CIVILISATION PHARAONIQUE : ARCHÉOLOGIE, PHILOGIE ET HISTOIRE COURS ET SÉMINAIRE Les Égyptiens et le monde : le deuxième millénaire av. J.-C. Le cours de cette année a été dispensé en partie à Paris et en partie en Alexandrie. À Paris, on a conclu sur les notions de terroir, plus particulièrement pour les régions situées à l’est de l’Égypte. Replacées dans un contexte historique plus vaste, les installations dans le Sinaï, comme celles situées dans ce qui constitue aujourd’hui la bande de Gaza et son hinterland, révèlent une relation mutuelle plus complexe que la simple antériorité de telle ou telle culture. Contemporanéité et alternance des mouvements de populations ont suivi un rythme dont déjà la présentation, il y a deux ans 1, du dossier du « protosinaïtique » avait permis de cerner quelques contours. La perméabilité réciproque de la culture égyptienne et de ses voisines orientales au troisième millénaire av. J.-C. se traduit par une mosaïque de cités-États, dont l’archéologie permet de retrouver la trace dans ce qui sera plus tard le Sud palestinien. Il en va de même du côté égyptien, comme le montrent clairement aujourd’hui les travaux conduits par Manfred Bietak à Tell ed-Dab’a et sur les sites voisins, qu’il est venu présenter cette année au Collège de France 2. Sur ces bases, on a brossé un tableau de la politique étrangère de l’Égypte, de la charnière entre le 3e et le 2e millénaire av. J.-C. au milieu de ce dernier, revoyant ainsi, à travers la documentation archéologique, le rôle des principaux partenaires de l’Égypte replacé chaque fois dans son contexte historique. On s’est ainsi attaché, en particulier, à Gaza 3, Sharuhen, Lakhish, Beth Shemesh, Gezer, Tell Yarmouth, Ashdod, Bet Shean, Sichem, la zone de l’actuelle Tel Aviv, Fassura, Tell Dan, Megiddo, Tell Mishrifeh, Jericho. Puis, sur la façade maritime, à Nahr Ibrahim, Byblos 4, Sidon, oò les fouilles conduites par Claude Doumet Serhal apportent déjà tant de neuf pour ces périodes, Beyrouth, Nahr el-Kelb. Cette rapide revue a mis en évidence la dualité du dispositif égyptien, centré sur la côte et les voies de communication, alors qu’il n’y a guère de pénétration vers l’est - peut-être par manque de partenaires locaux -, certainement parce que les centres attractifs sont au-delà de cette zone, et que les voies d’accès les plus praticables restent la façade méditerranéenne. Cette observation vaut pour l’ensemble de la Méditerranée orientale. Les convergences, voire les inspirations artistiques égyptiennes observées à Bo...azköy, en particulier dans le temple 9 5, - sans parler d’influences étonnantes comme celle relevée à Dorak sur les bords de la mer de Marmara 6 -, montrent que ces relations pouvaient s’étendre fort loin. Dans le domaine proprement méditerranéen, on a repris deux gros dossiers : ceux de Chypre 7 et d’Ougarit 8. Pour conclure, enfin, on a rapidement passé en revue quelques influences culturelles étrangères en Égypte, en grande partie à partir des études de Stephan Hiller 9. Quatre leçons ont également été données dans le cadre de l’Université Senghor et en coopération avec le Centre culturel français d’Alexandrie, sous l’intitulé général « La géopolitique du Proche-Orient _au deuxième millénaire avant J.-C. _d’après les sources égyptiennes ». Elles ont permis d’esquisser une synthèse de la géopolitique du Levant et du Proche-Orient au deuxième millénaire av. J.-C., comparée à l’évolution historique de ces régions jusqu’à nos jours. Ce dernier volet des cours de ces cinq dernières années, consacrés à la cosmographie égyptienne, constituera le dernier chapitre d’un ouvrage, en cours de rédaction, à paraître aux éditions Fayard et Soleb. Les Annales de Thoutmosis III On a poursuivi cette année l’étude des blocs inédits provenant du démontage de « l’arche fortuite » de Séthi II 10 dans le temple de Karnak, soit les blocs VII M à R. Fragment VII M Il s’agit d’un bloc d’environ 1,10 m de long, dont la face décorée, en excellent état de conservation, porte le bas de 11 colonnes verticales, qui se trouvaient en position inférieure, à la limite occidentale du panneau 11. INSÉRER FAC-SIMILÉ VII M Transcription (x+1) ... st-wrt È"t m Ónt r p"(y)t pr (x+2) ... n r r-prf m w"w wnw (x+3) ... m Ónt w rt-ry Ìr rp mnw (x+4) ... (c)pr r nw wr nbw (c)" krw (x+5) ... rt Ìm nÓr pn ps w rŭkw (x+6) ... mytw bnty r.n t nswt-bty (c)"-pr-k"-R(c) (x+7) ... [Ìm n] nÓr pn ps Ìn(c) twt Ìm m nbw Ìmt kmt (x+8) [s"wy ( ?) ... m] nr w(c) Ìr w"tf nb r mn m bnw sb" (x+9) m m"(c)t r.n m È nb sÌ-nÓr pn (x+10) ... m (c)m mÌ 130 nty msn b"k m nbw (x+11) ... Ìm stpw sÓ sf Ìr w Rmnn. Traduction « (x+1) [J’ai fait ( ?)] le Grand Siège plus haut que ce qui avait été fait auparavant (x+2) ... j’[approvisionnai] son sanctuaire en bœufs à cornes et sans cornes (x+3) ... en plus, (tandis que) l’ensemble de ce qui s’y rapporte y a été consacré (x+4) ... pourvu à partir des tributs : beaucoup d’or, beaucoup de parures (x+5) ... que connaît [la Majesté de] ce dieu auguste, (car) moi, je connais (x+6) ... entre les deux môles du pylône qu’a fait mon père le roi de Haute et Basse Égypte Âakheperkarê (x+7) ... [de] ce dieu auguste ainsi qu’une statue de Ma Majesté en or, cuivre brun (x+8) [et or-saouy ?] ... en pierre, d’un seul tenant, de tous côtés jusqu’aux décorations de la porte (x+9) ... en vérité, que j’ai fait dans tout l’ensemble de ce sanctuaire (x+10) ... en électrum de 130 coudées qui s’y trouve, plaqué d’or (x+11) ... Ma Majesté les a Elle-même coupés sur la montagne du Liban. » Commentaire • (x+1) st-wrt È"t m Ónt r p"(y)t pr. Si st wrt désigne le sanctuaire tout court à Basse Époque, comme, par exemple à Edfou, ou simplement le lieu - reposoir ou non - oò repose le dieu, à la XVIIIe dynastie, il est plutôt spécialisé dans la désignation du reposoir de la barque Sacrée, comme le note P. Spencer 12. En particulier, sur la chapelle Rouge, il désigne celle-ci dans sa fonction de reposoir. À Karnak, st-wrt désigne le sanctuaire de la barque, et tout spécialement dans l’état construit par Thoutmosis III, comme en témoigne l’inscription de Philippe Arrhidée dans ce même sanctuaire 13. Thoutmosis III décrit lui-même, dans le Texte de la Jeunesse, le sanctuaire de barque qu’il a érigé : « (26) ... Or, Ma Majesté a érigé pour lui la magnifique chapelle st-b Ómn, [son] sanctuaire pareil à l’horizon céleste, en quartzite, à l’intérieur plaqué d’électrum. (27)... Ma Majesté [réalisa] une première porte Mn-pr-R(c) sr-f"w Ómn, une seconde porte Mn-pr-R’ m Ìsw r Ómn [une troisième porte Mn-pr-R(c)] wr b"w Ómn, plaquées de véritable électrum, par lesquelles pénètre pour lui Maât » 14 . À propos du placage des portes, P. Lacau note : « le texte de Thoutmès III spécifie que les trois portes sont plaquées d’or fin ((c)m). cette affirmation est-elle justifiée ? En fait, il n’y a que sur la porte la plus importante que l’on décèle les traces de l’insertion d’une feuille d’or par placage. Mais il est possible que les deux autres portes aient été garnies d’une feuille d’or simplement collée, dont il ne reste évidemment rien »15. Ces placages sont abondamment évoqués dans les nouveaux fragments des Annales, qu’il s’agisse des vantaux et de leur décoration ou des portes elles-mêmes 16. Le tour employé ici, È"t m Ónt r p"(y)t pr ne soulève pas de difficulté. Un rapprochement avec le texte de l’obélisque de Saint-Jean de Latran éclaire le contexte des agrandissements faits par Thoutmosis III dans le temple : le roi, mnwy m pr-Ómn s(c)" mnnwf r rt.n rtyw myw-Ì"t m Ónt r p"(y)t pr, « aux nombreux monuments dans la maison d’Amon, a agrandi Son monument plus que ne l’avaient fait les ancêtres auparavant par rapport à ce qui existait déjà 17». Cette dédicace présente le double intérêt de dater de Thoutmosis III, naturellement, et d’éclairer l’emploi de È"t par l’usage parallèle de s(c)". Dans le cas de l’inscription de l’obélisque du Latran, le sens ne fait pas de doute : il s’agit de travaux qui agrandissent (s(c)") le temple. Le recours à È"t doit donc être pris également au pied de la lettre sur notre bloc et compris au sens de « rendre plus haut » - non pas « surélever », qui aurait pu évoquer la construction du podium sur les ruines du Moyen Empire, que signalent par ailleurs les autres nouveaux fragments des Annales. Il pourrait s’agir des modifications de la couverture du sanctuaire de la barque, confirmées par les observations architecturales faites par François Larché à l’occasion du remontage de la chapelle Rouge d’Hatshepsout 18. Cette hypothèse trouve un argument supplémentaire dans le fait que la barque est évoquée plus loin sur le fragment, col. (x+10- x+11). • (x+2) ...n r r-prf m w"w wnw. Le faucon sur le pavoi ne renvoie très probablement pas à Horus, auquel aucun texte de construction ou de dédicace n’attribue de sanctuaire dans l’enceinte d’Amon-Rê. Evidemment, il serait tentant de chercher Amon, voire le sanctuaire de Rê dans cette colonne, mais rien ne permet de le faire. Car le nom d’Amon ne s’écrit jamais dans nos textes avec le déterminatif du faucon sur le pavoi, qui, à l’époque, est plutôt réservé à son écriture cursive. L’hypothèse d’une graphie fautive dérivée d’un original hiératique est, naturellement, toujours possible. Mais elle paraît peu vraisemblable. Il reste la lecture , pronom suffixe désignant le roi, graphie qui est attestée ailleurs à Karnak, dans d’autres inscriptions de Thoutmosis III, comme, par exemple, le Texte de la Jeunesse 19. Je propose donc de comprendre : n r-prf m w"w wnw, « j’[approvisionnai] son sanctuaire en bœufs à cornes et sans cornes ». • (x+3) ... m Ónt w rt-ry Ìr rp mnw. Description d’une partie de la fondation, comme on s’y attend ici : elle devait donner le nom du monument, la fin de la colonne indiquant simplement l’affectation à son bénéfice de la « liste » associée. • (x+4) ...(c)pr r nw wr nbw (c)" krw. Le deuxième signe de la colonne est, assez clairement, le rouleau de papyrus (Gardiner Y 1), le signe oblong qui est à sa gauche est tronconique. L’emploi de la préposition r laisse supposer un verbe à la forme participiale ou pseudo-participiale. On pense à (c)pr r, « équipé, pourvu de », emploi prépositionnel rare de (c)pr, mais attesté à notre époque 20 ; (c)pr est employé une seule fois dans les Annales : dans la grande scène d’offrandes 21. Il y est écrit également avec le signe (Gardiner Aa 20). • (x+5) ...rt Ìm nÓr pn ps w rŭkw. Le sens du passage ne pose pas de problème. Nous sommes dans une séquence narrative du texte : la connaissance par le roi d’une situation / d’une relation divine / d’un précédent, qui constitue une articulation classique de la « Königsnovelle ». • (x+6) ... mytw bnty r.n t nswt-bty (c)"-pr-k"-R(c). La préposition my-wty/mytw ne laisse pas de doute : il s’agit de ce qui est entre les deux môles du pylône de Thoutmosis Ier. Faut-il y voir une réfection de la porte (reprise du parement intérieur en calcaire) ? ou une construction dans l’axe? L’interprétation du texte dépend beaucoup de la longueur perdue des colonnes. Si le contexte est le même que la col. (x+8), on est certainement dans le secteur de la porte. Ce même pylône apparaît sur le fragment VII G 22, peut-être dans un même dispositif. Sur le fragment VII G, en effet, il s’agit de quelque chose qui est destiné (r) au pylône. Étant donné la mention du Liban, on s’attend à ce qu’il s’agisse d’éléments en bois destinés au pylône, donc, soit de vantaux de porte, soit de mâts. Mais, dans le fragment qui nous occupe, mention du bois du Liban n’est faite qu’à la col. (x+11), et il s’agit de ce qui est « entre » les deux môles, probablement dans la iounyt 23. La dédicace de l’obélisque nord d’Hatshepsout éclaire le contexte. La reine explique quel fut son projet : « Car je savais bien qu’Ipet-sout, c’est l’horizon sur terre, le magnifique tertre primordial, l’oudjat du Maître universel, Son lieu de prédilection, qui accueille Sa perfection et ceux de Sa suite. Le roi en personne 24 dit : "Je m’adresse aux générations qui viendront dans le futur et s’attacheront à comprendre ce monument que j’ai fait pour mon père, qui discuteront en envisageant l’avenir. Eh bien, moi, j’étais assis sur mon trône, dans mon palais, et je pensais à mon Créateur" 25. » La suite du texte apporte une indication précieuse, dont notre fragment paraît bien se faire l’écho: (15) b Ìr rp (w) r rt nf tn.wy m (c)m bnbntsn "bw m Ìrt m wnyt pst r mytw (16) bnty wrty nswt k" nt nswt bty (c)"-pr-k"-R(c) m"(c)-rw, « Je pris la décision de faire pour lui une paire d’obélisques d’électrum, dont les pyramidions se fondraient dans la couverture de la magnifique cour entre les deux grands môles du roi Taureau puissant, le roi de Haute et Basse-Égypte, le défunt Âakheperkârê (Thoutmosis Ier ) 26. » Les fouilles récentes, conduites par Rosemary Le Bohec dans les fondations de l’obélisque nord d’Hatshepsout 27 confirment le fait que Thoutmosis III a terminé son œuvre dans cette zone: les dépôts de fondations joints, aux noms des deux souverains, qu’elle a mis au jour indiquent clairement que les travaux de Thoutmosis III sur les coffrages des deux obélisques, ainsi que la séparation des espaces adjacents par des portes, ont été réalisés dans la continuité du projet de la reine, qui commença en l’an 16 de celle-ci 28. Ces bnty sont-ils les mêmes que les bnty wrty mentionnés sur le fragment VII R 29, et doit-on les rapprocher de ceux que mentionne Ineny ? Celui-ci évoque, en effet, ainsi son œuvre aux côtés de Thoutmosis Ier : « J’ai donc supervisé les grands monuments qu’il a fait [....] (8) deux grands môles à côté d’elle 30, en belle pierre blanche de calcaire, ainsi que l’érection de magnifiques mâts, à l’entrée du temple 31, en pin neuf, du meilleur des Échelles, et dont les pointes étaient recouvertes d’électrum. J’ai supervisé [...] (9) plaqué d’électrum. J’ai supervisé la construction de la porte Ómn-sm-f"w, dont le grand vantail en cuivre d’Asie porte l’image du dieu ciselée en or. J’ai supervisé l’érection de deux obélisques [...] 32.» 33 Le pylône mentionné est, à n’en pas douter, le IVe, selon notre nomenclature. On remarquera que ce pylône est dit être « en belle pierre blanche de calcaire » (m nr Ì nfr (c)n), alors qu’il est, comme les autres, en grès. Le contexte toutefois ne permet pas de douter qu’il s’agisse bien du IVe. On écartera les Ve et VIe pylônes, dont les parements de calcaire ont disparu, pour retenir le IVe, dans la mesure oò les fouilles récentes qui y ont été conduites ont confirmé l’existence d’un parement en calcaire, encore partiellement conservé sur deux assises à l’ouest 34, sans compter, naturellement la présence du cartouche de Thoutmosis Ier dans les niches du même IVe pylône, associé à la restauration (ou à l’achèvement du projet?) menée à bien par Hatshepsout 35. La porte mentionnée par Ineny n’est pas connue autrement. Ce n’est pas ici le lieu d’entrer dans le détail des hypothèses qui ont été proposées à partir de ce texte, mais il paraît raisonnable de supposer, sous bénéfice d’un inventaire plus approfondi, qu’il s’agit là de la porte mise en place par Thoutmosis Ier, à laquelle le parement que nous venons d’évoquer devait être associé. Le contexte des mâts et des obélisques concorde avec celui de notre fragment. Pour rester encore sur le terme bnty, et par anticipation du commentaire du fragment VII R, col. (x+2), il convient de mentionner encore deux témoignages, datant, eux, de Thoutmosis III. Le premier est le Texte de la Jeunesse 36 : [...] Ìm bnt pst nt nw pr m ft-Ìr (29) [...] nbw ( ?) s(c)Ì(c).n nf (c)" (c)" ms m (c) m"(c) b"k m nbw dnbw m Ìmt km m"(c) [...] m Ìsmn rn wr Ìrf m (c)m nbw s"wy Ìmt km , « Ma Majesté [fit construire] un magnifique pylône intérieur en face de 37 (29) [...] or 38. J’érigeai pour lui un grand vantail en pin frais, plaqué d’or incrusté de véritable cuivre brun [...] en bronze, sur lequel figure le Grand Nom, en électrum, or-saouy et cuivre brun. 39 » Là, nous avons affaire, sans conteste,, au VIe pylône, auquel fait probablement allusion notre fragment VII R, col. (x+2). Dernier témoignage, enfin : l’autobiographie de Iamounedjeh, chef de la Garde sous Thoutmosis III. Il expose ainsi son action aux côtés du roi : « J’ai supervisé l’érection (13) des grands [obél]isques qu’à fait Sa Majesté [pour] père [Amon]. J’ai [supervisé ...] t Tm nb Ównw (14) r r" bnty (c)"ty r.n Ìmf m m m"wt, pour père Atoum Maître d’Héliopolis à l’entrée des deux grands môles qu’a refaits Sa Majesté 40. » Nous retrouvons le contexte héliopolitain dans lequel Hatshepsout a placé ces deux obélisques, la continuité d’exécution du projet jusqu’à Thoutmosis III et la confirmation de l’attribution à Thoutmosis Ier du premier état du IVe pylône. Le coffrage des obélisques les transforme en benben, commémorant à travers l’œuvre de Thoutmosis Ier la consécration héliopolitaine du temple 41. • (x+7) ... [Ìm n] nÓr pn ps Ìn(c) twt Ìm m nbw Ìmt kmt. Remarquer le déterminatif expressif de la statue : le roi armé de la massue-hedj, debout dans l’attitude de la marche apparente. On peut penser à une statue gardienne. Le fait qu’elle soit associée à une représentation du dieu peut faire penser aussi à un motif de porte. On pense à nouveau à la description qu’Ineny donne de la porte sm-f"w-Ómn de Thoutmosis Ier, d’autant plus que le déterminatif de l’image divine qui y est citée (une représentation d’Amon ithyphallique) est celui qui se retrouve sur notre fragment VII R 42. Il est peu probable toutefois que Thoutmosis III ait refait à l’identique la porte de Thoutmosis Ier. Par ailleurs, sur les autres blocs provenant du mur de Séthi II, il est fait mention de la porte du VIe pylône, et les autres sources - en particulier le Texte de la Jeunesse, comme nous venons de le voir - confirment qu’elle était du même type : elle portait au moins le rn wr gravé sur les vantaux. Peut-être a-t-on affaire, ici et à la colonne suivante, à une longue description de cette porte du VIe pylône. • (x+8) [s"wy ( ?)] ...nr w(c) Ìr w"tf nb r mn m bnw sb". La restitution de l’or-saouy se fait au vu des fragments parallèles, qui associent ces trois composants dans les représentations niélées des portes. Les attestations du terme bnw données par le Wb. (I 464. 3) sont reprises par P. Spencer dans sa thèse 43. Elle se range à l’avis d’A. Gardiner, qui y voit des montants de porte. Dans ces exemples, l’opposition de bn à (c)ryt, « le linteau », le fait que les diverses attestations connues de bn en fassent des éléments situés de part et d’autre de la porte et reposant sur le sol, devant lesquels on peut poser quelque chose, etc., - tout paraît concorder. Toutefois, quelques remarques s’imposent. La première a trait à la vie éphémère du terme et à son origine : il n’est attesté qu’au Nouvel Empire, de la XVIIIe à la XXe dynastie. Il est généralement répertorié comme dérivé d’un radical non identifié 44 et couvre un vaste champ littéraire : des textes funéraires au Roman, en passant par des rôles d’ouvrier. Ses graphies connues témoignent d’une écriture quasi syllabique qui semble signaler un mot d’emprunt. Il est affecté d’un déterminatif que les commentateurs interprètent, implicitement, comme celui de la matière dont sont faits ces bnw. Avec raison, probablement. Mais, si tel est le cas, il peut paraître étrange sur les Égyptiens aient utilisé un terme, pour le moins rare, apparemment étranger, étant donné la façon dont il est écrit, et qui disparaît avec le Nouvel Empire. On peut supposer sans grand risque que les jambages de portes n’ont pas disparu en même temps que lui ! Le terme semble être passé au copte l w b Ò, avec une métathèse classique, terme qui désigne le faîtage d’une charpente, une balustrade et prend, par attraction le sens de « couronner, décorer » 45. À la lumière de cette évolution du terme, revenons sur l’attestation des miscellanées ramessides du papyrus de Turin étudiée par P. Spencer 46. On y trouve la consigne suivante : mtwk dtw ddt sgnn Ó"y b" nty Ìr b"k m n" bnw m Ìwt-nÓr R(c)-ms-sw mry Ómn (c)n w" snb, « et tu veilleras à ce que l’on donne de l’onguent au tailleur de pierre 47 qui travaille aux bnw dans le temple de Ramsès-meryamoun. » B"k est un terme dont on connaît la polysémie ; il désigne à proprement parler le « travail », dont la nature varie en fonction de son objet : placage, travail des métaux, ici travail de la pierre, etc. Il paraît peu logique de supposer l’existence d’un tailleur de pierre spécialisé dans les montants de porte ! Le sens de « décor » que l’on retrouve dans le copte semble, en l’occurrence, plus adapté. C’est Étienne Drioton qui a mis en évidence ce sens, dans son étude sur « le fronton et les tasseaux de porte » dans le chapitre 125 du Livre des Morts 48. Mais le schéma physique de lecture qu’il propose pour ce passage du chapitre 125 49 ne cadre pas vraiment bien avec cette interprétation. Un passage du Conte des Deux Frères 50 éclaire le sens : wf Ìr dt " (c)ff sn sn r-gs p" bnw Ìmf (c)n w" snb. w t" w(c)t Ìr prw <Ìr> t" rwt p" tr ’" pr-(c)" (c)n w" snb w t" kt Ìr kt rwt, « il fit gicler deux gouttes de sang à côté du bn de Sa Majesté, v.s.f. : l’une alla d’un côté de la grande porte de Pharaon v.s.f, l’autre sur l’autre côté ». Pourquoi le texte dirait-il deux fois la même chose ? La porte est clairement désignée par tr (c)" et p" bnw Ìmf (c)n w" snb semble désigner plutôt une représentation du roi qui y figurerait. Revenons à notre fragment. On y lit [m] nr w(c) Ìr w"tf nb r mn m bnw sb" : « en pierre, d’un seul tenant, de tous côtés jusqu’aux décorations de la porte ». De nr, il ne subsiste que le bas du yod et le signe de la pierre (Gardiner O 39), mais la restitution m nr w(c) ne fait pas de doute 51. L’expression est bien attestée à l’époque de Thoutmosis III 52, en particulier dans le tour que nous avons ici : m nr w(c) Ìr w"tf nb. Menkheperrêseneb, par exemple, l’emploie pour décrire les travaux qu’il a conduits pour ce même Thoutmosis III dans le temple de Karnak, à propos d’un monolithe de granit 53. Qu’est-ce qui, à cet endroit, peut aller, d’un seul tenant, de tous ses côtés, jusqu’aux 54 représentations des montants de la porte ? « L’habillage » des obélisques, mené à bien par Thoutmosis III paraît être un bon candidat. • (x+9) m m"(c)t r.n m È nb Ìwt-nÓr pn. Pour n/m m"(c)t, on pense naturellement à l’expression « en vérité », classique à l’époque, avec l’écriture du pluriel/abstrait 55. M È nb sÌ-nÓr pn, « dans tout l’ensemble de ce sanctuaire» 56. • (x+10) ... m (c)m mÌ 130 nty msn b"k m nbw. Noter la correction faite, à la couleur, par-dessus la gravure : « 130 », au lieu de « 120 », gravé initalement. Pourquoi cette correction ? Sans doute le rédacteur du texte pensait-il à la taille des bateaux de transport des obélisques du récit d’Ineny, déjà évoqué plus haut : « J’ai supervisé l’érection d’une paire d’obélisques [...] (10) l’exécution d’un magnifique bateau de 120 coudées de long sur 40 de large, destiné à transporter ces obélisques, qui abordèrent sains et saufs à Ipet-sout. 57» Soit par référence directe à ce texte, soit, plus probablement, parce que la taille des chalands était la même à l’époque de Thoutmosis III qu’à celle de Thoutmosis Ier. Mais la correction apportée après gravure laisse planer un doute : soit sur la taille des chalands en question 58, soit sur l’objet dont la dimension est de 130 coudées. On pense naturellement alors à la barque Ouserhat, qui mesurait 130 coudées, en tout cas à la XXe dynastie 59. Ómsn renverrait alors au réceptacle de la barque : directement ou indirectement au reposoir de Thoutmosis III ? • (x+11) ...Ìm stpw sÓ sf Ìr w Rmnn. C’est la deuxième mention du Liban 60 dans ces nouveaux blocs, à nouveau dans une transcription rare, qui doit apparaître à l’époque de Thoutmosis III. Elle confirme les éléments de bois, avec un beau jeu de mots sur stp, attesté, en principe, en boucherie - en particulier dans le domaine cultuel - : jeu sur le choix et la coupe... Reste à savoir si ce sont des mâts ou les planches destinées à l’Ouserhat. Cette dernière colonne constitue la fin d’une paroi, mais pas du texte, qui devait se continuer, soit au-dessus de la porte, soit de l’autre côté de celle-ci, sur la paroi ouest de la cour. Fragment VII Légèrement plus petit que le précédent, il mesure à peine 1 m de large, et porte les vestiges de 9 colonnes verticales, dont les trois dernières épousent la forme de la partie inférieure gauche du linteau de la porte de Thoutmosis III.

INSÉRER FAC-SILMILÉ VII Transcription (x+1) ... mÌ? ... (x+2) ... mÌ.n nf Ìm pr-Ìĭf m Ì nbw sbd ... (x+3) ... t Ómn ft (c)È r Ìwt- (c)"tsn ... (x+4) ... grgw m nn d.t.n
 
civilisation pharaonique: archeologie, philogie et histoire cours et seminaire les egyptiens et le monde: le deuxieme millenaire av. j.-c. le cours de cette annee a ete dispense en partie a paris et en partie en alexandrie. a paris, on a conclu sur les notions de terroir, plus particulierement pour les regions situees a l'est de l'egypte. replacees dans un contexte historique plus vaste, les installations dans le sinai, comme celles situees dans ce qui constitue aujourd'hui la bande de gaza et son hinterland, revelent une relation mutuelle plus complexe que la simple anteriorite de telle ou telle culture. contemporaneite et alternance des mouvements de populations ont suivi un rythme dont deja la presentation, il y a deux ans 1, du dossier du "protosinaitique" avait permis de cerner quelques contours. la permeabilite reciproque de la culture egyptienne et de ses voisines orientales au troisieme millenaire av. j.-c. se traduit par une mosaique de cites-etats, dont l'archeologie permet de retrouver la trace dans ce qui sera plus tard le sud palestinien. il en va de meme du cote egyptien, comme le montrent clairement aujourd'hui les travaux conduits par manfred bietak a tell ed-dab'a et sur les sites voisins, qu'il est venu presenter cette annee au college de france 2. sur ces bases, on a brosse un tableau de la politique etrangere de l'egypte, de la charniere entre le 3e et le 2e millenaire av. j.-c. au milieu de ce dernier, revoyant ainsi, a travers la documentation archeologique, le role des principaux partenaires de l'egypte replace chaque fois dans son contexte historique. on s'est ainsi attache, en particulier, a gaza 3, sharuhen, lakhish, beth shemesh, gezer, tell yarmouth, ashdod, bet shean, sichem, la zone de l'actuelle tel aviv, fassura, tell dan, megiddo, tell mishrifeh, jericho. puis, sur la facade maritime, a nahr ibrahim, byblos 4, sidon, ou les fouilles conduites par claude doumet serhal apportent deja tant de neuf pour ces periodes, beyrouth, nahr el-kelb. cette rapide revue a mis en evidence la dualite du dispositif egyptien, centre sur la cote et les voies de communication, alors qu'il n'y a guere de penetration vers l'est - peut-etre par manque de partenaires locaux -, certainement parce que les centres attractifs sont au-dela de cette zone, et que les voies d'acces les plus praticables restent la facade mediterraneenne. cette observation vaut pour l'ensemble de la mediterranee orientale. les convergences, voire les inspirations artistiques egyptiennes observees a bo...azkoy, en particulier dans le temple 9 5, - sans parler d'influences etonnantes comme celle relevee a dorak sur les bords de la mer de marmara 6 -, montrent que ces relations pouvaient s'etendre fort loin. dans le domaine proprement mediterraneen, on a repris deux gros dossiers: ceux de chypre 7 et d'ougarit 8. pour conclure, enfin, on a rapidement passe en revue quelques influences culturelles etrangeres en egypte, en grande partie a partir des etudes de stephan hiller 9. quatre lecons ont egalement ete donnees dans le cadre de l'universite senghor et en cooperation avec le centre culturel francais d'alexandrie, sous l'intitule general "la geopolitique du proche-orient _au deuxieme millenaire avant j.-c. _d'apres les sources egyptiennes". elles ont permis d'esquisser une synthese de la geopolitique du levant et du proche-orient au deuxieme millenaire av. j.-c., comparee a l'evolution historique de ces regions jusqu'a nos jours. ce dernier volet des cours de ces cinq dernieres annees, consacres a la cosmographie egyptienne, constituera le dernier chapitre d'un ouvrage, en cours de redaction, a paraitre aux editions fayard et soleb. les annales de thoutmosis iii on a poursuivi cette annee l'etude des blocs inedits provenant du demontage de "l'arche fortuite" de sethi ii 10 dans le temple de karnak, soit les blocs vii m a r. fragment vii m il s'agit d'un bloc d'environ 1,10 m de long, dont la face decoree, en excellent etat de conservation, porte le bas de 11 colonnes verticales, qui se trouvaient en position inferieure, a la limite occidentale du panneau 11. inserer fac-simile vii m transcription (x+1) ... st-wrt e"t m unt r p"(y)t pr (x+2) ... n r r-prf m w"w wnw (x+3) ... m unt w rt-ry ir rp mnw (x+4) ... (c)pr r nw wr nbw (c)" krw (x+5) ... rt im nur pn ps w rŭkw (x+6) ... mytw bnty r.n t nswt-bty (c)"-pr-k"-r(c) (x+7) ... [im n] nur pn ps in(c) twt im m nbw imt kmt (x+8) [s"wy (?) ... m] nr w(c) ir w"tf nb r mn m bnw sb" (x+9) m m"(c)t r.n m e nb si-nur pn (x+10) ... m (c)m mi 130 nty msn b"k m nbw (x+11) ... im stpw su sf ir w rmnn. traduction "(x+1) [j'ai fait (?)] le grand siege plus haut que ce qui avait ete fait auparavant (x+2) ... j'[approvisionnai] son sanctuaire en boeufs a cornes et sans cornes (x+3) ... en plus, (tandis que) l'ensemble de ce qui s'y rapporte y a ete consacre (x+4) ... pourvu a partir des tributs: beaucoup d'or, beaucoup de parures (x+5) ... que connait [la majeste de] ce dieu auguste, (car) moi, je connais (x+6) ... entre les deux moles du pylone qu'a fait mon pere le roi de haute et basse egypte aakheperkare (x+7) ... [de] ce dieu auguste ainsi qu'une statue de ma majeste en or, cuivre brun (x+8) [et or-saouy?] ... en pierre, d'un seul tenant, de tous cotes jusqu'aux decorations de la porte (x+9) ... en verite, que j'ai fait dans tout l'ensemble de ce sanctuaire (x+10) ... en electrum de 130 coudees qui s'y trouve, plaque d'or (x+11) ... ma majeste les a elle-meme coupes sur la montagne du liban." commentaire • (x+1) st-wrt e"t m unt r p"(y)t pr. si st wrt designe le sanctuaire tout court a basse epoque, comme, par exemple a edfou, ou simplement le lieu - reposoir ou non - ou repose le dieu, a la xviiie dynastie, il est plutot specialise dans la designation du reposoir de la barque sacree, comme le note p. spencer 12. en particulier, sur la chapelle rouge, il designe celle-ci dans sa fonction de reposoir. a karnak, st-wrt designe le sanctuaire de la barque, et tout specialement dans l'etat construit par thoutmosis iii, comme en temoigne l'inscription de philippe arrhidee dans ce meme sanctuaire 13. thoutmosis iii decrit lui-meme, dans le texte de la jeunesse, le sanctuaire de barque qu'il a erige: "(26) ... or, ma majeste a erige pour lui la magnifique chapelle st-b omn, [son] sanctuaire pareil a l'horizon celeste, en quartzite, a l'interieur plaque d'electrum. (27)... ma majeste [realisa] une premiere porte mn-pr-r(c) sr-f"w omn, une seconde porte mn-pr-r' m isw r omn [une troisieme porte mn-pr-r(c)] wr b"w omn, plaquees de veritable electrum, par lesquelles penetre pour lui maat" 14 . a propos du placage des portes, p. lacau note: "le texte de thoutmes iii specifie que les trois portes sont plaquees d'or fin ((c)m). cette affirmation est-elle justifiee? en fait, il n'y a que sur la porte la plus importante que l'on decele les traces de l'insertion d'une feuille d'or par placage. mais il est possible que les deux autres portes aient ete garnies d'une feuille d'or simplement collee, dont il ne reste evidemment rien"15. ces placages sont abondamment evoques dans les nouveaux fragments des annales, qu'il s'agisse des vantaux et de leur decoration ou des portes elles-memes 16. le tour employe ici, e"t m unt r p"(y)t pr ne souleve pas de difficulte. un rapprochement avec le texte de l'obelisque de saint-jean de latran eclaire le contexte des agrandissements faits par thoutmosis iii dans le temple: le roi, mnwy m pr-omn s(c)" mnnwf r rt.n rtyw myw-i"t m unt r p"(y)t pr, "aux nombreux monuments dans la maison d'amon, a agrandi son monument plus que ne l'avaient fait les ancetres auparavant par rapport a ce qui existait deja 17". cette dedicace presente le double interet de dater de thoutmosis iii, naturellement, et d'eclairer l'emploi de e"t par l'usage parallele de s(c)". dans le cas de l'inscription de l'obelisque du latran, le sens ne fait pas de doute: il s'agit de travaux qui agrandissent (s(c)") le temple. le recours a e"t doit donc etre pris egalement au pied de la lettre sur notre bloc et compris au sens de "rendre plus haut" - non pas "surelever", qui aurait pu evoquer la construction du podium sur les ruines du moyen empire, que signalent par ailleurs les autres nouveaux fragments des annales. il pourrait s'agir des modifications de la couverture du sanctuaire de la barque, confirmees par les observations architecturales faites par francois larche a l'occasion du remontage de la chapelle rouge d'hatshepsout 18. cette hypothese trouve un argument supplementaire dans le fait que la barque est evoquee plus loin sur le fragment, col. (x+10- x+11). • (x+2) ...n r r-prf m w"w wnw. le faucon sur le pavoi ne renvoie tres probablement pas a horus, auquel aucun texte de construction ou de dedicace n'attribue de sanctuaire dans l'enceinte d'amon-re. evidemment, il serait tentant de chercher amon, voire le sanctuaire de re dans cette colonne, mais rien ne permet de le faire. car le nom d'amon ne s'ecrit jamais dans nos textes avec le determinatif du faucon sur le pavoi, qui, a l'epoque, est plutot reserve a son ecriture cursive. l'hypothese d'une graphie fautive derivee d'un original hieratique est, naturellement, toujours possible. mais elle parait peu vraisemblable. il reste la lecture , pronom suffixe designant le roi, graphie qui est attestee ailleurs a karnak, dans d'autres inscriptions de thoutmosis iii, comme, par exemple, le texte de la jeunesse 19. je propose donc de comprendre: n r-prf m w"w wnw, "j'[approvisionnai] son sanctuaire en boeufs a cornes et sans cornes". • (x+3) ... m unt w rt-ry ir rp mnw. description d'une partie de la fondation, comme on s'y attend ici: elle devait donner le nom du monument, la fin de la colonne indiquant simplement l'affectation a son benefice de la "liste" associee. • (x+4) ...(c)pr r nw wr nbw (c)" krw. le deuxieme signe de la colonne est, assez clairement, le rouleau de papyrus (gardiner y 1), le signe oblong qui est a sa gauche est tronconique. l'emploi de la preposition r laisse supposer un verbe a la forme participiale ou pseudo-participiale. on pense a (c)pr r, "equipe, pourvu de", emploi prepositionnel rare de (c)pr, mais atteste a notre epoque 20; (c)pr est employe une seule fois dans les annales: dans la grande scene d'offrandes 21. il y est ecrit egalement avec le signe (gardiner aa 20). • (x+5) ...rt im nur pn ps w rŭkw. le sens du passage ne pose pas de probleme. nous sommes dans une sequence narrative du texte: la connaissance par le roi d'une situation / d'une relation divine / d'un precedent, qui constitue une articulation classique de la "konigsnovelle". • (x+6) ... mytw bnty r.n t nswt-bty (c)"-pr-k"-r(c). la preposition my-wty/mytw ne laisse pas de doute: il s'agit de ce qui est entre les deux moles du pylone de thoutmosis ier. faut-il y voir une refection de la porte (reprise du parement interieur en calcaire)? ou une construction dans l'axe? l'interpretation du texte depend beaucoup de la longueur perdue des colonnes. si le contexte est le meme que la col. (x+8), on est certainement dans le secteur de la porte. ce meme pylone apparait sur le fragment vii g 22, peut-etre dans un meme dispositif. sur le fragment vii g, en effet, il s'agit de quelque chose qui est destine (r) au pylone. etant donne la mention du liban, on s'attend a ce qu'il s'agisse d'elements en bois destines au pylone, donc, soit de vantaux de porte, soit de mats. mais, dans le fragment qui nous occupe, mention du bois du liban n'est faite qu'a la col. (x+11), et il s'agit de ce qui est "entre" les deux moles, probablement dans la iounyt 23. la dedicace de l'obelisque nord d'hatshepsout eclaire le contexte. la reine explique quel fut son projet: "car je savais bien qu'ipet-sout, c'est l'horizon sur terre, le magnifique tertre primordial, l'oudjat du maitre universel, son lieu de predilection, qui accueille sa perfection et ceux de sa suite. le roi en personne 24 dit: "je m'adresse aux generations qui viendront dans le futur et s'attacheront a comprendre ce monument que j'ai fait pour mon pere, qui discuteront en envisageant l'avenir. eh bien, moi, j'etais assis sur mon trone, dans mon palais, et je pensais a mon createur" 25." la suite du texte apporte une indication precieuse, dont notre fragment parait bien se faire l'echo: (15) b ir rp (w) r rt nf tn.wy m (c)m bnbntsn "bw m irt m wnyt pst r mytw (16) bnty wrty nswt k" nt nswt bty (c)"-pr-k"-r(c) m"(c)-rw, "je pris la decision de faire pour lui une paire d'obelisques d'electrum, dont les pyramidions se fondraient dans la couverture de la magnifique cour entre les deux grands moles du roi taureau puissant, le roi de haute et basse-egypte, le defunt aakheperkare (thoutmosis ier ) 26." les fouilles recentes, conduites par rosemary le bohec dans les fondations de l'obelisque nord d'hatshepsout 27 confirment le fait que thoutmosis iii a termine son oeuvre dans cette zone: les depots de fondations joints, aux noms des deux souverains, qu'elle a mis au jour indiquent clairement que les travaux de thoutmosis iii sur les coffrages des deux obelisques, ainsi que la separation des espaces adjacents par des portes, ont ete realises dans la continuite du projet de la reine, qui commenca en l'an 16 de celle-ci 28. ces bnty sont-ils les memes que les bnty wrty mentionnes sur le fragment vii r 29, et doit-on les rapprocher de ceux que mentionne ineny? celui-ci evoque, en effet, ainsi son oeuvre aux cotes de thoutmosis ier: "j'ai donc supervise les grands monuments qu'il a fait [....] (8) deux grands moles a cote d'elle 30, en belle pierre blanche de calcaire, ainsi que l'erection de magnifiques mats, a l'entree du temple 31, en pin neuf, du meilleur des echelles, et dont les pointes etaient recouvertes d'electrum. j'ai supervise [...] (9) plaque d'electrum. j'ai supervise la construction de la porte omn-sm-f"w, dont le grand vantail en cuivre d'asie porte l'image du dieu ciselee en or. j'ai supervise l'erection de deux obelisques [...] 32." 33 le pylone mentionne est, a n'en pas douter, le ive, selon notre nomenclature. on remarquera que ce pylone est dit etre "en belle pierre blanche de calcaire" (m nr i nfr (c)n), alors qu'il est, comme les autres, en gres. le contexte toutefois ne permet pas de douter qu'il s'agisse bien du ive. on ecartera les ve et vie pylones, dont les parements de calcaire ont disparu, pour retenir le ive, dans la mesure ou les fouilles recentes qui y ont ete conduites ont confirme l'existence d'un parement en calcaire, encore partiellement conserve sur deux assises a l'ouest 34, sans compter, naturellement la presence du cartouche de thoutmosis ier dans les niches du meme ive pylone, associe a la restauration (ou a l'achevement du projet?) menee a bien par hatshepsout 35. la porte mentionnee par ineny n'est pas connue autrement. ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans le detail des hypotheses qui ont ete proposees a partir de ce texte, mais il parait raisonnable de supposer, sous benefice d'un inventaire plus approfondi, qu'il s'agit la de la porte mise en place par thoutmosis ier, a laquelle le parement que nous venons d'evoquer devait etre associe. le contexte des mats et des obelisques concorde avec celui de notre fragment. pour rester encore sur le terme bnty, et par anticipation du commentaire du fragment vii r, col. (x+2), il convient de mentionner encore deux temoignages, datant, eux, de thoutmosis iii. le premier est le texte de la jeunesse 36: [...] im bnt pst nt nw pr m ft-ir (29) [...] nbw (?) s(c)i(c).n nf (c)" (c)" ms m (c) m"(c) b"k m nbw dnbw m imt km m"(c) [...] m ismn rn wr irf m (c)m nbw s"wy imt km , "ma majeste [fit construire] un magnifique pylone interieur en face de 37 (29) [...] or 38. j'erigeai pour lui un grand vantail en pin frais, plaque d'or incruste de veritable cuivre brun [...] en bronze, sur lequel figure le grand nom, en electrum, or-saouy et cuivre brun. 39" la, nous avons affaire, sans conteste,, au vie pylone, auquel fait probablement allusion notre fragment vii r, col. (x+2). dernier temoignage, enfin: l'autobiographie de iamounedjeh, chef de la garde sous thoutmosis iii. il expose ainsi son action aux cotes du roi: "j'ai supervise l'erection (13) des grands [obel]isques qu'a fait sa majeste [pour] pere [amon]. j'ai [supervise ...] t tm nb ownw (14) r r" bnty (c)"ty r.n imf m m m"wt, pour pere atoum maitre d'heliopolis a l'entree des deux grands moles qu'a refaits sa majeste 40." nous retrouvons le contexte heliopolitain dans lequel hatshepsout a place ces deux obelisques, la continuite d'execution du projet jusqu'a thoutmosis iii et la confirmation de l'attribution a thoutmosis ier du premier etat du ive pylone. le coffrage des obelisques les transforme en benben, commemorant a travers l'oeuvre de thoutmosis ier la consecration heliopolitaine du temple 41. • (x+7) ... [im n] nur pn ps in(c) twt im m nbw imt kmt. remarquer le determinatif expressif de la statue: le roi arme de la massue-hedj, debout dans l'attitude de la marche apparente. on peut penser a une statue gardienne. le fait qu'elle soit associee a une representation du dieu peut faire penser aussi a un motif de porte. on pense a nouveau a la description qu'ineny donne de la porte sm-f"w-omn de thoutmosis ier, d'autant plus que le determinatif de l'image divine qui y est citee (une representation d'amon ithyphallique) est celui qui se retrouve sur notre fragment vii r 42. il est peu probable toutefois que thoutmosis iii ait refait a l'identique la porte de thoutmosis ier. par ailleurs, sur les autres blocs provenant du mur de sethi ii, il est fait mention de la porte du vie pylone, et les autres sources - en particulier le texte de la jeunesse, comme nous venons de le voir - confirment qu'elle etait du meme type: elle portait au moins le rn wr grave sur les vantaux. peut-etre a-t-on affaire, ici et a la colonne suivante, a une longue description de cette porte du vie pylone. • (x+8) [s"wy (?)] ...nr w(c) ir w"tf nb r mn m bnw sb". la restitution de l'or-saouy se fait au vu des fragments paralleles, qui associent ces trois composants dans les representations nielees des portes. les attestations du terme bnw donnees par le wb. (i 464. 3) sont reprises par p. spencer dans sa these 43. elle se range a l'avis d'a. gardiner, qui y voit des montants de porte. dans ces exemples, l'opposition de bn a (c)ryt, "le linteau", le fait que les diverses attestations connues de bn en fassent des elements situes de part et d'autre de la porte et reposant sur le sol, devant lesquels on peut poser quelque chose, etc., - tout parait concorder. toutefois, quelques remarques s'imposent. la premiere a trait a la vie ephemere du terme et a son origine: il n'est atteste qu'au nouvel empire, de la xviiie a la xxe dynastie. il est generalement repertorie comme derive d'un radical non identifie 44 et couvre un vaste champ litteraire: des textes funeraires au roman, en passant par des roles d'ouvrier. ses graphies connues temoignent d'une ecriture quasi syllabique qui semble signaler un mot d'emprunt. il est affecte d'un determinatif que les commentateurs interpretent, implicitement, comme celui de la matiere dont sont faits ces bnw. avec raison, probablement. mais, si tel est le cas, il peut paraitre etrange sur les egyptiens aient utilise un terme, pour le moins rare, apparemment etranger, etant donne la facon dont il est ecrit, et qui disparait avec le nouvel empire. on peut supposer sans grand risque que les jambages de portes n'ont pas disparu en meme temps que lui! le terme semble etre passe au copte l w b o, avec une metathese classique, terme qui designe le faitage d'une charpente, une balustrade et prend, par attraction le sens de "couronner, decorer" 45. a la lumiere de cette evolution du terme, revenons sur l'attestation des miscellanees ramessides du papyrus de turin etudiee par p. spencer 46. on y trouve la consigne suivante: mtwk dtw ddt sgnn u"y b" nty ir b"k m n" bnw m iwt-nur r(c)-ms-sw mry omn (c)n w" snb, "et tu veilleras a ce que l'on donne de l'onguent au tailleur de pierre 47 qui travaille aux bnw dans le temple de ramses-meryamoun." b"k est un terme dont on connait la polysemie; il designe a proprement parler le "travail", dont la nature varie en fonction de son objet: placage, travail des metaux, ici travail de la pierre, etc. il parait peu logique de supposer l'existence d'un tailleur de pierre specialise dans les montants de porte! le sens de "decor" que l'on retrouve dans le copte semble, en l'occurrence, plus adapte. c'est etienne drioton qui a mis en evidence ce sens, dans son etude sur "le fronton et les tasseaux de porte" dans le chapitre 125 du livre des morts 48. mais le schema physique de lecture qu'il propose pour ce passage du chapitre 125 49 ne cadre pas vraiment bien avec cette interpretation. un passage du conte des deux freres 50 eclaire le sens: wf ir dt " (c)ff sn sn r-gs p" bnw imf (c)n w" snb. w t" w(c)t ir prw t" rwt p" tr '" pr-(c)" (c)n w" snb w t" kt ir kt rwt, "il fit gicler deux gouttes de sang a cote du bn de sa majeste, v.s.f.: l'une alla d'un cote de la grande porte de pharaon v.s.f, l'autre sur l'autre cote". pourquoi le texte dirait-il deux fois la meme chose? la porte est clairement designee par tr (c)" et p" bnw imf (c)n w" snb semble designer plutot une representation du roi qui y figurerait. revenons a notre fragment. on y lit [m] nr w(c) ir w"tf nb r mn m bnw sb": "en pierre, d'un seul tenant, de tous cotes jusqu'aux decorations de la porte". de nr, il ne subsiste que le bas du yod et le signe de la pierre (gardiner o 39), mais la restitution m nr w(c) ne fait pas de doute 51. l'expression est bien attestee a l'epoque de thoutmosis iii 52, en particulier dans le tour que nous avons ici: m nr w(c) ir w"tf nb. menkheperreseneb, par exemple, l'emploie pour decrire les travaux qu'il a conduits pour ce meme thoutmosis iii dans le temple de karnak, a propos d'un monolithe de granit 53. qu'est-ce qui, a cet endroit, peut aller, d'un seul tenant, de tous ses cotes, jusqu'aux 54 representations des montants de la porte? "l'habillage" des obelisques, mene a bien par thoutmosis iii parait etre un bon candidat. • (x+9) m m"(c)t r.n m e nb iwt-nur pn. pour n/m m"(c)t, on pense naturellement a l'expression "en verite", classique a l'epoque, avec l'ecriture du pluriel/abstrait 55. m e nb si-nur pn, "dans tout l'ensemble de ce sanctuaire" 56. • (x+10) ... m (c)m mi 130 nty msn b"k m nbw. noter la correction faite, a la couleur, par-dessus la gravure: "130", au lieu de "120", grave initalement. pourquoi cette correction? sans doute le redacteur du texte pensait-il a la taille des bateaux de transport des obelisques du recit d'ineny, deja evoque plus haut: "j'ai supervise l'erection d'une paire d'obelisques [...] (10) l'execution d'un magnifique bateau de 120 coudees de long sur 40 de large, destine a transporter ces obelisques, qui aborderent sains et saufs a ipet-sout. 57" soit par reference directe a ce texte, soit, plus probablement, parce que la taille des chalands etait la meme a l'epoque de thoutmosis iii qu'a celle de thoutmosis ier. mais la correction apportee apres gravure laisse planer un doute: soit sur la taille des chalands en question 58, soit sur l'objet dont la dimension est de 130 coudees. on pense naturellement alors a la barque ouserhat, qui mesurait 130 coudees, en tout cas a la xxe dynastie 59. omsn renverrait alors au receptacle de la barque: directement ou indirectement au reposoir de thoutmosis iii? • (x+11) ...im stpw su sf ir w rmnn. c'est la deuxieme mention du liban 60 dans ces nouveaux blocs, a nouveau dans une transcription rare, qui doit apparaitre a l'epoque de thoutmosis iii. elle confirme les elements de bois, avec un beau jeu de mots sur stp, atteste, en principe, en boucherie - en particulier dans le domaine cultuel -: jeu sur le choix et la coupe... reste a savoir si ce sont des mats ou les planches destinees a l'ouserhat. cette derniere colonne constitue la fin d'une paroi, mais pas du texte, qui devait se continuer, soit au-dessus de la porte, soit de l'autre cote de celle-ci, sur la paroi ouest de la cour. fragment vii legerement plus petit que le precedent, il mesure a peine 1 m de large, et porte les vestiges de 9 colonnes verticales, dont les trois dernieres epousent la forme de la partie inferieure gauche du linteau de la porte de thoutmosis iii.

inserer fac-silmile vii transcription (x+1) ... mi? ... (x+2) ... mi.n nf im pr-iĭf m i nbw sbd ... (x+3) ... t omn ft (c)e r iwt- (c)"tsn ... (x+4) ... grgw m nn d.t.n nb w wnwtyw ... (x+5) ... m nbw m b"k(w)t nt ky st nt mi 31 ... (x+6) ... tn.wy wr.wy m m"ut rwt nt "bw r-rwty iwt-nur (x+7) dm nr ... (x+8) tn.wy wr[.wy] ... (x+9) t [omn] ... traduction (x+1) "... coudee(s)? ... (x+2) ... ma majeste a rempli pour lui son tresor d'argent, or, lapis-lazuli... (x+3) ... mon pere amon, apres etre entre dans leur temple (?)... (x+4) ... [il n'y a aucun] mensonge en tout ce que j'ai dit. les pretres horaires... (x+5) ... en or provenant du tribut du vil koush, de 31 coudees... (x+6) ... deux grands obelisques en granit dur d'elephantine pour les deux grandes portes du temple ... (x+7) total: ... pierres... (x+8) les deux grands obelisques... (x+9) mon pere [amon]..." commentaire • (x+2) ... mi.n nf im pr-iĭf m i nbw sbd ... il n'est pas possible de determiner, en l'absence de contexte, la portee reelle de ce membre de phrase. s'agit-il de l'evocation de l'ensemble du processus resume par les annales, qui recapitulent justement la constitution du tresor du temple? on remarquera l'ecriture fautive de mi.n nf: l'abstrait est place apres le n. le sens ne fait pas de doute. a comparer avec le signe de la main inverse a la col. (x+4). •(x+3) ... t omn ft (c)e r iwt- (c)"tsn ... on remarquera que seul le nom d'amon est martele, pas le determinatif . •(x+4) ... grgw m nn d.t.n nb w wnwtyw ... grg renvoie a la formule classique de protestation de veracite: on peut donc restituer nn ou nn wn dans la lacune. wntyw peut designer des pretres horaires 61; cette lecture parait plus probable que le rare dw"tyw 62. •(x+5) ... m nbw m b"k(w)t nt ky st nt mi 31 ... etant donne la taille - environ 16 m -, il ne s'agit probablement pas d'un objet en or, mais plus probablement d'un element plaque or. un mat conviendrait assez bien. on remarquera que, a nouveau, le texte evoque la provenance des materiaux, les rattachant aux listes de tributs provenant des campagnes des annales. apres le chiffre 31 apparait ce qui peut etre le haut d'une chapelle surmontee d'une gorge egyptienne. •(x+6) ... tn.wy wr.wy m m"ut rwt nt "bw r-rwty iwt-nur ... il s'agit clairement des deux obelisques que thoutmosis iii fit eriger en avant du temple: voir col. (x+8). • (x+7) ... dm nr ... peut-etre les trois dernieres colonnes de cette partie de la paroi portaient-elles un recapitulatif des constructions - en pierre tout au moins. • (x+8) ... tn.wy wr[.wy] ... il est tentant de voir dans ces deux obelisques, ainsi presentes dans ce recapitulatif, ceux qui sont evoques a la col. (x+6), plus haut. mais il peut aussi bien s'agir de l'axe sud: cette section des annales ne se cantonne, en effet, pas a ipet-sout. fragment vii o les restes de seulement deux colonnes sont preserves sur ce fragment, etroit donc, mais d'une hauteur sensiblement egale a celle des autres blocs. inserer fac-simile vii o transcription (x+1) ... t omn w r.n sy im nur pn psy ... (x+2) .. mf su gm.n im m bt w" r w"s ... traduction (x+1) "... mon pere amon. je l'ai fait pour la majeste de ce dieu auguste... (x+2) ... j' (ai?) ... en lui, (que) ma majeste degage de la brique tombee en ruine..." commentaire • (x+1) la restitution de [t] va de soi, du fait du pronom suffixe renvoyant au roi et du martelage du nom d'amon qui suit. la suite du texte ne permet guere d'interpretation, du fait meme de sa generalite: w r.n sy im nur pn psy, "j'ai fait cela pour la majeste de ce dieu auguste". le t est indiscutable, place juste avant le determinatif de l'abstrait. cette "faute" est-elle a verser au meme dossier que les deux erreurs relevees sur le fragment vii - interversion de l'abstrait et du n, col. (x+2), la main inversee, col. (x+4) -? ce serait une indication de ce que les deux fragments appartiennent a un meme passage, en tout cas a une section travaillee au meme moment, et probablement par la meme equipe. • (x+2) le dernier signe qui clot la lacune peut aussi bien etre un determinatif divin qu'un pronom suffixe designant le roi. ce qui laisse supposer quelque chose comme "la statue/la chapelle/ etc.. du dieu/amon en lui/ s'y trouvant" ou "que j'ai fait" - mf. su, qui suit, peut etre interprete de deux manieres differentes: soit, ce qui parait peu probable, comme un pronom dependant renvoyant a l'antecedent qui est mf, soit, plus vraisemblablement, comme la particule proclitique su 63. et ce d'autant plus volontiers que la phrase su gm.n im m bt w" r w"s est une nouvelle mention de ces constructions, deja rencontrees dans nos fragments, et qui nous renvoient au texte de la jeunesse: su gm.n im nw m bt w"sy wrt m rt.n myw-i"t, "or, ma majeste avait trouve ces constructions, qui etaient en brique, tres ruinees, ces constructions qu'avaient faites predecesseurs 64". le h qui apparait apres w"s conviendrait bien a h", "tomber, s'ecrouler" (wb. ii 473). fragment vii p sensiblement de meme hauteur que le precedent, il conserve les restes de quatre colonnes, dont la polychromie est conse