD .155 Centrale nucléaire à al-Dab‘a .155 DELTA .157 Daqahliyya 157 Tell al-Balâmûn 157 LE CAIRE 159 Laboratoire de datation par le radiocarbone de l’Ifao 159 GÎZA .159 Gîza Plateau Mapping Project 159 Pyramide de Chéops 162 Exploration robotique 164 SAQQÂRA .165 Tombe de Kahai 165 Tombe de Ptahemwia .166 Mastaba d’Akhet-Hotep 167 DAHSHÛR NORD .168 Cinq tombes du Moyen Empire 168 FAYYÛM 169 Aegyptopithecus zeuxis .169 MINY 169 Dayr al-Barshâ .169 Tombe de Henu .169 Antinoë 171 LOUQSOR 173 Temple de Mout .173 Dromos 174 Stèle de Bakenkhonsou 174 Dirâ‘ Abû al-Nagâ 175 TombedeDjéhouty (TT 11) . 175 Vallée des Rois 177 Tombe de Senneferi (TT 99) 177 KOM UMBÛ .178 Al-Hush 178 ASWÂN 181 Fouilles fluviales 181 SINAÏ 181 Nord-Sinaï 181 Tell Habwa 181 Sud-Sinaï 183 Tell al-Mashraba 183 MER ROUGE 183 Marsa Gawâsîs 183 VII -Conférences & colloques 185 VIII -Who’s who ? .194 IX -Index 199 I THÈMES GÉNÉRAUX Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé que le 14 janvier est dorénavant choisi pour célébrer la Journée des archéologues égyptiens. C’était à cette même date que le feu président Gamâl Abd al-Nâsir avait décidé de nationaliser le Service des Antiquités qui, deux siècles durant, était la chasse gardée des étrangers. Hawwâs a annoncé le lancement des travaux de construction d’un hôpital destiné à soigner les archéologues. Le CSA dispose à présent d’un budget de trois millions de dollars lui permettant de donner le coup d’envoi d’un tel projet. À proximité de cet hôpital, les Forces armées construiront un club sportif et un centre d’entraînement pour les archéologues. Enfin, Hawwâs a annoncé que tous les archéologues et restaurateurs du CSA toucheront le mois prochain une prime de 40 %, afin de les aider à affronter les problèmes de santé auxquels ils sont exposés au cours de leur travail dans les milieux archéologiques confinés. (Mushîra Mûsa, « 14 janvier : Journée des archéologues », al-Ahrâm du 10 juillet 2006. Voir également Kâmiliyâ ‘Atrîs, « Chers pharaons, merci pour vos Antiquités ! », Sabâh al-Khayr du 25 juillet ; Ashraf Mufîd, « Honneurs aux pionniers lors de la célébration de la première fête des archéologues égyptiens organisée à l’Opéra », al-Ahrâm du 4 décembre). La célébration de la Journée des archéologues égyptiens a été ajournée deux fois de suite : accident de santé du Dr Zâhî Hawwâs, puis indisponibilité du ministre de la Culture. Toutefois, la cérémonie a fini par avoir lieu le 15 mars à l’Opéra du Caire. (« La célébration de la première fête des archéologues est ajournée au 17 février prochain », al-Qâhira du 16 janvier. Voir également Kâmiliyâ ‘Atrîs, « Les archéologues célèbrent leur première fête », Sabâh al-Khayr du 20 mars ; Ashraf Ibrâhîm, « Les archéologues célèbrent leur première fête à l’Opéra », al-Ahrâm du 17 mars). Mais, le choix du 14 janvier pour célébrer la fête annuelle des archéologues n’a pas recueilli l’adhésion de tous les intéressés. D’aucuns ont proposé des dates beaucoup plus significatives comme celle de la découverte de la pierre de Rosette, ou de la tombe de Toutankhamon : Muhammad Mandûr, « Les archéologues protestent contre le choix du 14 janvier », al-Qâhira du 30 janvier. Alessandra Nibbi Avec éloge et respect, la presse égyptienne a annoncé la disparition d’Alessandra NIBBI le 15 janvier 2007. Elle était appréciée par un grand nombre d’égyptologues et de chercheurs égyptiens. Pour lui rendre hommage, nous avons choisi de citer quelques extraits du texte suivant signé par Claude VANDERSLEYEN : Alessandra NIBBI nous a quittés le 15 janvier dernier, laissant un grand vide parmi les égyptologues et dans le cœur de ses amis. Sa vie se divise en deux parties quasi égales : l’une est essentiellement australienne, c’est sa période de formation scolaire ; l’autre anglaise, c’est l’époque de production scientifique, l’époque de l’égyptologie. Alessandra NIBBI est née à Porto-San-Giorgio, sur la côte Adriatique de l’Italie, le 30 juin 1923, d’Elvira PETRELLI et de Gino NIBBI. Ce dernier, homme aux talents multiples, écrivain, historien d’art, quitte l’Italie en 1928 à cause des conditions politiques du moment et s’installe en Australie, à Melbourne, avec sa femme, sa fille et son jeune fils. Alessandra recevra une instruction et une éducation parfaitement anglaises. Outre l’université de Melbourne, qu’elle quitte à 23 ans, elle fréquente le conservatoire de la même ville, comme soprano. Comme première activité dans la vie, elle enseigne la langue et la littérature anglaises. En 1947, la famille NIBBI retourne en Italie ; Alessandra s’y marie ; son fils Daniel naît en 1953. Après une seconde période australienne de quelques années, la famille NIBBI décide, en 1963, de quitter définitivement l’Australie. Le long retour en bateau a une conséquence imprévue : au passage du canal de Suez, une excursion organisée pour les passagers révèle à Sandra l’Égypte, ses pyramides, sa civilisation, son univers. Aussitôt arrivée en Italie, elle entreprend des études d’archéologie, à l’Université de Pérouse où elle suit les cours de l’étruscologue Massimo PALLOTTINO, et à l’Université de Florence où elle obtient un Doctorat ès Lettres, en 1965 : elle a quarante-deux ans. Des circonstances obscures, liées au fait qu’elle est toujours de nationalité australienne, l’obligent à quitter l’Italie. Elle décide de s’installer, avec son fils, en Angleterre dont la langue est, de fait, sa première langue, qu’elle continuera d’ailleurs à enseigner un certain temps. Après quelques hésitations, elle s’installe à Oxford, et définitivement au 13 Lovelace Road, où elle passera le reste de sa vie. En 1972, Alessandra NIBBI publie un petit livre (64 pages) : The Sea Peoples : A Re-examination of the Egyptian Sources. Elle y explique que le terme « Great Green » des textes égyptiens ne désigne pas « la mer », comme on le croit généralement, mais essentiellement le Delta égyptien, à cause de son immense verdure. Le livre est publié à frais d’auteur, comme tout ce qu’elle publiera désormais. Alessandra NIBBI se présente sous son simple nom, sans titre. Elle n’appartient pas au corps académique, ni à une université ni à un musée. Elle ne dépend de personne. On ne devine pas qu’elle a 49 ans à ce moment, maturité qui se sent pourtant dans la sobriété et la rigueur de l’exposé et des raisonnements. [ ] Ce livre de 1972 a provoqué un choc. L’opinion que les Égyptiens n’ont même pas de mot pour dire « mer » est si différente de l’opinion commune que personne ne veut la croire. La réaction du monde égyptologique a été généralement déplorable. Pire que les sarcasmes que certains même des savants respectables ont osés, il y eut désormais le black-out total sur les écrits d’Alessandra NIBBI et sur elle-même. Citer son nom, pour un égyptologue, c’était « se déshonorer », et cette attitude anti-scientifique n’est toujours pas éteinte 35 ans plus tard, malgré certains revirements. [ ] Après 1972, Alessandra NIBBI n’a cessé de produire livres et articles pour élargir et défendre ses conceptions de la géographie antique, avec toujours cette originalité, cette indépendance d’esprit qui désarçonnait les « traditionnels ». Outre son extraordinaire intelligence, elle avait aussi un courage et une persévérance grâce auxquels elle a passé à travers tous les obstacles et toutes les vilenies. Devant le refus des revues d’accepter de publier ses études, elle a fondé en 1985 sa propre revue : Discussions in Egyptology, qui lui assurait enfin une parfaite liberté d’expression. Cette revue, par la qualité de la publication et par les nombreux collaborateurs qu’elle a attirés, est reconnue aujourd’hui belle revanche comme une des revues d’égyptologie de haut niveau et appréciée universellement à ce titre. La méthode scientifique d’Alessandra était de ne pas se fier à « ce qu’on avait déjà écrit », les « textbooks » selon son expression familière, souvent méprisante. Elle consultait les textes anciens, les faits archéologiques. Elle allait sur le terrain se rendre compte par elle-même, utilisant les moyens de transport du pays, captant d’un coup d’œil, par la fenêtre d’un autobus, un détail topographique qui éclairait un texte ancien qu’elle avait en mémoire. [ ] Elle parcourait les villages du delta où, parfois, la présence d’autorités officielles l’empêchait d’avoir un contact personnel, familier, avec les gens du terroir qui lui révélaient des données tirées de leur expérience millénaire des lieux. Elle entreprenait des fouilles, à Marsa Matrûh, pour élucider des problèmes liés aux ancres des bateaux égyptiens. [ ] Elle s’attaquait par prédilection aux questions dites insolubles où son esprit dénué de tout blocage, ses yeux dépourvus d’œillères, frayaient des voies inattendues, mais toujours fructueuses. La connaissance de la géographie de l’Égypte et de ses voisins a connu, grâce à Alessandra NIBBI, un formidable élan dont on ne mesure pas encore les nombreuses conséquences. Le freinage stupide exercé par certaines « autorités » de notre corporation sur les recherches d’Alessandra NIBBI a retardé le développement de cette partie de l’égyptologie de la fin du XXe siècle. Mais, l’aigreur qu’elle a pu en concevoir n’a jamais abîmé sa personnalité généreuse, joyeuse, vive. Cette égyptologue hors norme ne s’est jamais laissé abattre. Elle s’est même imposée au respect de notre communauté. En outre ce qui n’apparaît pas nécessairement dans ses écrits elle avait un grand cœur, elle était l’amie fidèle de ses amis. Elle soutenait tous les débutants pour qui elle prévoyait un avenir plus ouvert que celui qu’elle avait connu durant sa vie. Alessandra NIBBI était une grande et noble dame qui a droit à toute notre admiration et à notre reconnaissance. (Voir également ‘Ukâsha al-Dâlî, « Disparition d’Alessandra NIBBI, amoureuse de la civilisation égyptienne et des Égyptiens », al-Qâhira du 24 avril 2007). Isaac Fânûs Last Sunday Egypt lost renowned iconographer Isaac Fânûs (19192007), who almost single-handedly revived the art of the Coptic icon and endowed it with a singular, modern guise. Fânûs was a pioneering artist who graduated from Cairo’s Faculty of Applied Arts in 1941. Fânûs worked in a special atelier at the Institute of Coptic studies in ‘Abbâsiyya, Cairo, the institute from which he earned a doctoral degree in 1958. He painted a huge collection of Coptic icons, inspired by Biblical events, miracles, saints and martyrs. Many of his better-known icons depict the Annunciation, the Nativity, the Epiphany, the Wedding at Cana of Galilee, the Crucifixion, the Resurrection, and the Ascension of Christ. Fânûs’scholarship at the Louvre Museum during the 1960s was a turning point in his artistic life, for there he studied the art of iconography, and developed his own modernist style, which intermingled Pharaonic, Byzantine, and Coptic art. His school spread in many of Egypt’s churches, as well as in Coptic churches in the US, Canada, Australia, UK, and other parts of the world. The year 1971 marked another distinctive point in Fânûs’artistic career. He painted the awe-inspiring, huge mural in St Mark’s Cathedral in ‘Abbâsiyya, Cairo, depicting the martyrdom of St Mark in a singular style which combined Coptic art with cubist lines and impressionist effects. His works extended to include mosaics and stained glass. Fânûs’legacy to Coptic art is not confined to his astoundingly beautiful work but, in his overflowing love and dedication, he taught an entire new generation of Coptic iconographers who today carry the torch of Coptic art to places all over the world. (Wagdî Habashî, “Isaac Fânûs. A singular artist”, Watanî du 21 février 2007. Voir également Hânî Labîb, « L’artiste des icônes est parti sans reconnaissance de la part de l’État ! », Âkhir Sâ‘a du 24 janvier). Le président de l’Université du Caire, ‘Alî ‘Abd al-Rahmân, a nommé l’ex-doyen de la faculté d’Archéologie, Dr Ra’fat al-Nabrâwî, au poste de chef du département des antiquités islamiques. Cette nomination entre en vigueur à partir du 26 février 2006 et s’achève à l’issue de l’année universitaire 2008-2009. (« al-Nabrâwî nommé chef du département d’archéologie islamique à l’Université du Caire », al-Ahrâm du 17 mars 2007). Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a décidé de nommer Dr Ahmad Kâmil au poste de directeur du musée archéologique de Sharm al-Shaykh en cours de construction. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 février 2007). Au cours du premier semestre 2007, le secrétaire général du CSA et le ministre de la Culture ont connu quelques ennuis de santé. Suite à une « crise de tachycardie », Fârûq Husnî a été hospitalisé du 15 au 19 juin dans un grand hôpital situé en banlieue parisienne. L’électrocardiographie réalisée par l’un des plus éminents cardiologues français n’a rien révélé de grave. Aucune intervention chirurgicale n’a été jugée nécessaire. Âgé de soixante-neuf ans dont vingt années au pouvoir sans interruption au point d’être surnommé par ses confrères le « doyen des ministres » , le ministre de la Culture a déjà été hospitalisé l’année dernière pour les mêmes raisons. C’est avec une grande détermination qu’il semble lutter à la fois contre la maladie et ses détracteurs de plus en plus nombreux. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « Fârûq Husnî entame son voyage de guérison à Paris », al-Ahrâr du 12 juin 2007. Voir également « Fârûq Husnî : Je vais bien, grâce à Dieu », Akhbâr al-Yawm du 16 juin ; Ashraf Mufîd, « Le cœur de Fârûq Husnî n’a pas besoin d’opération chirurgicale », al-Ahrâm du 19 juin ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Il a vaincu la maladie et triomphé de ses adversaires », al-Ahrâr du 20 juin ; « Fârûq Husnî reprend ses activités », al-Qâhira du 26 juin). Quant au Dr Zâhî Hawwâs, il a été victime début janvier 2007 de la chute d’une pierre de 20 kg sur le site de Taposiris Magna en Alexandrie. Il a été hospitalisé au Bascom Palmer Eye Institute de Miami aux États-Unis, où il a subi deux interventions chirurgicales à l’œil droit le 11 et le 14 janvier par le célèbre William SMIDDY. (Ashraf Mufîd, « Zâhî Hawwâs subi une intervention chirurgicale aux États-Unis », al-Ahrâm du 13 janvier ; « Les yeux de Zâhî Hawwâs sont intacts », Akhbâr al-Yawm du 13 janvier ; Zâhî Hawwâs, “Dig Days : Lucky rabbit’s hat (2)”, Al-Ahram Weekly du 15 mars). Tout comme le ministre de la Culture, le Dr Hawwâs a été soigné à l’étranger aux frais de l’État. Ce dernier a exprimé ses remerciements et sa gratitude envers le président Mubârak qui l’a appelé deux fois au téléphone pour s’enquérir de sa santé et son épouse pour leur bienveillance. Enfin, le secrétaire général du CSA a précisé « qu’un tel geste n’est guère surprenant de la part du Président, qui a toujours soutenu les créateurs, les savants et les intellectuels ». (Ashraf Mufîd, « Le nouvelles du Dr Zâhî opération chirurgicale », janvier). Président Hawwâs al-Ahrâ prend après m du les son 28 One of Egypt’s most distinguished archaeologists, Egyptology Professor ‘Abd al-Halîm Nûr al-Dîn was one of the first to call for the retrieval of stolen antiquities from private collections and museums abroad. In honour of Nûr al-Dîn’s achievements, the universities of Cairo, Alexandria and Fayyûm, in collaboration with the Nederlands-Vlaams Instituut in Cairo have staged a conference at Cairo University this week. Nûr al-Dîn was former Secretary General of the Supreme Council of Antiquities (SCA) and is now dean of the Faculty of Archaeology at Fayyûm University. He has received 13 prizes, of which the most important was the state prize in 2002. He was honoured by the US in 1984, France in 1998 and Italy in 2000 for his contribution in this field. More than 200 archaeologists and researchers are attending the three-day conference, which coincides with the publication of Nûr al-Dîn’s book, Excavations in Man’s Heart. Nûr al-Dîn described his time with the SCA as “difficult” because he was dealing with antiquities and individuals. During his time as SCA chief, the Hanging Church and the Mosque of ‘Amr Ibn al-‘Âs in Old Cairo were restored and various monuments were rescued before the completion of Aswân High Dam. (Hassan Saadallah, “Noted archaeologist honoured by conf.”, The Egyptian Gazette du 12 avril 2007. Voir également « 3 universités honorent Nûr al-Dîn », al-Akhbâr du 8 avril ; « Horus et Sekhmet en vente pour 2 millions de dollars », Uktubar du 19 novembre ; Hassan Saadallah, « L’égyptologue Nûr al-Dîn honoré dans une conférence internationale », Le Progrès Égyptien du 1er mai). The First Day of Archaeologists ‘Abd al -Halîm Nûr al -Dîn If any ancient Egyptian spirits are still with us, then they were gathered at the Cairo Opera House last week when Egyptologists met to celebrate their first official day of tribute. The grand theatre became a temple for the day, embellished with a noble façade, columns and statues of ancient Egyptian Pharaohs and deities. The stage had a special backdrop featuring animated ancient Egyptian workmen carving the title of the gathering : The First Day of Archaeologists on a limestone wall. Strains of classical music filled the theatre hall as foreign and Egyptian archaeologists were welcomed by Zâhî Hawwâs, secretary-general of the Supreme Council of Antiquities (SCA). From next year on the day will be held annually on 14 January. This is the date when, in 1953, the Egyptian Antiquities Authority (EAA) became an Egyptian-run organisation headed by Mustafa ‘Âmir, the first Egyptian archaeologist to oversee Egypt’s antiquities. This year’s event was also scheduled for 14 January but was delayed because Hawwâs underwent an emergency eye operation. “I cannot describe my happiness and joy to be among my professors, colleagues and students where we can exchange our knowledge, information and experiences in archaeology,” Hawwâs said in his opening speech. “Today, after years of working in my beloved field, I am very proud of what the SCA has achieved not only to restore, preserve and protect Egypt’s heritage but also to enrich and develop the life of archaeologists,” he went on. Now, he continued, a social club for archaeologists is under construction in Fustât, while plans for a hospital for members of the profession are being studied. Administration officers are also looking at ways to increase archaeologists’salaries and retirement pensions. During the ceremony seven archaeologists in particular were honoured with a certificate and a golden collar. These were ‘Abd al-Hamîd Zâyid, ‘Abd al-Rahmân ‘Abd al-Tawwâb and Ahmad ‘Abd al-Hamîd Yûsuf as well as four deceased archaeologists : Ahmad Pasha Kamâl, Silîm Pasha Hasan, Mustafa ‘Âmir and restorer Ahmad Yûsuf. The godfather of Egyptian archaeologists, Kamâl spent his whole life supporting Egyptian archaeologists and placing them within the framework of the Egyptian Antiquities Authority. The first Egyptian to be appointed to an archaeological post at the Egyptian Museum, he wrote several archaeological books and in 1903 he translated MASPERO’s book about the Egyptian Museum into Arabic. Kamâl was responsible for several discoveries, among them was the Dayr al-Baharî cachette where he unearthed 40 identified mummies dating from the 17th to the 21st dynasties. Silîm Hasan was one of the earliest archaeologists, and is said to have created archaeology in Arabic language. In 1953 he was put in charge of the protection of antiquities in the Nile Valley, and he excavated several sites in Gîza for the Egyptian Museum and Fu’âd I University. He was the first to excavate the area in front of the Sphinx and its valley. Among Hasan’s most interesting discoveries was the tomb of Khentkawas, the fourth pyramid of Gîza. In 1936, he was the first Egyptian to be appointed wakîl of the EAA, where he exerted all his efforts to the return of the archaeological collection in the possession of the Egyptian royal family in order for it to be exhibited in the Egyptian Museum. In addition to being the first Egyptian to head the EAA, in his day Mustafa ‘Âmir was the head of Cairo University and general secretary of the Ministry of Éducation. Among his archaeological work was the excavation at the prehistoric cemeteries in Ma‘âdî and Heliopolis. In 1953 he located Khufu’s solar boats in Gîza. Ahmad Yûsuf was known as shaykh al-Muramimîn, or the leader of Egyptian restorers. Restoring a jewellery box of Pharaoh Akhnaten now exhibited at the Egyptian Museum was his pass to the world of restorers. He restored several objects at the Egyptian and Coptic museums among which are the granite statue of Queen Hatshepsut and Anubis. After retirement he helped with the restoration of Khufu’s solar boat, which took almost 27 years of hard and accurate restoration. A pioneering archaeologist who introduced the science of museology to Egypt, ‘Abd al-Hamîd Zâyid wrote several archaeological books in Arabic and English and shared in writing Gamâl Mukhtâr’s book about ancient Egyptian history. Ahmad ‘Abd al-Hamîd Yûsuf led the move to establish the ancient Egyptian documentation centre, which listed and classified the Nubian monuments before and after the international 1960s salvage operation. He focused his work on the Luxor monuments, and his participation in several national and international archaeological organisations helped popularise Egyptology. (Nevine El-Aref, “On site heroes”, Al-Ahram Weekly du 29 mars 2007. Voir également « Célébration de la première Journée des archéologues égyptiens », al-Ahrâr du 12 janvier ; Usâma Fârûq, « Honneur aux pionniers lors de la première fête des archéologues égyptiens », Akhbâr al-Adab du 25 mars ; Zâhî Hawwâs, « Les archéologues fêtent leurs pionniers », al-Ahrâm du 31 mars ; Kâmiliyâ ‘Atrîs, « Distinctions pour les gardiens de la civilisation ! », Sabâh al-Khayr du 3 avril). Rushdî Sa‘îd À l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine, le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a rendu hommage au savant égyptien internationalement connu Dr Rushdî Sa‘îd. Cette distinction vient saluer les recherches du Dr Sa‘îd et ses nombreuses publications scientifiques sur le Nil et son évolution à travers les différentes époques géologiques jusqu’à la préhistoire. C’est la quatrième fois que l’Égypte célèbre la Journée mondiale du patrimoine sous les auspices de l’Unesco. Cette année, la cérémonie a été organisée le 18 avril dans le palais de Muhammad ‘Alî à Shubrâ. Lors de son discours officiel, le Dr Hawwâs a évoqué les projets de sauvegarde du patrimoine dans les domaines des musées, des entrepôts muséologiques, la gestion des sites historiques et les efforts déployés pour combattre les empiètements sur les sites archéologiques. (« Rushdî Sa‘îd honoré à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine », al-Ahrâr du 20 avril 2007. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Le ministère de la Culture honore Rushdî Sa‘îd », al-Masrî al-Yawm du 18 avril). Ahmad al -Farghânî Ahmad al-Farghânî (798-865). © Aymé Lebon Lors d’une visite au Caire de trois jours, le président de la République d’Ouzbékistan, Islom KARIMOV, a levé hier le rideau sur la statue d’Ahmad al-Farghânî, qui a conçu et supervisé la construction du nilomètre du Caire en 247 H., sous le règne du khalife al-Mutawakkil. Le gouvernorat du Caire a choisi le palais Mânisterlî, situé sur l’île de Ruda, pour y ériger la statue de ce savant ouzbek décédé en 865. Cette statue haute de 2,70 m est fixée sur une base de 1,80 m et pèse 1,5 tonne. Elle est l’œuvre du sculpteur ouzbek Pavshan MIRTADJIEV. Par ailleurs, une statue représentant le sculpteur égyptien Mahmûd Mukhtâr sera érigée à Tachkent. (Manâr Khâtir, « Le Président ouzbek lève le rideau sur la statue du concepteur du nilomètre », al-Masrî al-Yawm du 20 avril 2007. Voir également ‘Abd al-Hâdî Tamâm, « Une statue en l’honneur du concepteur du nilomètre de Ruda », al-Ahrâm du 4 février ; Magdî Sabla, « Érection de la statue de Farghânî, le concepteur du nilomètre », al-Musawwar du 9 février ; Fathî al-Sâyih, « Levée de rideau sur la statue du concepteur du nilomètre lors de la visite de KARIMOV », Uktubar du 15 avril ; “Nilometer designer statue”, The Egyptian Gazette du 20 avril). Bosnie -Herzégovine Bosnian archaeologist Semir OSMANAGIC, 45, is convinced he has found Europe’s first pyramid, which he says date back to ancient times. “I was amazed when I first saw them. I am certain that this is the work of an ancient civilisation,” OSMANAGIC has recently said. The two pyramids were hidden in the Visoko Valley, north of Sarajevo. OSMANAGIC has spent 16,000 euros researching the area, located on both banks of a river 30 kilometres from the Bosnian capital. Residents of the nearby town of Visoko have long known about the presence of the two structures they always referred to as “pyramids” but none of them was ever intrigued enough to investigate further. But OSMANAGIC, who says he sharpened his eye for archaeology on numerous trips around the world to study ancient civilisations, insists the structures “cannot be the art of nature.” OSMANAGIC says he believes builders from an unknown civilisation shaped the hill into a “step pyramid” then coated it with primitive concrete. The structure now stands some 70 metres high, with a square base that is 220 by 220 metres. “Initial probes about 17 metres into the earth revealed numerous anomalies in the soil,” OSMANAGIC said. The team began excavating a few spots at the site, with the work expected to be completed in two weeks. They hope to be able to uncover one of the pyramids steps and larger pieces of the mysterious brown stone for further analysis. OSMANAGIC said slabs of polished sandstone that formed the “paved entrance” to the structures. The director of the Visoko Historic Heritage Museum, Senad HODOVIC, admits he is no sceptic. “The pyramids are obviously the work of man. But we need proper and serious analysis to show who built them and when”, HODOVIC said. OSMANAGIC has spent years urging authorities to support archaeological research of the plateau of the hill, which is recorded in historic annals as the site of a medieval Bosnian town. He says the shape of the pyramids is not typical for Middle Age Bosnian constructions. OSMANAGIC is focusing his research underground, on the site’s tunnels, during the winter. In the meantime, over 20,000 enthusiastic tourists are flocking to visit pyramids daily and buy trinkets, eat pyramid pizza and pyramid cake. The former Pljesevica Hill represents a typical step-pyramid named the Bosnian Pyramid of the Moon. Initial digging uncovered the foundation, terraces, plateau of the pyramid, vertical wall and rectangular structure under one metre thick layer of soil. Four sides of the pyramid aligned with the cardinal sides (north-south, east-west). OSMANAGIC has recently held a presentation of the Bosnian Valley of the Pyramids project in Egypt on March 18 in Cairo’s Opera House. He called on Egyptian archaeologists and geologists to assist in excavating the pyramids and ascertain whether the pyramids are products of man or nature. “We would invite five or six Egyptian archaeologists and geologists by July or August to come [to Bosnia] and give us a hand. Bosnia doesn’t have a faculty of archaeology. We need more help and guidance, from the Egyptian expertise especially to get involved in this project. This will be most beneficial to both of us,” said OSMANAGIC, who has spent 15 years studying the pyramids of Latin America. Professor Nabîl Suwaylim, lecturer of archaeology and holder of three PhDs and author of many books said : “These extraordinary structures, the monuments are definitely the work of human hands. There is plenty of proof that these pyramids exist and they raise many new questions.” Egyptologist Professor Muhammad Ibrâhîm ‘Alî, who visited the Valley of Pyramids in Visoko last year, said that further research would be necessary in order to figure out who were the original architects of these colossal structures in Visoko, as well as their purpose. (“Bosnia has pyramids too”, The Egyptian Gazette du 26 mars 2007). France Sayyida Zaynab, au sud du Caire, est actuellement l’objet d’un projet pour sa préservation et son développement mené par la mairie de Paris et le gouvernorat du Caire. Ce projet de coopération décentralisée entre les deux capitales vise à la « mise au point d’outils pour une politique publique de traitement des centres anciens à partir du cas du quartier de Sayyida Zaynab ». Situé au sud du Caire fatimide, Sayyida Zaynab jouit, en fait, d’une situation géographique et urbaine originale et remarquable. Ses frontières sont Le Caire fatimide au nord, la citadelle de Salâh al-Dîn al-Ayyûbî à l’est, le quartier du Vieux-Caire et de Fustât au sud et la ville moderne et le Nil à l’ouest. Un très grand arrondissement avec de très importantes rues et des quartiers et qui jouit d’une vie pas comme les autres. [ ] Et c’est dans ce contexte que le gouverneur du Caire s’est intéressé aux expériences de réhabilitation des secteurs historiques menées par la mairie de Paris et par les procédures mises en place pour associer la population à l’élaboration des projets de quartier. Liées par un pacte d’amitié et de coopération depuis 1985, les deux capitales s’engagent, en 2002, dans une coopération technique pour la rénovation urbaine de ce quartier. Ce projet associe les deux capitales, le ministère égyptien du Développement local, l’ambassade d’Égypte en France, le ministère français des Affaires étrangères, la Région Île-de-France, l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), le Centre de documentation économique, juridique et sociale (CEDEJ) et le Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC) du Caire. « Le thème général de la coopération est l’aménagement et le développement urbain. C’est-à-dire comment des services techniques d’une ville (donc les services du gouvernorat du Caire) et des services techniques d’une autre ville, comme Paris, peuvent discuter et avancer ensemble sur la méthode, sur la manière de gérer les quartiers, de proposer et de mettre en œuvre des projets d’aménagement pour l’amélioration du quartier », explique Christiane BLANCOT, architecte-urbaniste à l’Atelier parisien d’urbanisme. Au terme de l’année 2002, une mission d’experts a procédé à un premier diagnostic du quartier. Elle a identifié les problèmes cruciaux et tracé les grandes lignes des actions à mettre en place. « Chaque proposition présentée devrait se traduire par la définition d’une opération concrète, réalisable, en mobilisant des compétences et des moyens locaux, sous l’autorité des services du gouvernorat du Caire. La démarche devrait être pragmatique et le fruit du travail transportable à d’autres quartiers du Caire », souligne Alain DE ROECK, ingénieur en chef des services techniques de la direction du patrimoine et de l’architecture à la mairie de Paris. À l’été 2003, de jeunes universitaires ont effectué les recherches indispensables à la poursuite de l’étude : enquête et relevés de terrain. En fin d’année, des plans ont été établis et le gouverneur du Caire validait les principes généraux des actions à mener. Chaque action se déclinait en plusieurs projets, à coordonner avec les projets déjà lancés sur le secteur par le ministère du Tourisme, par les services des antiquités et par le gouvernorat du Caire. Maison ottomane rue ‘Abd al-Magîd al-Labbân. © Atelier parisien d’urbanisme, Paris La première action à mener concernait en fait la rue ‘Abd al-Magîd al-Labbân, retenue comme projet pilote d’aménagement de l’espace public. Le premier domaine effectivement, c’est celui de l’espace public. Celui de la rue « nous semblait très représentatif de ce que doit faire un gouvernorat. La rue est le lieu principal où tout le monde se rencontre. Et c’est le lieu aussi, par définition, de l’intervention de la puissance publique du gouvernorat. C’est un domaine très riche parce que c’est un domaine où tout le monde est appelé à y intervenir : les gens de la circulation, de l’aménagement urbain, de l’habitat, ceux qui s’occupent de la vie économique. On a choisi comme thème une rue qui était à la dimension de nos moyens. La manière dont on a abordé le projet était d’enrichir nos échanges et de voir comment on peut travailler les uns les autres et réfléchir ensemble sur la manière dont on pouvait améliorer la vie des habitants d’une part et, depuis, développer économiquement un quartier », explique Alain DE ROECK. La seconde action portait sur le relogement des artisans mécaniciens de la rue Abû al-Dahab, qui est perpendiculaire à celle de ‘Abd al-Magîd al-Labbân. Cette rue abrite, en fait, beaucoup de mécaniciens qui réparent les voitures. Alors la rue n’est plus une rue, elle est un atelier de mécanique. Juste à côté se trouve un grand terrain qui est un hangar et qui appartient à l’État. Il y a donc un projet qui consiste à reloger ces mécaniciens dans cette parcelle en y installant un bâtiment d’atelier pour eux et de ce fait-là, la rue peut être réaménagée pour retrouver sa destination première. « C’est un projet important parce que la première idée était d’envoyer, voire de déplacer les mécaniciens très loin (c’était l’idée du gouvernorat du Caire). On a aperçu que ces mécaniciens travaillaient, d’abord, pour les gens du quartier. Ils contribuent à la vie du quartier et ensuite, c’était là que tous les fonctionnaires qui travaillaient dans les ministères tout près venaient réparer leurs voitures. Il y avait donc là un espace d’économie urbaine qui était important et qu’il s’agissait plus de moderniser sur place une activité qui est utile plutôt que de dire qu’on va le déplacer. On discute donc avec le gouvernorat comment avancer sur des solutions pratiques sur les problèmes urbains en essayant chaque fois de comprendre quelle est la bonne solution, la bonne démarche. À partir de là, on peut fabriquer des projets. Et pour reloger des mécaniciens, il faut trouver les terrains, être sûr de la propreté, fabriquer le projet, faire un montage économique », explique Christiane BLANCOT. Et la troisième action concernait, quant à elle, la réhabilitation du patrimoine bâti de Sayyida Zaynab qui abrite une trentaine de monuments, classés par le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) sur la liste des antiquités islamiques. En outre, il renferme un autre nombre important de constructions historiques non classées. Un bon nombre de joyaux architecturaux qui méritent une exploration poussée, donc plus d’une seule visite est nécessaire Ces monuments de grande valeur illustrent d’une manière exceptionnelle la richesse architecturale du quartier de Sayyida Zaynab, de l’Histoire qui dépasse les douze siècles. « Ce quartier, situé au sud de la ville ancienne, abrite de façon emblématique d’intéressantes marques de la présence française et un important patrimoine mamelouk. Son évolution est caractéristique de la situation générale. À travers ce cas précis, le gouverneur souhaitait que soient recherchés et testés des méthodes et des outils adaptés à la réhabilitation de ces quartiers anciens, impliquant les habitants dans leur processus », estime Alain DE ROECK. Parmi les monuments les plus importants et les plus fascinants, on peut citer la mosquée d’Ahmad Ibn Tûlûn, la mosquée mamelouke de Singar al-Gâwlî, qui est très grande et très importante. Il y a aussi une mosquée du sultan mamelouk Qâytbây qui vient d’être restaurée ainsi qu’une série de sabîl-s mamelouks et ottomans. On est aussi tout près de la place de Sayyida Zaynab, avec sa grande mosquée qui n’est pas très ancienne mais qui est très importante. Le quartier de Sayyida Zaynab porte évidemment le nom de la grande mosquée de la petite-fille du prophète Muhammad. Un sabîl ottoman se trouve juste en face. Et puis autour de ces monuments, il y a un quartier : celui de Qal‘at al-Kabsh, qui est très ancien et qui est encore structuré avec les rues anciennes qui sont sans doute mieux conservées que certaines de la ville fatimide parce que comme il était enclavé, il a été relativement protégé par cet enclavement. Ce secteur, aujourd’hui très populaire, fut un quartier important du Caire dès l’époque omeyyade et était à l’époque ottomane l’un des plus recherchés du Caire. Le sultan mamelouk al-Nâsir Muhammad le réaménagea et le dota d’adductions d’eau, avant qu’il ne soit abandonné et rasé à la fin du XIVe siècle. Par la suite, de nouveaux édifices y prirent place, dont la mosquée-madrasa construite en 1475 par le sultan Qâytbây sur le modèle de son mausolée-madrasa, construit un peu plus tôt. C’est un des meilleurs exemples de l’architecture mamelouke tardive du Caire. « Qal‘at al-Kabsh, situé au pied de la mosquée Ahmad Ibn Tûlûn, est un quartier assez enclavé parce qu’il est surélevé. C’est un quartier où l’on rencontre beaucoup de maisons anciennes qui gardent encore une structure urbaine. Il continue à fonctionner comme un quartier ancien avec ses mosquées, ses cafés et ses petits commerces. C’est un lieu très chargé et aujourd’hui, très populaire. On pense aussi que ce type de secteur aujourd’hui, pas du tout connu ou visité par les touristes, peut être un lieu de promenade urbaine et de développement urbain assez important », indique ‘Abd al-Khâliq Mukhtâr, directeur général des antiquités de la zone sud du Caire. L’année 2004 a été consacrée à la mise au point technique du projet de la rue ‘Abd al Magîd al-Labbân et aux premières études de relogement des ateliers de mécanique. L’année 2005 a vu le champ de l’étude s’étendre au quartier voisin de Qal‘at al-Kabsh et à sa liaison avec la ville basse. Et l’année 2006 est la dernière phase du travail. Les études sont accomplies et on est à la phase dite pré-opérationnelle, voire de préparation du chantier. « De fil en aiguille, le gouverneur nous a demandé aussi de réfléchir à la jonction entre les anciens quartiers de Sayyida Zaynab et le nouveau quartier qui est en train de se développer du côté de Zinhum, sur le plateau. Ici, un grand nombre de logements sociaux ont été construits : le nouvel hôpital pour les enfants cancéreux vient d’être créé, et une station pour les autobus ainsi qu’un centre de commerce sont en voie de développement près de la station de métro de Sayyida Zaynab. Il y a donc plein d’éléments neufs qui sont implantés. La question qui nous est posée est de réfléchir à la manière dont les nouveaux et les anciens quartiers peuvent vivre ensemble. On va d’abord reconstituer les plans qui vont nous servir de plan de travail et les distribuer sur toute l’équipe du travail pour que tout le monde puisse parler le même langage. On a donc commencé à travailler là-dessus. C’est un travail très long », annonce Alain DE ROECK. © Atelier parisien d’urbanisme, Paris Partenaire de la ville de Paris dans ce programme de coopération décentralisée, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) aide à la définition des études et des projets urbains sur le quartier de Sayyida Zaynab. Fruit du partenariat entre le gouvernorat du Caire et la mairie de Paris, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères français, un ouvrage bilingue, édité par l’Apur, présente les projets élaborés dans le cadre de cette coopération qui montrent comment le réaménagement des rues, conjugué à un travail de réhabilitation des immeubles, peut devenir l’amorce d’une série d’opérations destinées à améliorer la vie quotidienne et redynamiser ces quartiers anciens et pauvres. « C’est la découverte d’un des quartiers les plus attachants du Caire que cet ouvrage entend vous faire partager au travers de la relation du travail accompli. Un zoom sur Sayyida Zaynab montre d’abord en quoi ce quartier est emblématique de la vieille ville et de ses enjeux, puis une présentation des projets montre comment le réaménagement des rues, conjugué à un travail de réhabilitation des immeubles, peut devenir l’amorce d’une série d’opérations qui redynamiseront la vie du quartier », indique Alain DE ROECK, dans la préface du livre. En outre, l’exposition La réhabilitation du quartier de Sayyida Zaynab, photographies, cartes et plans a été organisée dans le hall du CFCC du Caire, jusqu’au mardi 5 janvier. Cette exposition documentaire entendait mettre en lumière le projet de réhabilitation urbaine du quartier de Sayyida Zaynab. Elle témoigne des études, de la démarche et de la mise en œuvre du projet réalisées depuis quatre ans par les équipes mixtes du gouvernorat du Caire et de la ville de Paris. Cette exposition permet également d’appréhender les enjeux urbanistiques, patrimoniaux, architecturaux, techniques, économiques et sociaux qu’implique la réhabilitation de ce quartier situé au cœur du Caire historique. C’est l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) qui a fourni les documents nécessaires à la réalisation de cette exposition. (Amira SAMIR, « Jumelage pour l’Histoire », Al-Ahram Hebdo du 3 janvier 2007). Ouzbékistan Le ministère égyptien de la Culture, représenté par Dâr al-Kutub, et l’Institut Al-Beruni d’études orientales de l’Académie des sciences de la République d’Ouzbékistan signent un protocole de coopération dans les domaines de l’indexation, la numérisation des manuscrits et l’échange d’expertise et d’informations. Cette convention sera ratifiée dans la capitale Tachkent au cours de la semaine culturelle égyptienne organisée en Ouzbékistan du 23 au 29 mars 2007. Des rencontres thématiques auront lieu dans la capitale ouzbek autour de la vie culturelle en Égypte, des transformations politiques que vit actuellement le pays et des relations historiques entre Le Caire et Tachkent. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « L’Égypte et l’Ouzbékistan signe un protocole d’indexation des manuscrits », al-Ahrâr du 20 mars 2007). Palestine Israeli excavations at the al-Aqsa Mosque and Dome of the Rock, Jerusalem’s most volatile holy site, have sparked Arabs and Muslims to take legal action to preserve Islam’s third holiest shrine. Egypt this week witnessed two provocative removes. In parallel with the Arab Foreign Ministers Meeting at the Arab League, Arab Antiquities Officials (AAO), along with representatives of the Islamic Éducational, Scientific and Cultural Organisation (ISESCO), the Arab League Éducational, Cultural and Scientific Organisation (ALECSO), the International Cultural Council for Research and Museums (ICCROM), and the head of the Arab Archaeologists’Union met on Sunday at the premises of the Supreme Council of Antiquities (SCA) hoping to find a solution. Although Palestinian antiquities experts were unexpectedly prevented from attending because of exit restrictions imposed by the Israelis, the meeting was attended by Munzir al-Digânî, the Palestinian ambassador in Egypt. At the opening session al-Digânî said that after seizing East Jerusalem in 1967, Israel had realised that stating its patrimony would only be possible through the ratification of its identity and sovereignty. This had led to a series of destructive moves. Four days after the June 1967 War began, the Israelis demolished the Moroccan zone (Hayy al-Maghârba) in East Jerusalem, with its two 15th-century mosques and 135 houses, to clear an area in front of the Western Wall. They closed the Moors’Gate and converted the Burâq Wall into the Wailing Wall. They looted the Palestinian National Museum and turned the building into the Israeli Antiquities Bureau. Jerusalem and al-Aqsa remained their main target, however. In 1969, the Salâh al-Dîn minbar at the mosque’s eastern gate burnt down, while in 1984 there was an attempt to blow up the mosque. Recently, al-Digânî continued, Israeli archaeologists began to excavate near the al-Aqsa Mosque under heavy police guard. They claimed that the plan was to replace a damaged wooden bridge leading to the mosque with a stone ramp. This triggered protests from Palestine and her Arab neighbours. In Cairo last week, following several closed and open sessions, SCA Secretary-General Zâhî Hawwâs and the 12 AAO members strongly denounced the Israeli aggression against al-Aqsa and demanded a halt to excavations underneath the mosque, which they said aimed at altering the Islamic and Arab identity of the city. In a communiqué issued at the end of its deliberations, the AAO recommended following Hawwâs’s vigorous appeal to boycott working with any foreign archaeological mission, scientific institute or museum which helped Israel, directly or indirectly, with its excavations in Jerusalem, and to prevent them from restoring or excavating any archaeological site in the Arab world. Qualifying Israel’s provocative excavations as “criminal and destructive acts” against al-Aqsa Mosque and its entire compound, the AAO concluded that such acts essentially aimed to undermine the Arab identity of Jerusalem. They called on the United Nations Éducational, Scientific and Cultural Organisation (UNESCO) to take necessary action to force Israel, as an occupying power, to honour its obligations under international law, which prevent occupying powers from changing the identity or topographical nature of any territories they occupy. They also called on UNESCO’s Director-General Koïchiro MATSUURA to release the report submitted by the organisation’s inspection mission which was recently sent to Jerusalem to assess excavation work being carried out at Bâb al-Maghârba, at the western side of al-Aqsa Mosque. They also asked MATSUURA to determine how UNESCO planned to resolve the problem, urging Israel immediately to halt its aggression against al-Aqsa, the Dome of the Rock and Jerusalem’s Old City. “UNESCO must also declare its approach to Israel’s plan to construct a Jewish museum, to be called 'the Mercy Museum', on top of the Islamic necropolis of Ma’aman Allah,” AAO meeting Coordinator Muhammad ‘Abd al-Maqsûd said. The AAO called for a Palestinian-Jordanian archaeological mission to be assigned to inspect the area where excavations were taking place. ‘Abd al-Maqsûd added that the whole area around al-Aqsa was under the supervision of the Islamic Waqf, and not Israel. The AAO also appealed to MATSUURA to put into effect the decision issued by the World Heritage Committee (WHC) at its 30th session held in Lithuania in July 2006, at which it urged Israel to present to the World Heritage Centre all information in relation to any new construction planned on the area on the western side of al-Aqsa, as well as that concerning the corridors leading to the mosque. “This decision has never been implemented by Israel even though it is one of the 21 members of the WHC, a matter that may have given Israel a raw deal under the WHC agreements and treaties,” ‘Abd al-Maqsûd said. According to the communiqué, the AAO has called on the Arab countries’permanent representatives at UNESCO to combine their efforts during the WHC’s upcoming meeting planned this year in New Zealand in an attempt to defend and highlight Jerusalem’s legal position as an occupied territory. They have asked that it push ahead with plans to secure the support and involvement of all the international bodies concerned to prevent Israel from violating its legal obligation in relation to preserving historic sites under Israeli occupation. According to the related UN resolutions and international conventions, Israel, as an occupying power, should coordinate any reconstruction or repair work that it undertakes in the al-Aqsa Mosque with Jordan, in the latter’s capacity as the custodian of Muslim sites in occupied Jerusalem. In parallel efforts, Hawwâs and several AAO, ALESCO and ISESCO members have communicated urgent messages to UN Secretary-General Ban KI-MOON, MATSUURA and other international officials concerned, seeking their intervention to prevent the Israeli government from acting in ways that make confrontation between Palestinians under occupation and Israeli forces all but inevitable. “Such Israeli violations have provoked wide anger and condemnation in Palestine and many Arab and Muslim countries. This is another attempt to disfigure the historical plaza, which in its turn will not only damage al-Aqsa Mosque, the most volatile and holiest [Muslim] site in Jerusalem, but will also create further tension in the entire region.” Hawwâs wrote to both KI-MOON and MATSURRA. He also demanded their immediate intervention before further escalation of the situation. Hawwâs also called on the international community to keep an eye on what Israel was doing to Christian monuments in Jerusalem. The UN secretary-general, in response to the urgent letter sent to him by the director-general of ISESCO, said the Old City of Jerusalem was a place of deep significance for the Muslim, Jewish and Christian faiths. “It is our firm belief that the status of the Old City and the religious sites within it are extremely sensitive final status issues that can only be resolved through negotiation,” he said. KI-MOON called upon the parties to apply Security Council resolutions 242 and 428 and refrain from establishing or asserting situations on the ground. The UN secretary-general mentioned in his letter, which was signed on his behalf by Ibrâhîm Gambarî, the undersecretary•general for political affairs, that the universal value of the Old City of Jerusalem and the necessity to eschew actions that could lead to tension were reaffirmed in the statement issued by the director-general of UNESCO, which the secretary-general fully supported. The leader of the Palestinian Islamic Movement, Sheikh Râ’id Salâh, accused UNESCO of dropping some of the facts about al-Aqsa from its new report. Salâh said UNESCO had turned a blind eye to the Israeli regime’s destruction of the mosque and the excavations being conducted at the holy site. His comments came after a group of UNESCO experts visited al-Aqsa. Salâh said the authorities in charge of the mosque had asked the UN to stop Israeli damage to the building’s foundations. He said the UN cultural agency had failed to live up to its responsibilities. The Palestinian official accused UNESCO of siding with the Israeli regime. The secretary-general of the 57•member Islamic Conference Organisation (ICO), Ekmeleddin IHSANOGLU, yesterday expressed his anguish and dismay at the world’s silence on Israel’s blatant moves to “Judaise” Jerusalem and change the holy city’s historic character. The ICO was formally established in September 1969 after the burning of al-Aqsa Mosque. “When the Buddhist statues were being demolished in Bamiyan, the whole world rose up against the Taliban regime in Afghanistan,” IHSANOGLU said in an exclusive interview with Arab News yesterday. “UNESCO was very active then, but not a word is being said against what Israel is doing to the al-Aqsa Mosque. Nobody utters a word against the Israeli aggression. Nobody is really taking any action. There is silence all over.” ‘Alî Radwân, head of the General Arab Union for Archaeologists, told Al-Ahram Weekly that Israel’s encroachment upon al-Aqsa Mosque had not been sporadic, but, rather, a systematic endeavour that began when it occupied Jerusalem, an attempt to change the cultural history of the city and rewrite its past. Over the last 50 years Israel has made continuous attempts to rewrite the cultural history of the Middle East. Back in 2001, two years after enrolling as a member of the World Heritage Committee, Israel submitted an official request to place 28 Palestinian sites on its World Heritage list as belonging to Israel, among them the historic Arab city of Jerusalem. The move was naturally contested by Arab countries because it went against international law including the 1954 Hague Convention for the Protection of Cultural Property in the Event of Armed Conflict, and the International Convention of the Protection of International Cultural and Natural Heritage of 1972. Israel nevertheless succeeded in registering three areas as its own : the old city of Acre, the Bow Houses in Tel-Aviv, and the Roman fortress at Masada. Two further attempts were made three years ago. One concerned the countries that fall within the Great Rift Valley, and the other Jerusalem. Radwân announced that according to historical evidence “Rowa-Lem-Shem-Yem” or Jerusalem, is an Ancient Egyptian word, written in hieroglyphs in manuscripts and documents dating back to the reign of the Middle Kingdom Pharaoh Senusert III, about 1830 BC. This is much earlier than any existing Hebrew texts. References to the “the Plast people”, clearly the Palestinians, are found written in hieroglyphics in New Kingdom manuscripts. Rowa-Lem-Shem-Yem means a city of Canaanite origin and does not mean Jewish or Hebrew land. Radwân pointed out that Jerusalem was completely destroyed in 70AD by Titus, son of the Roman emperor Vespasian and that Emperor Hadrian prohibited any Jew from entering Jerusalem. (Nevine El-Aref, “Remember who built Jerusalem”, Al-Ahram Weekly du 15 mars 2007. Voir également Delphine MATTHIEUSSENT, “Israel to halt holy site repairs, excavations go on”, Middle East Times du 12 février ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Husnî appelle les organisations archéologiques arabes et l’Unesco à protéger al-Aqsa », al-Ahrâr du 2 mars ; Hassan Saadallah, “Experts urge UNESCO to halt al-Aqsa dig”, The Egyptian Gazette du 5 mars ; Mahmûd Shâkir, « Hawwâs : liste noire des archéologues qui participent aux violations de la mosquée al-Aqsa », al-Wafd du 5 mars ; Hassan Saadallah, “UNESCO warns Israel over al-Aqsa”, The Egyptian Gazette du 8 mars ; Mirvat Ayyûb, « L’Égypte exige un contrôle international sur les fouilles israéliennes », Watanî du 18 mars). The powerful head of Egyptian antiquities called for a boycott of any foreign archaeological teams working with Israel on excavations in East Jerusalem at an emergency meeting of Arab antiquities authorities Sunday. “We must take steps to defend the al-Aqsa mosque and the heritage and monuments of Jerusalem,” said Zâhî Hawwâs, head of Egypt’s Supreme Council of Antiquities (SCA) that oversees all archaeology projects in the country. He suggested to the other heads of Arab archaeological organizations that they “forbid from doing research or excavations anyone belonging to universities or museums working on archaeology with the Israelis in occupied [East] Jerusalem.” Israeli excavations and construction projects in the vicinity of the al-Aqsa mosque in Jerusalem, the third holiest site in Islam, have sparked accusations by Palestinians and Muslims around the world that the site is being damaged. “This is the only way to stop the destruction of Jerusalem’s antiquities,” Hawwâs added. Delegates at the meeting said that a blacklist would be drawn up of offending archaeological teams that would not be permitted to work in Arab countries. (AFP, “Egypt antiquities chief urges Israel boycott”, Middle East Times du 5 mars. Voir également Rânyâ Hifnî, « Poursuite des tentatives de démolition de la mosquée al-Aqsa », Sawt al-Umma du 29 janvier ; Islâm ‘Afîfî, « 2 lettres de Zâhî Hawwâs à l’Unesco et aux Nations Unies pour tenter de sauver al-Aqsa », Akhbâr al-Yawm du 17 février ; al-Sayyid Râshid, « L’Union des archéologues arabes déclare la guerre à Israël à cause d’al-Aqsa », al-Ahrâm al-‘Arabî du 17 février ; Mushîra Mûsa, « Hawwâs appelle à l’envoi d’une commission archéologique à Jérusalem pour y constater les violations israéliennes d’al-Aqsa », al-Ahrâm du 5 mars ; ‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Les archéologues arabes menacent de se retirer de l’Unesco si celle-ci ne soutienne pas la cause de Jérusalem », al-Akhbâr du 5 mars ; Muhammad Sha‘bân, « Coordination des efforts arabes afin de suspendre l’affiliation d’Israël à l’Unesco », al-Qâhira du 6 mars ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Dr ‘Alî Radwân : la protection de Jérusalemn contre la judaisation nécessite une noblesse politique internationale », al-Ahrâr du 15 mai). Cette crise a inspiré au Dr Zâhî Hawwâs des propos extrêmement hostiles à l’égard de l’Unesco : Le secrétaire général du CSA a lancé une diatribe contre l’Unesco. « Nous ne sommes pas fiers d’appartenir à une organisation qui accuse une telle faiblesse. Nous ne souhaitons pas maintenir notre adhésion », a-t-il annoncé, en appelant les archéologues arabes à adopter une position courageuse vis-à-vis de l’Unesco. Lors du discours prononcé hier devant les présidents des organisations archéologiques arabes, le Dr Hawwâs a ajouté qu’il refuse d’assister à la réunion annuelle du comité du patrimoine international de l’Unesco à cause de sa complaisance à l’égard d’Israël. « L’Unesco est une organisation faible, qui lève la voix pour dénoncer les atteintes archéologiques perpétrées dans n’importe quel pays, mais qui reste muette et impuissante face aux tentatives israéliennes incessantes pour judaïser Jérusalem », précise Hawwâs. (Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Hawwâs accuse l’Unesco de complaisance à l’égard d’Israël et appelle les archéologues arabes à la punir », al-Masrî al-Yawm du 5 mars. Voir également Usâma Fârûq, « Liste noire des archéologues destructeurs d’al-Aqsa », Akhbâr al-Adab du 4 mars ; Kâmiliyâ ‘Atrîs, « Hawwâs appelle à adopter une position forte pour sauver al-Aqsa », Sabâh al-Khayr du 6 mars ; Amânî ‘Abd al-Hamîd, « Hawwâs menace de se retirer de l’Unesco », al-Musawwar du 9 mars). Yémen Yemeni Minister of Culture Muhammad Abû Bakr yesterday met with Egyptian Ambassador in Sanaa Muhammad Mursî ‘Awad for talks on benefiting from Egyptian expertise in preserving antiquities and setting up museums. (“Cooperation with Yemen”, The Egyptian Gazette du 25 avril 2007). Gîza Field School Plan of the site Mark LEHNER, director of the Gîza Plateau Mapping Project (GPMP), realised that the excavation of the vast ancient settlement site at Gîza offered him “an opportunity to give back to Egypt something in return for all the years I have enjoyed excavating here.” He envisioned running a rigorous training programme for Egyptian inspectors to guide them in the basics of standard archaeological practice around the world, and today, all over the country, selected SCA inspectors are being trained in the standard practices that are now used for stratigraphic excavation and recording in Britain, France, other European countries, and the United States. LEHNER’s aim harmonised with the objective of SCA director Zâhî Hawwâs to train Egyptian inspectors in advanced techniques of field archaeology in order, eventually, to make prior training at one of the professional field schools a condition for appointment to join foreign missions. This fits in neatly with the concern of the American Research Centre in Egypt (ARCE) that funds be provided to train Egyptian inspectors. Gerry SCOTT, ARCE’s recently• appointed director, reacted positively with a USAID grant. Thus, in collaboration with the SCA, the support of the USAID grant through ARCE, and the Charles SIMONYI Fund for Arts and Science, LEHNER recruited Muhsin Kâmil and Ana TAVARES to organise a “hands-on” training course known as the Gîza Field School. It works within the impressive area of 230 metres east-west and nearly 300 metres north-south, and the chosen students come from as far afield as Sinai, the Delta cities, Banî Swayf in Middle Egypt, and Luxor and Aswân in Upper Egypt. They are being professionally guided, by a team of 55 archaeologists and specialists, including field instructors. In addition to tending basic skills and techniques, they are guided in the use of digital equipment and techniques far more advanced than the conventional stratigraphical excavations and recording being carried out elsewhere. Kâmil explains : “Even the basic skills are more advanced, in giving every deposit a discrete number, recording all the stratigrahic relationships (which is to say what came before what), and sampling for all classes of material culture : animal bone, ancient plant remains, pottery, charcoal, chipped stone, and mud sealing fragments.” “This joint exercise of archaeology with professional instructors combined with a participating field school has proved a rich and rewarding experience for all,” LEHNER says. “Our aim is to train students in the standard practices that are now used for stratigraphic excavation and recording in Britain, France, other European countries, and in the United States. What is being taught is what is required by the SCA,” to which Hawwâs adds, “LEHNER’s special talent combines scholarship with excavation techniques and administrative know-how”. “In the past, Egyptian inspectors who accompanied foreign archaeological missions did little more than act as facilitators” Hawwâs says. “They bought supplies and expedited permits, and 95 per cent were ignorant of the mechanics of scientific excavation. Unless you are qualified, know how to identify strata, interpret and deal with material as it comes to light, and know how to record it, you destroy the historical record.” Aware of the shift from object-finding to field archaeology, Hawwâs took early steps, following his appointment as secretary-general of the SCA in 2002, to release two of Egypt’s foremost archaeologists, ‘Atiya Radwân and Mansûr Burayk, from their SCA duties and send them with a group of students to the field school in New Mexico. “When they returned, ARCE responded to our needs in providing funds from USAID for further training in Egypt,” he says. ARCE took the initiative to finance the first schools, at Mît Rahîna (Memphis) under Diana PATCH, in Fayyûm under Willeke WENDRICH, at Nabta Playa in Nubia under Fred WENDORF, and in Sinai under some of Egypt’s top archaeologists. Gerry SCOTT, keen to encourage and continue field schools, arranged USAID financing for the Gîza Field School. “The grant largely contributed to the financing of the first cycle of two years of Mark LEHNER’s training school with beginners and specialists at Gîza, » SCOTT says. What is emerging from the field training is that Egyptians are gaining a level of proficiency and confidence and will not in the future have to rely on foreigners. The Gîza Field School is increasing their numbers, and once they graduate they become eligible, through the SCA, to conduct their own excavations as well as to teach. “This is a great leap in the right direction,” LEHNER says. “The school provides ongoing training for the workmen as well as inspectors, all of whom have been integrated with the dig. It is a huge operation, an enormous challenge.” The Gîza Plateau Mapping Project (GPMP) can be measured not only in the size of the exposed ancient settlement but also in the growing number of students in training. “We processed 247 applications and interviewed 190 applicants at the SCA Zamâlik headqarters in mid-March 2006,” said Kâmil. “On November 16-17, in the middle of the Advanced Field School, we interviewed over 300 applicants for our 2007 Beginners Field School session, which opened in February 2007-a snowballing interest in professional archaeology.” LEHNER says this is a unique opportunity for students to participate in an ongoing excavation side by side with professionals in our archaeological team. “One of our goals is to integrate the field school into the overall excavation so that we do not have isolated 'practice' squares,” he says. “Instead, each team works in a square adjacent to a main excavation area. The students’results are as important as everyone else’s in helping us understand the site.” The team members are multi•disciplined. Ceramist Anna WODZINSKA has collected, categorised, and studied the Old Kingdom pottery. Together with seven other specialists she is working on a manual of Egyptian pottery from predynastic Fayyûm to modern, a task of immense importance to students. WODZINSKA has noted that 70 per cent of the pottery mass at Gîza are bread pots. Jessica KAISER, an osteoarchaeologist, has an enthusiastic and devoted following among the students, is studying the large number of Late Period burials and has prepared a thick binder with tabbed categories for human skeletons. Members of the field school survey architectural elevations, study pottery, and excavate Late Period burials “This is an opportunity to study the bones of people of modest means who were buried some 2,000 after the site was abandoned by the pyramid builders,” KAISER says. The skeletal remains were so fragile that they had to be thoroughly documented in situ before an attempt could be made to lift them. “It proved to be too time•consuming, so I managed to computerise the process and now we have the largest collection of scientifically dug low-status burials from the period between 664 and 343BC. It is unique, and our workmen have learned a great deal in the process ; they know the Latin names of the different bones, and have helped me label the bone bags and lift and pack the burials.” Kâmil calls it salvage archaeology, a “hands-on”, practical training programme on which the students have proved to be dedicated and very serious. “They have integrated easily with professionals,” he says. “Apart from learning practical skills in mapping and documentation, they have to write weekly reports, prepare general reports at the end of the programme, and attend lectures given by instructors on specific topics. They also give lectures and PowerPoint presentations themselves in order to acquaint other members of the team with what is happening in each area of the excavation. In the advance course, they specialise in ceramics, human osteology, survey, archaeological illustration, or excavation, and attend workshops on these specialisations.” The GPMP is not about monuments or discovery : it is about information. “It is the interdisciplinary approach which provides a rich context for instruction,” TAVARES says. “We assume no prior knowledge. We teach students the basics of how to take measurements, lay out grids, and record features by hand.” “The best archaeologists can be trained with very simple digging tools a tape measure, a compass, and a note-book and a pen,” she adds, “Mud-brick archaeology the medium from which the worker’s settlement was built is very fragile. If not recorded on the ground, the information is lost. It’s difficult and time• consuming work and it has to be done meticulously.” Once the students have passed their field training they themselves will be eligible to give SCA training courses. “This is a tremendous incentive,” Kâmil says. “There is no doubt that the experience gained at Gîza provides inspectors with a solid foundation for managing other sites around the country.” Indeed, when the first batch of the students were handed a certificate, bearing logos of the SCA, ARCE and AERA at the offices of the American Research Centre in Cairo at the conclusion of the 2005 field season, all expressed the wish to continue the programme. And so, at the foot of the pyramid plateau at Gîza, the parts of the large and complex archaeological jig-saw puzzle that have yet to be joined are being put together. LEHNER is directing a vast enterprise that includes some 175 Egyptian and foreign experts, four field school groups excavating in different areas, and a following of devoted students who are confident of becoming competent archaeologists. “It’s an SCA/ARCE partnership, achieved with the support of The Charles SIMONYI Fund for the Arts and Sciences” LEHNER says. “We have introduced to Egypt the standard practice as outlined in the MoLAS (Museum of London Archaeological Service) Manual in tandem with regular interdisciplinary GPMP excavations, and the chosen students are working concurrently with the experts. They are an active be it vigilantly supervised part of the interdisciplinary, long-term project.” One student on his way to work looked out over the expansive site, the assembled crew of workers, foreign colleagues, and his compatriots from all parts of the country and, recalling the heyday of pyramid building, reportedly said : “Just think ! All of Egypt is united here ! Could it have been so for those who lived 4,500 years ago in the city we are discovering ?” (“A search for the lost city”, Al-Ahram Weekly du 31 mai 2007). Le directeur général des Comités permanents, Magdî al-Ghandûr, a annoncé que le CSA a accepté un don de 335 pièces archéologiques constituées pour la plupart d’éléments architecturaux. Ce don a été concédé sans aucune contrepartie par les héritiers de ‘Alî Mahmûd, antiquaire dans la région d’al-Bahnasâ, située dans le gouvernorat de Minyâ. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 22 mai 2007). Bruce d’archéologie australienne, a dollars destiné John CLARK, égyptienne de fait un don de à rehausser la amateur nationalité 750 mille conscience archéologique des enfants égyptiens. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 mars 2007). Commentant la restitution par la France des mèches de cheveux de la momie de Ramsès II, mises en vente sur Internet, le secrétaire général du CSA bombe le torse : [ ] Hawwâs said that the attempted sale was discovered because he has observers who scan the Internet constantly for violations of Egypt’s heritage. “We open the Internet everyday, and the most important source you have are my spies,” he said. “I have spies all over the world.” (AFP, “Pharaoh’s missing locks returned to Egyptian museum”, Middle East Times du 11 avril 2007). La nouvelle théorie formulée par Jean-Pierre HOUDIN sur l’utilisation d’une rampe intérieure lors de la construction de la pyramide de Chéops ne déchaîne pas la passion du Dr Zâhî Hawwâs : [ ] “It makes sense, but not great sense,” Zâhî Hawwâs said. “Everybody can have a theory, you have 300 people and 99 percent of them are non-specialists, I cannot let them all go onto the site.” (“Egypt says no onsite tests for French pyramid theory”, Middle East Times du 11 avril 2007). Le gouverneur d’al-Qalyûbiyya, ‘Adlî Husayn, a demandé au secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, un exemplaire de son chapeau, qui a été fabriqué et commercialisé sur le plan international par une société chinoise. La reproduction du chapeau est vendue à 15 dollars l’unité. Une partie des bénéfices est versée au profit du musée Suzanne Mubârak pour l’enfant, parrainé par la première Dame d’Égypte. (« ‘Adlî Husayn réclame le chapeau de Hawwâs », al-Musawwar du 29 juin 2007). La journaliste américaine Susan HACK du magazine Condé Nast Traveler interroge le Dr Hawwâs sur le besoin impérieux de trouver un équilibre entre tourisme de masse et préservation archéologique. Dans cette interview, publiée sur le site Internet concierge.com, le secrétaire général du CSA répartit les touristes en deux catégories bien distinctes : [ ] « I’ve been trying to find an accommodation between the needs of tourists and the preservation of the monuments. Before, it was a big mess, with vendors selling djellabas on top of temples, and cars and tour buses parking right in front of sites. The first step was to build walls around many sites, move the parking areas, and create visitors centers. The second was to introduce the system of rotation, opening and closing tombs in Upper Egypt. I also need the Egyptian Tourist Authority to understand the value of Egypt. We have nine million tourists when we can really deal with half that number. You need to raise hotel prices and bring in people who can afford to pay. There are good hotels in Luxor that sell rooms for ten dollars a night, and when I make a discovery, I’m afraid to publicize it because I know it means more people coming. The Egyptian Tourist Authority needs to understand that mass tourism harms monuments. A group of tourists who can afford to pay only a thousand dollars apiece for a trip are useless. Let them stay in their own country ! [ ] I live with the pharaohs. When I travel, Egypt is in my heart. I owe what I have accomplished to my education in the States. But that doesn’t make me pro-America ! ». (Susan HACK, “A Conversation with Zâhî Hawwâs”, Concierge.com, July 2007). Lors d’une autre interview accordée à une journaliste du quotidien al-Akhbâr, le Dr Hawwâs réaffirme son point de vue : « [ ] Une bonne planification touristique ne doit pas viser l’augmentation du nombre de touristes, mais plutôt sélectionner des touristes de qualité, capables de payer leur séjour plus cher. Le but n’étant pas d’attirer 10 millions de touristes qui dépensent chacun 500 euros. L’on pourrait se contenter de seulement 3 millions de touristes assez fortunés pour dépenser plusieurs fois cette somme ». (Ilhâm Abû al-Fath, « Louqsor et le tourisme ! », al-Akhbâr du 8 mai). Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a déclaré que l’Égypte n’est pas disposée à créer un musée juif au Caire, puisque le Secteur archéologique ne dispose pas de suffisamment d’Antiquités juives pour la fondation d’un tel musée. Hawwâs a révélé avoir reçu une proposition d’un rabbin américain, il y a près de deux semaines, pour la construction d’un musée juif au Caire et la restauration des synagogues et des tombes juives avec le soutien de restaurateurs et d’archéologues étrangers. Hawwâs a notifié au rabbin que la restauration des synagogues s’effectue par l’entremise des archéologues égyptiens. Si le rabbin souhaitait y contribuer, il suffirait d’apporter une aide financière et « nous effectuerons nous-mêmes les restaurations nécessaires ». (Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Hawwâs : Nous ne possédons pas assez d’Antiquités juives pour en faire un musée J’ai demandé une aide financière au rabbin américain », al-Masrî al-Yawm du 15 février 2007). [ ] Le secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, a souligné que les pyramides représentent l’unique merveille du monde antique encore debout et qu’elles n’ont nullement besoin de participer au référendum sur les New 7 Wonders of the World, organisé actuellement par Bernard WEBER. Hawwâs a affirmé « qu’attacher un grand intérêt à n’importe quel Khawâga parlant une langue étrangère fait partie des travers des Égyptiens ». [ ] Il s’est montré sceptique quant à l’hypothèse que la tour Eiffel puisse remporter ce concours en tant que nouvelle merveille du monde. Selon le Dr Hawwâs, « la construction de la tour Eiffel est à la portée du premier venu, titulaire d’un B.T.S. » [sic]. (Muhammad Wadî‘, « Les pyramides, merveille des merveilles, sont hors compétition ! », Uktubar du 13 mai 2007). Évacuation du village d’al -Qurna Six semaines après l’évacuation des habitants d’al-Qurna début décembre 2006, le mensuel Egypt Today dresse un état des lieux fort consternant : Perhaps the largest crowd ever to visit the village of al-Qurna on Luxor’s West Bank assembled early last December to watch an over-elaborate ceremony taking place on a hill opposite the village. Local officials brought in two busloads of journalists to witness the proceedings, which began with groups of school children in Pharaonic dress performing to the beat of drums. Once the children were done, visiting mayors, governors and council heads gave speech after speech to the attentive television cameras. While most of the assembled dignitaries made mention of the need to improve the lives of al-Qurna residents, all focused on the long-awaited razing of al-Qurna village, the second such attempt in the last decade and part of a bid to conserve antiquities beneath local houses. Between the dignitaries and the village was a row of brightly painted construction vehicles. Across the road in al-Qurna itself, a different group was on a different hill : These were the villagers themselves, separated from the dignitaries by rows of police. Theirs was a generally less enthusiastic reaction. “Those girls over there,” the man I was standing next to told me, “they are not from al-Qurna. They brought them in from Luxor,” he insisted. It felt much more like a council of war than an archaeological undertaking, one foreign correspondent remarked. As the ceremony drew to a close, a select few residents of al-Qurna were handed deeds to homes in New al-Qurna at al-Târif, the LE 180 million, government-built city three kilometers northeast of old al-Qurna, offered as a replacement to the locals. Then came the destruction crews : Four homes were symbolically reduced to rubble as the cameras flashed. Reactions to the demolition were mixed. As one man screamed at the crews, scores of people seemingly resigned to their fate sat and watched him with as much interest as the destruction. A group of women was chasing down every person they saw with a camera or a notebook and, in broken English, preceded to tell anyone who would listen how excited they were about the move. Their inexhaustible level of enthusiasm, and their over-eagerness to share their excitement with all and sundry, led many of the assembled members of the press to speculate about how much this cheerleading squad had cost the local government. Given Egypt’s historically spotty track-record on relocation projects, little could we have known then that the ambitious project to raze the rest of the village and relocate its residents could actually turn out to be a good thing for many of the Gurnawis. Our next visit, just before press time and within the project’s scheduled six weeks time frame for completion, was equally surprising as we saw many of the eager to show us the cracked walls and the deteriorating state of the unbaked bricks as well as the lack of any utilities in their village. One old woman ushered us into a one-room house she shared with her five daughters. The house belonged to a man who had been helping them since her husband died, and she was worried that she wouldn’t get a home in New al-Qurna. Despite her concerns, she wanted to move. “Look at this,” she said gesturing around the small room. “We have no services, no water, no toilet, and this place is very small.” Running water is not allowed anywhere in al-Qurna because of fears that it could damage the ancient tombs beneath the homes. And though many residents expressed concerns that moving to the new village would remove them from their livelihoods, she wasn’t worried. “What work ?” she asked. “We have no living here. My daughters can only sometimes get work by the day, but this is all.” At this point the eldest daughter, who wasn’t happy that her mother was speaking to us at all, began screaming at her mother to be quiet. “I am only telling them the truth,” the mother replied defensively as we left. residents happy and snug in their new accommodations. On our first visit, Gurnawis were Many others were less enthusiastic about the new city. ‘Abdallah Hasan explained that he owned four houses in al-Qurna, but claimed the government was only offering him one in the new village. “The new house is smaller than any one of my homes here,” he alleged. “How can they take four houses, give me one and call this fair ?” Sa‘îd, who was busy working in his family’s alabaster shop, the New Mona Lisa, also felt slighted by the move. “They took my home and they are giving me 150 square meters of desert. What am I supposed to do with that ? They are not going to help me build a house. The government must think we are very rich people.” His brother, who goes by the improbable nickname Shagî, pointed out that it’s not what is being offered to the Gurnawis that’s the problem. “Our life is here,” he said. “It isn’t a problem with the new homes or the new services. It is a problem with our lives. Our life is here. I have seen the new city. It’s nice, but that’s not the point, these are our homes.” Over in New al-Qurna that day, the identical single-story duplexes sitting in impossibly neat rows couldn’t be further removed from the chaotic collection of houses and the twisting alleys of al-Qurna. Separating the new village from the main street are large open fields of grass. Paved roads and streetlights complete the contrast. Matching the symbolic four demolished houses, four of the new houses were furnished, complete with residents. Families invited in the curious to show them brand•new furniture, still in its plastic wrapping. The refrigerator in the center of one room still had the safety seal holding the door closed. In the old village of al-Qurna, just walking too near a house could result in an invitation to tea. The lack of the ubiquitous drink was puzzling until a quick tour of the house revealed that the water was not turned on, nor was there electricity to boil the water. One block in from the finished row facing the street, the new homes were far from finished. The roads weren’t paved. Manhole covers lay open, exposing sewage and water lines not yet connected. Even further back, the promised houses were still wooden forms waiting for concrete. Across the street, two schools, a community center and a police station all looked far from completion. Back then in December, it seemed the government’s goal of moving all of the Gurnawis within six weeks would have to be scaled back and we were ready to return in January to write the second chapter the next chapter, we expected, in a spotty history of relocation that stretches back at least as far as the Nubians in the 1960s. There are as many versions of al•Qurna’s history as there are people to tell it. According to the Ministry of Culture’s Supreme Council of Antiquities (SCA), the original residents of al-Qurna were people fleeing the French invasion during the early 1800s. A century later, following a surge of interest in Egyptology, people moved en masse to stake claims above the tombs. Archaeologists clamoured to purchase the “rights” to excavate the treasures below, while travellers stopped in to make purchases. The SCA’s characterization of the Gurnawis as grave robbers and squatters is nothing new. In fact, they’ve certainly been called worse. The Gurnawis suffered from an image problem centuries before the SCA even existed. At some point in the sixteenth century, a merchant known only as the Anonymous Venetian travelled to Luxor and brought back to Europe the first description of the city since the ancient Greeks. His is the first known reference to the Gurnawis, and it’s hardly a flattering one. According to his account, they made a “habit of robbing and murdering unprotected travellers, fellow Bedouin and other villagers without distinction.” The source of these accusations was his boat captain, widely believed to have been a Cairene. The Anonymous Venetian, terrified by his captain’s stories, never set foot on the West Bank to see for himself. Following the publishing of the Venetian’s accounts and sketches, the monuments and temples of Upper Egypt captured the imaginations of Europeans, and scores of European travellers made the long journey to see ancient Thebes. These travellers also left behind memoirs of their voyages, few of which remembered the Gurnawis much more fondly. The French naturalist Charles SONNINI wrote that al-Qurna was “the resort of the most formidable banditti the meanest, the most frightful, and most miserable place in appearance I ever beheld.” His impressions seem to have been pre-formed by discussions with Turkish officials long before he met the Gurnawis and his account quickly becomes disjointed. Despite continually referring to them as ‘banditti,’ when SONNINI buys artifacts from them, he says they, “displayed as much integrity and fairness as if they had been the most honest people in the world.” The references to the Gurnawis as ‘bandits’and ‘outlaws’are too numerous to list. In most of these cases, a government official is cited as the source of dire warnings to the traveller. The Gurnawis, of course, paint a much different picture of themselves. Their history on the hillside long predates the SCA’s estimates, they claim, explaining that their people moved there for the same reason the ancients built their tombs in the area. (The hills of al-Qurna are above the reaches of even the highest Nile flood and their freestanding position makes them immune from the flash floods, which threaten much of the surrounding area. The tombs were ready•made housing, and over time these primitive shelters expanded and became al-Qurna village.) Archaeological records are scant in an area where dried mud bricks are the most common building material, but the Gurnawis point to several factors to refute accusations that they are newly arrived squatters. The earliest drawings of al-Qurna show it centered around the ruins of a Coptic church. Although al-Qurna has some Coptic residents, the vast majority are Muslim ; the placing of a church in such a prominent location means it was almost certainly built many centuries before, when the village was primarily Christian. The recent discovery of a sixth century Coptic manuscript in the area also suggests a much longer history than some have claimed. Robert HAY was a Scotsman who spent 10 years in Egypt from 1824 to 1834. He created what was up to that point the most detailed and extensive collection of drawings of Egypt’s antiquities. Much of his time in Luxor was spent on the West Bank. While documenting the prominent temples and tombs such as Madînat Hâbû and Queen Hatshepsut’s Mortuary Temple, he also included current sketches and descriptions of the Theban Necropolis, known as al-Qurna to its residents, where he was staying at the time, living in a tomb that he called the “standard housing for villagers and visitors alike.” In many ways, Dr. Zâhî Hawwâs was the man behind the move of the Gurnawis. In an exclusive interview from the East Coast of the United States last month, where he was recovering from eye surgery, the SCA chief says he doesn’t doubt there has long been limited habitation in the area, but he claims, “Almost all of these people came to this area in the 1920s when there began to be large expéditions. The archaeologists hired people from nearby villages with no place to live and they made homes in the tombs.” Since coming to office in 2002, Hawwâs has turned his obsession with the preservation of Egypt’s priceless antiquities (and the recovery of pieces spirited out of the country) into a national mission. While the government’s claim that the Gurnawis are recently arrived squatters is open to debate, even the Gurnawis admit they have a history of looting antiquities. “But this was all in the past,” Shagî says. “Now we make our living from the tourists who come to see the tombs and the antiques. We would have to be very stupid to steal these things.” Today, he claims, the Gurnawis act as the guardians of the tombs. “If the people are gone from here, then people will come and rob the tombs.” The Gurnawis have also been accused of being a nuisance to tourists, a nonsensical claim according to Shagî. “We have had tourists rent homes and live here for years because they like the people here. This will never happen in the new village.” Right next to al-Qurna is the Mortuary Temple of Queen Hatshepsut. “In 1997, when the terrorists attacked the tourists, it was people from al-Qurna who helped save the tourists,” Shagî claims. “Al-Qurna is super friendly for tourists. There are no hassles here.” Hawwâs is skeptical, saying it’s not only the looting that is the problem : Having humans and animals living in tombs is even more of a threat to whatever antiquities may remain. “Terrible damage has been done to the tombs of al-Qurna,” he told the cameras at the December ceremony. “The fact that archaeology is regaining its rights here is the dream of my life.” “If you dig anywhere in Egypt, you’ll find something,” ‘Azza Shawarbî, national project director of the recently formed Egyptian Antiquities Information System (EAIS), once told me. With a smile she added, “Even if you fall down, you will probably land on an artifact.” So with millions of Egyptians living on top of ancient monuments, the question is : Why is al-Qurna being singled out ? “There are 950 tombs under these houses,” Dr. Samîr Farag, the governor of Luxor, tells me. “We don’t even know what we have. This decision was based on the importance of the site.” For centuries, the man of the house would go “downstairs” in hard times and return with an artifact to sell. It was less of a get-rich-quick scheme than it was a means of survival. “Almost all of the tombs will certainly be in very bad condition,” Hawwâs tells me over the phone. “But I think as we dig under these houses we will find at least 25 lost tombs from ancient Thebes. We don’t really know what’s hidden underneath these houses. But I’m sure though that our excavations will reveal great [finds].” Back in Sa‘îd’s alabaster shop in December, he explains that it’s not so much what the government has promised them in compensation for moving as the likelihood that they will ever get it that mostly disturbs him. “They are pushing us to leave, but they have given us nothing yet.” “I think they are lying. They came and spoke with us and promised us all these things, but I have seen the new city,” Shagî adds. “They told us the new house would be 180 [square] meters, but it’s only 130. We have a lot of people here ; they told us about 3,200 flats but there are only 570,” Shagî says. The Gurnawis had good reason to be skeptical. All of the relocation projects in Egypt’s recent history have been marked by broken promises. Ignoring the Cairo-area debacles of the 1990s, whole libraries could be filled with books and essays on the displacement of the Nubians. Depending on whose figures you believe, either 50,000 or several hundred thousand Nubians were relocated more than 40 years ago to make way for the Aswân Dam and Lake Nâsir. Many are still fighting to get the compensation promised to them. Many more have given up. In May 2004, Hasan ‘Abdallah, a Nubian man from Qustul, told Egypt Today about the disparity between what was promised and what was delivered. “You see, we were shocked because the authorities who visited our villages from Cairo told us that we were moving to a better place. They showed us models of our new homes. But the reality was completely different.” The mood was festive on the day they were moved, he said, but when the Nubians finally saw their destination, “Everyone became quiet, very quiet. We were shocked by what we saw,” ‘Abdallah recalled. Not only was the promised compensation much less than promised, but nearly half a century later 75 percent of the Nubian diaspora have not received any compensation at all. Today’s Nubians now refer to themselves as al-Mankûbîn, the ill•fated ones. The Gurnawis aren’t the only ones to draw a parallel between themselves and the Nubians. Ironically, Governor Farag also mentioned it in his speech at the ceremony : “Three thousand five hundred families will leave for a better life. It’s the most important resettlement operation since the rescue of Abû Simbil in Nubia some 40 years ago.” This isn’t the first time the government has tried to move the Gurnawis. Relocation efforts date back at least 100 years, and given the well-documented mutual dislike between the Gurnawis and respective governments, probably go back even further. In 1945, an Egyptian architect named Hasan Fathî built a new village for the residents of al-Qurna. The idea and the funding came from the Department of Antiquities, which had been trying (rather unsuccessfully) to dislodge the Gurnawis for the previous 50 years. Fathî was chosen for the project because of his novel ideas on solving the housing problems in Egypt, and it was the perfect opportunity to test his theories. The project became his most famous after he wrote a book about it called Architecture for the Poor, which quickly gained international recognition. The book is largely a story of good intentions and failure. Today, thanks to destructive groundwater and abandonment, little is left of Hasan Fathî’s village save a mosque and parts of the original houses. In the early 1990s, the government decided to give it another shot, and studies and planning began in 1992. Archaeologist Caroline SIMPSON arrived in Egypt in 1994 and has spent most of her time since then living in and documenting al-Qurna. She was there, in fact, when the government last tried to move the Gurnawis in 1997. Then, as before, she says, the promises didn’t live up to the reality either. “A leaflet was part of the consultation exercise for the planned relocation of al-Qurna in the mid-1990s,” she described in a series of lectures given at the American Research Center in 2000. “It shows the new village sensitively planned, with respect for local social structures and needs. This was what many local people agreed to and they keep these leaflets locked safely in their cupboards to prove it. But it never happened. What was built instead was barracks-type accommodation on the one hand, and a toy-town nonsense piece of corruption on the other.” The end result of this failed attempt was four dead Gurnawis and zero Gurnawis moved. (There are competing accounts of how the four died : While some claim they were relocated visitors who died in a flash flood, others say they were killed in demonstrations against the move. Either way, today’s Gurnawis aren’t interested in rehashing the story.) The current relocation project has implications for much more of the population of Luxor than simply the Gurnawis. Indeed, it is the first phase of a plan to turn the city into what Farag calls “a living museum.” The next phases of the project are going to take place inside Luxor city limits. In the heyday of ancient Thebes, a road connected the temples of Luxor and Karnak. The road, lined with an estimated 1,200 sphinxes, was of enormous religious significance to the ancients. Over the millennia, as ancient Thebes transformed itself into modern Luxor, the road was swallowed by new residents for whom it held no significance. Today, numerous roads cross the ancient path and tens of thousands of people live in hundreds of buildings along it. The planned restoration of the three kilometer•long, 80 meter wide “Sphinx Avenue” will demand the expropriation of more than 100,000 square meters of residential land in Downtown Luxor. The residents of this area have been promised the same deal as the Gurnawis. Their new village has been planned by and is being built by the same people. The fate of the Gurnawis will be theirs. When we went back to the original al-Qurna in mid-January, a few of the houses were still standing, but the majority had come down. The freshly painted construction vehicles were gone and men with picks and baskets were chipping away at the remaining buildings. Most of the residents had gone, too. Of those who remained, some had houses left and some didn’t. Mahmûd al•‘Atayât is one of the many residents chasing away the cold morning air with a fire made from scavenged wood from the destroyed houses. “Come look, I will show you,” al•‘Atayât says. He leads me to a small alabaster workshop behind the stores. Inside, five people are sitting on the floor and an old man he tells me is his father is sleeping on the only piece of furniture. “My old home is destroyed,” he begins. “Why haven’t they opened the new one ? They haven’t opened the new homes for us but they tore down my old home,” he complains, becoming more irate with every word. “This is not a home, this is my workshop,” he exclaims. “Now I can’t even work. They have now taken everything.” Outside the workshop sits a family even less fortunate than al-‘Atayât’s. A scattered mess of furniture and boxes is where Abdu Hasan and his family spent last night. The members of the family range in age from a baby only a few months old to the very elderly. “We are all living outside right now,” Hasan says as he stokes his fire. “Five days ago they made me bring my stuff outside. They [tore down] my house before they gave me a new one. How can I live out here ?” he asks, shaking his head. “The new house for us is ready,” he alleges. “But they won’t give me the key. It is very cold here at night.” As if on cue, a bulldozer rolls past as we talk. One of the younger men in the group begins yelling at the man who appears to be the foreman. “My grandmother has slept outside for three days. Please, we want the truth.” “This man is from the government,” he says, back turned toward us. “They always say, ‘Someone will come tonight.’ But no one will come.” Sa‘îd and Shagî are also still in al-Qurna. “Probably 70 percent of the people are in the new village, maybe more,” Shagî says. “Most of the people still here are just waiting, only a few are resisting. The police will force them to move. They [the police] are waiting right now, but soon they will stop waiting.” Their houses are still standing. “We don’t know what will happen. They told us we have two weeks, but we don’t have new houses yet. Many of the new houses are not built yet. The schools they promised are not finished either. I think it will take another two years before they are finished,” Shagî surmises. But over in New al-Qurna, the city has taken on a new appearance since our last visit. It is still unfinished, but most of the houses are full. Children playing in the streets make the uniform houses seem much less sterile. Playgrounds are being set up on the grassy fields fields a truck is busy watering as we pull up. Across the road, just as we had been told, the schools and the community center are still far from complete. It seems that the relationship between the Gurnawis and the government hasn’t improved over the course of the move, as the only finished building on the other side of the street is the new police station. Wandering along the unpaved roads between the houses, we come across a man playing with a child in front of one of the houses. He introduces himself simply as Tayyib, and invites us in to see his house. The plastic•covered couches from the previous visit are gone. In their place are a collection of rugs and furniture that have obviously been collected over time, making it feel much more like a home than the pre-packaged houses that had been on display. “No, no, no,” he answers to the first question. “Living here is much better. We were living with no water and no toilet. This is much nicer. No, there are only five people including me living in this house,” he says when we tell him that many of the people we’d met in December claimed the houses in the new village were overcrowded. “I have heard this happened to some people, but those are the people who have not come yet.” He waves his arm to encompass all of New al-Qurna. “No one here is living like that.” There is an office people can go to, we find out, to resolve complaints and sort out grievances. In subsequent conversations with the residents of New al-Qurna, we’re told that it’s only a small unfortunate minority who are still stuck in al-Qurna, victims of Egypt’s legendary bureaucracy. By this time it’s almost midday. What about all of the children in the street ? When will they finish a school for them, we wonder. “I think this school will be finished next year,” Tayyib says, gesturing at the building across the street. “But all of the children are in school.” Then why aren’t they in school at midday, we ask ? This week is a holiday, he explains. “There is a school very close. The younger children go by collective car. But the older ones, they can walk if they choose. It’s not far at all. And next year,” he shrugs and points back across the street, “they will go to this one.” Hawwâs later tells us he never would have moved the Gurnawis had their interests not been taken into account. “We were always working for these people. Now they can have a hot shower. Many of these people have never even had a shower in their life. It is impossible to say their life is not better.” (Cache SEEL, “It’s Settled, Then”, Egypt Today, février 2007. Voir également Nawal Hassan, “Killing The Goose ?”, Egypt Today, janvier ; « Des dizaines de familles vivent sans abris sur la montagne d’al-Qurna à Louqsor », al-Ahrâr du 22 janvier). [ ] Sous les regards amers des habitants, les bulldozers sont à pied d’œuvre. Les maisons en terre cuite ne tiennent pas face aux coups de l’engin et disparaissent au bout de quelques minutes dans un nuage de poussière. Aussitôt la maison détruite, le propriétaire signe un contrat sous l’œil attentif du fonctionnaire de la municipalité, pour aller loger, clé en main, dans la nouvelle maison qui l’attend à al-Qurna al-Gadîda. Une perspective qui incite paradoxalement les autres habitants à activer la démolition de leur maison. Le nombre limité des maisons pourvues par la municipalité par rapport aux familles déplacées pousse ces dernières, malgré leur peine de voir disparaître leurs maisons ancestrales, à vouloir impatiemment leur démolition. C’est que la démolition de son ancienne maison est une condition sine qua non pour l’obtention d’une nouvelle. Ainsi, les habitants des maisons situées dans des petits sentiers inaccessibles font venir des ouvriers pour détruire leurs maisons à leurs propres frais « Je paye 25 L.E. par personne et par jour. J’ai engagé quatre ouvriers qui travaillent depuis deux jours et il reste encore deux pièces à détruire. Ça m’a coûté très cher, sans compter les camions pour débarrasser les décombres », explique Tâyi‘a Muhammad. On a l’impression que tout va bien et que les citoyens d’al-Qurna participent volontiers à la réalisation du plan touristique de la municipalité. Mais il n’en est rien. « Nous ne sommes pas heureux d’être déracinés de notre village, mais ceux qui tardent risquent de rater l’occasion d’avoir un logement dans le nouveau village et auront à construire eux-mêmes leur nouvelle maison, ce qui leur coûtera très cher », explique Ahmad Hassân, un habitant. Le visage triste, les larmes dans les yeux, Hassân jette un regard nostalgique sur l’endroit où se trouvait, il y a encore quelques minutes, la maison où il vivait depuis une cinquantaine d’années. Il monte ensuite dans le camion qui transporte ses meubles. « Al-Qurna al-Gadîda », demande-t-il au conducteur. Le camion part dans une ambiance morbide, salué par les voisins qui, avec ou contre leur gré, attendent leur tour. [ ] Mais la procédure n’est ni aussi simple ni aussi garantie. Certains habitants se trouvent bel et bien dans la rue après la démolition de leur maison. « C’est le désastre. Il y a deux semaines que je vis dans la rue avec ma fille de dix ans. J’ai tout perdu. Le gouvernement nous a menti. Sauvez-nous ! », crie Nafîsa al-Tayyib, veuve de35 ans. « Après avoir évacué ma maison et payé les ouvriers venus la démolir, les responsables ont refusé de m’accorder un autre logement. Ils disent que nous sommes deux personnes et que les nouvelles maisons ont été conçues pour accueillir de grandes familles », raconte Nafîsa, entourée de ses marmites, de ses vêtements et couvertures qu’elle a étalés sur le trottoir. (Héba Nasreddine, « Un goût d’exil », Al-Ahram Hebdo du 17 janvier. Voir également Usâma al-Hawwârî, « La ville al-Târif : une chimère », al-Ahrâm du 3 mars). Force est de constater que le président du Conseil Suprême de Louqsor, Samîr Farag, est un personnage hautement ambivalent. Il cristallise autant de critiques que de louanges. Chaque lundi, il reçoit les habitants de sa ville dans un lieu ouvert, loin des bureaux climatisés, pour recueillir leurs plaintes et requêtes. Le romancier Gamâl al-Ghîtânî décrit avec admiration « la patience dans l’écoute et la force dans la discussion » dont fait preuve Samîr Farag lors de ses réunions publiques. (« Visages d’al-Qurna », al-Akhbâr du 27 mars). L’Université de ‘Ayn Shams accorde une distinction au Dr Samîr Farag en récompense aux efforts qu’il déploie dans le réaménagement de la ville de Louqsor. Cette annonce prend une autre dimension lorsque l’on sait que la faculté de Polytechnique de ‘Ayn Shams est associée à ces travaux en tant que consultant ! (« L’Université de ‘Ayn Shams honore Dr Samîr Farag », al-Ahrâm du 11 mars). Accompagné de plusieurs ministres de son gouvernement, le président Husnî Mubârak effectue une visite d’inspection à Louqsor, le dimanche 14 janvier 2007 : [ ] After sailing for almost 25 minutes across the Nile, the president reached Luxor’s west bank where he paid a visit to some of the families that were relocated two months ago from the village of Old Qurna, which local residents had constructed on top of the ancient Tombs of the Nobles. They have now been moved to New Qurna at al-Târif, three kilometres away from their former homes. With a budget of LE180 million provided by five ministries and governmental bodies, New Qurna, or al-Târif, has been extended and follows a similar design to the original Qurna, but with improved facilities and services. Six hundred houses are now home to a large number of Old Qurna families, while 150 other houses are waiting for the rest. Pieces of land have been handed to some families who owned houses in Old Qurna but were not living in them. Nabawiyya al-Gîrânî, a widow and single mother, thanked President Mubârak for her “great new house”. She said the 150•square-metre house, with about 80 square metres of room space and the rest an open court, was roomy enough for her and her daughter. New Qurna has better houses, with the basic necessities of living that were missing from the old village. “The government prohibited the installation of modern plumbing and sewage systems in an effort to preserve the ancient tombs underneath, so we had to bring drinking water uphill on donkeys or on our heads,” Gîrânî said. New Qurna has a youth centre, two schools, a hospital, a modern market, a police station and a telephone and post office, a cultural centre with a small cinema, a children’s playground and a football field. The streets are wider than in the old village, and the houses are equipped with running water and are connected to the Luxor sewage system. Dâwî Muhammad Ahmad, who owned a workshop making alabaster vases and statuettes in Old Qurna, said that he did not want to move at first, because this would make him lose his customers. However, when the head of the Luxor Supreme City Council announced that the workshops would have to move but the shops could stay, he was encouraged. (Nevine El-Aref, “Viewing the treasure chest”, Al-Ahram Weekly du 18 janvier). [ ] The evacuation of the village of al-Qurna in Luxor has raised controversy. The village is to be evacuated for the sake of excavating pharaonic tombs. Many experts opposed the decision to demolish the houses, which, they say, are of unique design. Meanwhile, officials say the houses had to go so that excavations could proceed. “For this reason, nearly 3,200 families had to be relocated,” said Egyptology professor Ashraf Fathî. He went on to explain how the houses lacked any architectural or aesthetic interest, so it “would be pointless to preserve them, especially since they are illegal structures.” “The houses were built and rebuilt several times so they have no historical value,” Fathî added. Sabrî ‘Abd al-‘Azîz, the head of the antiquities department at the Supreme Council of Antiquities (SCA) said many houses had already been demolished as they spoil the natural beauty of the area. “The area is riddled with underground water channels that could harm the monuments,” ‘Abd al-‘Azîz added. Ahmad Râshid, head of the architecture department at Mansûra University argues : “On the contrary, the houses are part of a unique heritage that cannot be destroyed.” “The place was superb for studies and a great location for filming,” Râshid said, adding that the inhabitants had affected the area “in many positive ways.” “The families made a living from tourism and they enriched the area and the culture of the villagers,” he said. (“Debate rages over historic Qurna”, The Egyptian Gazette du 11 janvier. Voir également « Le président Mubârak inaugure la nouvelle ville d’al-Qurna », al-Masrî al-Yawm du 16 janvier). Des archéologues ont appelé à l’intervention du Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf, afin d’arrêter le désastre archéologique qui menace les tombes des nobles à al-Qurna sur la rive Ouest de Louqsor. Les archéologues ont dénoncé l’utilisation des bulldozers dans la démolition des maisons en briques crues d’al-Qurna et le passage des engins lourds au-dessus des tombes. (Sahar Mahmûd, « Massacre archéologique à al-Qurna », al-Ahrâr du 3 mars). New 7 Wonders of the World On 7 July this year 7/7/7 the new Seven Wonders of the World will be announced in Lisbon, Portugal, the result of an international poll to compile the latest version of the list. The final seven will be chosen from a shortlist of 21 nominated sites across the planet. Yet, even though the Gîza Pyramids have maintained their place through the ages, the idea of a new list has fallen flat here in Egypt where the Antiquities Authorities are bent on opposing the concept of a popular vote. When the poll was launched in 2001, 77 candidates were nominated, all of them meeting the criteria that they were built before 2000, and were still standing. Telephone and Internet votes have so far whittled this number down to 21. These are, in no particular order, the Taj Mahal ; Stonehenge ; the Athens Acropolis ; the Great Wall of China ; the Gîza Pyramids ; the Statue of Liberty ; the Eiffel Tower ; Peru’s Machu Picchu ; Istanbul’s Haghia Sophia ; the Kremlin and St Basil’s Cathedral in Moscow ; the Colosseum ; Germany’s Neuschwanstein Castle ; Spain’s Alhambra ; Japan’s Kiyomizu Temple ; the Sydney Opera House ; Cambodia’s Angkor ; Timbuktu ; Petra ; Brazil’s Statue of Christ Redeemer ; Easter Island ; and Chichen Itza, Mexico. The poll was the brainchild of Swiss-Canadian aviator, explorer, museum curator and film director Bernard WEBER, whose Seven New Wonders Foundation aims to promote cultural diversity by supporting, preserving and restoring important monuments. Money raised through the public votes will go towards conservation. The foundation receives further revenue from the sale of broadcasting rights. Anyone can cast their votes by logging on to the site. The first seven votes are free, after which subscribers can make subsequent votes by paying a $2 charge of which half goes to the conservation fund. Voters can, if they wish, register as a member of the Society of the Seven New Wonders. [ ] WEBER’s worldwide vote via the Internet will bring this list of the marvels up to date. He says the first profits from the “people’s survey”, operating under the slogan “Our heritage is our future”, will be destined for the restoration of the Buddhas of Bamiyan in Afghanistan destroyed by the Taliban in 2000. According to the society’s website the new wonders will have one great advantage over their predecessors, in other words the existence of UNESCO and Cultural Heritage, which should prevent the loss of monuments considered to be symbols of art or history. Even so, with or without the help of UNESCO events such as the activities of the Taliban, the occupational invasion of Iraq and the bombardment of Lebanon, not to mention the wanton destruction of unsupervised sites by treasure-hunters and unharnessed tourists must be curbed if the world is not to be deprived of its valuable architectural treasures. Other lists have been proposed in the tradition of the Seven Wonders of the Ancient World, including human achievements and natural marvels. There is as yet, however, no general consensus on any count in particular. Late last year WEBER embarked on a tour of the 21 nominated sites so as to arrange the candidates’certification. On his tour of the first 15 sites, WEBER was given a welcoming reception. He told Al-Ahram Weekly that the Jordanians organised a spectacular reception for him attended by Queen Rânyâ, who herself accepted Petra’s certificate of candidature. In Mali, WEBER was given an honorary doctorate from the Old Islamic University, and in China, no less than 1,000 people stood on the Great Wall, creating an unforgettable spectacle. In Greece, it was the president who received the certificate. Then he arrived in Egypt, where he was received less than cordially. “In all the previous countries we were received like royals and honoured because we are trying to do something positive,” WEBER told the Weekly. Here the planned press conference at which he was to hand over the certificate for the Pyramids was cancelled after WEBER failed to gain security clearance from the Defence Ministry and the Tourist Police. The Egyptian Antiquities Authority has made public its opposition to the project. Zâhî Hawwâs, secretary-general of the Supreme Council of Antiquities, told the Weekly that the Gîza Pyramids did not need to be put to the vote as they were the only one surviving of the seven ancient wonders. He suggested that WEBER’s organisation had no right to run such a project, being a private organisation without affiliation to any international scientific society or archaeological institute. Hawwâs claimed that it was not approved either by UNESCO or the Word Heritage Organisation. “How can ordinary people who do not have the experience or the knowledge about history vote on sites to be the new seven wonders of the world ?” Hawwâs asked. Rebutting the notion of a “people’s list”, he said such a move could only be carried out by international archaeologists, historians and scientists under the umbrella of UNESCO. Culture Minister Fârûq Husnî echoed Hawwâs’s complaint, describing the project as “absurd” and its creator, WEBER, as a man “concerned primarily with self-promotion”. “The Gîza Pyramids are a great monument which cannot be subjected to auction or comparison,” Husnî insisted. Several Egyptologists have also expressed opposition to the scheme. ‘Alî Radwân, head of the Arab Union of Archaeologists, said he rejected the project, while German Egyptologist Rainer STADELMANN also said he was opposed to an organisation which was attempting to forge history. However Egyptologist Christian LEBLANC, head of the French mission at the Serapeum at Saqqâra chose to take a more pragmatic approach. He told the Weekly that the ancient wonders were a great selection related to the era and the person who constructed it, and that it was not fair to eliminate them or compare them to those built in modern times in a world that had witnessed great technological advances. “If such an organisation wants to compile a new list of seven wonders he can do whatever it likes, but still keeping the ancient list as it is,” he said. WEBER is offended by his reception in Egypt. Not finding anyone who would accept the Pyramids’official candidature certificate, he took himself off to the Gîza Plateau, where he buried it. Yet whatever Egyptologists think, and whatever the other six successful candidates will be, it looks likely that the Gîza Pyramids will stay on the list. But only time will tell. To view the list go to www.new7wonders.com. (Nevine El-Aref, “One out of seven ain’t bad”, Al-Ahram Weekly du 22 mars 2007. Voir également « Protestation égyptienne contre le vote sur les 7 nouvelles merveilles du monde », al-Ahrâr du 8 janvier ; Inas Ammar, « Les pyramides de Gîza ne seront jamais à la merci d’un vote mystérieux », Le Progrès Égyptien du 15 janvier ; Ahmed Loutfi, « Le Mondial des Merveilles », Al-Ahram Hebdo du 24 janvier ; “Top archaeologist slams Wonders vote”, The Egyptian Gazette du 27 avril). Fraîchement accueilli en Égypte et boycotté par tous les représentants, Bernard WEBER tente d’expliquer son point de vue sur cette initiative : « Le projet est un défi de jumeler un concept de l’Antiquité, les Sept Merveilles du monde, déclarées en Grèce il y a 2 200 ans par une seule personne, avec la technologie de communication, Internet et téléphone, pour créer le premier vote global sur les Sept nouvelles Merveilles du monde. Le but est de créer une mémoire de sept symboles qui respecte la diversité et la culture. J’ai découvert que « sept » n’est pas seulement un chiffre magique mais aussi pratique. Tout le monde se souvient des sept anciens symboles qui célèbrent la diversité de la culture. Je pense que c’est un message positif surtout dans une région comme le Moyen-Orient, où il y a destructions et guerres, c’est important de mentionner aux gens, surtout aux enfants, qu’il y a eu dans les siècles passés des gens qui ont fait des choses extraordinaires positives et constructives. C’est pour ça que je trouve que c’est dommage que le gouvernement et les représentants égyptiens n’ont pas profité de cet événement pour avoir de nouvelles merveilles à travers le monde. « Jusqu’à l’an 2000, on était en phase de nomination. Les gens à travers la planète de plus de 200 pays ont participé. Lors de la première étape, 77 sites ont été choisis. Ensuite, un comité indépendant composé de 6 architectes réputés à travers le monde, dont une Iraqienne Sahar Hadîd qui travaille à Londres, a réduit cette liste à 21 sites dont les pyramides de Gîza. Et c’est parmi ces 21 finalistes qu’il s’agira maintenant de choisir par vote les 7 candidats qui seront proclamés le 7 juillet 2007 à Lisbonne, comme les Sept nouvelles Merveilles du monde. Le plus important des critères est que le choix soit global et qu’aucun continent ne soit oublié comme l’Afrique qui est très souvent oubliée dans ce genre de projets. Il faut aussi que ça soit construit avant l’an 2 000 et que le bâtiment soit en bon état. Il doit de même représenter la culture locale du pays. Il ne pourrait pas par exemple s’agir du shopping center du coin Autre critère aussi important : qu’il y ait seulement un candidat par pays. En Égypte, il y avait plusieurs sites, outre les pyramides, il y avait des monuments à Louqsor Quant à la Bibliotheca Alexandrina, elle a été construite après l’an 2 000 et c’est pour cela qu’elle a été éliminée des tops 77. En Chine, il y en avait cinq et en Inde six. « Ma conférence de presse a été annulée parce qu’il fallait avoir des autorisations de la police du tourisme et du ministère de la Défense. Et donc la permission ne nous a pas été accordée et on n’a pas pu louer une salle pour une conférence de presse. Chaque jour ils nous disent quelque chose de différent : au début c’était le ministère du Tourisme qui a refusé de donner la permission, après c’était le ministère de l’Information, et aujourd’hui ils disent que c’est le ministère de la Défense qui nous a défendu d’organiser une conférence de presse. On a alors envoyé des invitations aux journalistes, mais on n’a pas eu la permission de faire une conférence de presse. En plus, il me semble que Zâhî Hawwâs, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), qui est une autorité dans l’égyptologie, a peur que les pyramides ne soient pas retenues parmi les Sept nouvelles Merveilles du monde. « Je suis personnellement de son avis, je ne voulais pas que les pyramides aient été en élection parce qu’elles sont déjà une merveille et il faut donner la place à de nouveaux monuments. Mais ce sont les gens qui ont mis les pyramides sur la liste de vote. Il est à noter que depuis près de cinq ans, on avait offert à l’Égypte de terminer notre tour du globe au pied des pyramides, mais on nous a demandé une somme de 5 millions de dollars On avait l’idée de déclarer les Sept nouvelles Merveilles du monde où se trouve la seule ancienne merveille. La liste qui se trouve sur le site web des 21 finalistes est classée par ordre alphabétique pour ne pas influencer le vote. Après chaque tour, on publie les sept premiers, les sept suivants et les sept derniers. En réalité, le projet est plus grand et plus important que moi-même Bernard WEBER, ou Zâhî Hawwâs, parce que ce sont les gens à travers le monde qui décident. On a eu des centaines de milliers de propositions pour les pyramides. Je trouve dommage de ne pas avoir la chance de rencontrer Hawwâs parce que j’aurais bien aimé discuter sur ce sujet. Il faut dire que les pyramides resteront toujours la seule merveille du monde antique. J’ai du mal vraiment à comprendre ce qui s’est passé et je regrette que notre passage en Égypte ne soit pas utilisé pour envoyer un message positif à travers le monde. Puisqu’il n’y avait pas de représentants de l’Égypte pour accepter le certificat de candidature, je vais l’enterrer au pied des pyramides, dans le sable. « On nous a fait des réceptions extraordinaires [à travers le monde]. Depuis une dizaine de jours, toute l’équipe était en Jordanie où le certificat de la candidature a été reçu par la reine Rânyâ. Les Jordaniens ont fait un immense spectacle sur le site de Petra qui a été utilisé pour mettre en évidence la beauté du monument. Avant on était à Tombouctou au Mali qui était une expérience extraordinaire, où j’ai eu l’honneur d’être décoré en doctorat honoris par la plus vieille université islamique de Coran, nommée Sankoré. En Chine, il y avait près de mille personnes sur la grande muraille avec un grand spectacle. En Grèce, c’est le président du pays qui avait reçu le certificat. Enfin, partout on a été royalement reçu et honoré parce qu’on essaye de faire quelque chose de positif. Jusqu’à maintenant, on a près de 25 millions de votes mélangés entre Internet et téléphone. Mais il faut dire pour l’instant, que le téléphone, c’est une grande surprise pour moi, représente peut-être 3 % des votes. (Amira SAMIR, « Un message positif à travers le monde », Al-Ahram Hebdo du 31 janvier. Voir également Amr Emam, “New wonders promoter cold shouldered”, The Egyptian Gazette du 26 janvier ; Dâliyâ al-Shaykh, « Fârûq Husnî qualifie le projet de propagande personnelle », al-Masrî al-Yawm du 27 janvier). Mais on ne badine pas avec les pyramides : telle est la réaction des responsables égyptiens à Bernard WEBER : L’Égypte, du moins le Conseil Suprême des Antiquités (CSA), a été intraitable avec le Suisse-québécois Bernard WEBER qui anime une campagne pour désigner les Sept nouvelles Merveilles du monde. Venu dans le pays des pharaons, qui possède l’unique ancienne Merveille du monde, la pyramide de Chéops, il s’est vu boycotté et même pris à partie. Une attitude assez étrange si l’on y songe. Mais pour les responsables, le fait qu’un concours, qui vise à choisir, par mail ou texto, les « nouvelles Sept Merveilles du monde », ose mettre au vote les pyramides de Gîza, près du Caire, est choquant en soi. « C’est la seule encore existante des sept grandes merveilles de l’Antiquité, et elles n’ont pas besoin de cela, c’est grotesque ! », avait déclaré Zâhî Hawwâs, le secrétaire général du CSA. Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, quant à lui, aurait fait écho à Hawwâs, jugeant ce projet « insensé » et accusant son promoteur, l’aventurier suisse-québécois Bernard WEBER, « d’orchestrer son autopromotion ». Le quotidien al-Akhbâr a considéré le projet comme un complot ourdi contre l’Égypte et sa civilisation. Toutes les portes officielles lui ont été sèchement fermées cette semaine en Égypte, où il s’est même vu retirer l’octroi d’une salle pour une conférence de presse dans un hôtel près des pyramides. « J’avoue n’avoir jamais vu cela nulle part dans le monde », a confié à l’AFP WEBER, éberlué. Il y a plus de 2000 ans, en 200 avant J.-C., PHILON avait désigné les Sept Merveilles du monde, dont la beauté, la technique de construction et l’aura les faisaient rayonner dans le monde entier, le monde antique. Il s’agit du Temple d’Artémis à Ephèse, des Pyramides d’Égypte, des Jardins suspendus de Babylone, du Mausolée d’Halicamesse, du Phare d’Alexandrie, du Colosse de Rhodes et de la Statue de Zeus à Olympie. Cette liste a traversé les siècles, restant inchangée pendant 2 millénaires. Bref, de fabuleux ouvrages que personne aujourd’hui ne peut apprécier, en dehors de la Pyramide, et qui ne correspondent qu’à une petite partie de l’histoire de l’humanité. Depuis l’an 2 000, les internautes sont invités à élire les Sept Merveilles du monde moderne via le site www.n7w.com. Il faut payer 2 dollars par certificat de vote sur Internet. Envoyer un texto coûte la même somme. Des produits dérivés, comme des T-shirts, sont aussi proposés à la vente. Certes, un magistral coup marketing, mais aussi la possibilité de connaître les goûts de tous, malgré un engouement patriotique pour nombre de votants. Difficile de comprendre la réaction des responsables. Même si on peut s’offusquer d’un concours de ce genre et juger que la pyramide de Chéops est au-dessus de toute comparaison, il aurait fallu mieux gérer cette affaire. Tout compte fait, le CSA et des institutions du ministère du Tourisme et autres se livrent eux aussi au show-biz en se servant des antiquités égyptiennes. Le projet lui-même aurait pu servir à la promotion touristique. L’archéologue ‘Abd al-Halîm Nûr al-Dîn, ancien secrétaire général du CSA, a jugé exagérée cette attitude scandaleuse. Bernard WEBER a d’autres projets pour l’avenir. Pour 2010 et 2013, il prévoit par exemple d’organiser les concours des Sept Merveilles naturelles, puis technologiques. Le certificat de candidature de la pyramide, que les responsables ont refusé de recevoir, sera enterré dans le sable sur le site des pyramides. (Amira SAMIR, « Pharaon fâché », Al-Ahram Hebdo du 31 janvier. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Hawwâs en appelle à l’intervention de l’Unesco pour annuler le référendum sur les 7 nouvelles merveilles du monde », al-Ahrâr du 20 avril ; “Egypt slams 7 Wonders contest”, The Egyptian Gazette du 21 avril). Après cette douche froide, Bernard WEBER fait machine arrière et accepte un compromis, sans toutefois apaiser la colère du secrétaire général du CSA : The pyramids of Gîza have been removed from an Internet competition to name the new seven wonders of the world, but the anger of Egypt’s antiquities chief remained unmollified Thursday. Swiss-Canadian filmmaker Bernard WEBER’s contest to choose the seven new wonders of the world through global voting enraged Egyptian officials when the pyramids the one of the original wonder still standing were included in the competition. “After careful consideration, the New 7 Wonders Foundation designates the Pyramids of Gîza the only remaining of the 7 Ancient Wonders of the World as an Honorary New7Wonders Candidate,” said a statement on the Web site that added that votes could no longer be cast for the pyramids. “This decision has also taken into account the views of the Supreme Council of Antiquities of Egypt and the Egyptian ministry of Culture,” added the site, recognizing the expressions of outrage that greeted WEBER’s January visit to Egypt and his announcement that the pyramids were among the 21 finalists. After the competition was announced, Egyptian antiquities supremo Zâhî Hawwâs told local newspapers that the pyramids “are the only one of the seven wonders of the ancient world that still exists it’s ridiculous, they don’t need to be put to a vote.” Thursday’s move has done little to dim his anger over what he calls a crass “publicity stunt.” “We didn’t ask anything from these people and we reject the tourist company that is trying to choose the seven wonders they are cheating the Egyptians,” Hawwâs said, referring to WEBER’s organization. “I am against this subject totally. I cannot accept a Greek historian choosing the seven wonders of antiquity and have a tourist company choosing the new ones,” he added. (“Egypt’s pyramids out of seven wonders contest”, Middle East Times du 20 avril. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Les pyramides hors compétition ! », al-Ahrâr du 4 mai ; Hassan Saadallah, « Les pyramides de Gîza hors-concours des nouvelles sept merveilles du monde », Progrès Dimanche du 15 mai). [ ] Such was the extent of Husnî’s and Hawwâs’s ire that letters were fired off to UNESCO, the World Heritage Organisation, the World Heritage Centre (WHC), the Swiss ambassador to Egypt and local and international newspapers, denouncing the organisers of the poll as “a for-profit entity seeking to make money from launching a campaign in which a random sample of the general public is asked to vote for monuments that they consider the seven wonders of the world.” Hawwâs wrote to UNESCO Director Koichiro MATSUURA suggesting that, as the global institution charged with the protection of the world’s cultural heritage, both ancient and modern, UNESCO step forward to offer an alternative poll. “We are still in the early years of the new millennium, and this would be an excellent time to convene a committee of 300 of the world’s greatest scientists, thinkers, writers and philosophers to produce a list of the seven current wonders [ancient or modern] of the world,” waxed Hawwâs. UNESCO has yet to respond. (Nevine El-Aref, “Wonders never cease”, Al-Ahram Weekly du 3 mai. Voir également ‘Isâm ‘Atiyya, « Les pyramides sortent de la liste des merveilles du monde ! », al-Musawwar du 25 avril). Les médias égyptiens décryptent ce concours controversé sous le prisme du complot : Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Akhbâr al-Adab, Gamâl al-Ghîtânî, estime que « cette campagne injustifiée cache des agissements sionistes qui tentent de se venger de l’Égypte ». (Gihân Mawhûb, « Les dessous de la conspiration contre les pyramides », al-Wafd du 13 mai. [ ] “This is probably a conspiracy against Egypt, its civilization, and monuments,” wrote editorialist al-Sayyid al-Naggâr in a leading state-owned daily. (Alain NAVARRO, “Egypt fumes over fresh seven wonders competition”, Middle East Times du 25 janvier. Voir également Riyâd Tawfîq, « Complot contre le patrimoine de l’Égypte ! », al-Ahrâm du 4 janvier). The Supreme Council for Antiquities (SCA) has turned down an offer by the Portuguese Postal Authority to use the Pyramids on one of a series of postage stamps depicting the seven wonders of the modern world, which will be announced in Lisbon on July 7. SCA Secretary-General Zâhî Hawwâs said Egypt rejects the idea of the Pyramids on a postage stamp, adding that the Council had sent a written letter to the Ministry of Foreign Affairs to this effect. (“No to Pyramid stamp”, The Egyptian Gazette du 4 juin. Voir également Mushîra Mûsa, « L’Égypte interdit au Portugal de mettre la photo des pyramides sur un timbre-poste », al-Ahrâm du 1er juin ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « L’Égypte refuse l’utilisation des pyramides sur un timbre-poste au Portugal », al-Ahrâr du 4 juin ; « Hawwâs rejette une demande du Portugal pour émettre un timbre-poste à l’effigie des pyramides », al-Masrî al-Yawm du 4 juin ; « Le CSA refuse l’utilisation des pyramides sur un timbre-poste au Portugal », al-Wafd du 4 juin). Réaménagement de la ville de Lo uqsor Les travaux gigantesques de réaménagement structurel de la ville de Louqsor, menés à une cadence infernale, continuent à faire couler beaucoup d’encre. Voici le texte du rapport intitulé “Ongoing Development of the City of Luxor, Egypt” dans lequel la Société des architectes égyptiens exprime de graves préoccupations sur l’impact archéologique, urbanistique et humain de ce projet. Ce rapport a été adressé au Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, ainsi qu’à l’Union Internationale des Architectes (UIA) : The City of Luxor is now undergoing a wide-ranging programme of urban development. The city’s local authority is simultaneously undertaking several projects in the historic areas of the Karnak Temple, the Luxor Temple, the Avenue of the Sphinxes, the Nobles’Tombs of the New Kingdom, and the new and old villages of al-Qurna on the West Bank. New streets have also opened, and public squares and market places are under renovation. A project for a large marina to house 200 cruise boat hotels and other tourist facilities in an area of about 500 acres, also on the West Bank, is now in the planning stage. Luxor’s city mayor and his assistants presented details of these projects to us during a joint meeting 18 April 2007. Also, a special committee visited various work sites on 2-4 May 2007 and their findings were reported to our Society and to other architectural organisations. It is our feeling that development of Luxor should be carried out according to a well thought out, comprehensive and long-range plan. It should be studied in depth, taking into full consideration the historic status of the city and its distinguished place in the development of human civilisation. Also, Luxor’s special natural and urban setting must be carefully considered. The present programme does not contain the requisite outstanding vision or creative conceptual ideas to match the historic uniqueness of Luxor. Work is being carried out in a hasty fashion and will certainly have a negative effect on Luxor’s monuments and their surroundings. It will probably also bring fundamental changes to the urban structure of the city at odds with the art and science of the proper preservation of historical cities. We expressed our deep concerns to the concerned authorities in our government and submitted a well-defined proposal to direct current redevelopment in the right direction. We are aware that any project of such magnitude ought to be presented in advance to UNESCO’s International Heritage Committee for approval, and its implementation should be carried out in full cooperation with this committee and other international agencies. This procedure was not followed to our regret in the case of Luxor. Because of the gravity of the situation, we ask for your support in our present campaign, the object of which is in brief : that the renovation of Luxor must be carried out through the proper channels and in the way stated clearly in international documents concerning the preservation of sites of world heritage. Your contact with our government will be most appreciated by the architectural community of Egypt and the Society of Egyptian Architects. (“A call to save Luxor”, Al-Ahram Weekly du 28 juin 2007). Entre le 20 mars et le 24 avril 2007, le président du National Organisation for Urban Harmony (NOUH), Samîr Gharîb, publie dans al-Akhbâr une série de cinq articles intitulés « Que se passe-t-il dans la ville de Louqsor ? ». Il exprime son point de vue sur les travaux qui y sont menés et interpelle tous les acteurs et les décideurs. De son côté, le secrétaire général du CSA récuse les critiques, affirme son soutien au Dr Samîr Farag et défend le bien-fondé d’un projet qui, selon lui, est cohérent et mûrement réfléchi : [ ] À ce propos, je souhaite préciser que les travaux de développement entrepris par le Dr Samîr Farag se déroulent avec la coordination totale du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Toute intervention dans ces zones archéologiques est précédée par une étude minutieuse et une coordination avec les différentes autorités, au premier chef le CSA. La sauvegarde des Antiquités s’inscrit en premier lieu en tant que but principal pour tout projet réalisé à Louqsor. Sont également pris en compte l’intérêt des citoyens et la sauvegarde des lieux historiques dans lesquels ils vivent. [ ] Il n’existe aucun projet qui puisse recueillir l’assentiment et l’adhésion unanimes de tous les habitants de n’importe quelle ville. En vérité, ce projet représente un rêve pour les archéologues du monde entier. Car le dromos qui relie Karnak à Louqsor sur une distance de deux mille mètres constitue une grande importance historique pour ces deux temples. Au fil des années, les habitations et les boutiques ont fort malheureusement envahi cette artère d’une façon illicite et en faisant fi de toutes les lois. À présent, nous sommes tous responsables de ressusciter cette allée à son état d’origine, afin de ressusciter un pan important de notre patrimoine et mettre fin aux dégradations perpétrées contre les temples de Louqsor et de Karnak. Les fouilles du dromos et le rétablissement de la jonction antique des temples de Louqsor et de Karnak sont le fruit d’une coopération et d’une association formidable entre le CSA, représenté par une équipe d’archéologues égyptiens, et le Conseil Suprême de la ville de Louqsor. Celui-ci indemnise les expropriations des habitations construites sur le dromos, soit en relogeant leurs occupants, soit en leur octroyant des indemnisations financières suffisantes. Les archéologues prennent ensuite la relève pour y fouiller et exhumer le tracé du dromos. Est-ce qu’il s’agit là de maltraitance infligée aux habitants implantés sur le dromos ? Signalons également qu’aucune maison n’a été démolie sous la contrainte, mais plutôt par négociation et grande diplomatie déployée par le Dr Samîr Farag, en collaboration avec les chefs locaux. Ce travail remarquable réalisé à Louqsor a permis d’exhumer plus de la moitié du dromos dans l’espace situé entre l’entrée Sud du temple de Karnak et la rue al-Mathan. De nombreuses statues de sphinx érigées de part et d’autre de cet axe ont été mises au jour. Certaines statues sont complètes, d’autres ont perdu leur base et sont en cours de restauration. Parmi les découvertes archéologiques les plus importantes figure une stèle de Bak En Khonso, grand prêtre sous le règne de Sethnakht (XXe dynastie). Le plus louable dans les travaux de développement et de sauvetage des temples de Louqsor est qu’ils sont l’œuvre d’une équipe de jeunes archéologues égyptiens qui méritent tout notre soutien et nos encouragements dus à leur professionnalisme et leur extrême compétence. Il s’agit d’une réalisation purement égyptienne dont nous devons tous être fiers. Le rêve de ressusciter le dromos est maintenant à deux doigts de se réaliser. Pour les savants et les touristes, c’est devenu d’ailleurs une destination de visite qui retrace un chapitre glorieux et essentiel de l’histoire de l’Égypte ancienne. [ ] Il convient de signaler que depuis cinq ans, le CSA a mené une étude sur les occupations anarchiques situées dans le voisinage de Louqsor et en face du temple de Karnak. Nous avons lancé des travaux de réaménagement du temple de Louqsor et des fouilles dans son secteur Est, en prévision de l’élargissement de son enceinte. Nous espérions remettre en service l’entrée principale de ce temple, à l’instar des travaux que nous venons de réaliser dans ceux d’Idfû, de Kom Umbû et de Dandara et qui ont été salués par tout le monde. [ ] Quant à la situation anarchique qui prévalait en face du temple de Karnak, elle est incroyable. Sur le côté Nord s’étendaient des bazars anarchiques qui défiguraient le temple. Devant le temple se dressaient des abris primitifs marquant l’entrée des visiteurs. En plus d’une aire de stationnement hideuse pour tous les types de véhicules qui portent atteinte à la sacralité des lieux. Derrière le temple, s’étendaient d’autres occupations anarchiques indescriptibles. Aucun être sensé ne peut imaginer le traitement indigne infligé par les riverains au temple de Karnak, l’un des plus importants du pays d’un point de vue architectural et artistique. Cela fait cinq ans que les occupations anarchiques et les conditions environnementales défavorables pour les Antiquités de Louqsor constituent une réelle préoccupation pour nous, les archéologues. Nous en discutions avec l’artiste Fârûq Husnî qui, dès le premier jour de ma nomination à la tête du CSA, m’avait dit : « Les eaux souterraines finiront par détruire les temples de Louqsor et de Karnak. Il faut absolument y entreprendre un projet de sauvetage ». En effet, nous avons entamé des études en coopération avec une firme suédoise qui, durant deux ans, a élaboré un projet global dont le coût s’élève à près de 50 millions de livres égyptiennes. Cette somme a été réunie grâce à un accord conclu entre le ministère de l’Habitat et l’United States Agency for International Development (USAID). Lors d’une cérémonie célébrée à Louqsor à cet effet, le CSA et le Conseil Suprême de la ville de Louqsor, fraîchement présidé par le Dr Samîr Farag, ont mis au point les grandes lignes de cette coopération. Je suis toujours satisfait des liens d’entente et de collaboration qui nous unissent à ce haut responsable de Louqsor, au service de l’intérêt public. Quant au réaménagement du temple de Karnak, il a débuté il y a cinq ans avec la constitution d’une commission scientifique interdisciplinaire de haut niveau. Parmi les experts appartenant à différentes institutions qui y participent figurent le directeur du Chicago House, celui du CFEETK, Dr Mustafa al-Ghamrâwî, Dr Târiq Wâlî et Dr Murâd ‘Abd al-Qâdir. Après plusieurs réunions et délibérations en vue d’élaborer un projet global de sauvegarde des temples de Louqsor et de Karnak, cette commission a émis de nombreuses recommandations, en prévision du lancement d’un concours international pour la protection de Karnak. Poussé par son tempérament énergique et son habituelle célérité, le Dr Samîr Farag a voulu commencer par Karnak, en y appliquant le projet du Dr Ayman ‘Âshûr, l’un des membres de notre commission. Nous nous sommes donc penchés sur ce nouveau projet qui réunit tous les critères archéologiques nécessaires. De son côté, le Dr Samîr Farag a effectivement commencé à supprimer les occupations anarchiques sur l’esplanade de Karnak. Toutefois, aucun arbre n’a été arraché. Les autres bâtiments constitués d’un centre de visiteurs abritant une maquette de Karnak, d’une cafétéria et d’une billetterie ont tous été regroupés en un point éloigné du temple de Karnak. (Zâhî Hawwâs, « La vérité sur ce qui se passe à Louqsor », al-Ahrâm du 14 avril. Voir également Ahmad al-Sarsâwî, « La modernisation de Louqsor soulève une guerre ! », Akhbâr al-Yawm du 19 mai). Les autorités de la ville de Louqsor ont décidé de commencer la semaine prochaine la démolition de la maison de l’archéologue français Georges LEGRAIN, située en face du temple de Karnak. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un projet de soixante-dix millions de livres égyptiennes, visant à ressusciter le parvis de ce temple dans l’état où il se trouvait, il y a trois mille ans. Rappelons que cette décision de démolition avait déjà suscité une crise entre l’Égypte et la France en juillet 2006. En effet, les Français qui s’opposent à cette démolition considèrent cette maison comme un important témoignage archéologique. Quant au Conseil Suprême des Antiquités qui s’obstine à vouloir la raser, il y voit une défiguration de la façade des temples et une entrave inadmissible au projet de réaménagement de la zone, ainsi qu’une atteinte à la souveraineté nationale. Les Français ont appelé l’Unesco à la rescousse. Mais celui-ci a jugé qu’il s’agit d’une maison de peu d’importance, dénuée de valeur archéologique. Alors que le projet de réaménagement du parvis du temple de Karnak constitue, lui, une renaissance et un développement dans le cadre de la protection des zones archéologiques, de la sauvegarde patrimoniale et du développement des populations qui y vivent. (Nîvîn Salâma, « La semaine prochaine lancement de la démolition de la maison de LEGRAIN à Karnak », al-Masrî al-Yawm du 9 avril. Voir également Usâma al-Hawwârî, « La maison de LEGRAIN disparaît de l’esplanade du temple de Karnak la semaine prochaine », al-Ahrâm du 19 avril ; Muhsin Gûd, « Démolition de la maison de LEGRAIN afin de compléter le développement de la zone des temples de Karnak », al-Akhbâr du 26 avril). Le Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf, a décidé la limitation de toute nouvelle construction dans la région de Karnak à deux étages seulement, soit huit mètres au-dessus du niveau du sol. Le président du Conseil Suprême de Louqsor, Dr Samîr Farag, a déclaré que cette décision ministérielle vise à protéger la zone archéologique de Karnak, considérée comme une réserve archéologique. (Haggâg Salâma, « Une décision pour protéger la région de Karnak », al-Wafd du 11 mai. Voir également « Prêtes-moi ton oreille », Sawt al-Umma du 21 mai). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a décidé de consacrer 9 millions de livres égyptiennes à l’évacuation des 128 familles résidant à Qurnat Mar‘î, situé sur la rive Ouest de Louqsor, au-dessus de tombes datant du Nouvel Empire. Le ministre a également débloqué la somme de 5 millions de L.E. destinée à la construction de nouveaux logements à al-Târif destinés à héberger les occupants des 27 maisons qui encerclent le Ramesseum des côtés Est et Sud. (Islâm ‘Afîfî, « 9 millions de L.E. pour transférer les habitants de la rive Ouest à Louqsor », Akhbâr al-Yawm du 27 janvier). Alors que la presse indépendante et d’opposition crie au scandale, la presse gouvernementale, elle, ne tarit pas d’éloges sur la métamorphose de Louqsor « un titanesque bond en avant, bien calculé » et les grandes réalisations du Dr Samîr Farag « considérées à tous points de vue comme un miracle dont parle le monde entier ». (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Nouveau visage de la ville de Louqsor : achèvement de 42 projets dont le coût s’élève à 900 millions de L.E. », al-Akhbâr du 14 janvier ; Gamâl al-Ghîtânî, « Le bond en avant de Louqsor », al-Akhbâr du 27 février ; Nagwa al-‘Ashrî, « Dr Samîr Farag : plan global pour développer et transformer Louqsor en un musée ouvert international », al-Ahrâm du 18 mars ; Galâl Duwaydâr, « Louqsor à nouveau sous les projecteurs après un grand oubli », al-Akhbâr du 5 avril ; ‘Alî al-Sammân, « La ville de Louqsor et les sources de l’espoir », al-Ahrâm du 14 mai). Pour le magazine Sabâh al-Khayr, Samîr Farag est le « plasticien qui a réalisé la plus belle chirurgie esthétique pour Louqsor ». (‘Abd al-Gawwâd Abûkab, « Dr Samîr Farag : j’adore le succès ! », Sabâh al-Khayr du 23 janvier. Voir également Târiq al-Tâhir, « Dr Samîr Farag : je tente de transformer Louqsor en un musée à ciel ouvert », Akhbâr al-Adab du 20 mai). Les sommes colossales investies (dilapidées selon certains) ont-elles un impact réel sur l’amélioration de la qualité de vie à Louqsor ? Il n’est pas interdit d’en douter : L’anarchie et la confusion règnent dans la gare ferroviaire de Louqsor, suite à une panne du système informatique de réservation de billets et d’affichage des mouvements de trains, à peine deux mois après leur inauguration par le Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf. Le président de la Chambre du Tourisme, Tharwat ‘Agamî, a révélé que, malgré les 18 millions de livres égyptiennes dépensées, les vendeurs de thé et de journaux ont abandonné les kiosques qui lui sont réservés pour envahir les quais et la salle principale. Il a critiqué la négligence des responsables des Chemins de fer et du ministère du Transport qui menace de ternir la réputation de l’Égypte, vu l’affluence des voyageurs étrangers dans cette gare. (Nivîn Salâma, « Les ordinateurs et les écrans d’affichage de la gare de Louqsor sont hors service après deux mois seulement et 18 millions de L.E. seulement ! », al-Masrî al-Yawm du 13 mars). Même l’officiel al-Akhbâr dénonce le gaspillage de 28 millions de L.E. sur la modernisation d’une gare où « acheter un billet de train devient impossible depuis 22 jours. Les usagers sont obligés d’aller à Qinâ pour réserver une place de train ». Le quotidien dresse une longue liste de problèmes : panne des panneaux d’affichage, bureau d’information et cafétéria hors service, personnel sans uniforme, guichetiers ne parlant aucune langue étrangère, etc. (Muhsin Gûd, « La gare de Louqsor souffre de carences », al-Akhbâr du 1er mars). Marina sur la rive Ouest Les responsables de Louqsor ont reçu une offre américaine pour la création au Sud de la ville de la plus grande marina touristique au monde. La valeur de l’offre américaine s’élève à 1,8 milliard de dollars [sic]. L’expert touristique Kamâl Kurdî a annoncé que l’Association des investisseurs de la ville qui sera associée à ce projet qui pourrait démarrer tout de suite est en train d’examiner cette offre, avant de la transmettre au gouvernement. D’une superficie de 500 feddan-s, cette marina d’une capacité de 180 hôtels flottants constituera un pôle d’attraction touristique et de divertissement. Les hôtels, les salles de cinéma et les musées qui y seront construits contribueront à créer des emplois et à servir près de 280 bateaux de croisières qui relient Louqsor et Aswân. En outre, ce projet mettra un terme à la pollution actuelle des eaux du fleuve due aux rejets non-traités des bateaux touristiques. Le président du Conseil Suprême de Louqsor, Dr Samîr Farga, a affirmé que ce projet de marina est le plus grand projet jamais réalisé en Haute-Égypte, après celui de Tushka. (Haggâg Salâma, « Offre américaine de 1,8 milliard de dollars pour la création d’une marina à Louqsor », al-Wafd du 17 avril 2007. Voir également Muhsin Gûd, « Offre américaine pour créer une marina touristique d’une valeur de 1,8 milliard de dollars », al-Akhbâr du 17 avril ; « Offre américaine pour la création de la marina touristique à Louqsor », al-Naba’al-Watanî du 29 avril ; « Une entreprise américaine propose la création d’un complexe touristique, culturel et de divertissement à Louqsor », al-Akhbâr du 20 juin). Une interpellation urgente au Parlement a mis en garde contre la ferme intention du gouvernement à détruire 500 feddan-s agricoles parmi les plus fertiles pour la création d’un projet touristique sur la rive Ouest de Louqsor, à seulement 9 Km des monuments et des trésors de la rive Ouest. Le député Ahmad Ibrâhîm al-Bannâ a adressé plusieurs questions au Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf : Comment peut-on construire près de 12 hôtels, des bazars, des restaurants, environ 180 hôtels flottants et employer près de 10 000 personnes dans un tel projet situé à l’intérieur de la zone archéologique importante ? Où vont résider tous les employés de ces hôtels avec leurs familles ? La destruction va-t-on se limiter aux 500 feddan-s de terre agricole ? Ce projet ne va-t-il pas dévorer davantage de terrains fertiles ? Où seront évacués les déchets et les eaux usées de ces hôtels flottants ? Quelles seront les conséquences sur les vallées des Rois et des Reines ? Quel sort sera réservé aux habitants de Louqsor qui seront expropriés ? Où vont-ils devoir aller ? (Sâlih Shalabî, « Une interpellation urgente met en garde contre la destruction de 500 feddan-s au profit d’investisseurs américains », al-Ahrâr du 16 juin 2007). La consternation s’est amplifiée parmi les habitants du village al-Marîs, dépendant de la ville de Louqsor, à cause de la détermination du président du Conseil Suprême de cette ville, Dr Samîr Farag, à poursuivre le projet de création d’un port touristique et l’expropriation de 540 feddan-s [1 feddan = 4 200 m2] de terrains agricoles considérés parmi les plus fertiles du pays. La colère des habitants s’est amplifiée suite aux rumeurs précisant que le Président de la ville avait estimé entre 3 à 5 mille livres égyptiennes le montant d’indemnisation par qîrât [1 qîrât = 175 m2], alors que sur la rive opposée du Nil le prix réel s’élève à 70 mille livres égyptiennes. Le Dr Samîr Farag a demandé au ministre de l’Agriculture l’autorisation de retirer cette superficie de 540 feddan-s du village. Ce dernier y a consenti à condition de dégager toute responsabilité juridique du ministère de l’Agriculture dans cette affaire fortement contestée par les habitants. En novembre dernier, le Conseil des ministres s’était déjà penché sur ce projet et avait alors chargé chacun des ministères concernés de l’étudier et d’en présenter un rapport détaillé. Il s’agit des ministères de l’Environnement, de l’Agriculture, du Tourisme, de l’Habitat et du Développement administratif. Le ministère de l’Intérieur les a rejoints, afin de prendre en considération la dimension sécuritaire de ce projet et ses conséquences sur les citoyens qui y sont opposés. Dr Samîr Farag est toujours en tractations visant à convaincre la population de l’importance d’un tel projet. Il a confirmé que d’autres terrains seront expropriés, afin d’y reloger les habitants d’al-Marîs qui seront indemnisés financièrement. Le Dr Farag a mis en exergue les retombées touristiques importantes de ce projet, ainsi que les nombreuses créations d’emplois tant sur le niveau local que sur l’économie nationale. Toutefois, les habitants voient dans ce projet un exode comparable à celui jadis imposé aux Nubiens. En effet, Ahmad Mamdûh a précisé que l’exode ne sera pas dicté cette fois-ci pour cause d’utilité publique, mais pour servir les intérêts financiers de quelques investisseurs qui, selon les déclarations officielles du Président de la ville, seront chargés de la réalisation puis de la gestion du projet. Un autre habitant du village, Mahmûd Yûsuf, a affirmé que le Président de la ville avait tenté de convaincre les riverains de vendre leurs terres de bonne grâce, sous peine de promulguer un arrêté ministériel d’expulsion. Quant au Dr Mansûr al-Nûbî, un troisième habitant, il a souligné que soustraire une superficie de 540 feddan-s du village signifie rayer celui-ci purement et simplement de la carte. Il s’est demandé : comment pourrions-nous aussi simplement abandonner nos demeures et nos terres fertiles auxquelles nous sommes tant attachés ! (Muhammad Mandûr, « Les indemnisations de Samîr Farag ne satisfont pas les habitants du village al-Marîs ! », Uktubar du 25 mars 2007. Voir également Muhammad Mahmûd Khalîl, « Les habitants d’al-Marîs intentent un procès contre le président de la République et le gouvernement pour empêcher la construction sur leur terre d’un port pour les hôtels flottants », al-Masrî al-Yawm du 25 avril). Les habitants du village al-Marîs ont intenté un procès afin d’annuler la décision du Premier ministre n° 264/2007 visant à exproprier 500 feddan-s de terre agricole pour y installer une marina au Sud du pont al-Bughdâdî sur la rive Ouest de Louqsor. Ils sont soutenus par le Centre de la terre pour les droits de l’Homme. (Haytham Gabr, « Plainte judiciaire pour empêcher le gouvernement d’exproprier des terrains agricoles à Louqsor », al-Dustûr du 3 juin. Voir également Magdî ‘Arafa, « Le gouvernement approuve la construction d’hôtels sur 500 feddan-s agricoles à Louqsor », al-Dustûr du 29 mai. Voir également Târiq al-Tâhir, « Les habitants d’al-Marîs entre le choc de l’expropriation et l’espoir d’un dédommagement juste », Akhbâr al-Adab du 13 mai ; Sâmih al-Sayyid, « 20 000 citoyens expropriés pour réaliser des projets touristiques à Louqsor », al-Naba’al-Watanî du 10 juin). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a déclaré qu’il n’approuve pas la construction d’hôtels sur la rive Ouest de Louqsor et qu’il en a informé le président du Conseil suprême de la ville, Dr Samîr Farag. Le ministre estime que la construction de tels hôtels doit être cantonnée sur la rive Est. Quant à la rive Ouest, elle devrait être limitée exclusivement à la construction de ports pour les bateaux de croisières, ainsi que des activités annexes : bazars, restaurants. Aucun bâtiment trop élevé ne devrait être construit dans cette région, afin de préserver le panorama et la zone archéologique. (« Le ministre de la Culture refuse la construction d’hôtels sur la rive Ouest de Louqsor », al-Akhbâr du 26 avril). Un programme qui vise à hausser la conscience touristique des étudiants vient d’être appliqué préalablement dans 50 écoles gouvernementales et expérimentales au Caire et à Gîza. Ce programme s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation du peuple égyptien à l’importance du tourisme qui porte le nom de Le tourisme un bien pour nous tous. « Le but de cette campagne est de rectifier les attitudes négatives des Égyptiens à l’égard des touristes et qui peuvent bien avoir un effet néfaste sur le mouvement touristique dans notre pays. Ainsi doit-on leur faire connaître l’importance de cette industrie vitale pour l’économie en Égypte », explique Zuhayr Garâna, ministre du Tourisme, lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière pour concrétiser le programme. « Pour ce, il était essentiel de coopérer avec le ministère de l’Éducation pour sensibiliser les petits de 6 à 12 ans qui sont le noyau des générations futures », reprend le ministre. « On va insérer dans les programmes et les activités scolaires des notions qui aident les étudiants, à savoir tout d’abord ce que veut dire tourisme, son importance autant pour les individus que pour le pays tout entier, comment traiter et respecter le touriste. On va aussi apprendre aux petits leur devoir envers leur pays, ce qui va de pair avec l’esprit de patriotisme qui se répand actuellement dans la société », a assuré Yusrî al-Gamal, ministre de l’Éducation lors de la conférence. Une évaluation aura lieu chaque mois pour mesurer l’efficacité de ce programme à travers un questionnaire adressé aux étudiants pour voir s’ils ont profité du programme ou s’il faut le modifier afin qu’il soit plus efficace. « Une petite histoire a été écrite et imprimée dans ce but, pour donner toutes ces notions aux petits, sera distribuée dans les écoles choisies. Elle est présentée de manière attirante avec des illustrations et des couleurs vivantes pour impressionner les petits. Des tee-shirts seront de même distribués comme souvenirs pour rappeler toujours leur devoir envers le tourisme égyptien », explique Randâ Mustapha, conseillère de la campagne au ministère du Tourisme. La campagne ne se limite pas aux enfants, puisque ce sont des universitaires qui collaboreront à l’application de la campagne en racontant des histoires en relation avec le tourisme aux élèves. Exemple concret : les étudiants de la faculté de Sciences politiques de l’Université du Caire vont se rendre aux écoles choisies pour faire des activités avec les petits élèves, leur raconter des histoires à ce propos, regarder avec eux des dessins animés en rapport avec la campagne de sensibilisation touristique. « C’est la première fois que je participe à un tel événement. Mais cette fois, j’aimerais bien y participer parce que je suis très convaincue de l’importance du tourisme pour nous tous et non pas seulement pour ceux qui y travaillent. C’est donc une campagne nationale à laquelle tous les Égyptiens doivent participer », conclut Imân Garîr, étudiante à la faculté de Sciences politiques. (Doaa ELHAMI, « Le tourisme expliqué aux petits », Al-Ahram Hebdo du 28 mars 2007. Voir également « Lancement d’une campagne de sensibilisation touristique dans 50 écoles au Caire et à Gîza », al-Masrî al-Yawm du 4 mars). La ville de Louqsor s’apprête à accueillir la XIVe édition du Marathon international d’Égypte qui sera lancé vendredi prochain devant l’esplanade du temple d’Hatchepsout. Le président du Conseil suprême de Louqsor, Dr Samîr Farag, a annoncé que 1 600 coureurs de différentes nationalités participent au marathon de cette année qui se déroule sur trois étapes : 42 Km, 21 Km et 12 Km. Des équipes de la police d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Katar et de la Jordanie participent également à ce marathon international. (Nivîn Salâma, « 1 600 marathoniens au départ de l’esplanade du temple d’Hatchepsout », al-Masrî al-Yawm du 11 février 2007. Voir également Haggâg Salâma, « 1 600 coureurs participent au marathon international de Louqsor », al-Wafd du 12 février). Egypt’s International Marathon, which was held under the auspices of the Minister of Tourism Zuhayr Garâna and the Egyptian Tourist Authority, has come to an end. Around 1300 runners from 26 countries participated in the marathon, which took place on 15 and 16 February. The runners passed by important historical sites in Luxor starting with the Hatshepsout Temple and the Valley of the Queens. The marathon is considered one of the important sporting events that are held in Egypt and gained much media interest. (“1,300 runners in Luxor race”, The Egyptian Gazette du 19 février 2007). Indian film actress and newly appointed brand ambassador for the Egyptian Tourism Authority Celina JAITLEY gesturing during a press conference in New Delhi, yesterday. JAITLEY’s appointment comes as a part of a campaign aiming to increase the number of Indian tourists visiting Egypt. (AFP, “Indian beauty under spell of Egypt”, The Egyptian Gazette du 20 avril 2007. Voir également Abû Naddâra, « L’ex-Miss Inde en visite en Égypte », al-Akhbâr du 17 mai). Cinq touristes français, deux américains et leur guide égyptien ont été transportés à l’hôpital international de Louqsor après une chute vertigineuse de leur montgolfière. À cause des mauvaises conditions météorologiques, leur ballade dans le ciel de Louqsor s’est soldé par différentes fractures et blessures. Une enquête judiciaire est ouverte. (« 8 touristes blessés par la chute d’une montgolfière à Louqsor », al-Masrî al-Yawm du 17 mars 2007. Voir également « 8 touristes blessés par la chute d’une montgolfière à Louqsor », Akhbâr al-Yawm du 17 mars ; « 10 touristes et 2 Égyptiens blessés par la chute d’une montgolfière à Louqsor », al-Ahrâr du 17 mars). Sur les démêlés juridiques de l’Egyptian Airship & Balloon Company dont les dirigeables sont clouées au sol jusqu’à fin décembre 2007, voir « À l’attention du ministre de l’Aviation : histoire juridique et touristique d’un ballon interdit de vol », Sawt al-Umma du 19 mars. Un des employés de la Viking Balloons Co. a été victime à Louqsor d’une mort violente. À l’issue d’une excursion au-dessus de la zone archéologique de la rive Ouest de Louqsor, la montgolfière s’apprêtait à atterrir avec à son bord quatorze touristes de différentes nationalités. Cinq employés de la compagnie tentaient de l’amarrer au sol. ‘Alî Muhammad ‘Abd al-‘Âl, âgé de 24 ans, s’agrippe au ballon qui re-décolle subitement. L’employé fait une chute mortelle de près de 50 mètres. (Muhsin Gûd, « Chute mortelle d’un employé à Louqsor d’une montgolfière », al-Akhbâr du 28 mai 2007). La providence divine [sic] a sauvé 226 touristes de différentes nationalités d’une catastrophe, suite à une collision survenue entre le train couchette n°83 en provenance d’Aswân et un camion. Cet accident a eu lieu dans un passage à niveau situé à l’entrée du village al-Yâsîniyya, à Dishnâ, dans le gouvernorat de Qinâ. Les forces de la Défense civile et les équipes de sauvetage ont réussi à dégager les rails de la carcasse du camion. Aucune victime n’est à déplorer. Le train a poursuivi son voyage vers Le Caire. (« Sauvetage de 226 touristes », al-Musawwar du 5 janvier 2007). 213 touristes de différentes nationalités ont échappé hier à une mort certaine, suite à une collision survenue entre deux bateaux de croisière dans la zone du débarcadère touristique à proximité de l’écluse d’Isnâ. (« Sauvetage de 213 touristes suite à une collision entre deux bateaux à Qinâ », al-Ahrâr du 22 mars 2007. Voir également Usâma al-Hawwârî, « Sauvetage de 213 touristes après la collision de deux bateaux touristiques à Qinâ », al-Ahrâm du 22 mars ; Haggâg Salâma, « 213 touristes sauvés lors d’une collision entre deux bateaux à Isnâ », al-Wafd du 22 mars ; « Collision entre deux bateaux touristiques », al-Akhbâr du 22 mars). 83 touristes allemands et britanniques ont failli mourir noyés lorsque leur bateau de croisière a heurté l’écluse d’Isnâ. (‘Abdallah Muhammad, « Sauvetage de 83 touristes », al-Akhbâr du 24 avril 2007). 86 touristes britanniques ont échappé à l’incendie de leur bateau de croisière lors des manœuvres d’accostage dans le débarcadère Garâna à Louqsor. Ce sinistre est probablement dû à un court-circuit dans le local de blanchisserie. Les pompiers ont réussi à maîtriser l’incendie. L’on ne déplore aucune victime. Soulignons que ce bateau de croisière, Nagmat al-Uqsur (Star de Louqsor) [sic !], est la propriété du ministre du Tourisme, Zahîr Garâna. (Usâma al-Hawwârî, « Un incendie dévastateur à bord d’un bateau touristique à Louqsor », al-Ahrâm du 29 janvier 2007. Voir également Muhsin Gûd, « Ouverture d’une enquête sur l’incendie d’un bateau touristique à Louqsor », al-Akhbâr du 30 janvier ; Haggâg Salâma, « 86 touristes sauvés d’un incendie déclaré dans un bateau de croisière appartenant au ministre du Tourisme », al-Wafd du 30 janvier). 341 touristes de différentes nationalités ont failli trouver la mort à la suite d’une collision entre leurs trois bateaux de croisière devant l’écluse d’Isnâ. Les dégâts matériels sont estimés à 150 mille livres égyptiennes. (« Sauvetage de 341 touristes à Qinâ », al-Ahrâr du 22 février 2007). Sur le désastre écologique provoqué par les 280 bateaux de croisière qui rejettent leurs déchets solides et eaux usées directement dans le Nil et qui s’entassent par rangées de 10 dans des débarcadères vétustes et dépourvus de système de sécurité voir : Gamâl ‘Ubayd, « Catastrophe écologique menaçant la vie des citoyens ! », al-Maydân du 28 mars. Voir également Thanâ’al-Karrâs, « Réglementation de la situation des bateaux de croisière et des hôtels flottants en Haute-Égypte », al-Ahrâr du 4 janvier ; Rânyâ Hifnî, « Quel avenir pour le tourisme fluvial ? », Sawt al-Umma du 22 janvier ; Muhsin Gûd, « Le tourisme fluvial agonise à cause des accidents des bateaux », al-Akhbâr du 20 février ; Mustafa al-Naggâr, « Le tourisme nilotique se noie ! », al-Ahrâm du 5 avril. Le Conseil Suprême des Antiquités a autorisé la visite nocturne du temple d’Idfû jusqu’à 21 heures en hiver et 22 heures en été. L’ouverture nocturne du temple vise à faciliter le flux touristique et à assurer une meilleure fluidité des bateaux de croisière. (Sa‘îd Gamâl al-Dîn, « Prolongation jusqu’à 20 heures des horaires de visite du temple d’Idfû », al-Ahrâr du 13 janvier 2007. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Pour la première fois : visite nocturne du temple d’Idfû », al-Ahrâr du 3 janvier ; Fâtima ‘Ayyâd, « Nouveaux horaires de visite du temple d’Idfû », al-Wafd du 15 janvier). Son & lumière La Misr Company for Sound and Light a commencé le développement du spectacle son et lumière présenté dans les temples de Philae à Aswân. Les salles extérieures seront dotées d’écrans géants et d’équipements de projection ultramodernes. Le directeur du projet son et lumière à Aswân, Samîr Muhammad’Alî, a annoncé que ces travaux de modernisation, programmés en trois phases, vont durer deux années. Le spectacle sera assuré en sept langues : anglais, français, allemand, espagnol, japonais, russe et arabe. Le coût de ce projet s’élève à dix millions de livres égyptiennes. (Ahmad al-Zayyât, « Développement du spectacle son et lumière à Philae », al-Wafd du 23 janvier 2007. Voir également « 25 millions de L.E. pour moderniser les spectacles son et lumière dans les temples de Philae et de Karnak », al-Ahrâr du 30 janvier ; Mustafa Wahîsh, « 25 millions de L.E. pour le développement du son et lumière à Louqsor et à Aswân », al-Akhbâr du 30 janvier). Le gouverneur d’Aswân, major général Samîr Yûsuf, a confié à la Misr Company for Sound and Light le projet de développement de l’éclairage des tombes des nobles et de Qubbat al-Hawâ’situées sur la rive Ouest d’Aswân. (Abû Naddâra, « Éclairage des tombes des nobles à Aswân », al-Akhbâr du 21 juin 2007). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé l’achèvement des travaux de développement et d’éclairage de la région archéologique des temples al-Subû‘ et ‘Amdâ situés à Aswân. Ce projet qui a duré près de 24 mois et dont le coût s’élève à 18 millions de livres égyptiennes a été financé par le Fonds de sauvetage des Antiquités nubiennes. Le directeur de ce fonds, Husayn Ahmad, a précisé que le projet consiste à éclairer les temples et toute la zone archéologique afin de permettre la visite nocturne. Un port touristique y a été aménagé spécialement pour les bateaux de croisière. La route reliant cette zone aux différentes régions archéologiques d’Aswân a été asphaltée. (Ashraf Mufîd, « Achèvement du projet de développement et d’éclairage de la région des temples al-Subû‘ et Amdâ à Aswân », al-Ahrâm du 5 janvier 2007). La Misr Company for Sound and Light réalise un nouveau projet dans la région al-Mahatta al-Bahariyya dans le Port d’Alexandrie. Le président du Conseil d’administration de cette compagnie, ‘Isâm ‘Abd al-Hâdî, a précisé que ce spectacle retrace l’histoire du port d’Alexandrie depuis sa création il y a cinq mille ans jusqu’à nos jours. À travers un spectacle technique et bien documenté, les spectateurs pourront admirer la projection d’images de certains monuments comme le palais de Râs al-Tîn et le phare antique d’Alexandrie. (Muhammad Raslân, « 5 000 ans d’histoire d’Alexandrie à travers Ahrâm un spectacle son et lumière », al-du 14 mars 2007). V a l l é e d e s R o i s When first unearthed early in the 19th century, the royal tombs on the Theban necropolis, although stripped of their spectacular funerary contents, were nevertheless found in a remarkable state of preservation. The splendid painted reliefs retained colours as bright as on the day they were painted. However, plunder, desecration, exploration, environmental pollution and tourism have since taken their toll, and although successive efforts have been made to protect the tombs in the Valley of the Kings the prospects are grim. The marvellous decorations are decaying more rapidly than they can be restored. Monks and hermits who hid in the royal tombs early in the Christian era were responsible for some of the damage to the decorated walls. Evidence of their habitation can be seen in graffiti which today form part of the historical record and blackening, probably caused by efforts to light up the tomb. It was after their discovery by 19th-century European explorers, however, that the tombs suffered most lamentably usually from their taking 'squeezes' (mouldings on wax or wet paper) directly from the delicately painted walls, but even from total loss when they forcibly hacked out masterpieces for exhibition abroad, sometimes destroying a substantial part of the surrounding plaster layer on the walls. Among those who first recorded the scenes and inscriptions were Ippolito ROSELLINI, a colleague of François CHAMPOLLION, who deciphered hieroglyphics in 1822, and Emile PRISSE D’AVENNES, the able craftsman who arrived in Egypt under the patronage of Muhammad ‘Alî in 1827. D’AVENNES made splendid detailed copies of wall decorations, some of which had already disappeared by the time he returned to Egypt, in 1859. Tourists today pose no less of a threat. With large groups pressing into narrow corridors, the increase in humidity is a major problem. Darkened areas near some of the most striking scenes, particularly at the corners of gateways or on pillars, are probably due to the walls being touched, and there is even evidence of scratching. Dâna Bakhûm, a young Egyptian engineer specialising in restoration and conservation of monuments, brushes aside the suggestion that there is no way to stem the tide of destruction of the tombs so long as tourism remains a mainstay of the Egyptian economy. She concedes, nevertheless, that serious action must be taken immediately to ensure that this valuable artistic and historic heritage is protected for future generations. Bakhûm is working under the direction of Kent WEEKS, director of the University of Chicago’s Theban Mapping Project (TMP) in collaboration with the Supreme Council of Antiquities (SCA). The aim of the project is to carry out a photographic survey, identify problems, specify the cause of the deterioration, and describe the technical questions related to the type of damage observed. “Most of the tombs are structurally stable,” says Bakhûm. “Some of the cracks and fissures in the bedrock are due to the nature of the rock. When cracks run from one wall to the other across a corridor over a ceiling, they represent no real danger to the tomb, even though they cause loss to a narrow section of the plaster layer. The most serious damage is the actual detachment of the decorated plaster from the background surface and unfortunately no modern technology can identity where there is such a threat. The best method is to gently knock the plaster to identify hollow areas.” “That may sound simplistic,” she adds, “but the naked eye is an extremely effective tool. Only through the power of observation can one identify mere powdering of the plaster layer, from total disintegration, or damage caused by natural shrinkage. Such testing successfully reveals potential danger zones where action needs to be taken.” Flaking and loss of paint in the upper reaches of the walls of some tombs or in the corners of the ceilings may result from the concentration of high humidity in those areas, Bakhûm adds. “Loss of the paint and the plaster layer in other areas may have been caused by wasp nests, while blackening on the upper surface of the tomb walls near the ceiling appears to have been caused by bats,” she says. In numerous tombs rounded wooden inserts were noted at almost equal intervals in the upper walls. “We have identified these as inserts for electrical cables. Tomb number KV6 in fact still carries the old cables,” Bakhûm says. [ ] “There are also different types of tomb adornment in the Valley of the Kings,” Bakhûm says. “The choice of technique relates to the dynasty in which each was constructed, or in some cases depends on the nature of the rock. Where the rock was sound, the decorations could be carved directly onto the wall, but in other cases it had to be plastered first. Each method is now being studied. The type of damage or deterioration is being observed, their causes analysed, and restoration techniques are being considered. Some tombs have suffered a total loss of the plaster layers, revealing the bedrock beneath. In others there is only the loss of the thin plaster layer. There are also such problems as dust accumulation, salts efflorescence, and incrustations on the blue and green pigments.” Bakhûm speaks in a way that denotes intimate knowledge of, and concern for, the tombs she is studying. “We do not yet know the cause of some very strange black incrustation that appear on the blue and green pigments, but which do not appear on any of the other colours,” she says. “We need to understand this phenomenon and to determine whether it is a chemical reaction to this particular type of pigment or dust accumulation that reacts in a different way on these particular colours. It may of course be a reaction to the use of certain consolidants.” In the last 30 years, the Egyptian Antiquities Organisation now the Supreme Council of Antiquities (SCA) has taken numerous steps to safeguard the tombs. They have built a new terminal for tourist buses ; they have removed the rest-house facilities in the central valley, which drained into the porous limestone bedrock, to what is considered to be a safe distance from the tombs ; and they have laid down ground rules including the batching of visitors according to the size of the tomb. Unfortunately, these rules are not strictly adhered to. Tourism and conservation make bad bedfellows, and, as the pace of the former increases, the odds favour destruction over protection. The construction of an international airport at Luxor has proved to be a disaster insofar as protecting Egypt’s ancient heritage is concerned. The number of visitors to the Valley of the Kings has increased to more than 7,000 per day in the peak season. Dust is raised as groups huddle into corridors and tiny chambers ; reliefs are spoiled as visitors brush against walls ; and quantities of harmful water vapour is introduced into the confined spaces. The SCA is making every effort to control the situation by stipulating that only 14 tombs in the royal valley are to be open to the public, and no more than 11 at any one time, on a rotating basis. The others are closed either for their protection or to enable restoration. The SCA has installed glass panels in some of the tombs in order to protect the reliefs, but, as Bakhûm explains, despite their advantage, glass panels do have serious disadvantages that might result in the actual deterioration of the painted reliefs. “The tomb is not a sealed environment like in the museum, so while the glass protects the walls from human contact, because of the narrow space between the glass panel and the wall there is a risk, while cleaning the glass, of touching and damaging the decorations. Nor does the glass reach the tombs’ceilings ; while that itself is not a disadvantage as it is decorated, it does not prevent dust from settling on the walls.” The TMP is suggesting to the SCA that the existing glass panels be removed and replaced by panels only about one metre high, placed at a safe distance from the walls at the height of the average person’s hands. “This would prevent people from touching the decorations and at the same time enable easy cleaning of the glass,” Bakhûm says. “Unfortunately, the present glass panels are almost two metres high and are very heavy and difficult to remove.” So what chance do the tombs have, especially when they also have to contend with nature ? Every decade or more, Luxor is subjected to particularly heavy storms and flash floods. The physical effect of torrents of water flowing down natural valleys carrying lumps of rock and earth further compounds the problem. Efforts have been made to control the storm effects by constructing protective walls around the entrances to the most vulnerable tombs at the lower point of the stratum, but how effective this will be in the face of a future major flood remains to be seen. More than a century ago, the importance of carrying out an epigraphical record of all standing monuments in Luxor was recognised, but surprisingly only now are full descriptions and photographs being made. “Each wall in every corridor and chamber of each tomb, from the floor to the ceiling, and on every column,” Bakhûm says of the inventory now underway. A general plan has been drawn up to show the location of the walls so documented. “We are creating a valuable database from which to work,” Bakhûm says. “Never before has such a survey been carried out visually, which is really surprising because the actual condition of each tomb is the first step towards establishing the cause of damage and evaluating the best method to curb further destruction.” Is this a losing battle ? A perennial problem is dust accumulation on almost all the tomb walls, causing the colours to appear darker and dimmer than they really are. Apart from that, there is no regular maintenance or cleaning and so the dust, along with the high humidity in the tombs, makes it stick to the walls. This is very damaging because, as Bakhûm explains, it becomes heavy and causes the underlying painting to detach from the wall. There are, nevertheless, many advantages to documentation through photography and condition surveys, and Bakhûm is optimistic : “Photographs taken over successive years will form an accurate database and provide a detailed record of the condition of each tomb. The images already collected provide historical depth to the records, and by re•photographing on a periodical basis (say, every 10 years) changes in the condition of each tomb will be monitored.” Considerable progress has already been made in the last two years. Work continues. And on the basis of the results of the study, recommendations will be made for the future protection of the tomb decorations whatever is left of them, that is. (Jill Kamel, “A royal destruction”, Al-Ahram Weekly du 5 avril 2007). Exploitation des sites historiques à des fins lucratives Wikâlat Qâytbây Wikâlat Qâytbây (885 H./1480) © Aymé Lebon Pour la première fois, le ministère de la Culture a décidé de se lancer dans l’aventure en autorisant l’exploitation privée de quelques monuments historiques récemment restaurés. Le président du projet du Caire historique, Ayman ‘Abd al-Mun‘im, a annoncé qu’une compétition sera lancée parmi les grands hôtels pour l’exploitation de certains bâtiments archéologiques, à commencer par wikâlat Qâytbây, située à Bâb al-Futûh. Cette wikâla, qui donne sur la mosquée al-Hâkim bi-Amruh, a été reconstruite en béton armé au début du XXe siècle par le Comité de préservation des monuments islamiques. Un projet vise à transformer cette wikâla en hôtel touristique au service de la vieille ville, à condition toutefois de n’y pas servir de l’alcool ni d’aménager une piscine à l’intérieur, afin de respecter le caractère religieux du Caire historique, conformément à la loi sur le tourisme qui interdit ce genre d’activité au sein des zones archéologiques religieuses. En cas de succès, cette expérience pourrait être répétée à wikâlat Ûdî Bâshî située à Gamâliyya. (Amânî ‘Abd al-Hamîd, « Wikâlat Qâytbây transformée en hôtel touristique », al-Musawwar du 26 janvier 2007. Voir également Islâm ‘Afîfî, « Conditions strictes pour louer les monuments islamiques aux hôtels touristiques », Akhbâr al-Yawm du 3 février). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé que la transformation de wikâlat Qâytbây, située dans Le Caire historique, en un hôtel ne portera pas atteinte à la valeur historique de ce monument. Par cette décision, le ministère vise à protéger ce site contre les dangers qui le menacent s’il n’était pas exploité d’une façon appropriée. Le ministre de la Culture a déclaré hier que les efforts déployés par son ministère en vue de restaurer et de préserver le patrimoine archéologique ne peuvent pas être l’objet de surenchères. Des centaines de sites archéologiques étaient livrés à l’abandon avant l’intervention du Conseil Suprême des Antiquités et du projet de restauration du Caire historique. L’exploitation de cette wikâla et sa réutilisation en hôtel n’ont rien d’extraordinaire puisque cette wikâla servait à l’origine de lieu d’hébergement. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « Le ministre de la Culture : réutilisation des monuments suivant des critères scientifiques », al-Ahrâr du 10 février). Mais l’exploitation des sites historiques à des fins lucratives soulève beaucoup d’opposition : L’ex-président du secteur des Antiquités islamiques, Dr ‘Abdallah Kâmil, s’oppose catégoriquement à l’idée de transformer wikâlat Qâytbây en hôtel touristique. Il dénonce « ce genre de projets décrétés en haut lieu (par Fârûq Husnî et Ayman ‘Abd al•Mun‘im). Il faut mettre des limites à tous ces projets mis en place sans étude préalable et à l’insu du Comité permanent du CSA. Ces projets de réexploitation comportent des menaces extrêmement dangereuses, qui peuvent se manifester à long terme. À titre d’exemple, comment peut-on transformer le sabîl de Muhammad ‘Alî en un musée du textile ! De même, le ministre a décidé unilatéralement et sans recourir au Comité permanent de transformer Bayt al-Sitt Wasîla en une maison des poètes. Même sort réservé à la tikiyya de Muhammad bek Abû al-Dahab transformée en musée de Nagîb Mahfûz. Sans parler de Bayt al-Suhaymî utilisée actuellement pour organiser des spectacles artistiques et des colloques qui attirent un grand public. Ceci affecte naturellement le monument qui n’est pas prévu pour accueillir autant de personnes. [ ] Les projets de réutilisation des sites historiques doivent être décidés par une commission spécialisée en tenant compte de la vocation d’origine de chaque site ». L’ex-secrétaire général du CSA, Dr ‘Abd al-Halîm Nûr al-Dîn, confirme ce point de vue. Il n’est pas du tout hostile à l’exploitation des monuments, mais plutôt à leur réutilisation d’une manière périlleuse pour leur aspect architectural. « Nous ne sommes pas en Europe pour s’assurer que les usagers vont prendre soin du monument. Qui pourrait garantir la conservation du monument une fois transformé en hôtel avec l’infrastructure indispensable (chambres, services, restaurants, salles de bains, etc.). L’aspect architectural sera nécessairement modifié. On pourrait même perdre l’édifice totalement ». (Usâma Fârûq, « Le business touristique menace à nouveau Le Caire fatimide », Akhbâr al-Adab du 11 février). Mosquée-sabîl Sulaymân Aghâ al- Silihdâr Mosquée Sulaymân Aghâ al-Silihdâr (1255 H./1839) © Aymé Lebon Une crise grave a éclaté entre le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) et le ministère des Waqf-s, suite à la protestation de quelques imâm-s de mosquées contre le tournage d’un vidéoclip de la chanteuse Anghâm dans un site archéologique au Caire. Le ministère des Waqf-s a affirmé n’avoir jamais autorisé la profanation des mosquées par le tournage des vidéoclips comme ce fut le cas dans la mosquée al-Silihdâr. À leur tour, des responsables du CSA ont confirmé leur opposition aux violations des lieux de culte, tout en soulignant que le vidéoclip n’a pas été tourné à l’intérieur de la mosquée al-Silihdâr, mais plutôt dans le sabîl al-Silihdâr. Le secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, recevra aujourd’hui un rapport du directeur du secteur des Antiquités islamiques, Farag Fadda, sur cette affaire de tournage, qui a été confirmé par le directeur des antiquités de Gamâliyya. Le ministère des Waqf-s a confirmé qu’il s’agit d’une mosquée archéologique et que l’autorisation de tournage a émané du CSA. En effet, le vidéoclip en question a été réalisé malgré la protestation de l’imâm de la mosquée. Le ministère a dénoncé l’exploitation des mosquées dans n’importe quelle forme d’œuvres artistiques (chansons, films, etc.). Le ministère a appelé le CSA à respecter le caractère sacré des mosquées archéologiques et à veiller à ne plus les utiliser dans l’avenir dans des manifestations artistiques. (Salâh Darâr, « Crise autour de vidéoclip d’Anghâm », al-Ahrâr du 6 mai 2007. Voir également Sâdiq Hashîsh, « Les Waqf-s accusent le CSA d’avoir autorisé le tournage du vidéoclip d’Anghâm dans la mosquée al-Silihdâr », al-Wafd du 6 mai). Sabîl Sulaymân Aghâ al-Silihdâr © Aymé Lebon L’opinion publique, tout comme les responsables des Waqf-s, est en émoi. Al-Azhar et ses ulémas mènent une croisade contre ce sacrilège, qui n’aurait rapporté au CSA que la modique somme de six milles livres égyptiennes ! Au Parlement, les députés fondamentalistes interpellent le gouvernement : Le tournage d’un vidéoclip de la chanteuse Anghâm à l’intérieur d’une mosquée de Gamâliyya a provoqué une passe d’armes entre le gouvernement et le Parlement. Quelques députés soutenus par le député des Frères Musulmans, Muhsin Râdî, et le député indépendant, Dr Gamâl Zahrân, ont appelé à déférer toutes les personnes impliquées dans ce tournage devant la cour d’assises. Les députés ont affirmé que même si cet incident s’est produit à côté de la mosquée, il représente, néanmoins, un genre nouveau d’insultes aux lieux de culte, de persiflage insolent et d’anarchie. (Ahmad ‘Alî, « Le vidéoclip d’Anghâm soulève une crise au Parlement ! », al-Dustûr du 6 mai. Voir également « L’utilisation des mosquées pour le tournage des vidéoclips est une violation des maisons de Dieu », al-Ahrâr du 1er mai ; Safwat Dusûqî, « L’imâm d’al-Silihdâr : mais qu’elle aille chanter ailleurs ! », al-Wafd du 8 mai ; Ahmad Murâd, « Un crime contre les maisons de Dieu », Akhbâr al-Yawm du 12 mai). Le secrétaire général du CSA soutient la pop star : Le Dr Zâhî Hawwâs a défendu la chanteuse Anghâm devant la commission de la Culture et de l’Information du Parlement. « L’accusation d’avoir tourné un vidéoclip à l’intérieur de la mosquée al-Silihdâr s’inscrit dans le cadre d’une campagne violente visant à salir la carrière artistique d’Anghâm », a déclaré Hawwâs. « Le vidéoclip en question, poursuit Hawwâs, a été tourné dans le sabîl attenant à la mosquée. Anghâm était décemment vêtue. Le tournage, qui n’avait rien d’infamant, a été supervisé par une commission du CSA. Aucune atteinte aux croyances religieuses n’a été relevée ». Certains députés du Parlement avaient accusé Anghâm et son équipe de tournage de violation de la sacralité de la mosquée et des sentiments religieux à cause de ses vêtements aguichants, l’apparition de certaines filles quasiment nues, et le non-déchaussement à l’intérieur de la mosquée al-Silihdâr : un véritable outrage. (Walâ’Ni‘mat Allah, « Hawwâs défend le clip d’Anghâm », al-Wafd du 13 juin. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « L’enquête du CSA confirme le tournage du vidéoclip d’Anghâm dans le sabîl et non pas la mosquée al-Silihdâr », al-Masrî al-Yawm du 8 mai). Éffondrée, la belle Anghâm qui n’en est pas à sa première frasque se défend et jure que son clip intitulé Pas de familiarité entre nous n’a pas été tourné dans la mosquée : Anghâm, an Egyptian pop singer, has strongly denied that she has filmed a video clip inside an Old Cairo mosque and accused the local media of attempting to tarnish her image. Last week, local newspapers accused the young singer of desecrating the Mosque of Sulaymân Aghâ al-Silihdâr in Gamâliyya district by shooting a music video inside it while wearing inappropriate clothes and dancing seductively. The Egyptians were outraged by the news and two members of parliament have demanded the Minister of Culture, Fârûq Husnî, to launch an immediate probe into “using a sacred place for shooting a video clip”. “On entering such places, foreign tourists show respect and observe instructions by wearing decent clothes. So the Muslim singer should have acted likewise,” MP ‘Umrân Mugâhid told al- Gumhûriyya newspaper. Denying these allegations, Anghâm told the Arabic-language newspaper al-Akhbâr that as a Muslim woman she would never do such a thing or agree on the idea of using a mosque as a location for shooting a music video. She stressed that she used a deserted location near al-Silihdâr Mosque, built in 1839, for filming her clip and not inside it. “The music video was shot inside a nearby underground water storage tank that is 100 metres below the street level,” Anghâm said, adding that producers of clip had obtained the necessary permissions from the Antiquities Authority. “It was all legal and the producers paid LE 6,000 in fees for using the water storage tank for shooting the video in the presence of antiquity officials,” Anghâm said, confirming that the working team members were far away from the mosque or the adjacent al-Silihdâr House. “The crew found it extremely difficult to film the clip because the room where the events were set is underground,” Anghâm said. The controversial video is scheduled to be complete and ready for release along with her new album next month. “As a rule, I always put on respectable clothes, and I will never break this rule for a music video either now or in the future,” she said. “The clip, directed by Ahmad al-Mahdî, will do me justice and prove them wrong when it is aired,” Anghâm added. (Ashraf Sadek, “Mosque video causes big stir”, The Egyptian Gazette du 13 mai. Voir également Sharîf Nâdî, « Anghâm : Je jure sur Allah que le clip n’a pas été tourné dans la mosquée, sinon les riverains nous auraient égorgés », Sawt al-Umma du 14 mai ; Ahmad al-Nagmî, « Anghâm : Celui qui détient une seule preuve contre moi n’a qu’à la brandir ! », al-Musawwar du 25 mai ; « La bourse des nouvelles », Ruz al-Yûsuf du 2 juin). Enfin, sur les conflits récurents entre le CSA et le ministère des waqf-s autour de la gestion des lieux de culte classés monuments historiques, voir Muhammad Rabî‘, « L’exploitation lucrative des mosquées archéologiques ! », Uktubar du 25 février. Palais de Muhammad ‘Alî à Manyal Le ministère de la Culture réalise un projet de restauration et de développement du palais Muhammad ‘Alî, situé à Manyal. Les deux premières phases du projet se sont achevées et ont coûté 55 millions de livres égyptiennes. Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé que l’opinion publique sera agréablement surprise du résultat. La restauration de la salle du trône constitue l’un des volets les plus importants du projet. Le directeur du projet, Ayman ‘Abd al-Mun‘im, a précisé que la salle du trône peut à présent être louée pour la célébration des fiançailles et des mariages contre la somme de 50 000 L.E. Après avoir dépensé plusieurs millions de L.E., le ministère de la Culture compte sur la location du monument pour renflouer ses caisses. Bien entendu, cette location sera soumise à des conditions et des mesures très strictes que les clients doivent observer. (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Location de la salle du trône pour les célébrations privées », al-Akhbâr du 28 mai 2007). Le Conseil municipal d’Ismâ‘îliyya a lancé un appel au Conseil Suprême des Antiquités (CSA) et au gouverneur de cette province en faveur de la restauration du musée archéologique d’Ismâ‘îliyya. De graves fissures affectent le bâtiment et mettent en péril la vie des visiteurs, ainsi que la collection archéologique du musée. Un autre appel a été lancé au CSA et au ministère des Waqf-s en faveur de la restauration de la mosquée al-‘Abbâsî située à Ismâ‘îliyya. Le plafond et les piliers fissurés de la mosquée menacent de s’écrouler sur la tête des fidèles qui y prient. (Muhammad Fawzî, « Le musée d’Ismâ‘îliyya et la mosquée al-‘Abbâsî menacent de s’effondrer », al-Musawwar du 30 mars 2007). Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Dr Zâhî Hawwâs, a démenti les rumeurs concernant l’apparition d’une énorme fissure dans le dôme artificiel qui soutient les temples de Kom Umbû. Il a affirmé que si tel était le cas, il serait le premier à prendre les mesures nécessaires pour le sauvetage des temples. (Mushîra Mûsa, « Zâhî Hawwâs : aucune fissure dans le dôme artificiel des temples d’Abû Simbil », al-Ahrâm du 28 avril 2007). Alexandrie The architectural heritage of Alexandria is today facing a dilemma following a decision by the Higher Constitutional Court to abolish the current law, which prohibits the demolition of old, villas and palaces. It now seems highly likely that much of this architectural heritage is about to disappear. Heritage lovers are reacting angrily to the Court’s decision. This decision places the preservation of the unique villas in the hands of the owners, who may choose to keep their property or sell it out to developers. Opponents of the bill are hoping for a new draft law to protect the buildings, which are part of the unique and multi•cultural past of Alexandria. Some have suggested the government pays the owners compensation in return for freezing their property assets until they can come under the guardianship of the Supreme Council of Antiquities (SCA). Kafr ‘Abdu, one of the most populous districts in downtown Alexandria, contains 80 villas, most of which were built during World War I and were owned by Greek and Italian residents, foreign missions, embassies and prominent figures such as princess Fayrûz, sister of King Fârûq. Ahmad ‘Abd al-Fattâh, the SCA supervisor in charge of antiquities and museums in Alexandria, says a few Kafr ‘Abdu palaces were saved by presidential decrees. These included the palaces of Prince Yûsuf Kamâl, which was turned into the Marine Museum, and Fâtma al-Zahrâ’, which became the Jewellery Museum. Demolition licences for palaces and villas and rebuilding them should not be granted, Dr ‘Abd al-Fattâh says, until legislation to save this important heritage is codified. He adds that not only are these buildings unique, but demolishing them would disturb the population structure and therefore any attempts at doing so should be liable to punishment. He also discouraged the attempt by the Ministry of Éducation to take over some of the palaces and use them as schools. Muhammad Fu’âd ‘Awad, professor of architecture and a member in the committee enumerating historical villas, also rejects the decision of the Constitutional Court. He says the 1,800 old houses in Alexandria, all witness to several historical eras, should be protected, and suggests they could be used as service establishments such as hospitals. Any building demolition, Dr ‘Awad says, contravenes the Administrative Court Law, since this law gives no rights to the owner but allows the administration the authority to follow up procedures. Unfortunately, he says, the administrators often collaborate with the owners and in most cases do not prevent the unlicensed destruction or the addition of more floors. Dr ‘Awad hopes the presence of executive apparatuses in the Ministry of Housing will enforce the conservation of historical buildings, and expects that governors and heads of districts will not issue demolition permits for any construction that could be regarded as part of Egypt’s ancient or modern heritage. SCA secretary-general Zâhî Hawwâs believes in the necessity of laws that will guarantee the rights of the owner as well as the rights of the nation to preserve its culture. He adds that the governorates should not have full authority for deciding which buildings are historical and singular, but should first consult the opinion of the SCA. The last mass demolition in Alexandria took place in the early 19th century under Muhammad ‘Alî, who tore down many of the monuments of ancient Alexandria to make way for his new town. (Nivîn Kâmil, “The dire fate of Alexandria’s villas”, Watanî du 14 janvier 2007). Le Caire Musée Copte Le musée Copte va de catastrophe en catastrophe. Après le brusque affaissement de son sol, il a subi récemment un incendie qui a failli ravager sa collection précieuse. Le président du secteur des musées, Dr Muhammad ‘Abd al-Fattâh, a nié la destruction d’aucune pièce archéologique à la suite d’un court-circuit et des étincelles dus à une surtension. ‘Abd al-Fattâh a affirmé que ce problème est survenu à l’intérieur d’une vitrine d’exposition de pièces métalliques. [ ] Il convient de souligner qu’il y a moins d’un an, le musée Copte a été ré-inauguré, après trois longues années de travaux de restauration qui ont coûté trente millions de livres égyptiennes ! (Ûsâma Fârûq, « Le musée Copte brûle ! », Akhbâr al-Adab du 1er avril 2007). Des sources auprès du secteur des monuments et des musées du ministère de la Culture ont révélé que le système d’alerte du musée Copte est tombé en panne depuis quelques jours. Pourtant, le ministère avait dépensé vingt-neuf millions de livres égyptiennes, il y a un an, pour la rénovation intégrale de ces équipements. Les mêmes sources ont révélé qu’un incendie s’était déclenché à l’intérieur d’une vitrine d’exposition, suite à un court-circuit. La semaine dernière, quelques pièces archéologiques du musée ont été endommagées, notamment l’effondrement d’un dôme en verre qui a blessé trois touristes allemands et hollandais. Enfin, de nombreux accidents ont eu lieu au musée Copte au cours de ces dernières années. (‘Umar Qinâwî, « Panne générale du système d’alerte du musée Copte », al-Dustûr du 18 mai). Louqsor Mosquée Abû al-Haggâg © The Oriental Institute Les forces de la défense civile ont réussi à maîtriser un incendie limité qui s’était déclenché dans la mosquée Abû al-Haggâg à Louqsor. Le Parquet général a ouvert une enquête afin de déterminer les causes de ce sinistre, qui serait dû à un court-circuit. Le président du Conseil Suprême de la ville de Louqsor a annoncé un plan d’urgence pour la restauration de la mosquée et sa réouverture au public. Un comité spécialisé composé de professeurs d’architecture islamique sera chargé d’élaborer une étude scientifique visant le réaménagement et la protection de la mosquée, ainsi que l’installation d’un système d’éclairage ultramoderne. (« Incendie dans la mosquée Abû al-Haggâg à Louqsor », al-Ahrâr du 9 juin 2007. Voir également Nivîn Salâma, « Incendie dans une mosquée archéologique à Louqsor », al-Masrî al-Yawm du 9 juin). Le Conseil municipal de la ville de Louqsor a accusé le ministère de la Culture de négliger les Antiquités islamiques et coptes en Haute-Égypte et d’être responsable des risques d’effondrement qui menacent des dizaines de monuments. Lors d’une réunion d’urgence tenue avant-hier, les membres du Conseil ont imputé au ministère de la Culture la responsabilité de l’incendie qui s’est déclaré vendredi dernier dans la mosquée Abû al-Haggâg. Ils ont adressé des critiques virulentes et de graves reproches aux responsables du Conseil Suprême des Antiquités accusés de s’intéresser uniquement aux Antiquités pharaoniques, au détriment des monuments islamiques et coptes sérieusement menacés. (Nivîn Salâma, « Le Conseil municipal de Louqsor impute au ministère de la Culture la responsabilité de l’incendie de la mosquée Abû al-Haggâg », al-Masrî al-Yawm du 12 juin. Voir également Usâma al-Hawwârî, « Le Conseil municipal de Louqsor accuse le ministère de la Culture de négligence », al-Ahrâm du 23 juin). Le président du Conseil Suprême de la ville de Louqsor, Dr Samîr Farag, a formé un comité composé d’experts de la faculté de Polytechnique de l’Université de ‘Ayn Shams, du CSA, des ministères des Waqf-s, de la Culture et de l’Habitat afin de commencer la restauration et la modernisation de la mosquée Abû al-Haggâg. Ce projet de développement englobe l’augmentation de la superficie de la mosquée, le remplacement des toits en bois et de la coupole. De son côté, le ministre des Waqf-s, Dr Hamdî Zaqzûq, a approuvé le déblocage d’un million de livres égyptiennes pour ces travaux qui s’inscrivent dans le cadre de la sauvegarde des symboles religieux et historiques de Louqsor. (Zayn Ibrâhîm, « Un million de L.E. pour développer la mosquée Abû al-Haggâg », Sabâh al-Khayr du 19 juin. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Projet urgent pour sauver la mosquée Abû al-Haggâg à Louqsor », al-Ahrâr du 13 juin ; Ashraf Mufîd, « 6 autorités participent à un projet urgent pour restaurer la mosquée Abû al-Haggâg à Louqsor », al-Ahrâm du 13 juin ; Târiq al-Tâhir, « Développement de la mosquée Abû al-Haggâg à Louqsor », Akhbâr al-Adab du 17 juin). Le directeur général des Antiquités de Haute-Égypte, Nasr ‘Uwayda, a annoncé le classement sur la liste du patrimoine de la région de ‘Ayn al-Sayl située dans l’oasis de Dâkhla. Des travaux de fouilles y sont actuellement entrepris. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 15 mai 2007). Dr Ra’fat al-Nabrâwîdépartement d’archéologie, chef islamique à du la faculté d’Archéologie du Caire, a affirmé que le CSA a pris la décision d’enregistrer la ville al-Qasba, située dans la Nouvelle Vallée. Al-Qasba est à l’origine de la ville antique de Balât. Elle renferme encore plusieurs maisons archéologiques de deux étages construites en briques crues. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 15 mai 2007). Dr Amâl al-‘Amrî, professeur d’archéologie islamique à l’Université du Caire, a recommandé le démontage du portail archéologique de l’Ambassade de France au Caire, afin d’être exposé dans le musée d’Art islamique et son remplacement par une réplique réalisée aux frais du Conseil Suprême des Antiquités. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 27 mars 2007). Le Caire Palais du baron Empain Le Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf, a approuvé le rattachement du palais du baron Empain et du terrain sur lequel il se dresse au Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé que ce palais, situé à Héliopolis, dépendra du secteur des antiquités islamiques et coptes du CSA, sans qu’aucun dédommagement ne soit versé à l’organisme des agglomérations urbaines. Le secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, a déclaré que ce joyau de l’architecture indienne construit en 1905 sera ainsi mieux protégé par la loi de 1983. (Mushîra Mûsa, « Rattachement du palais du baron au CSA », al-Ahrâm du 27 mars 2007. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Rattachement du palais du baron au département des antiquités islamiques », al-Masrî al-Yawm du 27 mars ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Fârûq Husnî : le palais du baron est classé monument islamique », al-Ahrâr du 27 mars). Fayyûm Mont Qatrânî Le mont Qatrânî est officiellement candidat à l’inscription non seulement dans le patrimoine culturel mondial, mais aussi naturel. L’Unesco examine le dossier de nomination de cette partie qui s’étend du nord-ouest à l’ouest de la réserve naturelle du lac Qârûn, qui relève du gouvernorat du Fayyûm. Il s’agit tout d’abord du côté naturel, ensuite culturel de ce site. Et en cas de réponse favorable, Djebel Qatrânî serait le premier site égyptien placé dans le patrimoine à la fois naturel et culturel. L’examen de l’Unesco comprendra une visite de deux experts pour évaluer les richesses écologiques et uniques sur le plan mondial de ce site. Celles-ci rassemblent des fossiles remontant à la période de l’éocène (début de l’ère tertiaire), à celle de l’oligocène (deuxième période de l’ère tertiaire), des plus anciennes espèces d’éléphants, de l’unique singe égyptien (Aegyptopithecus), des forêts pétrifiées, de la plus ancienne route au monde pour transporter le basalte de cette région jusqu’aux pyramides à l’époque de la IVe dynastie pharaonique, de la plus ancienne carrière de basalte, d’un temple pharaonique et de la cité Dîmah al-Sibaa, péninsule construite de terre cuite à l’époque gréco•romaine, qui était considérée comme une région d’échange commercial. « C’est une affaire d’une importance extrême. Le dossier de nomination soumis au comité du patrimoine mondial relevant de l’Unesco a été préparé par le comité national de l’Unesco en coopération avec le secteur de conservation de la nature au sein de l’Agence Égyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE). Après l’examen, ce dossier sera envoyé à l’instance consultative de l’Union mondiale de la nature (UICN). C’est cette instance qui dépêchera les experts sur le mont Qatrânî pour évaluation. Cela aura lieu probablement en août ou en septembre prochain. Les procédures prennent du temps. Les experts qui arrivent bientôt soumettront leur rapport au comité, mais c’est en 2008 que nous connaîtrons la décision finale de ce dernier. Notre objectif est de protéger en premier lieu ce site contre les abus des touristes et de rehausser sa valeur, puisqu’il rassemble des richesses qui ne se trouvent à aucun autre endroit dans le monde », a expliqué Samîr Ghabbûr, président du comité national de l’Unesco et professeur à l’Institut des études africaines. Lors de la visite du responsable de l’expert de l’Unesco pour évaluer les richesses de Wâdî al-Hîtân (vallée des baleines), premier site égyptien placé dans le patrimoine naturel international en 2005, il a appelé à ce que ce mont soit rattaché à la vallée des baleines pour ses richesses. « D’une superficie beaucoup plus grande que celle de la vallée des baleines, Qatrânî regroupe des trésors géologiques, archéologiques et culturels. C’est dans cette région que les mammifères placentaires ont vu le jour. Il y existe onze catégories parmi 28 de ces mammifères, dont le premier éléphant sur le globe terrestre, des hippopotames, des rhinocéros, des hyracoïdes, des baleines et des singes. Sans oublier les tout premiers carnivores, la première chauve-souris vampire, qui existe de nos jours seulement aux frontières des États-Unis et du Mexique, ainsi que les oiseaux migrateurs, dont la plus ancienne cigogne. De plus, il s’agit là de la civilisation préhistorique des anciens Égyptiens », indique Yusrî ‘Atiyya, ancien directeur du musée géologique égyptien et membre du comité national de l’Unesco. Quant aux richesses culturelles, il est question des traces de l’homme de Néanderthal qui vivait sur les bords de l’ancien lac Moeris (qui s’étendait plus au nord de l’actuel lac Qârûn) depuis plusieurs millions d’années. Les carrières pharaoniques de basalte que les anciens Égyptiens de la IVe dynastie exploitaient uniquement pour construire les temples des pyramides et les vases sacrés de ces temples. « Il semble, mais ce n’est pas certain, qu’ils avaient compris d’une manière mystérieuse que cette roche est à l’origine du limon du Nil. Et puisque le Nil était sacré, cette roche, elle aussi devait l’être », affirme Ghabbûr. Afin de transporter les roches jusqu’aux pyramides, les pharaons ont construit une route de plus de 10 Km depuis les carrières jusqu’aux bords de l’ancien lac Moeris. « C’est la plus ancienne route du monde, qui existe toujours, et qui est en parfait état. Ils ont construit aussi un port au bout de cette route. Les grands blocs de roche furent mis sur les bateaux qui remontaient le lac, puis le Bahr Yûsuf, puis descendaient le Nil jusqu’à Gîza, où les roches furent déposées et finalement transportées vers le site des pyramides. Il faut faire découvrir tout cela au niveau mondial », s’enorgueillit Ghabbûr. Les trésors culturels regroupent également l’ancienne ville de Dîmah de l’ère des Ptolémées jusqu’à la fin de l’ère byzantine, et son temple de Qasr al-Sâgha. Cette ville fut une station caravanière entre la Vallée du Nil et les Oasis du désert Occidental. Elle fut également un poste militaire pour protéger la Vallée du Nil. Sans oublier l’ancien monastère copte de Dayr Abû Lîfa du IVe au IXe siècles de notre ère. Ce sont toutes ces richesses qui ont fait dire que le site mérite une protection contre les abus de certains touristes ainsi que contre les phénomènes naturels destructeurs. « La région fut abandonnée aux éléments de la nature et à la désertification qui a gagné ces territoires au Moyen-Âge », rappelle le président du comité national de l’Unesco. Pour promouvoir le tourisme scientifique et écologique de ce site, une conservation et une protection contre tout danger, notamment celui de l’intérêt de nombreux investisseurs, paraissent donc indispensables. « La conservation du patrimoine naturel et culturel est prioritaire. Ce site est d’une importance internationale majeure de part les trésors qu’il renferme sur les plans écologique et scientifique. Avec un placement dans le patrimoine naturel ou culturel ou même dans les deux, l’Égypte devrait remplir les recommandations et les engagements qu’exige l’Unesco pour ne pas retirer sa nomination. Il est hors de question d’y autoriser des projets quelconques. Il s’agit d’une utilisation et exploitation sans destruction aucune, afin de réaliser le développement durable », assure Muhammad Ibrâhîm, conseiller du ministre de l’Environnement. (Racha Hanafi, « Une autre perle à préserver », Al-Ahram Hebdo du 25 avril 2007). Dans le cadre d’un plan global de création d’une série d’entrepôts muséologiques à travers toute l’Égypte, six nouveaux magasins vont être construits. Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé que les nouveaux entrepôts archéologiques seront implantés à Aswân, Louqsor, Minyâ, Ismâ‘îliyya, Damiette et Alexandrie. Huit anciens entrepôts seront restaurés, les caméras de surveillance seront révisées dans tous les magasins et musées. Une société a été chargée de la maintenance régulière des systèmes d’alerte et de lutte contre les incendies. Toutes les pièces archéologiques entreposées dans ces entrepôts seront restaurées et enregistrées dans une base de données. Une commission présidée par le Dr Muhammad ‘Abd al-Maqsûd rédigera un rapport mensuel sur l’état de chaque entrepôt. Les pièces entreposées dans les magasins vétustes seront immédiatement transférées vers les nouveaux entrepôts muséologiques. Par ailleurs, le secrétaire général du CSA a décidé l’attribution d’une prime mensuelle fixe aux archéologues travaillant dans les entrepôts, ainsi qu’aux responsables des collections. Les plus brillants parmi eux peuvent même bénéficier de voyages pour accompagner les expositions archéologiques à l’étranger. Il est à noter que dix-huit nouveaux entrepôts muséologiques ont été construits au cours des cinq dernières années. Le plan du CSA prévoyait l’édification de trente-quatre entrepôts à travers le pays. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « Création de six nouveaux entrepôts muséologiques », al-Ahrâr du 21 juin 2007. Voir également Hishâm al-Halûtî, « Révision des caméras de surveillance dans les musées archéologiques », al-Wafd du 21 juin). Le directeur général des Antiquités du Sud-Sinaï, Târiq al-Naggâr, a confirmé l’approbation du Secteur des Antiquités islamiques pour la construction d’un entrepôt archéologique à l’intérieur de l’enceinte du Monastère de Sainte-Catherine. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 27 mars 2007). La maison d’édition Dâr Nahdat Misr et le National Geographic Society célèbrent la sortie en février 2007 du premier numéro de l’édition arabe du mensuel National Geographic pour les jeunes. Il s’agit d’une fusion entre les deux magasines américains National Geographic kids et National Geographic Young Explorer. Le président du Conseil d’administration de Dâr Nahdat Misr, Muhammad Ahmad Ibrâhîm, a annoncé la sortie d’un autre magasine du National Geographic destiné cette fois-ci aux adultes et la création d’un site Internet scientifique, en collaboration avec le National Geograhic Society. (« Édition arabe du National Geographic pour les adultes », Akhbâr al-Adab du 21 janvier 2007. Voir également « Édition arabe du National Geographic pour les adultes », al-Qâhira du 16 janvier). Agnieszka Dobrowolska : The Building Crafts of Cairo : A Living Tradition The title of this book, adorned as it is with a photograph of an aged stonecutter, may not be very appealing, but do not be deceived. It is painstakingly researched, lavishly illustrated, and beautifully designed by the author herself. DOBROWOLSKA, a conservation architect who has been living and working in Cairo for going on 15 years, has succeeded in capturing what she considers an endangered way of life and work before it is too late. “My point of view was not that of a social anthropologist or ethnographer,” she writes in her introduction, “but of a conservation architect dealing with the craftsmen on a day-to-day basis, making use of their skills or practical purposes. This approach has its limitations,” she admits, “but working with the craftsmen of Cairo has been a fascinating and enriching experience.” Fortunately for the rest of us, she has chosen to share some of the insights that she has gained from this knowledge. The result is a work at once intimate, well observed and written in lively prose. “The philosophy behind architectural conservation has been never to chance the substance of historic buildings,” DOBROWOLSKA writes. “Wherever possible, repairs [have been] done using the same materials and techniques that were used for the original construction.” This brought her into contact with a large number of people practicing traditional crafts in Cairo “in small workshops located in the same neighbourhoods since immemorial”, whose professional skills have been passed down from father to son for generations. DOBROWOLSKA became aware that the craftsmen of Cairo who had, for centuries, produced work of beauty, ingenuity and skill, were fast disappearing. The stonemasonry, marble work, blacksmithing, glassblowing, carpentry, wood turning, inlay work and gilding are produced by humble and anonymous individuals whom she came to respect. Her most recent work on conservation, a royal family mausoleum in Cairo’s City of the Dead, brought her in close touch with the people, particular the craftsmen and their families whom she learnt to admire. “My point of view was not that of a social anthropologist or ethnographer, but of a conservation architect dealing with the craftsmen on a day-to-day basis, making use of their skills for practical purposes,” she says. The author set out to compare the crafts practised today with the records of early 19th century European travellers. It soon became clear, however, that while many of the early travellers were interested both in ancient and contemporary Egypt, the everyday work of craftsmen usually fell outside their field of view. “Even as meticulous and involved an observer as E W LANE wrote about different products of Egyptian industries, but not about their fabrication,” DOBROWOLSKA points out, adding, “the sole exception in this respect is the French Description de l’Égypte I decided to pick up where JOMARD (who prepared a sub•section entitled Art et Métiers) left off, and use the classification of Description de l’Égypte to describe the building crafts of present-day Cairo.” Very elegant and well illustrated book, a survey that takes in the masons and stonecutters of yesterday with contemporary photographs of the craftsmen and the elegant structures they produce ; DOBROWOLSKA writes appreciatively about the lavishly decorated marble interiors of Mamluk and Ottoman buildings “with jigsaw patterns of interlocking marble pieces of dado decoration on the walls, and beautifully patterned floors” and admits that it is still not known who designed them stonecutters, architects, or master builders. From the slaking of lime to the people who worked in gypsum, from the cutting of timber to specialisation in carpentry, from inlay craftsmen to glassmakers and gilders, all covered with an eye to the smallest detail and in obvious appreciation of the “living tradition”. DOBROWOLSKA has provided Arabic translations throughout, a clear indication of her command of the language of the people with whom she has been working. “I have been fortunate,” she writes, “that my desire to document the traditional builders’crafts in Cairo could be carried out as a project of the Nederlands-Vlaams Instituut in Cairo, financed by a grant from the Delegation of the European Commission in Egypt and the Royal Netherlands Embassy in Cairo.” The Building Crafts of Cairo is no ordinary publication. It has an elegant text interspersed with numerous photographic illustrations, appropriate line drawings, and its final form and design is the work of Mirvat Wahîb at the Virgin Graphics Company, and the AUC Press. This is a book which will appeal to scholars and lay public alike, and which has the added advantage, all too rare these days, of being in a compact, manageable and light format. Moreover, The Building Crafts of Cairo succeeds in capturing these endangered ways of life and work before it is too late. (Jill KAMEL, “Endangered talents”, Al-Ahram Weekly du 11 janvier 2007). Z â h î H a w w â s : Mountains of the Pharaohs : The untold story of the Pyramid Builders Zâhî Hawwâs, a larger-than-life character who stands at the helm of the Supreme Council of Antiquities (SCA), has authored and co-authored several hefty publications on various aspects of ancient Egypt. Mountains of the Pharaohs is different not only because it is a conventionally sized book, a mere 24 x 16cms and only half a kilogramme in weight but also because it is written in narrative form and geared to the general public. Hawwâs has used a literary device to grasp the attention of an unprofessional audience. He has begun each chapter with an engaging imaginary scene written in italics. [ ] Hawwâs gives special thanks to Trace MURPHY, whom he met at the Metropolitan Museum of Art in New York, for inspiring him to write a popular book on the history of the Fourth Dynasty, something which has never been done before. He met the challenge head on. Who better to write about the Pyramid Age ? Hawwâs has been working steadily at Gîza since 1987, and not only instituted the Pyramids Master Plan for the long-term safety and preservation of the ancient monuments, but has made many wonderful discoveries there. “One of the achievements of which I am most proud is the Sphinx Conservation Project,” he says of the decade-long effort, which was completed in 1997. Hawwâs asserts that the Pyramids and their attendant Sphinx at Gîza are often taken out of contact, treated as if they had appeared magically and stand alone, while they are, in fact, the culmination of a long sequence of development that began hundreds of years earlier with the tombs of the earliest kings and princes of Egypt and accelerated rapidly during the century before the reign of Khufu. “By piecing together our bits of evidence tombs, texts, reliefs, bones, and everyday objects,” Hawwâs writes in the Introduction to his Mountains of the Pharaohs, “we can create a picture of the world of the great Pyramid builders. There will be large gaps and faint places, and even outright mistakes that will be corrected as more evidence emerges from the sands of Egypt, but our picture is already full and vibrant. I must warn you now that there will be no aliens, no mysterious people from Atlantis, in this world ” he stresses. “The Pyramids were built by native Egyptians in the third millennium BC by the very men and women whose bones we are now finding in the sands nearby. Scholars may argue about the details, but the basic facts are irrefutable.” [ ] A new theory, proposed by French architect Jean-Pierre HOUDIN, is not ignored. HOUDIN suggests that this spiral ramp actually lay just inside the outer face of the Pyramid, and it is worthwhile noting that Hawwâs does not neglect to include up-to•date theories, which are scattered throughout the text. This may be a historical narrative, but it is based on the most up-to-date observations presented in an engaging and lucid manner. Unique to Khufu’s complex is the arrangement of his boat pits. These are also covered in the narrative, including the southern pit discovered by Egyptian archaeologist Kamâl al-Mallâkh in 1954 where the wooden boat was found in pieces and reconstructed by conservator Hâgg Ahmad Yûsuf. Hawwâs does not neglect to write about the episode when the National Geographic Society inserted a camera into a boat pit on the Gîza plateau in 1988 and found that it contained another dismantled boat. He includes the conservation work carried out on this pit by the Japanese, and the many different theories about the functions of Khufu’s five boat pits. [ ] This is a book that brings the Pyramid age to life as never before, and while Hawwâs thanks Andrew CORBIN, Martha SCHWARTZ, and Janice KAMRIN for their assistance, as well as his own assistant Târiq al-‘Awadî, this has clearly been a labour of love. For centuries the great Pyramids have inspired theories about their origins, purpose, and methods of construction. Scholars and archaeologists, astronomers and painters, poets and travellers, have all had their say on these wonders of the ancient world. Mark LEHNER’s The Complete Pyramids, published in 1997, is a definitive and authoritative sourcebook for scholars, students, and travellers alike. So what, we are tempted to ask, does Hawwâs’s Mountains of the Pharaohs : The Untold Story of the Pyramid Builders contain that is new ? Simply, it is a gripping story of the royal family who were responsible for the creation of these mighty monuments, and it presents a unique view of the Pyramid Age written by a scholar who argues forcefully that they were built by skilled craftsmen who took pride in their work. [ ] This is an important book. Hawwâs reveals that the Pyramid projects were important unifying forces for the country as a whole. He shows that the workshops attached to them were in fact schools to teach arts and crafts, and that the workmen came from all over the country to participate in Pyramid building, bringing with them local customs and picking up the habits and styles of the capital and thus creating “a national culture”. He points out that the vast royal estates were tools for redistribution in a land where the population was dependent on agriculture and animal husbandry, and that all those involved in the Pyramids or royal cults rites were paid from the products of these estates the men and women of the court were rewarded for their loyalty and excellent service from these public treasuries. What led to the collapse of one of the most powerful royal houses in the history of the world ? Hawwâs covers this too, in his Conclusion. No more convincing theory has yet been presented. (Jill KAMEL, “The Pyramids revealed”, Al-Ahram Weekly du 1er février 2007. Voir également Amira Samir, « Les montagnes en pierre carrée », Al-Ahram Hebdo du 13 juin). Nicholas J. Saunders : Alexander’s Tomb The epic exploits of Alexander the Great have been memorialised in fiction, films and biographies. His military genius and colourful personality, not to mention his unexplained death and multiple burials, have long held fascination. There has been no end of speculation as to why his mortal remains were carried far and wide from Babylon where he died in 323 BC at the age of 32 and where his mummified body lay in state for two years ; to its transportation to Macedonia, when it was hijacked en route by his trusted general Ptolemy and taken to Memphis, the sprawling city on the banks of the Nile. The body was subsequently transported to Alexandria where Ptolemy had built a grand mausoleum, the Soma, for Alexander’s remains. Nicholas SAUNDERS, British archaeologist, social anthropologist and the author of Alexander’s Tomb : The Two Thousand Year Obsession to Find the Lost Conqueror, has endeavoured to unlock one of the mysteries of the ancient world what happened to the body and where it was buried. He points out that the move from Memphis to Alexandria was “a pivotal moment in Egypt’s 300-year transition from native Pharaonic grandeur to the advent of Roman rule”, and points out that, despite a good deal of search and study, “we cannot be sure when it occurred or, in fact, who was responsible The ancient writers are silent on exactly where Ptolemy finally buried Alexander and are vague about the funeral.” In Chapter Four of his book, entitled “Who moved Alexander’s Corpse”, SAUNDERS tries to untangle the thread of speculation. “Ptolemy had the future of Alexander’s body and tomb firmly in his sights from the beginning,” writes the author. “He buried the king in Memphis (no doubt in an attempt to legitimise his position as Pharaoh of Egypt and sanctify his rule) with a vision of later moving the body to a grand tomb in Alexandria,” and points out that while Alexander lay in Memphis, Ptolemy built the Soma for his remains so that, after the transference of the body, the deification of Alexander, the Macedonian conqueror, could be combined with Ptolemy’s own. In other words, “by promoting himself as Alexander’s heir, Ptolemy created a sacred genealogy linking himself to the ancient line of Egyptian Pharaohs with Alexander as the linchpin Only when it was finally laid to rest in his eponymous city (i.e. Alexandria) amid cult and grandeur, could Ptolemy propel the living god on a journey into the future.” Ptolemy’s invaluable ally in this whole design, writes SAUNDERS, was the high-ranking Egyptian Priest MANETHO “who schooled him in the bizarre cults and practices, and the confabulations of myth and history that fascinated Egypt’s new Macedonian ruler”. The body of Alexander was an important and potent relic that drew thousands of visitors to the Mediterranean capital and seaport. SAUNDERS writes that, “touring the body” was de rigueur for visiting royalty, diplomats, generals, scholars and the merely curious during the three centuries of Ptolemaic rule. “Disembarking from ships, dismounting from horses, or walking through the city’s marbled streets, eager pilgrims were drawn to Alexander’s tomb All gazed on (it), though not on the mummy itself enclosed in its grotto, where the cool temperature helped preserve it.” The tomb remained an attraction even after the Roman conquest in 30 BC. Caesar himself set a precedent when he reputedly wept over how little he had achieved in comparison to Alexander, who had conquered the known world at the age of 32. Octavian was forthright in his desire to see Alexander’s body itself, not just his tomb, and “he ordered the sarcophagus to be brought forth from its inner sanctum and after gazing on it, showed his respect by placing upon it a golden crown and strewing it with flowers.” These two emperors blazed a path to Alexander’s tomb that was trodden by Roman emperors who visited Egypt later, including Septimus Severus (193-211 AD) who, for some unknown reason, turned Alexander’s tomb into a secret repository for books and manuals on magic and alchemy. Indeed, bitter conflict between rival Christian factions in the third century brought about the ruin and abandonment of large areas of Alexandria, but what subsequently happened to the tomb is not known because, SAUNDERS says, “the ancient sources are silent.” However, “by 298 [AD] Alexander’s tomb had entered the realm of rumour and legend, half-truths, possible sightings, romance, and deception.” The last mention of the grand mausoleum, SAUNDERS adds, was made by John CHRYSOSTOM (340-407 AD), one of the most eloquent and influential of the early church philosophers, who launched a bitter attack on Alexander’s tomb in a homily on St Paul’s Epistle to the Corinthians. He asks a rhetorical question : “Tell me, where is the tomb of Alexander ? Show me, tell me the day on which he died.” The truth will probably never be known. Not, that is to say, unless the body is found. And herein lies the widespread and ongoing interest in its discovery : it has long been an object of archaeological obsession, not for the treasures, which were almost certainly looted long ago but for the body of Alexander himself. He was, after all, a demi•god, and after his death the Roman emperors promoted his divinity by visiting his tomb because they wanted to be associated with his greatness. Conspiracy theories were rife in Greek and Roman times. Two traditions arose : one, that the death of the conqueror was natural, and the other that it was suspicious. Why the body itself was embalmed remains another mystery, since it broke with royal Macedonian tradition. Andrew STEWART, author of Faces of Power : Alexander’s Image and Hellenistic Policies, provides an interesting translation of an ancient text : “Alexander’s embalmed body was lifted into a golden coffin lined with scented herbs. Perdiccas [guardian of Alexander’s heirs], according to one account, placed Alexander’s body in the casket, covered it with a robe and purple cloak, and tied the royal diadem across his forehead. The body was anointed with perfumes mixed with honey, and the sarcophagus was draped with a purple cover.” SAUNDERS travelled for decades, carrying out research and taking notes in Greece, Turkey, and Egypt, but his journeys only served to raise new questions and strengthen his interest in this towering historical figure. “For over twenty years,” he writes, “the idea of Alexander the Great’s tomb has been a fascination. It was less an interest in discovering the tomb or its site, than of searching for its traces in the world, tracking its influence on history, and charting the lives and times of the various characters and personalities who have been associated with it.” Alexander’s Tomb brings together thousands of years of conjecture, combining a detailed chronological account of the history of the tomb with the first publication of new discoveries. Using maps and discussions of where the walls of Alexandria stood, and how they changed, SAUNDERS lays out the most likely possibilities. New research is now revealing hitherto unrecognised evidence, and there is excitement in some academic circles. Andrew CHUGG, author of The Lost tomb of Alexander the Great, has written a magnanimous review of SAUNDERS’s book, crediting the author with breaking the facts about Alexander’s death and early tomb locations and commenting that the illustrations were well presented, relevant and useful, and that most had not been seen elsewhere. CHUGG did say, however, that he had approached the book with a slight “worry” at the author’s claim, “be it all in a small chapter of the book”, that the body of Alexander was in Venice. SAUNDERS refers to the much•publicised claim made by the Greek archaeologist Liana SOUVALTZI in 1995 to the effect that she had discovered Alexander’s tomb in Sîwa Oasis. SOUVALTZI announced that three limestone tablets were inscribed with the tale of Alexander’s poisoning and how Ptolemy had taken his body to the oasis for burial. She went public with the discovery, but her lectures were not well received. SAUNDERS describes in detail the growing furore that followed a visit to Sîwa by representatives of the “Antiquities Association” and a group of experts who at first confirmed her discovery as “unique” and “really Macedonian”. She also describes a subsequent visit by Greek delegates from the minister of culture in Athens who were “unconvinced” ; and, finally, the “flurry of activity and acrimonious edge (that) unsettled the Egyptian Supreme Council of Antiquities, which quickly convened a second press conference distancing themselves from this embarrassing media circus.” It amounts to a fascinating chapter about the gradual crumbling of SOUVALTZI’s credibility, the questioning of her professionalism, and the final exploding of her hypothesis when the Greek inscriptions were translated by specialists. Alexander’s tomb is as powerful an idea, as it ever was as a physical place, SAUNDERS says. “It has been a lodestone for the world of classical paganism, Christianity, and Islam, and a sorcerer’s stone for history, archaeology, and the tortured politics of the modern world. Alexander’s life was short, but the aftermath of his death some three hundred years before Christ is surely the longest post-mortem affair in human history. The search for the tomb is an epic tale whose final chapter remains unwritten.” Indeed, the disappearance and fate of the tomb of Alexander is among the most momentous and tantalising of all the mysteries we have inherited from the ancient world. There has been a never-ending quest for his final resting place. Generations of archaeologists and historians have succumbed to the allure, yet have so far failed to find convincing answers. In recent years conspiracy theories have given way to an equal number of scientific explanations. New research is revealing hitherto unrecognised evidence and providing some fresh insights into the burial and disappearance of the body of Alexander, which is creating renewed excitement in some academic circles. In a review of SAUNDERS’s book, Bob BRIER, senior research fellow at Long Island University, wrote : “There is no shortage of potential sites for the lost tomb. The most notorious is, of course, the sarcophagus in the British Museum that Napoleon’s savants believed was Alexander’s. Later, when hieroglyphs were deciphered, it was revealed that the sarcophagus was carved for Nectanebo II, the last native ruler of Egypt. So it’s not Alexander’s. Or is it ? Nectanebo fled Egypt and never used it, so it is possible that Ptolemy buried Alexander in the vacant royal sarcophagus. There was even a faint rumour that Nectanebo was Alexander’s father.” SAUNDERS, who studied archaeology and social anthropology in the United Kingdom and who has taught and written numerous books on these topics, offers in Alexander’s Tomb the epic tale of the ongoing quest to unlock this great mystery of the ancient world. He is less interested in discovering the site of the tomb than in searching for its traces in the world, tracking its influence on history, and charting the lives and times of the various characters and personalities who have been associated with it for 2,000 years. This is an important book, well written, and fascinating in its content. When SAUNDERS’s book was published, Publisher’s Weekly carried a tantalising review, lauding him for deftly chronicling the various searches for Alexander’s tomb from antiquity to the present, and adding that the author’s “lively prose drew readers into this compelling tale of conquest, political intrigue and the aura surrounding one of history’s great heroes”. This alone would ensure an enthusiastic general readership, but now that the book has also been reviewed in “Editor’s Pick” in Archaeology Magazine, sales can also be expected to rocket among Egyptology enthusiasts. (Jill KAMIL, “Alexander’s lost tomb”, Al-Ahram Weekly du 17 mai 2007). The National Egyptian Book and Manuscript Organization (Dâr al-Kutub wa•l-wathâ’iq al-qawmiyya) has recently finished digitalizing a number of its maps and periodicals as well as most of its rare manuscripts, in addition to 50,000 books on Arab heritage. Material will be available online, as part of the first online national library. Dâr al-Kutub Chairman Muhammad Sâbir ‘Arab announced last month that the library is a step toward joining the international digital library project, making Egypt the only Arab country to sign up for the project to date. The development, he added, is only one in a number of innovations introduced to Dâr al-Kutub, celebrating the centenary of the library this month. The celebrations will culminate in the opening of a new Dâr al-Kutub in Bâb al-Khalq area. (“Heritage Online”, Egypt Today, 1er janvier 2007). Le Premier ministre, Dr Ahmad Nazîf, a approuvé l’implantation d’un nouveau projet d’investissement à Louqsor, qui vise à créer la première salle de projection IMAX au Moyen-Orient, permettant de visionner des films 3D grâce à des lunettes spéciales. Ce projet sera réalisé par le National Geographic Society, réputé pour ce type d’installation cinématographique. Le président du Conseil suprême de Louqsor, Dr Samîr Farag, a révélé que cette nouvelle salle sera dédiée à la projection des films historiques qui retracent l’histoire de la civilisation égyptienne à travers les différentes époques. (Muhammad al-Gîlânî, « Nouveau cinéma à Louqsor », al-Ahrâr du 28 juin 2007). After years of bureaucratic wrangling that saw most international film productions heading to Jordan or Morocco for location shooting, Egypt’s Media Production City recently announced that an international film on ancient Egypt’s queen Cleopatra would be partially filmed in its studios. Yûsuf Sharîf Rizqallah, head of international productions at Media City, revealed that Syrian-American director Jalal Marhi would be on his way to visit Cairo in April to scout locations and cast Egyptian actors to co-star in the film. The four-week shoot will begin in May. But the red tape is still very much uncut, and permission from Egyptian censorship is pending. Approval will take place after the production company submits the film script. Cleopatra is only the first in Historical Legends, a series of 10 films chronicling the youth of historical figures. (Manal el-Jesri & Sherif Awad, “Pharaoh Fanatics”, Egypt Today, 1er avril 2007). Une équipe du National Discovery Channel tourne actuellement un documentaire sur l’évacuation des habitants d’al-Qurna, afin de permettre la découverte de 950 tombes pharaoniques. L’équipe américaine se rendra dans le nouveau village al-Târif pour y enregistrer le quotidien de ces familles ainsi que de longues interviews avec les responsables des Antiquités et le président du Conseil suprême de Louqsor, Dr Samîr Farag. (« Film américain sur les habitants d’al-Qurna », al-Ahrâr du 31 janvier 2007. Voir également Haggâg Salâma, « Le National Discovery Channel retrace l’expérience égyptienne dans l’évacuation des habitants d’al-Qurna », al-Wafd du 27 janvier). Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé le parachèvement du site Internet du CSA. Ce portail fournira des informations sur les activités menées par chacune des administrations. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 27 mars 2007). La compagnie allemande Plateforme C lance un projet visant à créer gratuitement un site Internet pour le Musée Égyptien et à former quelques employés du musée dans le domaine de la saisie informatique et la mise à jour des informations. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 février 2007). Les contributions de la civilisation arabe et islamique en sciences médicales Le National Center for Documentation of Cultural and Natural Heritage (CULTNAT) propose un nouveau support pour connaître le patrimoine scientifique des Arabes. Il s’agit d’un CD en langues arabe, anglaise et française, qui se compose de manuscrits de 7 ouvrages de médecine sélectionnés parmi 1 087 manuscrits médicaux arabes, turcs et perses se trouvant à la Bibliothèque nationale d’Égypte (Dâr al-Kutub). 275 auteurs, traducteurs, organisateurs et collecteurs ont contribué à la rédaction de ces manuscrits, ainsi que 195 transcripteurs. Comme le mentionne le titre, cette œuvre traite des écrits des savants, éclairés par une lumière divine et qui ont assuré cette importante mission d’apprendre et d’enseigner les sciences à autrui. L’histoire de ces savants qui ont formé la civilisation musulmane est riche dans différents domaines du savoir, et c’est en médecine que leur contribution fut la meilleure. Cette notoriété des Arabes dans l’histoire de la médecine est due à l’habitude qu’ils avaient de relancer les études théoriques de civilisations antérieures. C’est le cas notamment des œuvres du célèbre médecin grec GALIEN (IIe siècle), considérées comme l’apogée des études médicales, qui furent traduites en langue arabe. Les œuvres des Arabes et des musulmans en médecine, existant sous forme de manuscrits, sont trop nombreuses pour pouvoir être énumérées avec exactitude. Cependant, nous avons hérité de nombreuses œuvres qui illustrent la contribution des médecins arabes et musulmans à l’histoire de la médecine mondiale. Ce CD renferme les œuvres de 7 savants, parmi lesquels Yahya Ibn ‘Îsa Ibn ‘Alî Ibn Gazla al-Baghdâdî Abû ‘Alî ( -493 de l’hégire), un chercheur de Bagdad qui a rédigé en 52 pages un sujet concernant « le renforcement de son corps par l’homme ». C’était un chrétien qui s’est converti à l’islam en l’an 466 de l’hégire. Il était le chef de la médecine de son époque. Cette œuvre se présente sous forme de tableaux qui démontrent les différentes maladies, leurs noms, leurs diagnostiques, leurs causes, leurs symptômes, et les moyens de leur guérison. Ce manuscrit est en couleurs et orné d’or. En outre, Ibn al-Baytâr ‘Abdallah Ibn Ahmad al-Mâlikî ( -646 de l’hégire), le guide des botanistes et des phytothérapeutes, écrit Mémento d’Ibn al-Baytâr en 110 pages. Né à Malaga, en Andalousie, il collectait les plantes, les étudiait et les classifiait. Il a visité dans sa jeunesse plusieurs pays. Ce livre comprend des schémas de scalpels, d’outils chirurgicaux et des schémas de cautérisation des cicatrices. De même, il y est mentionné le nom de certaines maladies et leur traitement. Les médicaments sont classés par ordre alphabétique, afin d’accéder plus facilement à l’information désirée. De même, Hanîn Ibn Isaac al-‘Abadî Abû Zayd (194-260 de l’hégire), qui est né à Bagdad, écrit une Thèse sur la composition de l’œil en 227 pages. Il maîtrisait les langues grecque, syriaque et perse au point qu’il devint le guide de cette science linguistique parmi les traducteurs, notamment avec sa maîtrise de la langue arabe. Il était poète et utilisait la langue avec éloquence. Cette thèse a pour sujet la structure de l’œil, sa nature, ses différentes parties, sa composition et le nombre de ses muscles. En plus d’un schéma de l’œil, ses maladies et ses remèdes. Puis ‘Umar Ibn Hasan Ibn ‘Umar al-Sinubî ( -1159 de l’hégire), Romain, surnommé al-Shifa‘î, était un médecin qui a habité Rawsah où il a écrit La Guérison des maladies (307 pages). Ce manuscrit est composé de trois chapitres. L’auteur mentionne à la fin de cet ouvrage quelques fleurs et quelques herbes utilisées dans la guérison de quelques maladies de son temps. Parmi ces herbes, une graine nommée Bastabal indien qui aide à l’évacuation aisée de l’urine en cas de difficulté urinaire ou d’infection des voies urinaires. Ainsi, GALIEN (120-200 apr. J.-C.) était-il fameux à Rome. Il était doué en philosophie et toutes les sciences mathématiques. Il a abandonné la médecine et fit de longs voyages autour du monde. Il a écrit le Livre de Thériaques en 47 pages, traduit après par Yahya al-Iskandarânî. Ce livre porte des tableaux, des schémas explicatifs et des encadrements transcrits par Ahmad Ibn ‘Alî Ibn Yûsuf en 995 de l’hégire au mois de muharram. Également, Abû Nasr Abî al-Khayr le Marocain, médecin parmi les plus distingués en formation médicale, écrit Réserve de l’herboriste dans le vocabulaire d’Ibn al-Baytâr en 118 pages. L’auteur mentionne ici le nom de la maladie, les remèdes utilisés pour la guérir et les résultats du traitement. Et Ibn Masihî ( -658 de l’hégire) écrit Résumé sous forme de questions-réponses en 72 pages. Cet auteur était un des fameux physiciens de son époque. Ce livre présente les problèmes médicaux sous forme de questions et de réponses. Enfin, les savants musulmans et arabes ont contribué à l’évolution des concepts médicaux et de la pratique médicale, ce qui a fait de la médecine une science académique dans toutes ses dimensions. (Thérèse JOSEPH, « Le dictionnaire médical des Arabes », Al-Ahram Hebdo du 7 mars 2007). Hopkins in Egypt Today US Egyptologist Betsy BRYAN is sharing her work with the world through an online diary, detailing the day-to-day life at an archaeological dig. Starting Friday and through late February, visitors to “Hopkins in Egypt Today” Web site (www.jhu.edu/neareast/egypttoday.html) will find photos of BRYAN and her colleagues working on Johns Hopkins University’s 12th annual excavation at the Mut Temple Precinct in Luxor, Egypt. The exploration centers on the Egyptian New Kingdom, known as the “golden age” of Egyptian temple building. This is the seventh year BRYAN and her team will be excavating the area behind the temple’s sacred lake, where in previous years their finds have included industrial and food processing installations such as granaries and bakeries. BRYAN said the goal of the Web site is to educate visitors by showing them elements of archaeological work in progress. The Web site usually records more than 50,000 hits every winter when the dig is active. The site will resume in June when BRYAN will be working with a larger team, including students from Johns Hopkins and several stone conservators. (AFP, “Archaeological dig Web site diary offered”, Middle East Times du 19 janvier 2007). La reine soleil Distribution companies often run afoul of censorship heavies over international blockbuster releases, but over a cartoon film ? Officials at the Supreme Council of Antiquities (SCA) have taken offense at French animated film La reine soleil (The Princess of the Sun, 2007), the Good News Group’s latest import. In the film, princess Akhesa, daughter of eighteenth-dynasty Pharaoh Akhenaten, enlists the help of Tutankhamun to search for her exiled mother Queen Nefertiti. Pursued by the Pharaoh’s enemies, the teenagers survive a torrid desert trek and capture by the mercenary Zannanza. (Sherif Awad, 1er “Animated Ancients”, Egypt Today, avril 2007. Voir également Kâmiliyâ ‘Atrîs, « Le scénario de La reine soleil est fantaisiste », Sabâh al-Khayr du 13 mars ; Usâma Fârûq, « Le CSA proteste contre La reine soleil », Akhbâr al-Adab du 18 mars ; Âlâ’Hamza, « Good News Group distribue un film français contenant des erreurs historiques », al-Usbû‘ du 2 avril). [ ] Trouble was brewing over at the Supreme Council of Antiquities (SCA), which last month objected to the historical content in the French-Belgian animated feature The Princess of the Sun, currently showing in Cairo theaters. SCA Secretary-General Zâhî Hawwâs had reportedly called for a committee to view the film, which is based on the era of Kings Akhenaten and Tutankhamun. The committee is said to have ruled that the film is full of historical inaccuracies and that the events portrayed in the film are very different from the political, historical, religious and military events of the era. The committee has asked the distributing company, GoodNews4Me, to include a message clarifying that the events of the film are imaginary and bear no resemblance to Ancient Egyptian history. (Manal el-Jesri & Sherif Awad, “Pharaoh 1er Fanatics”, Egypt Today, avril. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Un film français propage des erreurs mortelles sur les pharaons », al-Ahrâr du 9 mars ; Ahmed LOUTFI, « La saga trépidante d’Akhet et de Tout », Al-Ahram Hebdo du 21 mars). On the Pyramids Plateau, the French film, The Princess of the Sun, premiered after all the disputes about it had ended. The world premiere took place in Egypt three weeks before it premiered in France. In the presence of Egyptian Minister of Culture Fârûq Husnî and French Ambassador to Egypt Philippe COSTE, Good News Group presented the film, marking the return of French movies to Egyptian cinemas. The film, created by an award-winning team, is an animated, action•comedy, which, as far as possible, respects history. The costumes and props are especially faithful to the originals. [ ] “People should bear in mind that the purpose of art is to entertain in the first place. People should always check the information they get from films,” critic Yûsuf Sharîf Rizqallah told The Gazette. “Personally, I’m not a specialist in ancient Egyptian history and the clarification at the beginning tells me not to take any information for granted,” he said. The film is the first based on a novel by bestselling French author Chritian JACQ. With a doctorate in Egyptian Studies, JACQ has written more than 50 books inspired by ancient Egyptian civilisation. Philippe LECLERC, the director of the film, wanted it to be new and unique, different from Hollywood animations. He aimed at making a movie that would entertain and reflect ancient Egyptian lifestyle. “I’ve read a lot about this period of Egyptian history. The costumes and the details are true to everyday life back then,” he said. “I’ve tried to convey the importance of religion for ancient Egyptians”. (Nehal el-Sherif, “French films make a comeback to Egypt”, The Egyptian Gazette du 16 mars. Voir également ‘Isâm ‘Atiyya, « Le comité de Zâhî Hawwâs n’a pas compris le film et n’a même pas lu le scénario ! », Âkhir Sâ‘a du 14 mars). Mémoire du Monde Un titre évocateur, celui de l’atelier qui vient d’être tenu dans les locaux du National Center for Documentation of Cultural and Natural Heritage (CULTNAT), avec la coopération de la Ligue arabe, du ministère égyptien des Télécommunications et de la Technologie de l’information, et de l’Unesco. Le but est de rassembler toutes les institutions et les fondations des pays arabes concernées par la documentation et la publication du patrimoine culturel arabe. Cet objectif serait atteint, notamment en encourageant la production de copies numérisées et de catalogues disponibles sur Internet, ainsi qu’en publiant et en diffusant livres, CD, DVD et autres produits aussi largement que possible. Les participants qui représentent une dizaine de pays arabes (citons entre autres l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Soudan, la Tunisie et le Yémen) ont ainsi discuté et identifié les différents moyens et solutions à travers lesquels ils peuvent œuvrer ensemble pour enrichir le contenu électronique du patrimoine arabe sur le réseau international de l’Internet. « La présence arabe sur le réseau de l’Internet est très faible dans le domaine des sites traitant le patrimoine. La majorité du contenu des sites Web qui aborde le patrimoine arabe est en général diffusé en langue anglaise, ou même en d’autres langues, dont rarement l’arabe. C’est une honte que les générations arabes connaissent leur patrimoine et leur histoire à travers des sites non-arabes dont on ne connaît ni la fin ni la mission », souligne Fathî Sâlih, directeur du CULTNAT. Et d’ajouter : « On s’est réunis aujourd’hui pour trouver les moyens de créer un projet sous l’égide de la Ligue arabe pour la numérisation du patrimoine arabe, qui est l’un des plus importants trésors que possède notre région, berceau des civilisations. On doit donc commencer à construire, pour les générations arabes futures, un contenu arabe qui aille de pair avec notre civilisation antique et impressionnante ». Ce projet pilote, qui porte le nom de La mémoire du monde arabe, avait été mené suite aux recommandations du premier atelier tenu en Égypte en novembre 2005. Il avait recommandé le recours au travail collectif pour documenter ce patrimoine arabe. « C’était, en fait, la recommandation principale du premier atelier qui a affirmé la nécessité de trouver un projet arabe commun pour le patrimoine. Ainsi, a-t-on effectué aujourd’hui tout ce qui concerne l’infrastructure primitive et les cadres communs du travail nécessaires pour lancer un tel projet », souligne Fathî Sâlih. Lors du deuxième atelier, on a donc abordé la façon par laquelle on peut réaliser le projet : des organismes régionaux et internationaux ont présenté à leur tour leurs efforts déployés dans ce domaine et l’utilisation de la technologie de l’information dans la documentation des mémoires collectives. On a aussi traité l’utilisation de la technologie de l’information pour numériser et diffuser les mémoires collectives et les problèmes qui peuvent surgir. Les ressources culturelles et éducatives du monde entier sont de plus en plus produites, distribuées et consultées sous format numérique, au détriment du support papier. « Le patrimoine sur support numérique original, qu’il s’agisse d’un journal en ligne, d’une page Web ou d’une base de données en ligne, fait donc partie intégrante du patrimoine de l’humanité. Cependant, du point de vue technique, l’information numérique risque d’être rapidement obsolète ou de se dégrader. L’instabilité de l’Internet présente des risques supplémentaires pour le savoir accumulé en format HTML », explique ‘Abd al-‘Azîz ‘Ubayd, directeur du programme Mémoire du monde à Paris. Cet atelier a, par ailleurs, accentué les efforts déployés par les pays arabes participants au projet dans le domaine de la documentation du patrimoine culturel arabe et les façons par lesquelles ils ont pu assiéger les expériences à cet égard. Chaque pays participant a cependant exposé son expérience dans ce domaine. En fait, de grands projets ont été déjà réalisés. L’Égypte a, de son côté, présenté les projets exécutés par CULTNAT. Il s’agit d’abord de sept grands projets de la documentation provenant de différents genres du patrimoine culturel. Citons : la carte archéologique de l’Égypte, la documentation du patrimoine architectural, les manuscrits scientifiques de l’époque islamique, la mémoire photographique de l’Égypte, le patrimoine musical et le folklore égyptiens. « La priorité de CULTNAT est de se concentrer sur le patrimoine égyptien, mais on adopte, en effet, d’autres projets de documentation du patrimoine en coopération avec d’autres institutions et organismes internationaux et régionaux », souligne Fathî Sâlih. Les archives nationales des photos historiques est un projet pilote de l’Arabie Saoudite présenté lors du deuxième atelier par le Dr Zâhir ‘Uthmân, directeur général de la fondation al-Turâth (le patrimoine) à Riyad. L’idée de ce projet consiste à documenter environ 67 000 photos historiques des archives saoudiennes, les restaurer et les numériser sur deux phases (27 000 photos et images durant la première phase et 40 000 durant la deuxième). Ce sont, en fait, des photos rares et très importantes qui comprennent entre autres les photos de manuscrits uniques et documents concernant le grand pèlerinage, les deux mosquées al-Harâm (celle de La Mecque et celle de Médine), les archives du Coran, qui représentent les phases du développement des manuscrits coraniques à travers les différentes périodes de l’époque islamique. Le projet saoudien a commencé en 1969 à publier et à établir des programmes spécialisés pour la sauvegarde du patrimoine islamique, dont un programme pour la documentation et la restauration des anciennes mosquées d’Arabie Saoudite. Il s’agit d’une soixantaine de mosquées dans les différents gouvernorats du Royaume. « Les technologies de la numérisation des sites Web nous aident beaucoup dans notre travail de documentation du patrimoine. Elles nous servent surtout à faire connaître le patrimoine au plus grand nombre de destinataires. La numérisation est un moyen extrêmement fort pour la diffusion. Les informations et les images circulent aisément sur le réseau de l’Internet », explique le Dr ‘Abd al-‘Azîz ‘Ubayd. Certes, le projet Mémoire du monde arabe vient en fait dans le cadre du grand programme Mémoire du Monde lancé par l’Unesco et visant la conservation et la diffusion des collections d’archives et de bibliothèque partout dans le monde. « Il est temps que les pays arabes possèdent un projet commun pour la documentation de leur patrimoine qui est une affaire régionale très importante, surtout qu’on est à l’ère de la numérisation et l’on sera dans une impasse si les générations futures ne trouvent pas un contenu arabe convenable pour sauvegarder leur patrimoine et leur civilisation », conclut Fathî Sâlih. [ ] L’Unesco a lancé le programme Mémoire du monde afin d’éviter l’amnésie collective et de promouvoir la conservation des collections d’archives et de bibliothèque partout dans le monde et d’en assurer la plus large diffusion. L’Unesco a mis en place ce programme en 1992. « Cette mise en œuvre est d’abord née de la prise de conscience de l’état de préservation alarmant du patrimoine documentaire et de la précarité de son accès dans différentes régions du monde. La guerre et les troubles sociaux, conjugués à une grave pénurie des ressources nécessaires aux activités de préservation et de conservation, ont ajouté à des difficultés vieilles de plusieurs siècles », indique le Dr ‘Abd al-‘Azîz ‘Ubayd, directeur du programme Mémoire du Monde à Paris. D’importantes collections dans le monde ont souffert de divers dommages : pillage et dispersion, trafic illicite, destruction, locaux et financement inappropriés ont contribué à mettre ce patrimoine en péril. De nombreux documents ont disparu à jamais, de nombreux autres sont en péril. Heureusement, il arrive que des documents manquants réapparaissent. « La mission du programme Mémoire du Monde consiste à faciliter la conservation du patrimoine documentaire mondial avec les techniques les mieux appropriées, à mieux faire prendre conscience, partout dans le monde, de l’existence et de l’intérêt du patrimoine documentaire, et à aider à assurer un accès universel au patrimoine documentaire », souligne le Dr ‘Ubayd. Par ailleurs, plusieurs projets pilotes ont été lancés, mettant à profit certaines techniques modernes pour reproduire des documents d’origine du patrimoine documentaire sur d’autres supports. (Ces derniers englobent, par exemple, un cédérom reproduisant un manuscrit du XIIIe siècle La Chronique de Radzivill qui retrace les origines des peuples d’Europe, et Memoria de Iberoamerica, un projet d’archivage de journaux sur microfilms mené conjointement par sept pays d’Amérique latine). Ces projets ont permis d’élargir l’accès à ces éléments du patrimoine documentaire et ont contribué à leur préservation. Mais, comment proposer une inscription au registre de Mémoire du Monde ? Les propositions d’inscription sur le registre peuvent être soumises par toute personne physique ou morale, y compris les gouvernements et les ONG. Aucune limite n’est prévue quant au nombre de ces propositions d’inscription ou des partenaires participants. De manière générale, les propositions d’inscription uniques se limiteront à deux par pays tous les deux ans. En outre, deux pays, voire davantage, pourront soumettre des propositions d’inscription conjointes lorsque les collections se répartiront entre plusieurs propriétaires ou dépositaires. Le registre Mémoire du Monde est la liste de toutes les collections du patrimoine documentaire qui ont été identifiées par le Comité consultatif international lors de ses réunions (tenues tous les deux ans) et approuvées par le directeur général de l’Unesco comme répondant aux critères de sélection d’intérêt universel. Le registre de Mémoire du Monde ne peut pas inclure tous les documents des archives privées et publiques, quelle que soit l’importance de ces institutions ou individus. Les dépositaires devraient proposer à l’inscription au registre de Mémoire du Monde uniquement les documents qui relèvent clairement de l’intérêt universel. Une fois ajouté à ce registre, le groupe de documents ne peut pas être changé ou redéfini même avec le temps. Ce principe accepté, cependant, la nature éphémère de certains matériels tels que des supports audiovisuels doivent être reconnus parfois, ce qui survit même avec le temps peut être le contenu plutôt que le support original qui se délabre. Le 31 mars 2008 est le dernier délai pour soumettre vos nouvelles propositions d’inscription au registre de Mémoire du Monde. Ces propositions seront examinées courant 2008/2009. (Amira Samir & Samah Ziad, « Les Arabes numérisent leur mémoire », Al-Ahram Hebdo du 2 mai 2007. Voir également Ramadân ‘Abd al-‘Âl, « Numérisation de la Mémoire du Monde arabe », al-Ahrâr du 20 avril). Des jeunes ont découvert fortuitement une momie humaine à l’intérieur d’une étable dans la région al-Sabt dans l’oasis de Khârga. Selon les spécialistes dépêchés par le Conseil Suprême des Antiquités, la momie remonte à l’époque romaine. Elle sera entreposée dans les magasins du temple al-Nâdûra à al-Khârga. (« Découverte d’une momie d’époque romaine dans la Nouvelle Vallée », al-Qâhira du 9 janvier 2007. Voir également “Roman mummy found in New Valley”, The Egyptian Gazette du 7 janvier ; Khâlid ‘Izz al-Dîn, « Momie d’époque romaine », al-Akhbâr du 7 janvier). Vases canopes présumées de Ramsès II One of the star exhibits at the Louvre’s Egyptology wing, a collection of four jars said to have contained the embalmed organs of Egypt’s greatest Pharoah, Ramses II, have a sadly less glamorous vintage. The beautiful turquoise-blue earthenware pots, emblazoned with Ramses’name in hieroglyphs and with incantations to the gods Mut and Amon, are genuine. But the belief that they held Ramses’preserved innards to help ease the Pharoah into the afterlife is false, French investigators say. Writing in an upcoming issue of the Journal of Archaeological Science, a team led by chemist Jacques CONNAN of the Louis Pasteur University in Strasbourg carried out molecular tests and carbon-dating on two samples of residue scraped from two jars. Chromatography and mass spectrometry showed that one of the samples was an unguent, or scented oil, made from pine oil and animal fat. It was dated to 1035 BC, plus or minus 50 years, an era called the Third Intermediate Period. Ramses, though, had died in 1213 BC, between 128 and 228 years earlier. The other sample, an orange-yellow compound, was found to comprise pure vegetable resin and was used for embalming. But carbon dating put its antiquity to the Ptolemaic period, at around 275 BC. CONNAN believes that the jars were first used as vessels, or situlae, to store sacred cosmetics in the temple of Ramses II, which explains the unguent. They were then reused much later as canopic jars for storing embalmed organs. The fact that the individual’s preserved organs were kept in a jar once earmarked for Ramses II suggests that this person may have been important, he believes. “These results clarify a controversy which has been lasting over a century,” observes CONNAN. “The famous blue-glazed faience jars are not the canopic jars of Ramses II but are confirmed as situlae, which were reused at least twice : first to store unguents during the Intermediate Period and later to store embalming packages of an unknown person during the Ptolemaic period.” The claim that the jars held Ramses’remains dates back to 1906, a year after the jars entered the Louvre’s collection. Two of the jars were untouched, and two had been opened. A doctor in Lyon, charged with investigating the pots, took out a linen•wrapped package from one of the jars and found that it contained muscular tissue that he identified as a heart. Because Ramses’inscription, or cartouche, was on the side of the pot, the presumption was that these were the Pharaoh’s canopic jars. Some Egyptologists had doubts, though. Under the rituals of ancient Egypt, embalmers left only one organ, the heart, inside the mummy, so that it could be weighed in the afterlife by Thoth, the ibis-headed god considered the supreme arbiter of good and evil. In 1985, the skeptics gained ground when Ramses’mummy was indeed found to contain his heart. (AFP, “Louvre’s Pharoah jars are not what they seemed”, Middle East Times du 15 mars 2007. Voir également « Ramsès II n’avait qu’un seul cœur ! », al-Wafd du 7 mars). Momie présumée de Néfertiti When I was conducting the CT scan on the mummy of Tutankhamun in the Valley of the Kings in 2005, I thought I would take the opportunity to scan all the unidentified mummies in the valley. Three mummies are located in the tomb of Amenhotep II (KV35). Scholars have differing opinions concerning the identities of these mummies, but one in particular was the star of the media over the past three years. A CT scan was taken of it ; this, which essentially goes inside the mummy and captures approximately 1,700 images. The British archaeologist Joann FLETCHER identified it as Queen Nefertiti. The CT scan of this mummy was studied by Ashraf Silîm, professor of radiology in the Faculty of Medicine at Cairo University. Recently, Brando QUICILI made a new film about Nefertiti for National Geographic. This film was intended to uncover the real facts behind the most famous queen of Egypt. Abbie HARPER was also enthusiastic to present all the evidence cited by FLETCHER in the Discovery Channel film and also what has been written about the famous Egyptian queen. Now, it is time to present the evidence that we have discovered from the study of the CT scan, which will prove that the younger lady discovered in KV35 cannot be Nefertiti. The principal piece of evidence that FLETCHER used in her identification was to match the disarticulated “bent royal arm” (the one which lies at the mummy’s feet) with the body. She claimed that this disarticulated forearm with its clenched fist, found amongst the wrappings, was the arm that belonged to the mummy. Her evidence was based on the straight right arm, found lying beside the body, which was “too long”. Also, the bone density was different from the attached left arm, whereas the bone density of the royal forearm was more similar. Furthermore, she used the bent right arm and not the left as evidence that it wasn’t “Nefertiti” but it was in fact the Pharaoh Smenkhare. She offered no suggestions as to why only the forearm was found, and not the complete arm. However, the radiologists could more accurately measure the dimensions of both disarticulated arms from the new CT scan. They discovered that, in fact, the straight arm was almost exactly the same length as the attached left arm, whereas the royal forearm was somewhat shorter. They also explained that the probable reason why FLETCHER had assumed the straight arm was too long was that she had not taken into account the gap left by the fracture in the upper right arm. Once this gap was subtracted, the total length of the right arm is the same as the attached left arm. The radiologists also found that there was practically no difference in the bone density of the straight arm and the attached arm. FLETCHER also suggested that the facial trauma to the mummy was caused through malice and occurred post-mortem, which is evidence of the hatred felt towards Nefertiti. Other members of FLETCHER’s team suggested that the trauma could be pre•mortem but this was not really explained or confirmed by them. However, the CT scan study indicated that the trauma to the left cheek was almost certainly post-mortem, and definitely occurred before embalming. The evidence introduced by the CT scan concluded that this mummy was, therefore, almost certainly not a royal mummy of a queen, although she could have been a princess. The mummy was therefore unlikely to be Nefertiti. (Zâhî Hawwâs, “Nefertiti”, Al-Ahram Weekly du 3 mai 2007). The facial trauma found on a certain mummy known as the “young lady”, one of three discovered in the tomb of Amenhotep II (KV35) in the Valley of the Kings, was used by Joann FLETCHER as the main evidence for the damage being caused by malice and perpetrated post-mortem, in revenge against Queen Nefertiti. This conclusion does not make any sense, because anyone who wanted to take revenge on the mummy of Nefertiti could damage the entire mummy rather than make this small cut on the face. However, there is new evidence from the CT scan performed on the mummy to suggest that the trauma to the left cheek of the young lady’s face was almost certainly done post-mortem, occurring before the embalming process. The evidence cited for the post• mortem trauma was : first that the bone, skin, and muscle fragments were pushed inwards, down into the wound and not outwards (as would happen if the mask had been ripped off the face). Ashraf Silîm, professor of radiology in the Faculty of Medicine at Cairo University, says it would be impossible to push the dry, embalmed tissues down and have them maintain their integrity without being broken off, suggesting that this happened before the body was embalmed. Second, the wound was cleaned and there were no loose bone or flesh fragments within the cavity, as one would expect if the wound occurred after embalming. Third, there were bony fragments deep within the nasal cavity beneath the layer of resin, implying that the fracture had happened before embalming. Fourth, the violence of the wound made it seem unlikely that it was committed by the embalmers. Paul GUSTORER, another radiologist, suggested that this trauma was very similar to a wound that he had seen on a patient who had been kicked in the face by a horse. Victor LORET, who discovered the mummies in the tomb of Amenhotep II (KV35) in 1898, also found a wig in the tomb lying near the mummies. FLETCHER located this wig in the Egyptian Museum in Cairo. It is in the Nubian style which, according to FLETCHER, was worn by Nefertiti. However, there is no evidence to connect the wig with the “young lady” just because it was found in the same tomb. It is also important to remember that Nefertiti was not the only royal woman of Amarna to wear the Nubian wig. There is also evidence that Kiya, the mother of Tutankhamun, wore the wig. Concerning the double piercing on the left ear of the young lady, FLETCHER stated that this double piercing occurred only in depictions of Nefertiti and one of her daughters, and not on other females. The mummy does indeed have a double piercing in her left ear. However, she is not the only known mummy to have a double piercing. For example, it also occurs on the mummy of Thuya, mother of Queen Tiye. FLETCHER also stated that the finds associated with the embalming of the mummy showed evidence that the mummy dated to the 18th Dynasty. The presence of what appeared to be nefer beads was noticed on the X-ray ; these were used on necklaces in a later part of the 18th Dynasty. In the report on the mummy, we also noted that the mummification style was very different from that of King Tut. Concerning FLETCHER’s main point, that she has found the missing right arm and that this arm was flexed in the royal position of a king, the CT scan showed that both arms were actually extended beside the body and that the right arm had two breaks, one in the upper arm and one at the wrist. The flexed right arm was completely separated from the body, and Silîm said that it definitely did not belong to that mummy. The CT scan confirmed that the mummy known as the “young lady” was a female and not a male as previously suggested. FLETCHER also concluded that the young lady was 30 years old. The CT scan concluded that the mummy was actually between 25 and 35 years of age. The last two points of evidence are similar, but all the other evidence suggests that this mummy cannot be Queen Nefertiti. In this respect, we must close this subject and begin to make further studies to identify our “young lady”. (Zâhî Hawwâs, “Dig Days : Nefertiti II”, Al-Ahram Weekly du 17 mai). Momie présumée d’Hatchepsout Yet as a result of the relocation of royal mummies by 21st Dynasty temple priests during the Third Intermediate Period the whereabouts of Hatshepsut’s mummy has long been a mystery. It was not among the royal mummies discovered in 1881 and 1898 in the Valley of the Kings, nor in the unfinished tomb KV20, built for her as the official wife of king Thutmose II. When Howard CARTER explored the tomb in 1920, he found two empty sarcophagi ; one for Hatshepsut and the second for her father, Thutmose, along with some of Hatshepsut’s funerary objects, which were transferred to the Egyptian museum in Cairo. In 1903, CARTER found the tomb of Siter In, Hatshepsut’s wet nurse. Two sarcophagi were found in KV60, one for Siter In and the second containing an unknown female’s mummy. CARTER paid little attention to the tomb. Three years later KV60 was re-entered by Edward AYRTON, who removed the mummy of Siter In to the Egyptian museum, where it joined other royal mummies as part of the royal funerary collection. It was not disturbed again until 1989, when anthropologist Donald RYAN found it in more or less the same condition as CARTER and AYRTON, with the second, unidentified mummy lying down near the core of the burial chamber. The well preserved fat woman with dyed long hair was wrapped in linen, her right arm crossed over her chest a sign of royalty while her left arm was laid beside her. A few years later, in her book about the Valley of the Kings, Elizabeth THOMAS would suggest the mummy left inside KV60 was that of Hatshepsut. She had several reasons for doing so : the mummy dated from the 18th Dynasty and was in royal pose ; a part of Hatshepsut’s wooden mummy mask had been found inside KV60 ; Hatshepsut was known to have requested that people close to her be buried alongside her. There was also the small hole found in the mummy’s chin, suggesting that a fake beard had been attached at some point. While the circumstantial evidence seems compelling, it remained circumstantial. The tomb was closed once again. Two years ago the Supreme Council of Antiquities (SCA) launched its five-year mummy project, involving CT scans of a vast number of mummies, the one in KV60 among them. “At the Valley of the Kings I went to see KV60 with Egyptologist Salima IKRAM to examine the mummy for a television documentary,” wrote Zâhî Hawwâs, secretary-general of the SCA, in an article, “The quest for the mummy of Hatshepsut”, published last year on his official website. They made their way to the burial chamber down a set of rough stairs and an undecorated tunnel with niches on both sides, and entered the unfinished burial chamber with difficulty. “It might have been a perfect place to hide mummies in the Pharaonic period,” wrote Hawwâs. Three caches of royal mummies have been found in the Valley of the Kings : KV35 in 1898 ; KV55 in 1907 ; and the tomb of Horemheb in 1908 ; neither these, nor the royal mummy cache discovered at Dayr al-Baharî, have ever been associated with Hatshepsut. Hatshepsut’s mummy © Brando Quilici “Despite THOMAS’s suggestion that the mummy left behind in KV60 is Hatshepsut and RYAN’s support for such a hypothesis, I do not believe that this mummy is Hatshepsut,” writes Hawwâs, explaining that the mummy is very fat with huge pendulous breasts, and the position of her arm is not convincing evidence of royalty. Hawwâs instructed curators at the Egyptian Museum in Cairo to look for the second mummy found by CARTER and moved by AYRTON in 1908. They found it on the third floor of the museum. Examinations revealed that the badly damaged coffin is typical 18th Dynasty and among the inscriptions engraved on it is “wr Sdt nfrw nswt In, [great royal nurse In].” The mummy inside is 1.5m tall while the coffin is 2.13m, suggesting that the coffin was not originally intended for the mummy it contains. “The obese mummy still in the tomb is significantly taller, and would fit much better in the coffin,” says Hawwâs. The examination also revealed that the mummy in the Egyptian Museum has her right hand by her side and the left hand across her abdomen, with the hand closed as if it was originally holding something. She was mummified in fine linen, with the fingers wrapped individually. The toes were evidently wrapped together ; this wrapping has been torn away, as if the robbers were looking for gold. The woman was eviscerated through a U-shaped incision in the abdomen. She has long curly hair remaining on her head. There is also a mass of linen at the bottom of the coffin but this is not of the same quality. “I think the face is quite royal, and believe that anyone who sees it will have the same reaction,” concluded Hawwâs in his article. He suggests that in the Third Intermediate Period, during the 21st Dynasty, the priests moved the mummy of Hatshepsut to KV60, which was possibly cut in the 18th Dynasty but never used. The priests moved Hatshepsut’s mummy for security reasons, as they did with many mummies in the valley. According to Hawwâs the big-breasted mummy in KV60 may well be the wet nurse, the original occupant of the coffin at the Egyptian Museum, while the mummy on the third floor of the Egyptian Museum could be Hatshepsut. In an attempt to end such speculation, the mummy was moved to the Egyptian Museum in Cairo where it was subjected to CT scans and other examinations. Talking at the Metropolitan Museum during the inauguration of the Hatshepsut exhibition, Hawwâs said that while they had considered DNA testing the problem is that “there are mistakes about 40 per cent of the time. We might, though, experiment with an Egyptian team, with the mummy of Thutmosis II and with the mummies thought to be of Hatshepsut. If they are related, maybe this will settle the issue.” Examinations are now in their final stages and Hawwâs will declare which is the mummy of Hatshepsut at the end of this month during an international press conference at the Egyptian Museum. (Nevine El-Aref, “Queen for a day”, Al-Ahram Weekly du 14 juin 2007. Voir également “Mummy of Hatshepsut identified”, The Egyptian Gazette du 27 juin ; Amal al-Gayyâr, « La momie d’Hatchepsout dévoilée », al-Ahrâm du 27 juin ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Aujourd’hui, l’Égypte tranche la polémique autour de la momie de la reine Hatchepsout », al-Ahrâr du 27 juin). Il n’est pas inintéressant de relever que jusqu’au 18 juin 2007, le Dr Hawwâs continue à affirmer ne pas croire à cette hypothèse et que « jusqu’à présent, il n’existe aucune preuve scientifique probante confirmant les allégations de la découverte de la momie de la reine Hatchepsout au Musée Égyptien. [ ] Il faut encore un mois et demi pour que l’équipe de chercheurs, qu’il dirrige lui-même, puissent aboutir à des résultats concluants ». (« Hawwâs nie la découverte de la momie de la reine Hatchepsout », al-Wafd du18 juin ; Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Hawwâs : Rien ne prouve que la momie conservée au Musée Égyptien est celle d’Hatchepsout », al-Masrî al-Yawm du 18 juin ; Ashraf Mufîd, « Examen scientifique et archéologique de la momie d’Hatchepsout au Musée Égyptien », al-Ahrâm du 18 juin). Toutefois, à peine dix jours plus tard, le secrétaire général du CSA annonce « la plus importante découverte dans l’histoire de l’Égypte ancienne » : Zâhî Hawwâs looks at a mummy identified as Queen Hatshepsut before a news conference at the Egyptian museum in Cairo June 27. © (REUTERS) More than 300 foreign and Egyptian journalists, TV crews, photographers, Egyptologists and scientists gathered in front of the Egyptian Museum hoping for a glimpse of the mummy of Egypt’s best known female ruler, Hatshepsut. The object of their interest lay in a sandstone sarcophagus, one arm folded across her chest, a face frozen in the mask of death : thus it is that Queen Hatshepsut silently greets her visitors after spending 3,500 years unattended inside the modest undecorated tomb of her Wet Nurse Sittre-In (KV60), located in the Valley of the Kings on Luxor’s West Bank. Ever since Howard CARTER discovered the tomb in 1903 and found two well preserved 18th Dynasty female mummies in royal pose, speculations that one of them was Hatshepsut have regularly emerged. The whereabouts of Hatshepsut’s mummy has been one of the great riddles of Egyptology. It was not among the cache of royal mummies found in 1871 and 1881 in Dayr al-Baharî, nor in the unfinished tomb KV20, planned for her in the Valley of the Kings in her capacity as the official wife of Thutmose II. Hatshepsut’s empty sarcophagus was discovered it is now in the Egyptian Museum alongside that of her father, Thutmose I, also empty and now in Boston. Some of Hatshepsut’s funerary objects Canopic jars and ushabti figurines have also been discovered, and a small wooden box supposedly containing her liver. But the whereabouts of the female Pharaoh’s own mummy has always been a subject of conjecture. In KV60 a small female mummy was found inside an 18th Dynasty sarcophagus inscribed with the name of Hatshepsut’s royal Wet Nurse Sittre-In. Alongside the sarcophagus, lying on the floor, was a second mummy, of an obese woman with a shaved forehead and long hair at the back of her head. The arms were laid across the figure’s chest, and the hand was clenched a classic royal pose. But CARTER paid little attention to the tomb, continuing instead with his search for the final resting place of the boy-king Tutankhamun. In 1906, when Edward AYRTON re-explored the tomb and removed what was thought to be Sittre-In’s mummy, along with her sarcophagus, to the Egyptian Museum, the obese woman was left alone in the tomb until 1989, when anthropologist Donald RYAN recleared KV60. With the launch two years ago of the Supreme Council of Antiquities (SCA) five•year mummy project, involving CT-scans of a large number of mummies, it was decided the obese woman of KV60 should be among them. “Last year, when Discovery Channel approached me about searching for the mummy of Hatshepsut, I did not think I would be able to make a definite identification but it would give me an opportunity to examine unidentified female mummies from the 18th Dynasty, which no one has studied as a group,” SCA Secretary-General Zâhî Hawwâs told Al-Ahram Weekly. He pointed out that although there were many theories about the identities of these mummies none of them had been tested against the latest scientific technology. “I had to depend on a team of skilled Egyptologists, radiologists, anatomists, pathologists and forensic expert,” Hawwâs continues, “to examine these mummies, keeping in mind that they were moved quickly at night by the high priests of Amun who controlled the Theban necropolis during the Late Intermediate Period, and who wanted to hide and preserve the bodies of 18th, 19th and 20th dynasty rulers. The priests might have stripped the mummies and the royal tombs of their most valuable treasures yet still they wanted to protect the royal remains from the tomb robbers who roamed the sacred hills of Thebes.” In their hurry, Hawwâs believes, mummies were misplaced or unidentified. Initially the royal mummies were rehoused in nearby tombs records show, for instance, that the mummy of Ramses II was originally moved to the tomb of his father Seti I and then later transferred to the Dayr al-Baharî Cache. “It is difficult to plot the routes followed by the mummies,” says Hawwâs. In the process of moving the corpses and the confusion that ensued some, at least, were unidentified, while others were stripped of all identification. “The SCA initiated the CT-scan project in order to solve at least some of the mysteries that grew out of the relocating of mummies,” says Hawwâs, “and Hatshepsut seemed a perfect place to start.” The four female mummies that were subjected to CT-scan © Brando Quilici Efforts to identify the mummy of Hatshepsut began last year when four unidentified New Kingdom royal female mummies were examined. The mummy thought to be that of Sittre-In, housed in its sarcophagus double the size needed for the corpse on the third floor of the Egyptian Museum, was also examined, along with two additional unidentified New Kingdom mummies originally found in the cache of 1881 at Dayr al-Baharî. The first, designated as “Unknown Woman B”, was of an older woman, bald in front and with the remains of white curly hair and fake black locks attached. “At first glance it seemed not to be royal but CT-scans revealed that the arms were originally crossed over the chest, a sign of royal mummification,” says Ashraf Silîm, professor of radiology at Cairo University. Scans also revealed the second mummy, “Unknown Woman A”, had been mummified in an unusual position. The head is bent to one side, the legs crossed below the knees and her mouth is wide open, suggesting she suffered some kind of trauma at the time of her death. Her left leg is broken in the front and her arms have been cut off, possibly by thieves. Mummies believed to be most closely related to Hatshepsut were also scanned, including those thought to be of Thutmose II and III. The first was Hatshepsut’s husband, and probably her half-brother, the second her stepson. The result of the scans, reveals Hawwâs, shows that Thutmose II was suffering from heart disease, which led to his early death. The mummies thought to be those of Hatshepsut’s father and her grandmother, Thutmose I and Ahmose-Nefertari, were also scanned. Hawwâs said that CT-scans indicate that the mummy, which was once believed to be that of King Thutmose I, Hatshepsut’s father, is not actually his. The scans show that the mummy belongs to a young man who was not placed in the royal pose of mummification, and had the remains of an arrow embedded in his chest, implying that he had been killed, whereas Thutmose I died of natural causes. The mummy is that of a man who died at the age of 40, making it impossible for him to be Hatshepsut’s father. That left only the mummy of the obese woman found in KV60. Four months ago it was moved to the Egyptian Museum for scanning. Examinations showed the woman was about 50 years old and had suffered tooth decay and a number of other illnesses. She was diabetic, and could have died from complications from her diabetes, or from the results of a 2cm wide tumour in her left leg, says Silîm. The wooden box that preserved the liver and molar of Hatshepsut © Brando Quilici Following the mummy scans, Hawwâs ordered a re-examination of funerary objects associated with Hatshepsut, including Canopic jars found in tomb KV20 and a small wooden box bearing her cartouches found with the DB320 cache. “The box eventually held the key to the riddle,” says Hawwâs. To his surprise it contained, in addition to the mummified viscera, a single tooth, a molar. During the process of embalming, anything associated with the body or its mummification was ritually preserved in a box and had to be buried properly. It seemed, therefore, that during the mummification of Hatshepsut the corpse had lost a tooth, which the embalmers placed in the box. Galâl al-Buhayrî, professor of orthodontics at Cairo University, examined the CT scans of the four unidentified female mummies to check whether any of them had a missing molar. To everyone’s surprise, the obese mummy from KV60 was missing a tooth, and the hole left behind matched the tooth found in the box from DB320. “The mummy of the obese woman, then, is really that of Queen Hatshepsut,” says Hawwâs. Minister of Culture Husnî told the Weekly that the identification of Hatshepsut was an important milestone in Egyptology, and that the use of high-tech equipment could lead to solving other riddles, including the whereabouts of the mummies of Akhenaten and his wife Nefertiti. “Identifying the mummy of Queen Hatshepsut and resolving the mystery of her death, and that of members of her family will result in rewriting an important part of ancient Egyptian history, especially that of the 18th Dynasty, which witnessed several drastic shifts in religion, politics, trade and economy,” Husnî told the reporters crowded at the entrance of the Egyptian Museum to witness the event. He added that the “marriage” between modern technology and archaeology has resulted in important findings, which helped resolve the enigma surrounding some of the ancient Egyptian royals. Two years ago, the mystery behind Tutankhamun’s death was resolved, and, as well, the diseases he suffered from. Hawwâs struck a deal with Discovery Channel to establish a DNA lab in the Egyptian Museum. With a budget of $5 million, the lab serves as the backdrop for a documentary film on the search for Hatshepsut. Supervised by Yahya Zakariyyâ Gâd, professor of molecular genetics at the National Research Centre, the lab has already taken DNA samples from Hatshepsut, her grandmother Ahmose Nefertari, her father Thutmose I and the Wet-Nurse Sitre-In. After finally being identified, the mummy of Hatshepsut will now join those of her ancestors and descendants on the Egyptian Museum’s second floor. (Nevine El-Aref, “Back in the limelight”, Al-Ahram Weekly du 28 juin. Voir également Alain NAVARRO, “Bad tooth solves mystery of Egypt’s Pharaoh queen”, Middle East Times du 27 juin ; Ihab Shaarawy, “Hatshepsut mystery solved”, The Egyptian Gazette du 28 juin ; Rafik Baracat « Hatchepsout a su tracer son époque au fil du temps », Le Progrès Égyptien du28 juin ; Fathiyya al-Dakhâkhnî, « La molaire d’Hatchepsout tranche la polémique autour de sa momie », al-Masrî al-Yawm du 28 juin ; Muhsin Samîka, « Découverte de la momie de la reine Hatchepsout », al-Wafd du28 juin ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Les secrets de la reine Hatchepsout enfin dévoilés », al-Ahrâr du 28 juin). © Brando Quilici/Discovery Channel/Focus/Cosmos L’annonce de cette découverte a aussitôt suscité de nombreuses réactions dans le monde de l’égyptologie : Kathryn BARD, égyptologue au Boston University, a confié au New York Times : « Il convient d’être prudent lorsqu’il s’agit de toute information concernant Hatchepsout. La confusion entre l’identité de nombreuses momies est traditionnellement liée aux événements politiques ayant suivi leur disparition ». (Muna Yâsîn, « La mise au jour de la momie d’Hatchepsout attise l’égyptomanie en Europe et aux États-Unis », al-Masrî al-Yawm du 30 juin). [ ] However some Egyptologists, like Salima IKRAM, a professor of archaeology at the American University in Cairo, believe that the analysis may not necessarily be conclusive. Professor Donald RYAN, of the Pacific Lutheran University, who rediscovered the tomb in 1989, however, said that Hawwâs is doing a “very good job and the results, whatever they might be, should be intriguing.” (Alain NAVARRO, “Mummy of Hatshepsut 'identified'”, Middle East Times du 26 juin. Voir également Amânî ‘Abd al-Hamîd, « L’ADN ne résoudra pas l’énigme d’Hatchepsout ! », al-Musawwar du 8 juin ; “Tooth leads Egypt to Hatshepsut mummy”, Middle East Times du 27 juin). Comme lors de chaque découverte archéologique majeure, une polémique s’engage à propos des droits de transmission télévisuelle, généralement accordés aux chaînes satellitaires américaines au détriment de l’Union égyptienne de radiodiffusion et de télévision (ERTU) : [ ] Zâhî Hawwâs a, cette fois-ci, fait une bonne affaire : donner l’exclusivité d’un documentaire à la chaîne Discovery Channel contre la construction d’un laboratoire d’ADN au Musée du Caire. Cette initiative a coûté 5 millions de dollars à la chaîne américaine connue pour son soutien au travail de la communauté scientifique. Discovery Channel a donc créé et équipé le premier laboratoire de tests d’ADN antiques, situé au Musée du Caire en Égypte. Le laboratoire ADN sera utilisé non seulement pour extraire et comparer l’ADN nucléaire et mitochondrial de la momie d’Hatchepsout et des momies de sa famille, mais il sera aussi utilisé par les scientifiques pour examiner de futures découvertes en Égypte et tenter de clarifier les liens de parenté au sein des familles royales. La chaîne de télévision France 5 a obtenu en exclusivité la diffusion, prévue pour septembre prochain, du documentaire événement (85 minutes) du réalisateur argentin Brando QUILICI, qui, pendant plusieurs mois, a pu suivre l’équipe de médecins légistes ayant scruté les momies anonymes du Conseil Suprême des Antiquités. Le film raconte la passionnante enquête archéologique et scientifique qui a permis d’aboutir à l’authentification de la pharaonne. (Hala Fares, « La nouvelle vie de Hatchepsout », Al-Ahram Hebdo du 4 juillet). [ ] Des responsables du CSA nient avoir accordé au Discovery Channel l’exclusivité du documentaire sur Hatchepsout. La chaîne américaine partage ce droit avec l’ERTU, afin que les téléspectateurs égyptiens puissent, eux aussi, comprendre leur histoire nationale. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « Le CSA nie avoir accordé au Discovery Channel l’exclusivité du documentaire sur Hatchepsout », al-Ahrâr du 29 juin). Dans une mise en scène digne d’un péplum, Zâhî Hawwâs a retiré d’un geste vif un des drapeaux égyptiens qui masquaient deuxmomies. « Et voilà Hatchepsout ! », a-t-il dit en désignant celle de droite. © AFP Lors de sa conférence de presse tenue il y a quelques jours au Musée Égyptien, le secrétaire général du CSA a annoncé une surprise stupéfiante en s’appropriant la découverte de la momie d’Hatchepsout. Alors que tout le monde sait parfaitement que cette découverte est due à une égyptologue britannique. D’ailleurs, Dr Hawwâs est le premier à savoir que c’est Elizabeth THOMAS qui avait affirmé, il y a deux ans, que la momie conservée au Musée Égyptien appartient à la reine Hatchepsout. Hawwâs l’avait alors attaquée et sévèrement critiquée dans les journaux et les télévisions satellitaires. Et voilà le même Hawwâs qui, aujourd’hui, organise une conférence de presse “internationale” pour révéler SA nouvelle découverte, qui va à l’encontre de nombreuses vérités scientifiques et, en plus, qui n’est pas digne d’un grand archéologue comme lui. [ ] Depuis sa nomination en 2002 à la tête du CSA, Hawwâs ne cesse de combattre ceux qui ne partagent pas ses opinions, en les accusant de le haïr et de dénigrer l’archéologie égyptienne. La réaction de Hawwâs a consisté à bannir et à marginaliser d’éminents archéologues égyptiens et étrangers. Ce fut le cas lors du transfert contesté du colosse de Ramsès II du centre-ville le 25 août 2006, comme de l’exploration robotique controversée de la pyramide de Chéops. Mais Hawwâs n’en a cure. Celui qui adore la propagande médiatique plus que la prunelle de ses yeux surtout les médias étrangers a vendu l’exclusivité du documentaire sur Hatchepsout au Discovery Channel. Sur les écrans de cette chaîne, Hawwâs roule les mécaniques avec son inséparable chapeau. Il y parle anglais avec la mégalomanie de celui qui s’est autoproclamé unique porte-parole de l’archéologie égyptienne. Mais, lorsque Hawwâs parle, tout le monde doit la fermer ! (Mustafa Shihâta, « Zâhî Hawwâs : le gars des Antiquités ! », al-Dustûr du 30 juin). - - II -MUSÉES Discover Islamic Art in the Mediterranean Complexe du sultan al-Mansûr Qalâwûn (684 H/1285) Egyptian Ministry of Culture today launches Museum With No Frontiers, the world’s largest museum of 18 virtual exhibitions. These exhibitions give visitors an insight into the great Islamic dynasties of the Mediterranean, together with their fascinating cultural and artistic heritage. A total of 204 monuments and sites, as well as 603 artifacts from 14 countries, tell the story of the protagonists of the Islamic Mediterranean from AH 41 (AD 661), when the Umayyad Caliphate in Damascus was established, to the end of the Ottoman Empire in AD 1922. The 18 Virtual Exhibitions were conceived by a team of museum curators from both sides of the Mediterranean. More than 90 experts contributed to the creation of this new offering from the www.discoverislamicart.org Virtual Museum. For the first time, visitors will be able to look at the region’s history from a shared perspective and to approach the rich and varied world of Islamic art and architecture, following the great themes of Islamic civilisation as presented by its direct heirs. Available in eight languages Arabic, English, French, German, Italian, Portuguese, Spanish and Turkish the Discover Islamic Art in the Mediterranean Virtual Exhibition cycle is divided into three sections. The first section consists of exhibitions dedicated to the great Islamic dynasties the Umayyads, the Abbasids, the Fatimids, the dynasties of the Muslim West, the Ayyubids, the Mamluks and the Ottomans. The second section consists of exhibitions with transverse themes such as Figurative Art, Arab Calligraphy, the Role of Women, Geometric Decoration, Water, Pilgrimage and Floral and Vegetal Decoration. The third section consists of exhibitions dedicated to points of contact between the histories of Europe and the Islamic Mediterranean : the Crusaders, Mudejar Art, Siculo-Norman Art in Sicily and Western influences in Ottoman lands. The Virtual Exhibitions are accompanied by a richly illustrated 272-page book, with 22 chapters written by 39 authors from 14 countries, providing complementary information on the same topics and presenting them in a larger historical context. Published in the same eight languages, the book is available in bookshops all over Europe and the Mediterranean and via the Internet. (Hassan Saadallah, “Browsing Islamic art”, The Egyptian Gazette du 19 avril 2007. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « 14 pays participent à l’inauguration du premier musée virtuel sur l’art islamique », al-Masrî al-Yawm du 20 avril ; « Lancement du plus grand musée islamique virtuel ! », Akhbâr al-Adab du 22 avril). [ ] Chacune des 18 expositions virtuelles a été conçue par une équipe composée de conservateurs de musées des deux rives de la Méditerranée. Plus de 90 experts ont participé à l’élaboration de cette nouvelle offre du Musée Virtuel consacrée à l’art islamique en Méditerranée. « Pour la première fois, le visiteur aura ainsi la possibilité de connaître une vision partagée de l’histoire et d’approcher l’univers extrêmement riche et varié de l’art et de l’architecture islamiques suivant les grandes thématiques de la civilisation islamique présentées par ceux qui en sont les héritiers directs. Par exemple, le Maroc, représenté dans le Musée Virtuel Discover Islamic Art par 35 monuments et sites ainsi que 50 objets provenant de douze musées marocains coordonnés par le Musée archéologique de Rabat, a partagé avec l’Algérie, l’Espagne et le Portugal la conception des expositions virtuelles consacrées à l’Occident musulman et à la Décoration géométrique », explique In‘âm Silîm, coordinatrice du projet Discover Islamic Art en Égypte. Outre les expositions virtuelles, une collection permanente réunissant 1 235 objets, monuments et sites de 14 pays offre de nombreux « liens thématiques » entre les éléments exposés ainsi que la possibilité de mettre chaque élément en relation avec des événements historiques correspondant à la période de création du monument ou de l’objet en question. Une brève description ciblant un public non spécialisé est disponible en arabe, anglais et français, ainsi que dans la langue locale de chaque pays. Une version intégrale en espagnol sera achevée d’ici mai 2007. Chacune des à peu près 8 000 images peut être agrandie, permettant ainsi de découvrir des détails qui, notamment pour les objets d’art, ne pourraient pas être perçus autrement. La visite de toutes les sections et des composants est gratuite. « Les visiteurs désireux d’approfondir la connaissance de l’art et de l’architecture islamiques ont la possibilité d’accéder à une banque de données rédigée par les conservateurs de chaque pays. Disponible dans les mêmes langues que la collection permanente, chaque notice comprend également une sélection bibliographique permettant surtout à des étudiants d’élargir les recherches », estime In‘âm Silîm. En plus de nombreuses illustrations, des plans sont disponibles pour la plupart des monuments. La section des musées partenaires fournit un bref profil ainsi que les coordonnées de chaque musée ou collection et permet de visualiser séparément les objets versés par le musée concerné à la collection commune abritée au sein du Musée virtuel. Les Liens recommandés permettent d’orienter le visiteur dans sa recherche d’informations spécifiques sur un thème précis. Les expositions virtuelles sont accompagnées d’un ouvrage richement illustré de 272 pages. Vingt-deux chapitres rédigés par 39 auteurs de 14 pays proposent une lecture complémentaire des mêmes thématiques tout en les intégrant dans un contexte historique encore plus vaste. Également disponible en huit langues, le livre est en vente en librairies dans toute l’Europe et dans le bassin méditerranéen ainsi que sur Internet. (Amira Samir, « À la visite de 18 dynasties islamiques », Al-Ahram Hebdo du 2 mai). Musée du Louvre Papyrus médical égyptien Papyrus médical égyptien du Nouvel Empire. © Musée du Louvre/Georges Poncet. Un papyrus médical égyptien du Nouvel Empire, véritable « manuel de médecine », pourra être admiré dès mercredi par les visiteurs du Musée du Louvre, a annoncé le ministère français de la Culture. Le papyrus, qui se présente sous la forme de huit feuilles qui constituaient à l’origine un rouleau d’une longueur estimée à sept mètres, doit être remis lundi soir par la ministre de la Culture et de la Communication, Christine ALBANEL, au président-directeur du Louvre, Henri LOYRETTE, lors d’une cérémonie. Le document, classé trésor national et acquis à 670 000 euros grâce au mécénat du groupe pharmaceutique Ipsen, sera le clou d’une exposition temporaire sur l’art du médecin égyptien organisée du 6 juin au 6 août, avec la présentation notamment d’instruments de médecine et de chirurgie. Il ira ensuite au département des Antiquités égyptiennes du musée. Véritable « livre de médecine », le document possède la rare particularité de comporter sur ses deux faces des textes relatifs à un même sujet. Écrit de façon continue par deux scribes différents, il est rédigé en cursive hiéroglyphique, le hiératique, dans une écriture caractéristique du Nouvel Empire, précise le ministère. Au recto, le premier scribe a recopié un recueil de diagnostics et de recettes médicales. Au verso, les descriptifs sont accompagnés de textes qui transposent la maladie dans un contexte divin où elle trouvait explication et remède. Cette œuvre, antérieure de douze siècles aux écoles de médecine grecque, constitue un document essentiel pour l’histoire de la pensée médicale et de la pharmacie. Par ses dimensions, par le nombre et la longueur de ses textes, ce papyrus peut être considéré comme le deuxième au monde, après celui conservé à la bibliothèque de l’Université de Leipzig, en Allemagne. Le rouleau avait été acquis en Égypte en 1953 par un particulier, qui le rapporta ensuite en France, en vertu des accords passés par la République arabe d’Égypte avec l’ex-puissance mandataire. Il a ensuite été proposé en vente publique après le décès de l’acquéreur. (AFP, « Un papyrus médical égyptien au Louvre », Al-Ahram Hebdo du 13 juin 2007). The Egyptian Coin Museum is to open soon in premises near the Central Bank of Egypt (CBE) in Gumhûriyya Street in downtown Cairo. This is the first museum of its kind, which will not only display coins dating back to Graeco-Roman and Islamic eras, but also show how coins are minted. The museum is the result of three years of collaboration between the Supreme Council of Antiquities and the CBE. (“Coin museum”, The Egyptian Gazette du 7 janvier 2007). Des sources diplomatiques de haut niveau ont révélé que le ministre des Affaires étrangères, Ahmad Abû al-Ghayt, a rejeté une requête formulée par le rabbin américain Andrew BAKER, directeur des affaires internationales au sein de l’American Jewish Committee (AJC). Cette requête vise à créer une commission internationale chargée de superviser la restauration des Antiquités juives en Égypte (synagogues, propriétés privées et tombes juives situées au Caire et en Alexandrie). Abû al-Ghayt a souligné que Le Caire prend soin des Antiquités juives et ne tolère aucune ingérence ni participation étrangères. [ ] Dans un entretien téléphonique, le rabbin a requis auprès du secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, la création d’un musée archéologique juif en Égypte. Mais ce dernier a décliné catégoriquement cette demande. Des sources auprès du ministère égyptien des Affaires étrangères ont confirmé que les sollicitations d’Andrew BAKER n’ont rien de nouveau. Celui-ci avait déjà rencontré d’autres responsables égyptiens à cet effet, dont le Conseiller politique du président de la République, Usâma al-Bâz. L’Égypte a eu recours aux financements étrangers lors de la restauration de la synagogue Ben Ezra au Caire et de certaines tombes situées à Basâtîn appartenant à la communauté juive dont le nombre ne dépasse pas 100 personnes et qui est en constante diminution. Les mêmes sources ont mentionné que Le Caire s’est déjà opposé à des tentatives juives et européennes visant à restaurer en Suisse ce qui reste des manuscrits de la Genizah et les rouleaux de la Torah. Le ministère égyptien des Affaires étrangères et le CSA en ont approuvé la restauration et la consultation uniquement sur le territoire égyptien et sous la supervision du CSA. C’est ce qu’a réitéré Abû al-Ghayt au rabbin américain lors de leur dernière rencontre. Tout ce qui concerne les juifs doit rester en Égypte, car Le Caire n’est pas disposé à renoncer à aucun monument juif. Par ailleurs, le bruit court qu’Andrew BAKER tente de consacrer un département au sein du futur Grand Musée égyptien au patrimoine juif. Rumeurs démenties par les responsables du CSA, qui soulignent que les Antiquités juives ne suffisent pas pour créer un musée, ni même un département de musée. (Hamdî Rizq, « Le Caire rejette la formation d’un comité international pour superviser les Antiquités juives en Égypte », al-Masrî al-Yawm du 15 février 2007. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Abû al-Ghayt charge Hawwâs d’examiner la requête d’un rabbin américain pour créer un musée juif au Caire », al-Masrî al-Yawm du 7 février ; Wisâm Hamdî, « Une mission archéologique juive cherche le palais de Moïse », al-Ahrâr du 29 mai). Un inventaire extrêmement minutieux des collections du musée Copte a été récemment réalisé pour la première fois. Le comité d’inventaire a affronté d’énormes difficultés parmi lesquelles l’état déplorable des anciens registres d’inventaire et la description imprécise de certaines pièces archéologiques et de textile. Ce qui confirme que ces pièces ont été pillées d’une façon ou d’une autre. (« Prêtes-moi ton oreille », Sawt al-Umma du 15 janvier 2007). Au cours des fouilles archéologiques dans le temple d’Hatchepsout à Dayr al-Baharî, la mission conjointe égypto-polonaise a découvert des pièces en céramique, des cartonnages, des fragments du sarcophage du prêtre Bani-Miso, en plus de quelques ostraca, des récipients en terre cuite, des ouchabtis, des papyrus coptes et un fragment de némès d’une statue de Thoutmosis III. La mission a poursuivi ses travaux de restauration, de documentation archéologique et de photographie dans les chapelles du Nouvel Empire situées sur la troisième terrasse de Thoutmosis III, dans celle d’Hatchepsout et dans les deux chapelles Nord et Sud d’Amon-Rê. La mission a également étudié les blocs de pierre et les pièces antiques qui appartiennent à la cour des fêtes en prévision de leur fixation à leur emplacement d’origine. La mission du Metropolitan Museum, présidée par Dieter ARNOLD, a repris ses travaux de fouilles dans le complexe pyramidal de Sésostris III à Dahshûr. Le programme de la mission englobe la restauration architecturale de la tombe de Knoumhotep. Un mur d’enceinte sera construit autour de cette tombe, afin de la protéger. Sans oublier l’étude des pièces archéologiques provenant de la pyramide d’Amenemhat III, entreposées dans le magasin de Saqqâra. (Dînâ ‘Abd al-Wakîl, « Trois missions reprennent leurs travaux en Égypte », Sawt al-Umma du 15 janvier 2007). Le gouverneur d’Asyût, major général Nabîl al-‘Izabî, a annoncé la transformation du palais d’Alexân Pasha en un musée national dans le cadre de la sauvegarde des palais et des bâtiments historiques. Situé directement en bordure du fleuve et facilement accessible aux bateaux de croisière, ce palais contribuera à l’essor du tourisme national et international. Construit en 1910 sur une superficie de 7 000 m2, le palais Alexân est composé de deux étages. Des architectes italiens, français et britanniques ont participé à l’édification de ce palais qui, grâce à son style architectural particulier, fait partie des curiosités du gouvernorat d’Asyût. (Georges Édouard, « Le palais d’Alexân Pasha transformé en musée national d’Asyût », Watanî du 11 février 2007). Le Comité permanent des Antiquités islamiques a décidé de transformer le palais du prince Yûsuf Kamâl en musée. Ce chef-d’œuvre architectural, qui allie les styles islamique et européen, est en excellent état de conservation. Il jouit d’un emplacement exceptionnel au bord du Nil à Nag‘ Hammâdî. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 20 février 2007). En collaboration avec le Conseil Suprême des Antiquités, le J. Paul Getty Institute réalise un projet de modernisation des caisses de stockage et des vitrines d’exposition des momies dans le Musée Égyptien. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 mars 2007). Le superviseur du projet de restauration du musée des Bijoux royaux en Alexandrie, Muhammad Sulaymân, a affirmé l’achèvement de 70 % des travaux. Les revêtements en marbre sont en cours de démontage, afin de vérifier l’état du plancher en béton. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 mars 2007). Le président du Secteur des musées, Muhammad ‘Abd al-Fattâh, a annoncé l’inauguration du musée des Textiles islamiques à l’issue du projet de drain sanitaire mis en place dans la rue al-Mu‘izz l-Dîn Allah. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 10 avril 2007). Le directeur général du Musée Égyptien, Dr Wafâ’al-Siddîq, a confirmé le réaménagement de la zone située à l’arrière du musée, le transfert des pièces archéologiques conservées dans le sous-sol vers les entrepôts de Dahshûr et le transfert d’une sélection d’autres pièces vers les musées de Suez et de Sharm al-Shaykh. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 10 avril 2007). Le gouverneur de Suhâg, Muhsin al•Nu‘mânî, a demandé à la commission archéologique du CSA, qui est arrivée à Suhâg samedi dernier, de ne pas transférer le décret royal de Ptolémée III conservé dans l’entrepôt d’Akhmîm vers le nouveau musée national de la Civilisation. Le gouverneur a convenu avec Zâhî Hawwâs d’exposer ce décret dans le musée archéologique de Suhâg dont la construction sera achevée cette année pour un coût de 80 millions de livres égyptiennes. (Muhammad Mutâwi‘, « Annulation du transfert du décret royal de Ptolémée III à Suhâg », al-Ahrâm du 7 mars 2007. Voir également Muhammad Mandûr, « Le musée national de Suhâg s’apprête à accueillir ses visiteurs cette année », al-Qâhira du 17 avril 2007). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé qu’un budget sera alloué cette année pour la restauration du musée archéologique de Port Sa‘ïd et du Palais de la culture de la ville. (« Le ministre de la Culture approuve la restauration du Musée de Port Sa‘ïd », al-Wafd du 12 mars 2007). About 300,000 antiquities in the Graeco-Roman Museum in Alexandria will be moved until the restoration work on the museum is finished, Museum Director General Ibrâhîm Darwîsh told the Middle East News Agency (MENA) yesterday. The transfer of the exhibits to an area in the west of Alexandria Governorate will take three months, Darwîsh said. (“Alex antiquities to be moved”, The Egyptian Gazette du 22 avril 2007). Le gouvernorat du Fayyûm négocie avec le ministère de la Culture le retour des portraits du Fayyûm à leur terre d’origine pour y être exposés. Le gouverneur du Fayyûm, major général Muhammad Magdî al-Qabîsî, a expliqué que ces négociations visent à renforcer le potentiel touristique de la région, qui souffre d’une forte baisse de fréquentation. (Amîr Nabîl, « Création dans le Fayyûm d’un musée pour exposer les portraits d’époque romaine », al-Ahrâr du 9 mai 2007). Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) s’est lancé dans la création du premier musée consacré aux sciences du désert et à la préhistoire dans l’oasis de Dâkhla dans la Nouvelle Vallée. Le secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé que ce nouveau musée portera le nom de l’archéologue égyptien, feu Ahmad Fakhrî. Le plan architectural et l’aménagement intérieur ont été conçus par la mission archéologique allemande. (« Création dans la Nouvelle Vallée du premier musée de la préhistoire », al-Ahrâr du 5 juin 2007. Voir également Amânî ‘Abd al-Hamîd, « Création du premier musée des déserts », al-Musawwar du 11 mai). Musée d’archéologie sous -marine 9 000 pièces antiques, c’est quasiment le nombre des pièces repêchées au large des côtes alexandrines de la Méditerranée suite à des fouilles qui ont duré une dizaine d’années par plusieurs missions archéologiques. Seules 489 des 9 000 pièces sont investies touristiquement. Ces dernières forment en fait l’exposition Trésors engloutis d’Égypte présentée actuellement à Bonn après Paris, où elle a eu un très grand succès. Il s’agit de la collection repêchée par Franck GODDIO, président et fondateur de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM). Il opère sérieusement dans le port Est d’Alexandrie depuis 1992. En effet, cette exposition internationale fera le tour de plusieurs pays européens jusqu’au mois d’août 2008. Mais qu’en est-il alors des 8 500 pièces dégagées ? La plupart sont des pièces conservées dans les dépôts de différentes missions archéologiques, tandis qu’un nombre limité est soit exposé dans l’amphithéâtre romain, soit dans les salles du musée de la Bibliotheca Alexandrina, soit encore dans les autres musées alexandrins. « Cette quantité dégagée du fond de la Méditerranée ne représente qu’un pour cent des monuments engloutis, il reste encore 30 villes antiques submergées, toujours intactes. Cela dit, sortir ces trésors sera source de difficultés pour les archéologues, faute de bonne gestion », estime Ibrâhîm Darwîsh, ex-directeur du département des antiquités sous-marines. Le dégagement des antiquités englouties n’est pas en fait la meilleure solution aux yeux de certains experts. Convaincu que l’avenir des fouilles des antiquités englouties est prometteur, Gâballah ‘Alî Gâballah, Conseiller archéologique auprès du ministère de la Culture, assure qu’il faut étudier les différents moyens d’investir ce trésor touristiquement sur place, et notamment la fondation d’un musée sous-marin. Par ailleurs, beaucoup d’entraves envisagent la réalisation d’un tel projet. En effet, si le sort des antiquités est de les mettre dans des dépôts, il vaut mieux les garder dans leur environnement sous-marin auquel ils se sont adaptés depuis plusieurs siècles. Leur existence sous l’eau a pu conserver ce trésor. « Il faut aussi prendre en considération que tous les musées que ce soit alexandrins ou cairotes sont surchargés et ne supportent plus de nouveaux monuments antiques à exposer », souligne Gâballah. Avis partagé par Ibrâhîm Darwîsh, qui assure que la mer a donné aux antiquités englouties un contexte privilégié qui ne se trouve nulle part. « C’est pour cela qu’il est favorable d’exploiter un tel contexte pour le développement du tourisme et commencer à étudier sérieusement l’installation d’un musée sous-marin ». Excellente idée mais les difficultés sont infinies. « Pour installer un tel projet touristique, il faut avant tout, convenir et préparer le site lui-même », souligne ‘Imâd Khalîl, professeur d’antiquités gréco-romaines à la faculté de Lettres de l’Université d’Alexandrie. Avis partagé par Ahmad Khidr, professeur de géologie maritime à la faculté des Sciences de la même université. Ce dernier estime que l’état de l’eau de toute la côte Nord égyptienne, notamment les sites archéologiques engloutis, ne permet pas la fondation d’un tel musée. « L’eau de la mer souffre d’un taux élevé de pollution causé par des stations de drainage sanitaire qui versent leurs déchets directement dans la mer. Par conséquent, l’eau est polluée et peut infecter les plongeurs aussi bien que les pièces antiques », explique le géologue. Autre problème menaçant la fondation du musée, c’est l’impossibilité d’une vue claire sous la mer. Ceci est dû aux tas de « résidus issus du projet d’expansion de la corniche d’Alexandrie, sans oublier les déchets résultant de la construction des villages touristiques sur la côte Nord », reprend le géologue. Pour lui, la pollution avec ses débris ont créé une ambiance fertile pour faire apparaître de petites créatures qui empêchent la vue dans l’eau. Il faut alors traiter l’eau, lui rendre sa clarté et sa propreté, avant de fonder le musée. La pollution n’est pas le seul problème qui entrave l’exécution du musée. Les citoyens, notamment les pêcheurs, ne sont pas prêts à admettre un tel projet. Le site sélectionné en fait pour construire le musée est l’un des lieux propices aux pêcheurs « qui seront certainement interdits de pêche lors de son exécution, source de leur nourriture. Avons-nous pensé à cette communauté lors de nos études, pour garantir le succès social du projet ? », se demande le géologue. « Il est indispensable de créer un centre de plongées dépendant de la direction des Antiquités maritimes qui sera censé organiser des excursions de plongée officielles pour visiter les sites engloutis et dont les revenus serviront aux études archéologiques », propose ‘Alâ’Mahrûs, directeur de l’administration des Antiquités sous-marines en Alexandrie. Selon lui, ce centre va enrichir les touristes de toutes les informations archéologiques nécessaires, y compris les réglementations qu’il faut suivre lors de la plongée afin de garantir la préservation des pièces antiques. (Doaa Elhami, « Le grand bleu et ses trésors engloutis », Al-Ahram Hebdo du 9 mai 2007. Voir également Mahmûd Shâkir, « Préparatifs pour la création du premier musée d’archéologie sous-marine en Alexandrie », al-Wafd du 19 janvier). What better way to display the newly found objects off the coast at Alexandria and Abû Qîr than in an underwater museum. The allocation of $1.2 million by the Hilti Foundation for preliminary studies on the establishment of a museum for the submerged antiquities from Cleopatra’s palace and the drowned French fleet in Abû Qîr has given momentum to the project. The studies will handle all the engineering and technical aspects of the project, which will possibly be located in Alexandria’s Eastern Harbour area formerly the ancient harbour of Alexandria off the coast not far from Alexandria’s Raml Station. The foundation has supported Franck GODDIO’s underwater archaeological work in Alexandria since 1996, and organised the exhibition of the Alexandria sunken treasures in Berlin. [ ] As well as examining all questions about the museum, the feasibility study will address Alexandria’s pollution and particularly drainage, which for 40 years has been dumped off the coast. According to the Alexandria National Museum director, Ibrâhîm Darwîsh, the museum will allow the display of even the largest pieces, which span the pharaonic Greek, Roman, Coptic and Islamic eras. Lifting some of these items has not always been possible ; huge funds are required for lifting, restoring and cataloguing them. Those items already lifted will be exhibited, but those, which cannot be taken out of the water, such as the remains of the palace of Cleopatra, must be viewed by visitors as they are, under the water. Several ideas have been put forward for the museum, the most attractive of which is to allow visitors to tour the sites in a glass submarine or by walking through a transparent plexiglass underwater tunnel. (Nivîn Kâmil, “Sunken treasures on show”, Watanî du 18 février). Musée gréco -romain Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé la mise en exécution d’un projet global de développement du musée gréco-romain d’Alexandrie. Ce projet dont le coût s’élève à 70 millions de livres égyptiennes est programmé sur 2 ans. Il prévoit l’augmentation de la superficie du musée pour atteindre 11 000 m2, ainsi que le réaménagement du bâtiment dans le respect de son caractère historique et archéologique. Le président du secteur des musées, Muhammad ‘Abd al-Fattâh, a précisé que le musée sera doté d’une nouvelle bibliothèque renfermant les différentes publications sur l’histoire d’Alexandrie au cours de l’époque gréco-romaine, ainsi qu’une salle de conférences. Des vitrines ultramodernes seront installées, ainsi que des équipements sophistiqués pour sécuriser les 4 000 pièces qui constituent sa collection. Le réaménagement du musée gréco-romain s’inscrit dans le cadre général du CSA visant à développer tous les musées alexandrins. Le musée des Bijoux royaux, en cours de développement, sera inauguré en milieu de cette année. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « 70 millions de L.E. pour développer le musée gréco-romain », al-Ahrâr du 19 janvier 2007. Voir également Muhammad Abû Dhikrî, « Lancement du réaménagement du musée gréco-romain d’Alexandrie », al-Akhbâr du 23 janvier). [ ] Afin de préserver les pièces exceptionnelles au cours des travaux, une grande partie des collections archéologiques du Musée gréco-romain a été transférée vers les entrepôts archéologiques de Mâriyâ, le Musée national d’Alexandrie, celui des mosaïques ainsi que le musée de la Bibliotheca Alexandrina. Une fois les travaux terminés, le Musée gréco-romain retrouvera la totalité de ses collections. (Muhammad Abû Dhikrî, « Mise en sécurité des pièces archéologiques du Musée gréco-romain jusqu’à la fin des travaux », al-Akhbâr du 21 mai. Voir également Muhammad Abû Dhikrî, « Des pièces archéologiques du Musée gréco•romain exposées dans celui de la Bibliotheca Alexandrina », al-Akhbâr du 6 mai). Musée Égyptien Laboratoire d’analyses ADN Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé que les premiers essais d’analyses ADN effectués sur des momies égyptiennes auront lieu dans un mois, après l’achèvement de l’installation du premier laboratoire d’analyses ADN dans le sous-sol du Musée Égyptien. Les premiers tests auront lieu sur des momies non-royales. Ce laboratoire ultramoderne dont le coût s’élève à trois millions de dollars a été financé par le National Geographic Channel, en échange du tournage d’un film documentaire sur la momie d’Hatchepsout. La gestion et le fonctionnement de ce laboratoire seront confiés aux savants égyptiens, sous la supervision du président du Centre national pour les recherches, Dr Hânî al-Nâzir. Durant de longues années, Dr Hawwâs était farouchement opposé aux tests ADN notamment pour deux raisons. Avec un taux élevé de 40 % d’erreur, les résultats n’étaient pas assez fiables. En outre, ces analyses étaient réalisées par des étrangers non-spécialisés, qui cherchaient la renommée médiatique. Ce fut le cas, par exemple, des analyses ADN conduites sur la momie égyptienne d’un enfant conservée au Saint Louis Art Museum (SLAM) qui ont conclu que sa mère était d’origine européenne ! Hawwâs a souligné qu’à présent il n’a plus de réserves avec la création de ce laboratoire égyptien. Les savants égyptiens tenteront d’établir des liens de filiation entre certaines momies et de déceler les principales maladies qui affectaient jadis les anciens Égyptiens. (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « 3 millions de dollars pour l’installation de laboratoires d’analyses ADN », al-Akhbâr du 29 avril 2007. Voir également ‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Dr Hawwâs donne son accord pour les analyses ADN des momies », al-Akhbâr du 15 juin). Le Musée Égyptien reprend ses activités d’été qui visent à promouvoir la conscience patrimoniale chez les Égyptiens, notamment les enfants. Wafâ' al-Siddîq, sa directrice, fait le point sur cette initiative : « Nous avons deux programmes, le premier est celui de l’école du Musée égyptien qui porte le nom de Pharaon égyptien, alors que le second est celui de l’éducation muséologique. Le premier n’est organisé que pendant les trois mois d’été, alors que celui de l’éducation muséologique se déroule tout au long de l’année. Ce dernier s’adresse en principe aux écoliers et aux universitaires à qui l’on organise des excursions et des ateliers de formation artistique. On leur donne des cours avec les moyens d’apprentissage modernes pour améliorer et développer leurs connaissances archéologiques. Ensuite on organise des ateliers, dans lesquels les élèves utilisent leurs cinq sens pour comprendre l’information archéologique expliquée par des inspecteurs entraînés. Notre devise en fait c’est « Écouter, voir et se rappeler en fabriquant avec ses propres mains ». « Cet été, par exemple, nous allons traiter au cours de nos ateliers le thème de « la famille » dans l’Égypte pharaonique. Les portes du musée seront ouvertes à tous les enfants du 16 juin jusqu’à la fin de l’été. En effet, le programme commence par un tour dans les différentes salles du musée dont les pièces sont en rapport avec la famille. Ensuite, vient le tour des ateliers où les élèves peuvent être en contact direct avec les copies des pièces antiques, en les touchant, les dessinant et même en les sculptant. Ils peuvent de même sentir les odeurs d’antan lorsqu’on organise les ateliers des parfums utilisés à l’époque pharaonique. Parmi les ateliers organisés, la gastronomie lors de l’époque pharaonique, on choisit des repas à cuisiner. On essaye de mettre les étudiants dans l’ambiance de cette époque lointaine avec toutes ses caractéristiques. La journée des stagiaires se termine par un questionnaire qui leur est distribué. J’estime que le résultat de ce programme sera fantastique, puisque les informations archéologiques seront bien assimilées. Cette expérience a aussi réussi avec les handicapés à qui l’on consacre des ateliers particuliers. « À vrai dire, la plupart [de ces formations] sont d’une grande efficacité. Mais celui qui semble être nouveau au Musée du Caire, c’est celui qui a eu lieu dernièrement en coopération avec l’école allemande de Bâb al-Lûq. Au cours de cet atelier, les élèves ont appris ce que c’est que les amulettes, leur couleur, leur forme ainsi que leur localisation au sein des bandelettes de lin qui couvraient le corps du jeune pharaon Toutankhamon. Une telle connaissance est par exemple peu connue pour le grand public, voire encore pour certains spécialistes. Le résultat de cette formation est que les élèves de l’école allemande ont inscrit les informations recueillies sur des panneaux comprenant la représentation d’une amulette accompagnée d’un paragraphe explicatif en arabe, en anglais et en allemand. Le musée a alors organisé une exposition où ces panneaux ont été exposés ainsi que les vraies amulettes de Toutankhamon dans la salle 44 du rez-de•chaussée du musée. Cette exposition a été inaugurée le 10 juin et va durer un mois. Je suis en fait fière d’organiser une telle exposition grâce à un atelier coopératif et j’espère répéter une telle expérience avec d’autres écoles qui s’y intéressent. « Je souhaite établir une coopération officielle avec le ministère de l’Enseignement dans le but d’augmenter la conscience archéologique chez les jeunes. Pour exécuter une telle expérience, il faut en premier entraîner les professeurs d’histoire, il faut de même organiser des excursions de sorte que la direction du musée ait un nombre d’écoles à accueillir par jour pour leur préparer des ateliers efficaces en rapport avec leur âge. (Doaa Elhami, « Notre devise c’est écouter, voir et se rappeler », Al-Ahram Hebdo du 20 juin 2007). Le directeur général du Musée Égyptien, Dr Wafâ’al-Siddîq, a annoncé la formation de trois commissions : la première pour l’enregistrement des pièces archéologiques entreposées dans le sous-sol du musée ; la seconde pour le transport de ces pièces vers l’entrepôt muséologique de Dahshûr. Quant à la troisième commission, elle aura pour tâche de superviser tous les travaux de modernisation et de sécurisation menés actuellement dans le sous-sol. Il convient de souligner que les réserves du musée renferment des centaines de milliers de pièces archéologiques non-enregistrées et qui doivent être numérotées, photographiées et enregistrées d’une manière scientifique. (« Inventaire des réserves du Musée Égyptien », al-Qâhira du 17 avril). Sur le réaménagement du sous-sol du Musée Égyptien et l’enregistrement de ses collections voir Amânî ‘Abd al-Hamîd, « Le sous-sol du Musée Égyptien : des pièces enregistrées mais impossibles à localiser d’autres disparues et introuvables », al-Musawwar du 18 mai). Les passants pourront prochainement admirer quelques-unes des pièces archéologiques du Musée Égyptien sans débourser le prix d’un billet d’entrée. La directrice du musée, Dr Wafâ’al-Siddîq, a annoncé la mise en place d’un plan visant à transformer le jardin en un musée ouvert. Le mur d’enceinte en béton sera remplacé par des grilles ajourées en fer forge. Les pièces en granit qui seront mises en exposition proviennent des sous-sols du musée. (Hâzim Badr, « Transformation du jardin du Musée Égyptien en un musée ouvert », al-Akhbâr du 18 juin 2007). Ibrâhîm al-Nawâwî, conseiller archéologique auprès du Conseil Suprême des Antiquités, a confirmé que le sous-sol du Musée Égyptien est en train d’être vidé des coffres contenant des pièces archéologiques qui y sont entreposés depuis sa création jusqu’à aujourd’hui. Certains de ces coffres proviennent de Suez et d’Ismâ‘îliyya et ont été mis à l’abri lors de l’agression tripartite et de la guerre de 1967. Une partie des pièces entreposées sera transférée vers les magasins archéologiques de Dahshûr et ira enrichir plus tard les nouveaux musées. Une fois vidé, le sous-sol du Musée Égyptien pourra servir à des activités muséologiques comme l’école et les ateliers archéologiques destinés aux enfants. Une autre partie du sous-sol hébergera des laboratoires de restauration et d’analyse ADN pour les momies. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 29 mai 2007). Grand Musée égyptien A bird’s eye view of the plan for the Grand Egyptian Museum. © Ministry of Culture Situated on a plateau between the modern city of Cairo and the ancient Pyramids of Gîza, the Grand Egyptian Museum (GEM) will be home to over 150,000 artifacts. Amongst these are the treasures of King Tutankhamun, many of which will be on public display for the first time, having spent years in storage since their discovery by Howard CARTER in 1922. The 480,000sqm museum will consist of a high-tech complex of facilities, providing visitors with access to a broad range of information. Muhammad Ghunaym, general coordinator of the project, says that the GEM is expected to open in 2011, having cost US$550 million, including a US$300 million long-term loan from Japan, US$100 million from the Egyptian Fund for Development and Financing Antiquities and Museums, and US$150 million in donations. “The purpose is to create a state-of•the-art museum which tells the story of ancient Egypt and provides access to information and future knowledge. With the support of new technologies, more information can be obtained in the most up•to-date ways, enabling the GEM to be an enjoyable, entertaining, educational and cultural experience for all visitors,” says Fârûq ‘Abd al-Salâm, the general director of the project. Uniquely, the GEM allows its visitors to go back in time and navigate through the story of ancient Egypt over the past 7,000 years, enjoying a voyage through one of the world’s richest cultural heritage. Translucent Stone Wall approx. 600 meters tall, and 45 meters long acquiring 25 meters of alabaster stone. © Technical Committee, Ministry Of Culture The master plan and landscape of the GEM are perceived through light and vision. The harsh sunlight of Egypt is mediated to create a story of light modulating in quality and intensity between the sun and shade, exterior and interior, day and night. Ghunaym says that, when the Egyptian Museum in al-Tahrîr Square was inaugurated on 15th November 1902, the building met with contemporary air circulation and natural lighting standards. Approximately, 500 persons originally visited the museum daily and there were 35,000 artifacts exhibited in halls with an area of about 15,000sqm. As there were more and more exciting finds in the first half of the 20th Century, the number of artefacts in the collection grew and grew to more than 160,000. The exhibition halls have become very crowded and the exhibits are at risk from the increasing air pollution. Entrance court leading to the museum galleries hosting the statue of Ramses the second. © Technical Committee, Ministry Of Culture “The GEM, which lies at the intersection of modernity and antiquity, with its updated facilities will solve the problem, while the present Cairo Egyptian Museum will retain its function as an archaeological museum reflecting the ideas of the early 20th century,” he explains, adding that it will also accommodate nearly 7,000 artistic master•pieces. Yâsir Mansûr, head of the GEM’s Technical Committee, says 4 million tourists are expected to visit the museum every year and an average of 150,000 visitors per day. (Hassan Saadallah, “At the intersection of modernity and antiquity”, The Egyptian Gazette du 8 mars 2007. Voir également Rashâ al-Sâdiq, « Lancement de la deuxième phase du projet du grand musée », al-Qâhira du 13 février ; Muhammad Mandûr, « Histoire du projet du GEM qui a fasciné le monde ! », al-Qâhira du 20 mai). © Technical Committee, Ministry Of Culture Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, effectue en milieu de semaine une première tournée d’inspection du site du Grand Musée égyptien (GEM), afin d’évaluer les travaux de construction qui se poursuivent jour et nuit. La visite commencera par les dépendances du musée (centre de restauration archéologique, entrepôts et centrale électrique) dont le coût s’élève à 300 millions de livres égyptiennes. Ces travaux importants constituent les deux premières phases de construction. La troisième phase concerne le bâtiment principale dont l’inauguration officielle est prévue pour 2011. [ ] Lors d’une récente visite sur le chantier, l’Ambassadeur du Japon au Caire s’est dit agréablement surpris de l’avancement accéléré du projet. (« Achèvement de la construction du centre pour la restauration archéologique du GEM », Akhbâr al-Yawm du 9 juin). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé la création de deux commissions d’experts et de techniciens de haut niveau, chargés du suivi de la réalisation du projet du Grand Musée égyptien (GEM). La première commission se réunira quotidiennement, la seconde d’une façon hebdomadaire afin de s’assurer de l’avancement des travaux conformément au plan arrêté et de résoudre tous les problèmes qu’affronte l’équipe de travail. Le superviseur du projet, Fârûq ‘Abd al-Salâm, a révélé que le comité archéologique du GEM a achevé la sélection et la documentation de 20 000 pièces. La totalité de la collection sera choisie et enregistrée sur informatique début mars 2008. (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Fârûq Husnî : 2 commissions chargées de suivre les travaux du GEM », al-Akhbâr du 16 mars. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Fârûq Husnî : une commission quotidienne pour suivre les travaux de construction du GEM », al-Ahrâr du 11 février ; Ashraf Mufîd, « Achèvement de la documentation de 20 000 pièces archéologiques qui seront exposées au GEM », al-Ahrâm du 15 février). L’écrivain ‘Âsim ‘Abd al-Muhsin attire l’attention sur les embouteillages inextricables qui affectent déjà le quartier du Grand Musée égyptien. Notamment l’échangeur al-Rimâya qui dessert plusieurs autoroutes : Alexandrie, Fayyûm, Haute-Égypte, Oasis. Urbanistes et spécialistes de la planification doivent résoudrent ce problème avant l’inauguration du GEM qui ne fera qu’intensifier davantage la circulation automobile. (« Le Grand Musée égyptien et le goulot d’al-Rimâya », al-Akhbâr du 25 juin). Musée Copte [ ] The renovation of the Coptic Museum forms part of a vast modernization program for Egypt’s museum sector recently initiated by Dr. Zâhî Hawwâs, Secretary General of the Supreme Council of Antiquities of Egypt. Egypt’s museums are being turned into centres of culture and education. The Coptic Museum, which finally reopened in June 2006, has been completely renovated and its displays rearranged according to modern concepts. This summer a children’s workshop will be set up at the Coptic Museum premises. The curators will prepare lectures for a selected group of children to explain to them the unique characteristics of the Coptic art and heritage. A visit to the churches and Jewish synagogue in Old Cairo and Egypt’s oldest mosque at nearby Fustât will show the children that in these areas believers of three world religions have worshiped next to one another for many centuries. A teacher of art and volunteers from the Faculty of Fine Arts will complement the curators’work by practical training units based on topics related to Coptic art and heritage. (Nadja Tomoum, “A silent jewel”, Al-Ahram Weekly du 28 juin 2007). Un grand désarroi a régné dans le Musée copte à cause de l’affaissement survenu dans une partie de son jardin. Le président du département des musées, Dr Muhammad ‘Abd al-Fattâh, a attribué cet affaissement du sol à l’explosion d’une canalisation principale d’eau enterrée sous le jardin. Il a affirmé que ni les bâtiments du musée ni ses collections archéologiques n’ont été affectés par ce sinistre qui a été immédiatement réparé. Il est à noter que tous les sols du musée ont été restaurés dans un programme de modernisation générale du musée qui a coûté 30 millions de livres égyptiennes et a duré trois longues années. (Usâma Fârûq, « Affaissement dans une partie du jardin du musée Copte », Akhbâr al-Adab du 18 février). À en croire le quotidien al-Ahrâr, l’affaissement a eu lieu non pas dans le jardin, mais à l’intérieur même du musée Copte : Un affaissement du sol s’est produit le 29 janvier à l’intérieur du musée Copte. Les autorités concernées, le commissariat du vieux-Caire ainsi que le Parquet ont été alertés. Un premier constat a relevé l’existence d’un cratère (2m x 2m) de 2 mètres de profondeur dans le musée, loin des pièces archéologiques et de la circulation des touristes. (Samîr Dusûqî, « Affaissement du sol du musée Copte », al-Ahrâr du 30 janvier). Musée d’Art islamique Le musée d’Art islamique de Bâb al-Khalq au Caire rouvrira ses portes début décembre 2007, à l’issue d’un projet de réaménagement et de modernisation dont le coût dépasse les 85 millions de livres égyptiennes. Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités, Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé qu’un expert Français prépare actuellement le nouveau scénario muséologique et la conception interne du musée destiné à exposer 2 300 chefs-d’œuvre de l’art islamique. Une fontaine d’époque mamlouke est également en cours de restauration par une équipe égypto•espagnole. Démontée et transportée au laboratoire de restauration de la Citadelle, cette fontaine a été débarrassée de deux tonnes de ciment appliqué lors des dernières opérations de restauration entre 1960 et 1970. © Aymé Lebon Le nouveau projet du musée comprend l’élargissement des espaces d’exposition, l’aménagement de salles thématiques pour chacun des arts islamiques, un classement chronologique et géographique des collections, le développement du laboratoire de restauration et de la bibliothèque, l’installation d’un nouveau système d’alerte contre le vol et l’incendie, ainsi que l’édification d’un bâtiment administratif pour le personnel. (Ibtihâl Ghayth, « Inauguration du musée d’Art islamique en décembre prochain », Uktubar du 24 juin 2007. Voir également ‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Le ministre de la Culture : inauguration du musée d’Art islamique de Bâb al-Khalq au cours du premier trimestre 2007 », al-Akhbâr du 2 janvier ; Taha ‘Abd al-Rahmân, « Suppression des restaurations erronées du musée d’Art islamique », al-Ahrâr du 19 juin ; Mushîra Mûsa, « Dernières retouches avant l’inauguration du musée d’Art islamique », al-Ahrâm du 19 juin ; « 2 tonnes de ciment utilisées dans la restauration de la fontaine du musée d’Art islamique ! », Akhbâr al-Adab du 24 juin). Musée de l’histoire du Caire The Sa‘îd Pasha Halîm Palace in Champollion Street, central Cairo, is to be converted into an Egyptian history museum, according to conservation officials. The palace is surrounded by a large garden and near to the Egyptian Museum in Tahrîr Square. The premises for the new museum are next door to a town house, which was turned into an art gallery a few years ago. Prince Muhammad Sa‘îd Halîm, a grandson of Muhammad ‘Alî Pasha, commissioned the architect Antonio LASCIAC to build the palace. The Muntazah in Alexandria and Banque Misr headquarters are among LASCIAC’s credits. The Palace was later used as a school, the Nasra, from 1934 until 2004, when it was sold to a real estate investment company before it became a listed building. The lower storey of the palace consists of a large hall and a corridor, and the upper floor has a large reception hall. The building boasts of distinctive windows, columns, balconies decorated with human and animal masks. The museum project is part of the Euro-Mediterranean partnership programme, of which one of the aims is to preserve architectural heritage of the late 19th century and early 20th century. The site has been in a poor state of repair for the past 20 years and the decoration has started to deteriorate. The museum will have a hall for screening films and a hall for lectures, plus a library. (Hassan Saadallah, “Downtown palace to become history museum”, The Egyptian Gazette du 11 juin 2007. Voir également Walaa al-Assrah, « Le palais de Sa‘îd Halîm transformé en un musée racontant l’histoire de l’Égypte », Progrès Dimanche du 24 juin). Musée des Textiles islamiques [ ] Although the Ministry of Culture is determined to maintain as many as possible of the artisans and workmen in the area [al-Mu‘izz Street], some shop and bazaar owners who are concerned about their commerce future crowded round the minister during his visit. According to the street’s rehabilitation project, workshops and factories, which affect the monuments in the area and dump their industrial waste along the building walls, will be removed unless they change their activities. “Skilled workers and their handicraft stores are essential to the distinct character of al-Mu‘izz Street, since they provide the vivid atmosphere of the area and the government is keen on settling craftsmen in their original locations, but in a manner that complements the splendour of the area,” Husnî said. “Workers whose small enterprises adversely affect the monuments will be transferred elsewhere unless they change their activities. In this case, the government will help the labourers involved and provide them with training courses and materials for new business. We want to give back the area of the silk market, the tent market and other enterprises that are part of the Islamic heritage.” © Aymé Lebon Owing to Husnî’s belief that these Islamic monuments are living entities inhabited by people who must remain a part of the total environment, the sabîl of Muhammad ‘Alî in Nahhâsîn, which was encroached on by a primary school, has been vacated of its pupils, desks and blackboard, and has been restored and redesigned to be Egypt’s first textile museum. The sabîl was originally built by the order of Muhammad ‘Alî Pasha to commemorate his son Ismâ‘îl who died in Sudan in 1822. It consists of a large rectangular hall opening onto al-Tasbîl hall with a rounded, marble façade and four windows surrounding an oval marble lavabo. The « logo » of the Ottoman Empire featuring a crescent and a star decorates the area above each window. The sabîl’s wooden façade and the top of the frame are decorated in a rococo and baroque style, the main style in several of Muhammad ‘Alî’s edifices. “Converting such a sabîl into a textile museum totally came by chance,” said Ayman ‘Abd al-Mun‘im head of the HCRP. He explained that the restoration of the sabîl left the question of how to use it in the future ? Closing the sabîl would led to its rapid deterioration. Opening it to tourism, like other monuments in the street, is not the best solution, as it will not attract tourists because it does not have distinguishing decorative features compared with neighbouring monuments. Converting it into an administrative office, ‘Abd al-Mun‘im said, would definitely cause it to deteriorate again. The question remained without an answer until the Dâr al-Kutub Administration asked the Ministry of Culture to vacate the textile hall on top of the Islamic Museum, which was originally in the possession of Dâr al-Kutub. “Such action had inspired us to create Egypt’s first textile museum in the Muhammad ‘Alî sabîl in Nahhâsîn, » ‘Abd al•Mun‘im said. He continued that the museum displayed 250 different pieces of textile and 15 carpets from the late Pharaonic era, the Coptic and Islamic ages. Among the collection on display are tools and instruments used by ancient Egyptians to wash and clean clothes, along with illustrations showing the different stages of cloth laundering in ancient time. Monk costumes, icons and clothes of different parts of the Islamic era were also exhibited. Among the most beautiful items on show are a red bed cover ornamented with gold and silver threads. It was said to have been a gift from Muhammad ‘Alî to his daughter on her marriage. The second one is a large cover for the Ka‘ba in Mecca sent by King Fu’âd of Egypt to Saudi Arabia. This is a black velvet textile ornamented with Quranic verses and woven with gold and silver thread. The museum, which has so far cost LE5.2 million, will be opened at the end of this year. (Nevine El-Aref, “Only for pedestrians”, Al-Ahram Weekly du 3 mai 2007. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Premier musée du textile dans le Moyen-Orient », al-Ahrâr du 22 juin). Musée Suzanne Mubârak pour l’enfant Madame Suzanne Mubârak a inspecté les dernières phases de développement et de modernisation du musée Suzanne Mubârak pour l’enfant. Il s’agit du premier et du plus important musée interactif dédié aux enfants en Égypte et dont le niveau culturel et pédagogique concurrence même le Children’s Museum of Indianapolis considéré comme le plus important musée de l’enfant au monde. Le secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), Dr Zâhî Hawwâs, a annoncé qu’une équipe de spécialistes américains et britanniques ont achevé la conception et les plans architecturaux du musée dont la construction sera confiée à l’armée égyptienne. La conception architecturale est due à l’architecte britannique mondialement connu, Mick MALINSON. Quant à la conception interne du musée, elle est l’œuvre du directeur du Children’s Museum of Indianapolis. Hawwâs a précisé que le coût de construction du musée Suzanne Mubârak pour l’enfant s’élève à 14 millions de dollars, somme entièrement récoltée grâce aux dons étrangers. La vente aux enchères du chapeau de Zâhî Hawwâs, estimé à 800 mille dollars, contribuera à la création du premier musée de l’enfant dans le Moyen-Orient et du plus grand au monde. (Hamdî Rizq, « 14 millions de dollars pour la création du musée de l’enfant », al-Musawwar du 16 février 2007. Voir également « Le musée de l’enfant sera doté d’équipements ultramodernes », al-Ahrâm du 21 février ; « Suzanne Mubârak rencontre une délégation du Children’s Museum of Indianapolis », al-Akhbâr du 5 avril ; « Suzanne Mubârak : l’enfant égyptien a le droit de connaître la splendeur de sa civilisation », al-Akhbâr du 13 avril). Musée de la Barque de Chéops Ever since its discovery in 1954, the magnificent 4,600-year-old wooden funerary barge of Khufu, the builder of the Great Pyramid, has been kept in poorly managed conditions. Its progressive deterioration has been calamitous. At long last, however, the responsibility of preparing a condition and conservation report on the vessel has been handed to Hânî Hannâ, chair of the International Conference on Heritage of the Naqâda and Qûs region, Egypt 2007. Hannâ summarised his comprehensive study by pointing out that the boat museum’s environment and tourist visitation procedures needed to be urgently addressed, since the vessel had already been adversely affected by direct and indirect damage from humidity, temperature fluctuation, light and pollution. Outlining the reasons for and the extent of the damage, Hannâ cited the serious harm caused by a wide range of other factors. “These include weakening, flaking, corrosion, dryness and brittleness in some areas of wood as well as widening of the separations between the wooden planks ; breakage, cracks, warping, and twisting ; cavities, gaps and holes in various places due to insect infestation ; and changes in the colour of the wood due to fungal infection and photo•sensitised degradation due to UV-radiation and visible light,” he said. The list seemed endless, and eyebrows were raised when Hannâ told his audience at the international conference that extensive damage had also resulted from defective former restorations, and the metamorphosis of consolidation, coating and restoration materials. Much to everyone’s astonishment, he added : “there are several oil paint spots resulting from the painting of the interior of the museum building.” How was this allowed to happen ? Why has the magnificent vessel, which was found dismantled but in perfect condition after being buried in the bedrock beside Khufu’s Pyramid for more than 45 centuries, been allowed to suffer such neglect ? The boat was an important archaeological discovery by any standards, and because it came shortly after the Egyptian revolution it was a source of national pride. It proved to be by far the most ancient and well-preserved vessel that has ever come to light and, moreover, it has been a vital source of information about ancient ships, their design and construction during one of the grandest periods of the ancient Egyptian civilisation. When it was discovered, the boat was a puzzle of separate pieces. The dismantled parts, mostly made of Lebanese cedar wood, had been placed in systematic order. The major parts were laid out in 13 layers of 651 definable groups, a total of 1,224 pieces. Remains of ropes made of halfa grass were also discovered. These were used to connect the various parts, and in the matting which originally covered the cabins. It was noticed that hieratic signs a simpler writing method than hieroglyphs had been carved on each end of most of the larger wooden blocks, and archaeological research proved that these were used not only in boat building but also in all building work in Egypt at the time. “[That] all the boat blocks were connected to each other according to the signs indicated that the ancient Egyptians of the Old Kingdom believed that these instructions were necessary so that the dismantled boat could be reconstructed in the afterlife,” Hannâ said. The wooden pieces were lifted from the pit and housed on the western side of the Great Pyramid in a temporary shelter especially built for use during the chemical treatment and restoration. The pieces were cleaned with an electric brush by suction and air, and consolidated with solutions applied with a spray gun, by brush, or by the immersion of smaller pieces. “This difficult task was carried out by the late Zakî Iskandar, director of the chemical laboratory of the then Department of Antiquities,” Hannâ says. “Each piece was photographed and described according to its original position and layer, and recorded on a massive sheet divided into squares relating to the major sections of the boat, so that each individual item was registered in full.” The task of restoring and reconstructing the boat was carried out by conservationist Ahmad Yûsuf. After making extensive studies of the vessels of ancient Egypt, Yûsuf estimated that reconstruction would take 10 years. In fact it took 14, and on completion the vessel was magnificent to see. It was flat-bottomed with a massive curving hull. The thick planks were literally “sewn” together with a system of ropes looped through holes that met on the inside. The elegant prow and sternposts were in the form of papyrus-bud finials. Propulsion of the ship was by means of ten oars, steered using two large oar rudders. On deck was a small forward cabin, probably for the captain. Dozens of metres of rope were found in coiled confusion at the bottom of the pit. While all this was going on, it was resolved that no effort should be spared to exhibit the vessel in such a way as to turn it into a major tourist attraction. An international tender was invited and that of Italian architect France MINISSI was chosen. MINISSI’s design was an elongated, boat•shaped museum designed to complement the vessel in both size and shape, and to take advantage of the latest advances in modern display methods so that the visitor could view it from all sides. The vessel was to be dismantled and rebuilt at the centre of the museum, directly above the pit in which it was found, the idea being to give a visitor an overall view of how it was preserved through the ages. Terraces on different levels enabled the boat to be seen from all angles, including from below. The museum building itself caused controversy from the very start. The suitability of a modern structure beside the Great Pyramid was questioned, especially since it would obscure part of the ancient monument, the only survivor of the Seven Wonders of the ancient world. The architect consequently revised his plan. The outer shell of steel-reinforced concrete was fitted with a façade of transparent glass to complement its stern surroundings while helping to conceal its vast size and unusual shape. “The use of glass allowed the visitor to keep a visual link with the nearby pyramid, thus removing any sense of isolation from the archaeological site,” Hannâ says. The late Gamâl Mukhtâr, then minister of culture and national guidance described the museum design during an interview (in the 1980s) as “a disaster from the start”. The glass was double-glazed and stylistically massive, but while it screened out direct sunlight its special sunscreen glass created a hothouse effect. At times the temperature of the boat’s timber was raised to more than double the 22 degrees Celsius at which it had been kept during the thousands of years it had been buried. Visitors, complained about the heat and humidity so fans were installed, which unfortunately did little more than circulate the hot-trapped air. In addition, the influx of tourists raised the already high levels of air humidity, which, along with the temperature, caused the wood to expand and contract dangerously. Mukhtâr was gravely concerned about the boat and said that the museum might have been considered the best of the projects but that it was bound to fail because the environmental conditions of the plateau had not been taken into account in the design. When the seriousness of the problem was realised, discussion ranged round whether the glass museum should be dismantled and replaced, or whether air conditioning should be installed. The latter was considered unwise, because generators would cause vibrations that might cause damage to neighbouring tombs. Then, with the floor and ceiling as well as the boat being made of wood, the question was raised that the museum might be a serious fire hazard and fire extinguishers were installed. Construction of the museum began in 1961, but it was delayed several times and stopped completely while technical and engineering problems were overcome. “The peculiar design of the museum does not provide the proper environment for preserving the wood,” Hannâ says. “Several sheets of glass allowed the sun rays to enter without any prevention or filtration for most of the spectrum, across the full range of UV, visible and IR radiation. The space between the glass panes also does not prevent rainwater, pollution, rodents and insects from entering the boat. The air control system of the museum is so antiquated that it depends on a freezing system using Freon gas to function, and does not supply a suitably controlled air-conditioned environment to preserve and protect the wood.” According to Hannâ, the interior galleries on varying levels were built too close to the boat, and that while they enabled visitors to study it from all angles, they placed them in semi-physical contact with the ancient vessel. “The emissions and detritus of visitors following the pre-laid out route are absorbed into the surrounding atmosphere,” he says. “The results of such visiting procedures are detrimental to the object, particularly when one takes into account that hundreds of visitors visit the boat daily.” Recommendations included facing the lower parts of the exterior walls of the museum with mud brick ; insulating against the sun’s heat ; and facing the lower interior walls with concrete slabs to increase the efficacy of the air conditioning and as a fire precaution. “The museum was also provided with a fire-extinguishing system, and, in addition, all the electrical circuits laid when the museum was built were later isolated from the mains supply as an additional safety factor,” Hannâ says. The reconstruction started “in an intensive manner” only in November 1981, 27 years after the discovery. “The air conditioning system was renovated and repaired so successfully that instead of working at 50 per cent efficiency, as it had before, it now worked at full efficiency,” Hannâ says. During this final phase of the museum’s completion, the boat itself was fully restored chemically. The museum was officially opened to the public on 6 March 1982. It now had a new entrance leading visitors from a vestibule through to a hall approximately 64sq m, through which those entering and leaving the museum can pass. At the eastern end of the ground floor, on the southern side of the museum, the empty boat pit can be seen along with the massive stone blocks that covered it ; and, on the northern side are five adjoining square halls, each 40sq m, the three walls of which displayed photographs showing various stages of the boat’s discovery, retrieval and sorting, and the treatment of the various parts and reconstruction. Space was provided to display ropes and matting found with the timber. Unfortunately, Hannâ says, the museum’s environment and the visiting procedures continue to cause both direct and indirect damage to the wood of the boat. “In addition to the direct damage that may result from environmental factors and visiting procedures, indirect damage is still taking place as a result of the degree of variation they cause in humidity, temperature, light and pollution levels, which in turn increases the risks of detrimental impact to the structure of the boat.” Hânî Hannâ took the twin initiatives of digitally documenting most of the present damage, previous restoration work, earlier condition reports and related archives, and of collecting and archiving such records in one group file. This group file was included in the condition and conservation report on the boat that he delivered to the Supreme Council of Antiquities in fulfilment of his mandate. In it, Hannâ stressed the importance of re•examining both the concepts of the restoration and the design of the boat museum in the light of current knowledge and experience, which has improved over the last half century, both in restoration and conservation techniques as well as museum design. “It’s important to set up a scientific committee to study the report presented here in order to determine what further investigations may be required, or what modifications need to be made to it, before a comprehensive plan is drawn up prior to the implementation of a supervised programme of restoration and conservation,” Hannâ adds. Committees take time to do their business, and while the experts talk, the boat continues to deteriorate. How long, Al-Ahram Weekly asks, before decisions and active steps are taken to save the boat, which was extracted from the bedrock a century ago ? (Jill KAMIL, “Don’t sink the boat”, Al-Ahram Weekly du 1er mars 2007). Oasis de Bahariyya Musée des momies dorées Le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) lancera l’année prochaine la création d’un musée pour les momies dorées découvertes dans l’oasis de Bahariyya depuis 1999. Le secrétaire général du CSA, Dr Zâhî Hawwâs, a reconnu que la salle actuellement dédiée à l’exposition de ces momies est en deçà de leur valeur historique. Cette salle de l’entrepôt archéologique de Bahariyya n’est pas du tout adaptée à l’exposition des dix momies. « Je suis limité par un budget, avoue-t-il. Plutôt que de gaspiller de l’argent dans le réaménagement de cette salle, j’ai préféré affecter cette somme à la création d’un musée spécialisé et ultramoderne qui attire les visiteurs de l’oasis. D’ailleurs, le CSA a pris des mesures concrètes pour transformer l’oasis de Bahariyya et les déserts blanc et noir en une réserve naturelle afin de mieux les préserver ». Hawwâs a ajouté : « Les fouilles que j’ai menées à Bahariyya constituent l’une des plus grandes erreurs de ma vie, bien qu’elles soient à l’origine de ma renommée ». Il considère l’oasis de Bahariyya comme un paradis perdu. Un paradis qui ne devrait pas être accessible au tout venant. « Un lieu qui devrait être réservé à une élite », précise-t-il. « Celui qui foule le sol de Bahariyya porte atteinte à son calme et à sa beauté. C’est pourquoi je m’oppose à la création d’une autoroute entre Bahariyya et Sîwâ, comme à la création d’aéroports dans ces deux oasis. Ceci aurait des conséquences dévastatrices sur la région ». Hawwâs a confié avoir suspendu les travaux de fouilles et les visites touristiques de la vallée des momies dorées, se contentant des 250 momies découvertes jusqu’à présent. Alors que les études montrent l’existence de près de 10 000 momies dans cette région. Il a précisé que ces 250 momies mises au jour sont assez suffisantes pour l’étude de la vie quotidienne des Égyptiens au cours de cette période. La suspension des fouilles vise donc à préserver le potentiel archéologique pour les futures générations, qui seraient probablement plus à même à en prendre soin. Exposer quelques momies dans une salle inadaptée relève donc du désir de verrouiller la vallée des momies dorées devant des hordes de touristes incapables d’en mesurer toute la valeur. (Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Le CSA lance l’année prochaine la construction d’un musée pour les momies dorées », al-Masrî al-Yawm du 22 mai 2007). Musée archéologique d’al -‘Arîsh Stèles, statues, bustes, icônes, mashrabiyya-s, monnaies, lanternes et manuscrits. C’est une variété de pièces appartenant à plusieurs époques historiques que renferme le Musée national d’al-‘Arîsh. Ce musée, dont l’installation a pris trois ans et a coûté 45 millions de L.E., a enfin ouvert ses portes aux visiteurs et notamment aux habitants du Nord-Sinaï, dont la ville al-‘Arîsh est la capitale. La collection faite de 2 000 pièces va de l’époque pharaonique à celle islamique en passant par les périodes gréco•romaine, copte et byzantine. Les techniques de muséologie les plus à la page sont utilisées pour mettre en valeur les objets. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’effectuer une simple présentation et conservation des pièces archéologiques, mais aussi de permettre aux visiteurs d’accéder à la culture patrimoniale. S’étendant sur 19 000 m2, ce musée se compose en principe de deux parties essentielles : l’une en plein air, et l’autre à l’intérieur. Si la première renferme un jardin muséologique en forme d’arche avec aussi un amphithéâtre, la seconde comprend les salles qui renferment la plupart des pièces archéologiques. « C’est plutôt un centre culturel, pas un simple musée, où information historique et divertissement vont de pair. Raison pour laquelle le jardin muséologique et l’amphithéâtre occupent la plupart de la superficie du musée », commente Ahmad Sharaf, directeur général des musées régionaux. En effet, avant de s’enfoncer dans les dédales de l’histoire du Nord-Sinaï, le musée d’al-‘Arîsh nous permet de nous préparer à une telle excursion inédite. Le visiteur visionne pendant 15 minutes des documentaires en plusieurs langues, traitant de l’histoire du Sinaï, à travers non seulement les pièces que renferme le musée, mais encore les différents sites archéologiques dont le Nord-Sinaï est fameux. La route d’Horus, la citadelle d’al•‘Arîsh et les séries d’églises et monastères dont les vestiges se dressent tout au long de la route de la Sainte Famille en sont les plus connues. [ ] Les premières salles sont en fait consacrées à l’époque pharaonique dont la série est initiée par la statue d’Horus « symbole de la royauté en Égypte ancienne, puisque c’est l’héritier légitime du trône » renchérit-il. En même temps, Horus est le symbole de la victoire par excellence, sans oublier qu’une telle nomination est donnée à la route militaire qui va de Péluse à l’est de Qantara, jusqu’à Rafah aux frontières égyptiennes est. Raison pour laquelle sont exposées dans la même salle la statue de ce souverain ainsi que celles des autres grands conquérants du Nouvel Empire à l’instar de Ramsès II et III, sans oublier le char militaire, dont l’acquisition a offert la liberté aux Égyptiens. [ ] Ensuite, c’est l’âge islamique qui accueille le visiteur. Celui-ci occupe deux salles. La première comprend les outils utilisés pour l’éclairage. On y voit alors « les mashrabiyya-s qui font passer les rayons du soleil pendant la journée ainsi que les lanternes qui illuminaient les maisons et rues pendant la nuit », explique le directeur. À côté de ces objets sont exposées les différentes armes utilisées pendant cette époque. Quant à la seconde salle de l’âge islamique, elle renferme les outils de la vie quotidienne et notamment les bijoux, les récipients de khôl ainsi que les flacons des parfums. Dans cette salle est aussi exposée la kiswa (revêtement) de la Ka‘ba ainsi que des peintures qui représentent les festivités de transport vers La Mecque et celles du pèlerinage. « C’est parce que le Nord-Sinaï a vécu de tels précieux festivals », commente le directeur. Les salles d’exposition n’ont pas encore fini. Restent encore trois assez particulières qui vont transmettre au visiteur un autre aspect égyptien, mais contemporain. Une est consacrée à la poterie, la deuxième à la monnaie et son évolution depuis Alexandre le Grand jusqu’au règne de Muhammad ‘Alî pacha, tandis que la troisième expose le patrimoine sinaïtique. Pour les experts, le Sinaï est la région de la poterie par excellence. Selon eux, de variantes de poteries, venant de différents pays, y ont été découvertes lors des fouilles archéologiques. Cette richesse s’explique par la position du Sinaï, comme point de jonction, entre la vallée du Nil et les pays voisins, et reflète encore ses relations avec les autres civilisations au fil des siècles. Quant à la salle des monnaies, elle incarne une tradition typiquement sinaïtique, puisque les pièces de monnaie « servaient à orner les habits des femmes et notamment le voile », commente Sharaf. Après ce tour, le visiteur a le droit de se reposer dans le jardin muséologique, contempler la nature. La soirée promet encore puisqu’on peut jouir des spectacles folkloriques qui sont présentés par les troupes artistiques sur la piste de l’amphithéâtre. (Doaa Elhami, « Au carrefour des civilisations », Al-Ahram Hebdo du 6 juin 2007. Voir également Hassan Saadallah, “al•‘Arîsh National Museum”, The Egyptian Gazette du 3 mai). [ ] Le président du secteur des musées, Muhammad ‘Abd al-Fattâh, a souligné que la création de ce musée a nécessité cinq années. Sa collection archéologique provient de huit musées différents : le Musée Égyptien, le musée gréco-romain, les musées de Tâbâ, de Port-Saïd et de Banî Swayf, celui des saisies archéologiques de la Citadelle, les musées copte et islamique, ainsi que les entrepôts archéologiques situés à Qantara-Sharq, à al-Ashmûnayn et à Tell Bastâ. (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « Suzanne Mubârak inaugure jeudi prochain le musée al-‘Arîsh », al-Akhbâr du 1er juin. Voir également Usâma Fârûq, « 45 millions de L.E. pour l’inauguration du musée al-‘Arîsh », Akhbâr al-Adab du 29 avril). - - III RESTAURATIONS, PRÉSERVATIONS The 16th-century fort at Qusayr on the Red Sea coast, Egypt’s gateway to the East for thousands of years, has been conserved and restored and an exhibition installed for visitors. The wall paintings in the monasteries of St Paul and St Antony on the Red Sea coast have been revealed in the natural pigments in which they were originally painted. The fragmented sarcophagus of Ramses VI has been reconstructed and is exhibited inside the tomb for which it was designed. The villa of a Roman aristocrat in Alexandria has been restored and its fire-blackened and disintegrated mosaics restored. Bâb Zuwayla, one of Cairo’s oldest and most magnificent structures, has been developed into a tourist•friendly mediaeval monument. Finally, the sabîl-kuttâb of Nafîsa al-Bayda, an architectural gem, has undergone structural repairs and conservation of the building’s various architectural and artistic elements. What do all these have in common ? They are among the many projects carried out in recent years by the American Research Centre in Egypt (ARCE), a non-profit institution dedicated to fostering the history, culture and civilisation of Egypt through a variety of programmes and projects, and the Egyptian Antiquities Project (EAP), a programme funded by USAID in collaboration with the Supreme Council of Antiquities (SCA) for the restoration and preservation of antiquities. [ ] ARCE’s Robert (« Chip ») VINCENT summarised the restoration and consolidation of Shûnat al-Zabîb, the large early-dynastic mud-brick enclosure in Abîdus. He mentioned the damage caused by wasps, foxholes, and by undermining in the Coptic period when it was used as a monastery. He also described the preparation for public access of the ruins of the Graeco-Roman port town at Mârînâ al-‘Alamayn. “This project will create a walk through the pillar tombs, underground hypogea, forum baths, temple and houses,” he said. “There will be an orientation centre, cafeteria, and lighting for night-time visitors”. The focus of the second presentation by Jaroslaw DOBROWOLSKI, the technical director of ARCE, was on Islamic buildings in historic Cairo and specifically on the rehabilitation of two 19th-century houses, Bayt al-Razzâz which, he said, would dazzle visitors when it was completed and opened and the zâwiya-sabîl of Farag Ibn Barqûq. “This includes the installation of protective sky-lights and the rationalisation of the shopkeepers’kiosks, which have been redesigned, rebuilt and reoccupied” DOBROWOLSKI said. “The beautiful façade of the latter building will not be obscured.” For his part, Michael JONES, the associate director of EAP (Egyptian Antiquities Project), detailed restoration carried out on the cave church of St Paul near Za‘farâna started back in 2002. “At that time the church was in an advanced state of decay caused by moisture and salts in the walls, and harmful cement on the interior and exterior walls apart from damage on the inside walls from soot, dirt and candle grease,” he said. When the Italian team had finished work inside the church they completed the exterior work, which included replastering the exterior east wall and adding a roof to a small cell which had been uncovered when a mud-brick platform was removed on the east side of the church. The scope of the work carried out for the conservation of Egyptian antiquities known as the Egyptian Antiquities Project (EAP), the Antiquities Development Project (ADP), and the Egyptian Antiquities Conservation (EAC) covers all periods of Egyptian art and architecture, including prehistoric, Pharaonic, Graeco-Roman, Coptic, Jewish and Islamic sites and monuments throughout the country. The ADP grant has now been successfully concluded. Projects originally initiated under the EAP are winding down ; and the EAC has already held an open round of competitive proposals before it embarks on the implementation of a number of new projects. One of these has already begun at Luxor Temple in collaboration with the University of Chicago’s Epigraphical Survey in Luxor (better known as Chicago House). Test cleanings on the Roman frescoes in the temple dating to about AD 300 have revealed fresco paintings of very high quality. “These were made when Luxor Temple was incorporated into the Roman legionary fortress under the Emperor Diocletian,” JONES said. “The unique paintings which are now appearing are seriously endangered by atmospheric pollution. How to reveal them, and preserve them, is our challenge.” Another project is to determine the best way to protect, present and promote a Roman settlement site that lies deep in the Eastern Desert. Sikait is an area of outstanding natural beauty and the settlement there supported an emerald mining area. As the new archaeological season starts this Autumn, USAID officials, together with members of ARCE along with key officials of the Red Sea region, will be inspecting the site and discussing conservation and necessary steps prepare the site for tourism. Much has been achieved since ARCE signed agreements with USAID, in 1993, 1995 and 2004, to conduct projects for the conservation of Egyptian antiquities. Much remains to be done. Of all the projects in the pipeline, however, perhaps the site management and training programme is among the most important. Upon completion of the plan for Madînat Hâbû, and following appropriate discussion and approval with the SCA, ARCE intends to implement the site presentation elements of the plan with the team of Luxor participants and with funds from the EAC. (Jill KAMIL, “Priority on site management”, Al-Ahram Weekly du 7 septembre 2006). The Supreme Council for Antiquities in cooperation with the New York-based Fine Arts Institute and Pennsylvania University has restored a 5,000-year-old wall that was unearthed in Suhâg, Upper Egypt. The wall, which dates back to the first dynasty, is 15 metres high and 5 metres wide, official said, adding that restoration project was implemented in two phases. (Hassan Saadallah, “5,000-year-old wall restored”, The Egyptian Gazette du 5 janvier 2007). The mosaic at the Church of the Revelation at Saint Catherine’s Monastery is the oldest and most beautiful in the Middle East. Restoration of this precious decoration is being undertaken by an Italian team. [ ] “An agreement between the Italian team and the Supreme Council of Antiquities stresses the need to restore the mosaic with the most suitable materials,” Manager of Dahab Antiquities, ‘Abd al-Rahîm Rayhân added. Several parts of the mosaic had been damaged and several tiles were missing, but the Italian restorers have made good all these defects. (Hassan SAADALLAH, “Italian team restores St Catherine mosaic”, The Egyptian Gazette du 13 janvier 2007). L’ambassadeur de France au Caire, Philippe COSTE, a salué l’initiative prise par des institutions culturelles, sociales et religieuses en France pour restaurer les églises historiques qui souffrent de négligence à Port-Saïd. M. COSTE s’est rendu à Port-Saïd sur l’invitation de son gouverneur, Dr Mustafa Kâmil, à l’occasion du cinquantenaire de l’agression tripartite sur la ville. Lors de cette visite, l’ambassadeur de France a déclaré que le dédommagement des familles des victimes ayant été assujettis à la corvée du creusement du Canal de Suez est de la vieille histoire. Il faut cesser de regarder en arrière, puisque la coopération établie aujourd’hui entre les deux pays est beaucoup plus importante. [ ] L’ambassadeur a souligné que remettre la statue de Ferdinand DE LESSEPS sur sa base à l’entrée du canal ou l’exposer dans un musée ne changera rien à l’œuvre grandiose et intelligente de ce personnage qui a relié la mer Rouge à la Méditerranée. (Ahmad al-Gamal, « La France restaure les églises antiques de Port-Saïd », al-Ahrâr du 24 janvier 2007). Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a annoncé la réinauguration des chapelles de la triade thébaine située dans l’angle Nord-Ouest de la cour de Ramsès II dans le temple de Louqsor. Le président du Secteur des Antiquités égyptiennes, Sabrî’Abd al-’Azîz, a précisé que ces chapelles ont fait l’objet de restaurations minutieuses : nettoyage des parois et des décorations, fixation des couleurs et restauration des sols. Durant cinquante ans, ces chapelles avaient servi de magasins pour entreposer les antiquités de la région de Louqsor. Ces pièces ont été transférées vers les nouveaux entrepôts muséologiques récemment construits par le Conseil Suprême des Antiquités. (Mahmûd Shâkir, « Ouverture à la visite des chapelles de la triade thébaine dans le temple de Louqsor », al-Wafd du 23 janvier 2007). Le directeur général des Antiquités du Caire et de Gîza, Muhsin Sayyid ‘Alî, a annoncé que le projet de restauration de la mosquée de l’imâm al-Layth b. Sa‘d, située dans la région de l’imâm al-Shâfi‘î, pourrait s’achever vers le milieu de cette année. Le coût de ces travaux s’élève à quatre millions de livres égyptiennes. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 30 janvier 2007). Le directeur général des Antiquités d’al-Buhayra, Muhammad ‘Abd al-‘Azîz ‘Abd al-Latîf, a annoncé la préparation d’études archéologiques et architecturales préalables à la restauration de cinq mosquées situées à Rosette. Il s’agit des mosquées al-Mahallî, al-Gindî, al-Mushayyad bi-l-Nûr, al-Sâmit et Damaqsîs. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 30 janvier 2007). Le directeur général des Antiquités du Caire et de Gîza, Muhsin Sayyid ‘Alî, a annoncé que la mosquée Athar al-Nabî, située dans le vieux-Caire, est en cours de restauration. Les travaux englobent la consolidation des colonnes de marbre, la construction d’un mur d’enceinte pour protéger la mosquée et la mise en place d’un système d’éclairage. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira janvier 2007). du 30 Outre Dâr al-Kutub et les bibliothèques universitaires, notamment celle de l’Université du Caire, un nombre important de manuscrits arabes est conservé dans les mosquées de différentes villes égyptiennes. Les manuscrits des mosquées ne sont pas à l’abri du vol et de la détérioration. Le ministère des Waqf-s élabore un projet visant à recueillir ces manuscrits islamiques dont le nombre est estimé à 20 000 et à les réunir au sein d’une bibliothèque centrale. Le superviseur général de cette bibliothèque, Muhammad Khulûsî, a annoncé que plus de 6 000 manuscrits ont déjà été transférés de 22 mosquées situées en Haute et en Basse-Égypte. (Rânyâ Sâlim, « Projet pour rassembler 20 000 manuscrits conservés dans les mosquées, les zâwiya-s et les tombes ! », al-Musawwar du 9 février 2007). Le gouverneur de la Nouvelle Vallée, major général Ahmad Mukhtâr, a salué le rôle joué par la mission conjointe égypto•japonaise qui effectue des fouilles archéologiques dans la région de Qasr al-Zayyân grâce à l’utilisation de matériels ultramodernes dans les relevés topographiques tridimensionnels et d’équipements géophysiques sophistiqués. Un programme de restauration de Qasr al-Zayyân et de réaménagement complet de toute la zone environnante est en cours d’élaboration. (Mirvat Ayyûb, « Réaménagement de la région de Qasr al-Zayyân avec la collaboration du Japon », Watanî du 11 février 2007). Le directeur général de la zone archéologique de Bâb al-Wazîr, ‘Imâd ‘Uthmân, a annoncé le lancement du projet de documentation de Bayt al-Razzâz et de son exploitation d’une façon appropriée à l’issue de sa restauration. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 20 février 2007). Le Conseiller archéologique auprès du ministère de la Culture, ‘Abdallah al-‘Attâr, a révélé que plusieurs réunions ont eu lieu entre des représentants du gouvernement kazakh et le CSA, afin de conclure une convention de restauration de la mosquée al-Zâhir Baybars située au Caire. En effet, le Kazakhstan s’engage à financer ce projet à hauteur de 4,5 millions de dollars. Le gouvernement kazakh attache une importance particulière à l’entretien des monuments laissés par Baybars, qui était d’origine « Musées février 2007). kazakhe. et Antiquités (Lû’ay », Mahmûd al-Qâhira Sa‘ïd, du 20 Le Conseiller archéologique auprès du ministère de la Culture, ‘Abdallah al-‘Attâr, a confirmé le lancement de la restauration de la mosquée ‘Abbâs Hilmî II, située à Ismâ‘îliyya, en collaboration avec le gouvernorat. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 mars 2007). Le directeur général des Comités permanents, Magdî al-Ghandûr, a annoncé le rejet de la demande déposée par l’Université Paul-Valéry, Montpellier III pour travailler dans les tombes n° 33, 29, 31 et 40 situées dans la Vallée des Rois. En effet, la loi interdit toute nouvelle fouille archéologique en Haute-Égypte. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 20 février 2007). L’ambassadeur des États-Unis au Caire, Francis Richard DOONEY, a inspecté plusieurs projets mis en place dans la ville de Louqsor et financés par l’United States Agency for International Development (USAID). Il a confirmé la poursuite de la coopération entre les gouvernements égyptien et américain dans ce domaine. En effet, l’USAID financera un nouveau projet visant à baisser le niveau des eaux souterraines dans la rive Ouest, afin de sauver les colosses de Memnon et le Ramesseum. Ce projet qui démarre en avril 2007 sous la supervision de l’Unesco durera 18 mois et coûtera 40 millions de livres égyptiennes. Le projet de baisse de niveau des eaux souterraines entre les temples de Louqsor et de Karnak avait déjà coûté 70 millions de L.E. : 50 millions de dons américains et 20 millions assumé par le Service égyptien du drain sanitaire. Il est à noter que l’USAID aidera les agriculteurs à planter autre chose que la canne à sucre, culture trop gourmande en eau et responsable de la hausse du niveau des eaux souterraines. Les Américains s’engagent également à financer la construction d’une école de langues à Louqsor. (Zayn Ibrâhîm, « L’ambassadeur américain confirme le soutien des projets de développement à Louqsor », Sabâh al-Khayr du 6 mars 2007. Voir également Georges Édouard, « Projet égypto-américain pour sauver 5 temples pharaoniques », Watanî du 11 mars). En collaboration avec les autorités de la ville de Louqsor, le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) élabore un projet de réaménagement du village Qurnat Mar‘î. Le CSA consacrera neuf millions de livres égyptiennes aux dédommagements des habitants expulsés. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 6 mars 2007). Une édition intégrale de la Description de l’Égypte vient d’être transférée du musée Muhammad Mahmûd Khalîl à Gîza vers Dâr al-Kutub, afin d’y être restaurée. Une fois restaurés, les 37 volumes de cette Description de l’Égypte seront exposés à la bibliothèque municipale d’Alexandrie rattachée au Musée des beaux-arts. (Taha ‘Abd al-Rahmân, « Dâr al-Kutub lance la restauration d’une Description de l’Égypte », al-Ahrâr du 14 mars 2007. Voir également Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Restauration de la Description de l’Égypte », al-Masrî al-Yawm du 3 mars ; « Lancement de la restauration de la Description de l’Égypte », al-Musawwar du 16 mars). Le directeur général des Antiquités du Caire et de Gîza, Muhsin Sayyid ‘Alî, a annoncé l’accélération de la restauration de la mosquée Nâzlî Hânim située à Duqqî, en coopération avec le ministère des Waqf-s. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 13 mars 2007). Le gouvernorat d’al-Sharqiyya a fondé dans la ville de Fâqqûs, il y a sept ans, un institut pour la restauration des milliers de pièces archéologiques sur une superficie de 1 860 m2. Toutefois, cet institut n’a toujours pas été inauguré jusqu’à aujourd’hui. Le président du Conseil de la ville de Fâqqûs, Gamâl Ahmad al-Dîb, a expliqué que la construction de cet institut avait pour but de créer de l’emploi pour les jeunes, restaurer le patrimoine archéologique in situ et fédérer un savoir faire dans ce domaine sur les plans national et international, notamment avec la collaboration de la France et de la Grèce. Malgré les deux millions de livres égyptiennes déjà dépensées, le projet s’est arrêté. L’ingénieur ‘Âtif Sayyid, du Conseil municipal de Fâqqûs, a déploré l’absence d’une planification globale. Le problème de cet institut de restauration a été évoqué maintes fois, sans qu’aucune autorité ne bouge pour le sauver et le mener à terme. À présent, le centre est totalement abandonné sous les monticules de détritus qui l’envahissent de toutes parts. (Sâlî ‘Âtif, « Le centre pour la restauration archéologique à al-Sharqiyya : un projet mort-né », Watanî du 25 mars 2007). [ ] The Supreme Council of Antiquities in cooperation with Qinâ Governorate in southern Egypt embarked on an LE75 million project to develop the areas in and around the Temple of Dandara. The project is scheduled for completion by the end of this month. “Later temple features in Dandara”, The Egyptian Gazette du 1er avril 2007). Le Dr Zâhî Hawwâs a annoncé que le CSA prépare actuellement un rapport détaillé sur les Antiquités saccagées par Israël après son occupation du Sinaï en 1967. Ensuite, le ministère égyptien des Affaires étrangères déterminera le montant des dédommagements nécessaires que le gouvernement israélien devra verser pour la restauration de ces Antiquités. (Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Le CSA prépare un rapport détaillé sur les Antiquités saccagées par Israël dans le Sinaï », al-Masrî al-Yawm du 7 avril 2007). Le Dr Hawwâs a souligné que l’Égypte ne renonce pas à son droit d’exiger des dédommagements d’Israël pour les destructions volontaires perpétrées par ses troupes armées lors de l’occupation de la péninsule du Sinaï. Ce saccage intentionnel visait à effacer l’identité égyptienne, arabe et islamique de ces monuments. (Islâm Ahmad, « Les archéologues exigent l’ouverture du dossier des dédommagements israéliens pour le Ah saccage râm du 4 des Antiquités du Sinaï », avril). al• Une mission archéologique de l’American Research Centre in Egypt (ARCE) poursuivra ses travaux de restauration et de sauvegarde des peintures murales dans l’église Saint-Serge jusqu’à la fin du mois de juillet 2007. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 17 avril 2007. Voir également « Lancement de la deuxième phase de restauration de l’église Saint-Serge », al-Wafd du 6 avril). Le directeur des Antiquités islamiques d’Idfû, ‘Abd al-Salâm Hasan, a confirmé que le CSA a débloqué 4 millions de livres égyptiennes pour la restauration de la mosquée al-‘Imrî située à Idfû. En coopération avec l’Université du Caire et les responsables de l’environnement, le CSA a lancé une étude architecturale et un appel d’offres pour ce projet de restauration. (Karâr al-Amîn, « 4 millions de L.E. pour la restauration de la mosquée al-‘Imrî à Idfû », al-Ahrâr du 1er mai 2007). Le directeur général du Comité permanent des Antiquités islamiques et coptes, Dr Muhammad ‘Abd al-Latîf, a annoncé que le Nederlands-Vlaams Instituut in Cairo (NVIC) poursuivra ses travaux archéologiques dans Qubbat Afandînâ jusqu’au mois d’août 2007, sous la supervision de l’inspectorat concerné. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Reprise des travaux dans Qubbat Afandînâ », al-Qâhira du 8 mai 2007). Le Comité permanent des Antiquités islamiques a approuvé un projet visant à restaurer et à remettre en service le hammâm al-Tambalî classé monument historique sous le n° 564. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 8 mai 2007). Le directeur général des Antiquités du Sud-Sinaï, Târiq al-Naggâr, a annoncé que l’enceinte archéologique de Tell Râya et de Tell al-Kîlânî a été délimitée, afin de les protéger contre les appétits des Bédouins, des propriétaires de villages touristiques et des agences de safari. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 22 mai 2007). Le directeur général des Antiquités de Basse-Égypte, ‘Abd al-Ma‘bûd Radwân, a annoncé le démontage des plafonds et des décorations du premier étage du palais de Fâtima Haydar situé en Alexandrie. Ces éléments seront refixés à leur place à l’issue des travaux de restauration. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 22 mai 2007). Un comité d’archéologues qui regroupe le directeur de la Citadelle de Qâytbây en Alexandrie, Muhammad ‘Alî, ainsi que l’artiste Salâh Mar‘î, professeur de décor à l’Institut supérieur du cinéma, étudie la possibilité de transformer les trois étages de la tour principale en un panorama retraçant la vie durant les époques mamelouke, ayyubide et ottomane. Ce panorama présentera les personnalités les plus importantes, ainsi que des maquettes représentant l’armement, les vêtements et la vie quotidienne. C’est le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, qui avait lancé cette idée lors de sa récente visite à la citadelle. (Abû Naddâra, « La vie des Mamelouks et des Ottomans dans la citadelle de Qâytbây », al-Akhbâr du 24 mai 2007). Dr Zâhî Hawwâs a annoncé que le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a commencé des études préliminaires au lancement d’un projet qui vise à baisser le niveau des eaux souterraines sous le temple de la vallée et la pyramide de Chéphren. Le président de l’Administration architecturale du CSA, ‘Abd al-Hamîd Qutb, a révélé que l’Engineering Center for Archaeology de l’Université du Caire tente de déterminer les raisons d’une telle hausse et les moyens de la juguler, afin de préserver la pyramide et le temple de la vallée. (Fathiyya al-Dakhâkhnî, « Le CSA lance des études pour baisser le niveau des eaux souterraines sous la pyramide de Chéphren », al-Masrî al-Yawm du 26 mai 2007). Le ministère de la Culture a achevé un projet de restauration et de développement du complexe archéologique du sultan Qalâwûn situé dans Le Caire fatimide. Le ministre de la Culture, Fârûq Husnî, a confirmé que le coût de ce projet s’élève à 20 millions de livres égyptiennes et a duré sept années. (‘Alâ’‘Abd al-Hâdî, « 20 millions de L.E. pour sauver le complexe de Qalâwûn », al-Akhbâr du 3 juin 2007 ; Ashraf Mufîd, « Restauration et développement du complexe archéologique de Qalâwûn », al-Ahrâm du 8 juin). Le pompage intensif des eaux souterraines sous le temple d’Isnâ a provoqué l’effondrement de nombreuses habitations et magasins dans le voisinage. Plus de quinze familles se sont retrouvées à la rue. Certains riverains ont perdu leurs échoppes, leur unique gagne-pain. Les dédommagements tardent à venir. La société de BTP, chargée par le Conseil Suprême des Antiquités de réduire le niveau des eaux sous le temple d’Isnâ, s’est empressée d’effacer son nom sur les pancartes du projet ! (« Effondrement des habitations de 15 familles. Le coupable : le CSA ! », al-Naba’al-Watanî du 10 juin 2007. Voir également Amîr al-Sarrâf, « Le pompage des eaux sous le temple d’Isnâ est responsable de l’effondrement des maisons », al-Wafd du 1er juin). Le Comité permanent des Antiquités islamiques et coptes a émis un décret d’expulsion définitive de tous les occupants de la maison ‘Alî Labîb, afin de mieux la préserver. (Lû’ay Mahmûd Sa‘ïd, « Musées et Antiquités », al-Qâhira du 19 juin 2007). Palais Antoniadis © Creative Commons [ ] La Rénovation de la villa Antoniadis et de ses jardins est entreprise, grâce à Alexander S. Onassis Public Benefit Foundation et dont le plan est confié à l’ingénieur-architecte, le Dr Muhammad ‘Awad, bien connu, Alexandrin, amoureux de sa ville natale. Il est situé au sud, il est bordé de quelque quarante-huit hectares de verdure et de gazon, englobant les jardins Antoniadis, les jardins de Nuzha. Ajoutons que l’on peut admirer dans les jardins de la villa de magnifiques statues ainsi que des serres contenant des plantes tropicales. Cette superbe villa comprend un rez-de-chaussée mesurant 1 085 m2. Le premier étage est de 860 m2, le roof 480 m2 de pourtour, et un 2 sous-sol de 434 m. Soit un total d’une surface de 2 859 m2. Le rez-de-chaussée et le premier étage possèdent, chacun, quinze chambres. Il est fort intéressant à noter que dans les restes architecturaux, on a découvert une tombe d’un gnostique et une citerne. La villa est classée monument historique dans le registre gouvernemental. Sir John ANTONIADIS est le parfait prototype de l’Alexandrin-cosmopolite. Il est sujet anglais, originaire de l’île grecque de Lemnos. Ce fut le bienfaiteur de la ville d’Alexandrie et de la communauté grecque vers le milieu de XIXe siècle. Il fut l’instigateur de l’embellissement des jardins, qui seront les plus fameux et les plus célèbres d’Alexandrie. Quand la villa et ses jardins furent offerts à la municipalité de notre ville par son dernier propriétaire Sir Anthony ANTONIADIS, ils furent utilisés comme « maison d’invités », tels les grands dignitaires en visite. On y notait les rois de Belgique, de Grèce, d’Italie, le Shah d’Iran et son épouse, ainsi que la princesse Fawziyya, sœur du roi Fârûq d’Égypte. On y assista à des réceptions historiques. La villa fut témoin de celle donnée en l’honneur de la signature du Traité anglo-égyptien de 1936, de celle de la création de la Ligue arabe en 1946. Des réceptions en l’honneur des événements mondains survenus dans les années 1930•1940. Ne pas oublier que dans ces années, ce furent des « garden-parties » données à cette occasion, où se tenait la splendide exposition florale, qui se renouvellera à chaque année. On a longtemps parlé de la fastueuse invitation donnée en l’honneur du khédive Ismâ‘îl, accompagné de son jeune fils, Tawfîq, le prince héritier du trône d’Égypte, et la réception en l’honneur de l’élite alexandrine. Ces riches manifestations politiques et culturelles ont ajouté à la diversité, au pluralisme et à l’interaction parmi les représentants méditerranéens. © Creative Commons Après la Révolution de 1952, une partie des jardins fut coupée, afin d’élargir Nuzha et le Parc zoologique. Vers l’année 1970, il y eut une dégradation dans la partie Mahgûb, ex-gouverneur d’Alexandrie, la villa, ses jardins, la collection d’œuvres d’art et les meubles furent offerts de même à la Bibliotheca. Enfin, après la rénovation de la villa par le compétent Dr Muhammad ‘Awad, se tiendra une exposition de son œuvre architecturale. On admirera alors ce travail gigantesque, dont les travaux ont déjà pris leur essor. On verra, également, les meubles, les diverses collections faisant partie des possessions de Sir John ANTONIADIS. (Gisèle BOULAD, « La rénovation de la villa Antoniadis », Al-Ahram Hebdo du 13 juin 2007. Voir également Taha ‘Abd al-Rahmân, « Restauration du palais des conventions en Alexandrie », al-Ahrâr du 11 janvier ; Nivîn Camil, « Projet international pour développer la villa Antoniadis », Watanî du 28 janvier). architecturale de la villa. Par contre, les jardins tinrent bon. En 2004, sous les auspices du général ‘Abd al-Salâm al- Ismâ‘îliyya Mosquée ‘Abbâs Hilmî II Après des années de négligence et d’abandon, la mosquée ‘Abbâs Hilmî II, située à la jonction de la rue qui porte son nom et de la rue Muhammad ‘Alî, au gouvernorat d’Ismâ‘îliyya, commence actuellement à subir des travaux de restauration menés par le Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Construite en l’an 1316 de l’hégire, soit en 1898 de l’ère chrétienne, par le khédive ‘Abbâs Hilmî II, cette mosquée n’a été enregistrée en tant que monument islamique qu’en 1997. Elle souffre actuellement de plusieurs problèmes. « Le plafond est fortement endommagé par les eaux des pluies. Cela exige la présence d’une couche de matière imperméable en vue d’arrêter l’infiltration de l’eau sur la toiture qui affecte à son tour les murs de la mosquée », a affirmé Zaynab Badawî, directeur général des monuments islamiques à Ismâ‘îliyya. À part l’influence qu’a causée la pluie, la direction de l’habitat au gouvernorat d’Ismâ‘îliyya a réalisé des travaux de peinture de la mosquée à l’intérieur et à l’extérieur, en utilisant une couleur pâle jaunâtre qui diffère de la couleur authentique de la mosquée. « Les calligraphies des versets coraniques en relief sur les murs intérieurs n’ont pas échappé à ce massacre et ont disparu sous cette couche de peinture », a signalé Zaynab Badawî, en réitérant : « Les travaux de restauration seront refaits en utilisant la couleur originelle tout en nettoyant les décorations et les écritures coufiques en relief qui ont été badigeonnées ». En fait, la mosquée sera totalement renouvelée pour reprendre son aspect d’antan de l’intérieur comme de l’extérieur, y compris le minaret et la coupole dotée de fenêtres à vitraux colorés laissant passer la lumière et l’air à l’intérieur de la mosquée. « Les travaux de restauration vont inclure également le renouvellement du réseau électrique et des tuyauteries ainsi que la cour des ablutions, tout en essayant de réduire au maximum les méfaits de l’eau des pluies sur les murs de la mosquée », a signalé Muhsin Sa‘îd ‘Alî, directeur général des monuments islamiques. Cette mosquée est en fait la première qui fut construite à Ismâ‘îliyya. C’est le khédive ‘Abbâs Hilmî II, qui a gouverné l’Égypte de 1892 à 1914, qui avait donné ordre à sa construction pour servir le nombre accru d’employés qui se sont installés dans cette zone, pour le travail au projet du creusement du Canal de Suez ainsi que dans le projet du canal d’irrigation des terres agricoles d’Ismâ‘îliyya. Construite sur une surface de 440 m2, l’entrée principale de la mosquée se trouve du côté Est où se trouve un portail qui ouvre sur une nef dont le plan général est rectangulaire, et où sont disposées plusieurs colonnes à chapiteaux décorés d’une grande élégance. À droite du portail se trouve un escalier qui mène à un étage supérieur où se trouve l’endroit réservé aux femmes. La nef est entourée de deux rangées de fenêtres inférieures et supérieures encadrées de panneaux. L’aspect intérieur est très élégant, la qibla est revêtue d’une riche mosaïque combinée avec des rangées de marbres minuscules. Elle est considérée comme un chef-d’œuvre et renferme des écritures coufiques en relief. Non loin de la qibla se trouve le minbar (la chaire) en bois, décoré d’une façon artistique, portant des versets coraniques. Le plafond est revêtu de bois orné de dessins de plantes de couleur noire, rouge et jaune. Les ornements et les couleurs du plafond sont symétriques. Le minaret est très admirable et divisé en deux étages de forme cylindrique et monté sur une base carrée. Une somme de 300 000 L.E. a été allouée par le gouvernorat d’Ismâ‘îliyya afin de financer les travaux de restauration de la mosquée qui prendront fin dans deux ans. (Thérèse Joseph, « Un monument retrouve sa splendeur », Al-Ahram Hebdo du 16 mai 2007). Rue al -Mu‘izz © Aymé Lebon La première phase de réaménagement de la rue al-Mu‘izz est sur le point de s’achever. Toutefois, la transformation de cette grande artère marchande en zone piétonne et sa muséification ne recueillent pas l’assentiment de tous ses habitants : Trente-quatre monuments islamiques variant entre mosquées, écoles, fontaines et kuttâb-s (écoles coraniques) se dressent depuis des siècles des deux côtés de la rue al-Mu‘iz, au Vieux-Caire. Cette rue reliant les portes d’al-Futûh à Zuwayla est aux yeux des spécialistes le joyau du Caire islamique. Mais vu son emplacement au cœur de la capitale, cette artère a été transformée depuis des années en rue commerçante et artisanale par excellence. Là sont installés les marchés principaux de légumes, notamment l’oignon, l’ail et le citron, et de petits ateliers de différentes activités surtout métallurgiques. Résultat : au fil des ans, « le réseau de drainage sanitaire et celui de l’eau potable qui n’ont pas été renouvelés depuis leur installation en 1908 ont été complètement érodés et la rue est très souvent envahie par l’odeur, voire noyée complètement dans les eaux usées, sans oublier les réseaux d’électricité et de téléphone dont l’état exige un changement complet », explique Ragâ’î Husayn, directeur général des antiquités de Gamâliyya. Avis partagé par Muhammad al•Sa‘d, propriétaire d’un bazar, qui assure avoir été contraint de fermer son magasin plus de quatre ans à cause de l’eau malsaine qui noyait le seuil de son établissement. Cet état menaçait non seulement les habitants et les ouvriers, mais encore « les fondations des antiquités islamiques exposées à la destruction et à la perte définitive », reprend Ragâ’î Husayn. Autre problème, l’existence de ces marchés exigeait l’entrée de lourds véhicules, qui « risquent de heurter les bâtiments antiques en passant dans cette rue étroite qui, à son tour, est fermée lors de leur passage », ajoute l’archéologue. Pis encore, les activités métallurgiques répandues dans la rue exigent l’utilisation de matières chimiques ainsi que de très hautes températures afin de faire fondre les différents métaux. « Ces ateliers risquent d’être la source d’énormes incendies qui exposent les monuments à un danger certain », renchérit-il. Raison pour laquelle le ministère de la Culture a entrepris depuis 1998 un grand projet de développement et de rénovation du Caire fatimide, afin de sauver cette rue qui, selon le plan du projet, sera consacrée aux piétons uniquement. Dès lors, le ministère de la Culture a restauré tous les bâtiments antiques de la rue al-Mu‘izz et ses environs. Un travail qui a duré plusieurs années. Ensuite, depuis sept mois, et en coopération avec le ministère de l’Habitat et le gouvernorat du Caire, les responsables du ministère de la Culture viennent de renouveler toute l’infrastructure de la rue. « Nous avons baissé le niveau de la rue et nous avons dallé 300 mètres avec du basalte noir, qui est le parterre originel du lieu. Un travail qui nous a coûté 17 millions de L.E. », explique l’ingénieur Husayn Ahmad Husayn, directeur du projet au sein du Conseil suprême de la culture. Pour lui, le projet, qui sera terminé fin 2007, consiste à daller le reste de la rue. « Cette nouvelle vision exige en fait la prise de plusieurs procédures afin de la préserver », reprend l’ingénieur. Tout d’abord, les marchés de légumes seront tous transférés au marché d’al-‘Ubûr, aux environs du Caire. Aussi, l’entrée des véhicules sera permise uniquement pendant la nuit, précisément de 22h à 8h du matin. En même temps, les ateliers métallurgiques qui assurent la fonte des métaux doivent être modifiés, afin d’éviter le moindre danger et encore de convenir à la vue touristique de la rue, sans oublier les façades des différents bazars dont le style doit être en harmonie avec le style islamique, celui des monuments de la rue. © Aymé LEBON Si les travaux de renouvellement de l’infrastructure et du dallage de la rue ont été appréciés par un grand nombre d’habitants, l’interdiction d’entrée des véhicules le matin a au contraire causé le remous de plusieurs ouvriers. « Ce projet va paralyser la plupart des activités commerciales et industrielles de la rue qui font partie de son histoire. Je ne sais rien faire dans ma vie que les travaux métalliques », explique ‘Amm Sâbir, ouvrier dans un atelier situé au cœur de la rue. Pour lui, il faudrait s’entraîner aux nouvelles activités que les responsables veulent installer à la place de ces ateliers. Aussi, l’idée de transmettre les marchés des légumes a-t-elle trouvé beaucoup de protestations de la part des habitants de la rue, voire de tout le quartier. Pour eux, il est simple de transporter ces légumes dans cette rue qui se situe au centre de la capitale. Ainsi, leur prix est-il très modeste pour les clients. Quant à celui de ‘Ubûr, au bout de la ville, il va élever leur prix et encore obliger les habitants de ces quartiers de se déplacer. Selon Fathî Ahmad, propriétaire d’un magasin de textile, les responsables prennent des décisions sans avoir recours aux résidents de la rue dont les propositions seront adéquates à la fois au projet et à leurs intérêts. Par ailleurs, les archéologues et les responsables du ministère assurent que ces décisions sont faisables et leur profit ira en premier lieu aux habitants du quartier de Gamâliyya. « Ce projet est en fait le joyau du Caire islamique », souligne l’ingénieur Husayn Ahmad. Pour lui, al-Mu‘izz sera la rue touristique exemplaire par excellence. La clientèle étrangère fréquentera facilement cette rue et par conséquent va élever le niveau socio-économique des résidents de la rue entre habitants et marchands, sans oublier que la sécurité sera renforcée grâce aux points de police qui seront installés tout au long de la rue. Avis partagé par les bijoutiers et les marchands des bazars qui assurent que la modification de la clientèle va améliorer le goût des habitants et aussi les prix de leurs marchandises. (Doaa Elhami, « Une artère toujours problématique », Al-Ahram Hebdo du 25 avril 2007. Voir également Alâ’‘Abd al-Hâdî, « La rue al•Mu‘izz uniquement pour les piétons », al-Akhbâr du 17 janvier ; Marwa Mourad, « La rue al-Mu‘izz se transforme en musée à ciel ouvert », Le Progrès Égyptien du 18 janvier ; Manâr Khâtir, « Le gouvernorat du Caire approuve un plan pour transformer la rue al•Mu‘izz en un musée à ciel ouvert », al-Masrî al-Yawm du 3 février ; Muhammad Zakî, « Réaménagement total de la rue al•Mu‘izz », al-Wafd du 3 février ; Mushîra Mûsa, « La rue al-Mu‘izz transformée en zone piétonne et touristique », al-Ahrâm du 23 avril ; Nevine El-Aref, “Only for pedestrians”, Al-Ahram Weekly du 3 mai ; Hassan Saadallah, « Rénovation de la rue al-Mu‘izz, la plus ancienne du monde », Le Progrès Égyptien du 9 mai ; Hassan Saadallah, “Open museum planned in Islamic Cairo”, The Egyptian Gazette du 14 mai). Le gouverneur du Caire, ‘Abd al-‘Azîm Wazîr, se montre très optimiste quant aux retombées touristiques de ce grand projet de réaménagement : [ ] Lors d’une visite d’inspection des travaux de développement de la rue al-Mu‘izz, le gouverneur a déclaré hier que les experts touristiques estiment à plus de 5 milliards de livres égyptiennes les revenus touristiques annuels de cette région dès son inauguration. Il a souligné que le montant des travaux d’infrastructure de la rue al-Mu‘izz s’élève à 5,5 millions de L.E. Cette somme a été versée par le ministère du Tourisme. Quant aux dallages de la rue et des ruelles adjacentes avec du basalte, ainsi que le ravalement des façades des bâtiments, ils ont coûté plus de 35 millions de L.E. (Ahmad Sayyid, « 5 milliards de L.E. attendues après l’inauguration de la rue al•Mu‘izz », al-Ahrâr du 30 mai). Église de la Vierge à Hârit Zuwayla © Aymé Lebon The end of January will mark the end of the period set aside for the restoration of the icons of the Holy Virgin’s Church at Hârit Zuwayla in Fatimid Cairo. The work, which included the restoration and renovation of the altar dome, the eastern niche, and the altar walls, began in July 2006 under the supervision of the American Research Centre in Egypt (ARCE) in cooperation with the Supreme Council of Antiquities (SCA). The fourth century church of the Holy Virgin was the seat of the Coptic patriarch from the 14th through the 17th centuries. The first of the Holy Virgin’s 23 patriarchs was Pope Yu’annis, the 80th patriarch of the Church, and the last Pope Metta’os IV, the 102nd. After that the papal seat moved to St Mark’s cathedral at Azbakiyya. The church, which contains saints’relics and some very rare icons, was witness to a large part of the country’s history. Oral tradition in Egypt and Ethiopia assures us that the Holy Family came here during the flight to Egypt. BUTLER said of the Holy Virgin’s church in his book The Ancient Coptic Churches in Egypt published in 1882, that on his visit the church was 4.5 metres below ground level and its height was 18 metres. He mentions 12 pillars on each side of the nave. The nave had a dome shape and was supported by pillars and timber beams. © Aymé Lebon The first part of the project entailed the restoration of the dome, which dates back to the 18th century. Under it are illustrations of the four archangels, with Christ in the centre. On the outside are depictions of St Mary with the Archangel Gabriel, Aaron, and Moses receiving the tablets of the law from God. “The dome was exposed to carbon and incense sediments that wiped out the colours and the drawings,” the project’s executive manager, Shawqî Nakhla, says. The second phase involved the 14th-century eastern niche. Sâmî Girgis As‘ad, an SCA restoration consultant, calls its style “purely Islamic”, adding that the upper part of the niche, which has a geometric decoration, has been lost. © Aymé Lebon The third phase was the restoration of the altar walls. Specialist Mirvat Rizq Fânûs says the walls were in very poor condition made worse by high levels of groundwater in the area of the church. Past poor restoration has had an adverse effect, since cement an extremely restoration-unfriendly material was used to hold back the water behind the walls. (Sanâ’Fârûq, “Lighting up the past”, Watanî du 7 janvier 2007). Statues des places publiques Statue de Tal‘at Harb (1876-1941) © Aymé Lebon Les statues des leaders égyptiens Mustafa Kâmil, Sa‘d Zaghlûl, Tala‘t Harb, Muhammad Farîd et Ahmad pacha Mâhir, outre les quatre lions qui décorent le pont de Qasr al-Nîl, subissent actuellement des travaux de nettoyage et de restauration. Faites de bronze, ces statues sont quotidiennement exposées à la pollution qui affecte leur beauté et leur splendeur, les affaiblissent et les exposent même à la possibilité d’écroulement. Le gouvernorat du Caire, en coordination avec le CSA, ont donc pris l’initiative de les préserver. « L’idée d’une telle conservation a surgi après les travaux de développement qui ont eu lieu à la place de l’Opéra, l’une des places du centre-ville où se dresse la célèbre statue d’Ibrâhîm pacha et qui a fait l’objet d’un nettoyage », souligne Khâlid Mustafa, chef du bureau de communication au sein du gouvernorat. Selon lui, la statue a retrouvé son charme après les opérations de restauration effectuées et a redonné à la place sa splendeur oubliée. Suite au succès de ce projet, le gouvernorat a décidé de rééditer l’expérience avec le reste des statues de toutes les places cairotes. « Nous avons signé un protocole de six mois avec le CSA pour préserver six genres de statues, qui sont celles qui représentent les cinq leaders égyptiens, en plus des quatre lions du pont de Qasr al-Nîl. Bien que ces statues ne soient pas très anciennes, le CSA représente l’unique direction de ce projet, ayant une bonne expérience dans ce domaine. Quant à l’illumination, celle-ci sera la responsabilité de l’Organisme de l’aménagement urbain », reprend Khâlid Mustafa. Pour lui, ce protocole n’est qu’une première étape qui sera suivie par d’autres pour couvrir le reste des statues qui se dressent dans toute la capitale et qui ornent les jardins publics, à l’instar du Jardin japonais et du Jardin international. Et ce, sans oublier que le gouvernorat va financer les travaux de restauration. Statue de Mustafa Kâmil (1874-1908) © Aymé Lebon Si l’objectif du gouvernorat est d’embellir les rues, les places et les jardins de la capitale, le CSA voit l’affaire différemment. Selon Gamâl al-Mahgûb, directeur du département de restauration du secteur des projets du CSA, les statues dressées sur les places cairotes sont exposées non seulement à la poussière, mais aussi aux émanations des différents véhicules, sans oublier les changements climatiques, notamment les fortes chaleurs. « Tous ces éléments affectent le bronze avec lequel ces statues sont fabriquées. Ceci exige alors une maintenance annuelle pour les consolider et les préserver », explique al-Mahgûb. Avis partagé par Fârûq Sharaf, directeur du projet au sein du CSA, assurant que même les statues les plus récentes comme celles de ‘Umar Makram et ‘Abd al-Mun‘im Riyâd ont besoin d’une restauration et d’une maintenance urgentes. Quant aux statues en question, elles sont soumises aux études et à une documentation minutieuses qui ont déjà commencé au début du mois dernier. Résultat : « Nous avons découvert que quelques piédestaux sont décorés de gravures sur l’Égypte et le Nil. C’est le cas de celui qui porte la statue de Sa‘d Zaghlûl », explique-t-il. « Par ailleurs, d’autres sont cassés, voire privés de parties qu’il faut compléter au cours des travaux de restauration », ajoute-t-il. Vient en deuxième lieu l’étape du nettoyage. Les statues étaient couvertes d’une couche épaisse de poussière, de graisse et de CO2 émanées des véhicules. Ces couches exigeaient un premier nettoyage qui est déjà terminé et un autre nettoyage chimique qui est actuellement en cours. Bien que ces étapes soient générales pour toutes les statues, chacune est particulière puisque les circonstances de quelques-unes exigent plus d’effort. La statue de Muhammad Farîd, par exemple, sera transportée après sa restauration de la place ‘Ataba pour orner celle d’Abû Zarîfa, point de convergence des rues Muhammad Farîd, Sharîf et Gawâd Husnî. Et ce, « sans oublier le piédestal qui sera raccourci pour convenir au nouvel endroit », affirme Sharaf. Ce protocole attendu depuis longtemps par les responsables du CSA permettra donc aux leaders égyptiens qui ont marqué l’Histoire contemporaine de l’Égypte de se refaire une beauté. (Doaa Elhami, « Coup de jeune pour nos vieux leaders », |